‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 74 sur 240 · LA HULOTTE · texte numérisé non relu

LA HULOTTE

aigrettes, la face enfoncée et comme encavée dans sa plume, les yeux aussi enfoncés et environnés de plumes grisâtres et décomposées, l’iris des yeus noirâtre ou plutôt d’un brun foncé, ou couleur de noisette obscure, le be( d’un blanc jaunâtre ou verdâtre, le dessus du corps couleur de gris de fei foncé, martpié de taches noires et de taches blanchâtres; le dessous dt corps blanc, croisé de bandes noires transversales et longitudinales; b queue d’un peu plus de six pouces, les ailes s’étendant un peu au delà d( son extrémité, l’étendue du vol de trois pieds, les jambes couvertes jusqu’f l’origine des doigts de plumes blanches tachetées de points noirs®; css caractères sont plus que suffisants pour faire distinguer la hulotte de toute; les autres chouettes; elle vole légèrement et sans faire de bruit avec se; ailes, et toujours de côté comme toutes les autres chouettes; c’est son cri‘ hoû oû o4 oû ou ou ou, qui ressemble assez au hurlement du loup, qui lui s fait donner par les Latins le nom à' ulula, qui vient A’uJurare, hurler oi; crier comme le loup, et c’est par cette même analogie que les Allemand; l’appellent hû /tu ou plutôt /tou /lôu \

La hulotte se tient pendant l’été dans les bois, toujours dans des arbre; creux ; quelquefois elle s’approche en hiver de nos habitations, elle chasse et prend les petits oiseaux, et plus encore les mulots et les campagnols ; elle les avale tout entiers et en rend aussi par le bec les peaux roulées en pelotons; lorsque la chasse de la campagne ne lui produit rien, elle vient dan; les granges pour y chercher des souris et des rats; elle retourne au bois d( grand matin à l’heure de la rentrée des lièvres, et elle se fourre dans le; taillis les plus épais ou sur les arbres les plus feuillés, et y passe tout h jour sans changer de lieu : dans la mauvaise saison, elle demeure dans de; arbres creux pendant le jour et n’en sort qu’à la nuit; ces habitudes lu; sont communes avec le hibou ou moyen duc, aussi bien que celle de pondre leurs œufs dans des nids étrangers, surtout dans ceux des buses, des cresserelles, des corneilles et des pies; elle fait ordinairement quatre œufs d’un gris sale, de forme arrondie, et à peu près aussi gros que ceux d’une petite poule.

O. On peut encore ajouter à ces caractères un signe distinctif, c’est que la plume la plus extérieure de l’aile est plus courte de deux ou trois pouces que la seconde, qui est elle-même plus courte d’un pouce que la troisième , et que les plus longues de toutes sont la quatrième el la cinquième , au lieu que dans l’effraie la seconde et la troisième sont les plus longues , e( l'extérieure n’est plus courte que d’un demi-pouce.

h. Cet oiseau pousse la nuit, surtout quand il gèle, une voix terrible, qui fait peur aux femmes et airx enfants. Salerne, Ornithol., p. 53.

c. C’est d’après Gessner que je dis ici que les Allemands appellent cette chouette, ÜM/iu; cependant c’est le grand duc auquel appartient ce nom : il dit aussi qu’ils l’appellent ul et ntl. M. Frisch ne lui donne que le nom générique eule, et dit que les autres surnoms qu’on lui donne en allemand sont sans fondement, comme celui de knapp ewle, par exemple, qui exprime le craquement que cet oiseau fait avec son bec , mais que toutes les especes de chouettes font également; et nachl eul qui signifie chouette de nuit , puisque toutes les chouettes sont également des oiseaux de nuit.

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