‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 9 sur 240 · Voyez l’article du cheval · texte numérisé non relu

Voyez l’article du cheval

DISCOURS

VU et tenu, à la côte du Sénégal, des hirondelles arrivées le 9 octobre, c’est-à-dire huit ou neuf jours après leur départ d’Europe. Pietro délia Yalle dit qu’en Perse® le pigeon messager fait en un jour plus de chemin qu’un homme de pied ne peut en faire en six. On connaît l’histoire du faucon de Henri II, qui, s’étant emporté après une canepetière à Fontainebleau, fut pris le lendemain à Malte, et reconnu à l’anneau qu’il portait; celle du faucon des Canaries*’, envoyé au duc deLerme, qui revint d’Andalousie à l'île de Ténériffe en seize heures, ce qui fait un trajet de deux cent cinquante lieues. Hans Sloane” assure qu’à la Barhade les mouettes vont se promener en troupes à plus de deux cents milles de distance, et qu’elles reviennent le même jour. Une promenade de plus de cent trente lieues indique assez la possibilité d’un voyage de deux cents; et je crois qu’on peut conclure, de la combinaison de tous ces faits, qu’un oiseau de haut vol peut parcourir chaque jour quatre ou cinq fois plus de chemin que le quadrupède le plus agile.

Tout contribue à cette facilité de mouvement dans l’oiseau, d’abord les plumes, dont la substance est très-légère, la surface très-grande, et dont les tuyaux sont creux; ensuite l’arrangement'* de ces mêmes plumes, la forme des ailes convexe en dessus et concave en dessous, leur fermeté, leur grande étendue et la force des muscles qui les font mouvoir; enfin, la légèreté même du corps, dont les parties les plus massives, telles que les os, sont beaucoup plus légères* que celles des quadrupèdes ; car les cavités dans les os des oiseaux sont proportionnellement beaucoup plus grandes que dans les quadrupèdes, et les os plats qui n’ont point de cavités sont plus minces et ont moins de poids. « Le squelette ® de l’onocrotale, disent les auato- « mistes de l’Académie, est extrêmement léger, il ne pesait que vingt-trois « onces, quoiqu’il soit très-grand. » Cette légèreté des os diminue considérablement le poids du corps de l’oiseau, et l’on reconnaîtra, en pesant à la balance hydrostatique le squelette d’un quadrupède et celui d’un oiseau, que le premier est spécifiquement bien plus pesant que l’autre.

Un second effet très-remarquable, et que l’on doit rapporter à la nature des os, est la durée de la vie des oiseaux, qui, en général, est plus longue et ne suit pas les mêmes règles, les mêmes proportions que dans les animaux quadrupèdes. Nous avons vu que dans l’homme et dans ces animaux la

a. Voyage de Pietro delta Valle, t. I,p. 416.

h. Observ. de Sir Edmund Scoly. Voyez Purcliass, p. 78S.

c. A voyage to the Islands... Wilh the nalural llistory by Sir llans Sloane. London, t. I , page 27.

d. Voyez sur la structure et l’arrangement des plumes , les remarques et observations de MM. de l’Académie des Sciences dans les Mémoires pour servir à l’Histoire des animaux , partie ii, à l’article de l’autruche.

e. Mémoires pour servir à l’Histoire des animaux, partie ni , article du pélican..

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