SUR LES FLEUVES
premier degré de salure de la mer provient de la cause indiquée par Leibnitz ; mais cela n’empe'che pas que la seconde cause, désignée par Halley, n’ait aussi très-considérablement influé sur le degré de la salure actuelle de la mer, qui ne peut manquer d’aller toujours en augmentant , parce qu’en effet les fleuves ne cessent de transporter à la mer une grande quantité de sels fixes, que l’évaporation ne peut enlever : ils restent donc mêlés avec la masse des esux qui, dans la mer, se trouvent généralement d’autant plus salées , qu’elles sont plus éloignées de l’embouchure des fleuves , et que la chaleur du climat y produit une plus grande évaporation. La preuve que cette seconde cause y fait peut-être autant et plus que la première , c’est que tous les lacs dont il sort des fleuves ne sont point salés, tandis que presque tous ceux qui reçoivent des fleuves, sans qu’ils en sortent, sont imprégnés de sel. La mer Caspienne, le lac Aral, la mer Morte, etc., ne doivent leur salure qu'aux sels que les fleuves y transportent, et que l’évaporation ne peut enlever. (Voyez p. 228.)