‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de CuvierChapitre 165 sur 251 · II. — Des volcans · texte numérisé non relu

II. — Des volcans

Les anciens nous ont laissé quelques notices des volcans qui leur étaient connus, et particulièrement de l’Etna et du Vésuve. Plusieurs observateurs savants et curieux ont de nos jours examiné de plus près la forme et les effets de ces volcans ; mais la première chose qui frappe en comparant ces descriptions, c’est qu’on doit renoncer à transmettre à la postérité la topographie exacte et constante de ces montagnes ardentes ; leur forme s’altère et change, pour ainsi dire, chaque jour ; leur surface s’élève ou s’abaisse en différents endroits; chaque éruption produit de nouveaux gouffres ou des éminences nouvelles : s’attacher à décrire tous ces changements, c’est vouloir suivre et représenter les ruines d’un bâtiment incendié; le Vésuve de Pline et l’Etna d’Empédocle présentaient une face et des aspects différents de ceux qui nous sont aujourd'hui si bien représentés par MM. Hamilton et Brydone; et, dans quelques siècles, ces descriptions récentes ne ressembleront plus à leur objet. Après la surface des mers, rien sur le globe n’est plus mobile et plus inconstant que la surface des volcans ; mais de cette inconstance même et de cette variation de mouvements et de formes, on peut tirer quelques conséquences générales en réunissant les observations particulières.

Exemples des changements arrivés dans les volcans.

La base de l’Etna peut avoir soixante lieues de circonférence, et sa hauteur perpendiculaire est d’environ deux mille toises au-dessus du niveau de la mer Méditerranée. On peut donc regarder cette énorme montagne comme un cône obtus, dont la superficie n’a guère moins de trois cents lieues carrées : cette superficie conique est partagée en quatre zones placées concentriquement les unes au-dessus des autres. La première et la plus large s’étend à plus de" six lieues, toujours en montant doucement , depuis le point le plus éloigné de la base de la montagne, et cette zone de six lieues de largeur est peuplée et cultivée presque partout. La ville de Catane et plusieurs villages se trouvent dans cette première enceinte, dont la superficie est de plus de deux cent vingt lieues carrées ; tout le fond de ce vaste terrain n’est que de la lave ancienne et moderne qui a coulé des différents endroits de la montagne où se sont faites les explosions des feux souterrains, et la surface de cette lave, mêlée avec les cendres rejetées par ces différentes bouches à feu, s’est convertie en une bonne terre, actuellement semée de grains et plantée de vignobles, à l’exception de quelques endroits où la lave, encore trop récente, ne fait que commencer à changer de nature et présente quelques espaces dénués de terre. Vers le haut de cette zone, on voit déjà plusieurs cratères ou coupes plus ou moins larges et profondes, d’où sont sorties les matières qui ont formé les terrains au-dessous.

La seconde zone commence au-dessus de six lieues (depuis le point le plus éloigné dans la circonférence de la montagne) ; cette seconde zone a environ deux lieues de largeur en montant , la pente en est plus rapide partout que celle de la première zone, et j cette rapidité augmente à mesure qu’on s’élève et qu’on s’approche du sommet; cette seconde zone, de deux lieues de largeur, peut avoir en superficie quarante ou quarantecinq neues carrées : de magnifiques forêts couvrent toute cette étendue et semblent former un beau collier de verdure à la tête blanche et chenue de ce respectable mont.

ADDITIONS SUR LES TREMBLEMENTS DE TERRE

Le fond du terrain de ces belles forêts n’est néanmoins que de la lave et des cendres converties par le temps en terres excellentes, et ce qui est encore plus remarquable, c’est l’inégalité de la surface de cette zone : elle ne présente partout que des collines, ou plutôt des montagnes, toutes produites par les différentes éruptions du sommet de l’Etna et des autres bouches à feu qui sont au-dessous de ce sommet , et dont plusieurs ont autrefois agi dans cette zone, actuellement couverte de forêts.

Avant d’arriver au sommet , et après avoir passé les belles forêts qui recouvrent la croupe de cette montagne, on traverse une troisième zone où il ne croît que de petits végétaux; cette région est couverte de neige en hiver, qui fond pendant l’été; mais ensuite on trouve la ligne de neige permanente, qui marque le commencement de la quatrième zone et s’étend jusqu’au sommet de l’Etna ; ces neiges et ces glaces occupent environ deux lieues en hauteur, depuis la région des petits végétaux jusqu’au sommet , lequel est également couvert de neige et de glace : il est exactement d’une figure conique, et l’on voit dans son intérieur le grand cratère du volcan, duquel il sort continuellement des tourbillons de fumée. L’intérieur de ce cratère est en forme de cône renversé, s’élevant également de tous côtés ; il n’est composé que de cendres et d'autres matières brûlées, sorties de la bouche du volcan, qui est au centre du cratère. L’extérieur de ce sommet est fort escarpé; la neige y est couverte de cendres, et il y fait un très-grand froid. Sur le côté septentrional de cette région de neige, il y a plusieurs petits lacs qui ne dégèlent jamais. En général , le terrain de cette dernière zone est assez égal et d’une même pente, excepté dans quelques endroits, et ce n’est qu’au-dessous de cette région de neige qu’il se trouve un grand nombre d’inégalités, d’éminences et de profondeurs, produites par les éruptions, et que l’on voit les collines et les montagnes plus ou moins nouvellement formées et composées de matières rejetées par ces différentes bouches à feu.

Le cratère du sommet de l’Etna, en 1770, avait, selon M. Brydone, plus d’une lieue de circonférence, et les auteurs anciens et modernes lui ont donné des dimensions trèsdifférentes ; néanmoins tous ces auteurs ont raison, parce que toutes les dimensions de cette bouche à feu ont changé, et tout ce que l’on doit inférer de la comparaison des différentes descriptions qu’on en a faites, c’est que le cratère, avec ses bords, s’est éboulé quatre fois depuis six ou sept cents ans. Les matériaux dont il est formé retombent dans les entrailles de la montagne, d’où ils sont ensuite rejetés par de nouvelles éruptions qui forment un autre cratère, lequel s’augmente et s’élève par degrés jusqu’à ce qu’ii retombe de nouveau dans le même gouffre du volcan.

Ce haut sommet de la montagne n’est pas le seul endroit où le feu souterrain ait fait éruption ; on voit dans tout le terrain qui forme les flancs et la croupe de l’Etna, et jusqu’à de très-grandes distances du sommet, plusieurs autres cratères qui ont donné passage au feu et qui sont environnés de morceaux de rochers qui en sont sortis dans différentes éruptions. On peut même compter plusieurs collines, toutes formées par l’éruption de ces petits volcans qui environnent le grand ; chacune de ces collines offre à son sommet une coupe ou cratère, au milieu duquel on voit la bouche ou plutôt le gouffre profond de chacun de ces volcans particuliers. Chaque éruption de l’Etna a produit une nouvelle montagne ; et peut-être, dit M. Brydone, que leur nombre servirait mieux que toute autre méthode à déterminer celui des éruptions de ce fameux volcan.

La ville de Catane, qui est au bas de la montagne, a souvent été ruinée par le torrent des laves qui sont sorties du pied de ces nouvelles montagnes, lorsqu’elles se sont formées. En montant de Catane à Nicolosi , on parcourt douze milles de chemin dans un terrain formé d’anciennes laves et dans lequel on voit des bouches de volcans éteints, qui sont à présent des terres couvertes de blé, de vignobles et de vergers. Les laves qui forment cette région proviennent de l’éruption de ces petites montagnes qui sont répan-

ET LES VOLCANS

dues partout sur les flancs de l’Etna ; elles sont toutes, sans exception, d’une figure régulière, soit hémisphérique, soit conique ; chaque éruption crée ordinairement une de ces montagnes : ainsi l’action des feux souterrains ne s’élève pas toujours jusqu’au sommet de l’Etna ; souvent ils ont éclaté sur la croupe, et pour ainsi dire jusqu'au pied de cette montagne ardente. Ordinairement, chacune de ces éruptions du flanc de l’Etna produit une montagne nouvelle composée des rochers, des pierres et des cendres lancées par la force du feu; et le volume de ces montagnes nouvelles est plus ou moins énorme, à proportion du temps qu’a duré l’éruption : si elle se fait en peu de jours, elle ne produit qu’une colline d’environ une lieue de circonférence à la base sur trois ou quatre cents pieds de hauteur perpendiculaire ; mais si l’éruption a duré quelques mois, comme celle de 1669, elle produit alors une montagne considérable de deux ou trois lieues de circonférence sur neuf cents ou mille pieds d’élévation, et toutes ces collines enfantées par l'Etna, qui a douze mille pieds de hauteur, ne paraissent être que de petites éminences faites pour accompagner la majesté de la mère montagne.

Dans le Vésuve, qui n’est qu’un très-petit volcan en comparaison de l'Etna, les éruptions des flancs de la montagne sont rares et les laves sortent ordinairement du cratère qui est au sommet , au lieu que dans l’Etna les éruptions se sont faites bien plus souvent par les flancs de la montagne que par son sommet , et les laves sont sorties de chacune de ces montagnes formées par des éruptions sur les côtés de l’Etna. M. Brydone dit , d’après M. Recupero, que les masses de pierres lancées par l’Etna s’élèvent si haut quelles emploient 21 secondes de temps à descendre et retomber à terre, tandis que celles du Vésuve tombent en 9 secondes, ce qui donne 1,215 pieds pour la hauteur à laquelle s’élèvent les pierres lancées par le Vésuve, et 6,615 pieds pour la hauteur à laquelle montent celles qui sont lancées par l’Etna ; d’où l’on pourrait conclure, si les observations sont justes, que la force de l’Etna est à celle du Vésuve comme 441 sont à 81, c’est-à-dire cinq à six fois plus grande. Et ce qui prouve d’une manière démonstrative que le Vésuve n’est qu’un très-faible volcan en comparaison de l’Etna, c’est que celui-ci paraît avoir enfanté d’autres volcans plus grands que le Vésuve : « Assez près de « la Caverne des Chèvres , dit M. Brydone, on voit deux des plus belles montagnes « qu’ait enfantées l’Etna ; chacun des cratères de ces deux montagnes est beaucoup plus « large que celui du Vésuve ; ils sont à présent remplis par des forêts de chênes et « revêtus jusqu'à une grande profondeur d’un sol très-fertile ; le fond du sol est com- « posé de laves dans cette région comme dans toutes les autres , depuis le pied de la « montagne jusqu’au sommet. La montagne conique, qui forme le sommet de l’Etna et « contient son cratère, a plus de trois lieues de circonférence ; elle est extrêmement « rapide, et couverte de neige et de glace en tout temps. Ce grand cratère a plus d’une < lieue de circonférence en dedans, et il forme une excavation qui ressemble à un vaste « amphithéâtre ; il en sort des nuages de fumée qui ne s’élèvent point en l’air, mais « roulent vers le bas de la montagne : le cratère est si chaud , qu’il est très-dangereux <■ d’y descendre. La grande bouche du volcan est près du centre du cratère; quelques- « uns des rochers lancés par le volcan hors de son cratère sont d’une grandeur « incroyable : le plus gros qu’ait vomi le Vésuve est de forme ronde et a environ « 12 pieds de diamètre ; ceux de l’Etna sont bien plus considérables et proportionnés à « la différence qui se trouve entre les deux volcans. »

Comme toute la partie qui environne le sommet de 1 Etna présente un terrain égal , sans collines ni vallées jusqu’à plus de deux lieues de distance en descendant , et qu’on y voit encore aujourd’hui les ruines de la tour du philosophe Empédocle, qui vivait quatre cents ans avant l’ère chrétienne, il y a toute apparence que, depuis ce temps, le grand cratère du sommet de l’Etna n’a fait que peu ou point d’éruptions; la force du feu a donc diminué , puisqu’il n’agit plus avec violence au sommet , et que toutes les

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éruptions modernes se sont faites dans les régions plus basses de la montagne : cependant, depuis quelques siècles , les dimensions de ce grand cratère du sommet de l’Etna ont souvent changé : on le voit par les mesures qu’en ont données les auteurs siciliens en différents temps; quelquefois il s’est écroulé, ensuite il s’est reformé en s’élevant peu à peu jusqu’à ce qu’il s’écroulât de nouveau. Le premier de ces écroulements bien constatés est arrivé en 1 1 57 , un second en 1 329 , un troisième en 1 444 , et le dernier en 1669. Mais je ne crois pas qu’on doive en conclure, avec M. Brydone, que dans peu le cratère s’écroulera de nouveau ; l’opinion que cet effet doit arriver tous les cent ans ne me paraît pas assez fondée, et je serais au contraire très-porté à présumer que, le feu n’agissant plus avec la même violence au sommet de ce volcan , ses forces ont diminué et continueront à s’affaiblir à mesure que la mer s’éloignera davantage ; il l’a déjà fait reculer de plusieurs milles par ses propres forces; il en a construit les digues et les côtes par ses torrents de laves; et d’ailleurs on sait, par la diminution de la rapidité du Carybde et du Scylla et par plusieurs autres indices , que la mer de Sicile a considérablement baissé depuis deux mille cinq cents ans : ainsi l’on ne peut guère douter qu’elle ne continue à s’abaisser, et que par conséquent l’action des volcans voisins ne se ralentisse, en sorte que le cratère de l’Etna pourra rester très-longtemps dans son état actuel, et que, s’il vient à retomber dans ce gouffre, ce sera peut-ïtre pour la dernière fois. Je crois encore pouvoir présumer que, quoique l’Etna doive être regardé comme une des montagnes primitives du globe à cause de sa hauteur et de son immense volume, et que très-anciennement il ait commencé d’agir dans le temps de la retraite générale des eaux, son action a néanmoins cessé après cette retraite, et qu’elle ne s’est renouvelée que dans des temps assez modernes, c’est-à-dire lorsque la mer Méditerranée, s’étant élevée par la rupture du Bosphore et de Gibraltar, a inondé les terres entre la Sicile et l’Italie, et s’est approchée de la base de l’Etna. Peut-être la première des éruptions nouvelles de ce fameux volcan est-elle encore postérieure à cette époque de la nature. « 11 me paraît évident, dit M. Brydone, que l’Etna ne brûlait pas au siècle « d’Homère ni même longtemps auparavant; autrement il serait impossible que ce « poète eût tant parlé de la Sicile sans faire mention d’un objet si remarquable. » Cette réflexion de M. Brydone est très-jrste; ainsi ce n’est qu’après le siècle d'Homère qu’on doit dater les nouvelles éruptions de l’Etna ; mais on peut voir par les tableaux poétiques de Pindare, de Virgile, et par les descriptions des autres auteurs anciens et modernes, combien en dix-huit ou dix-neuf cents ans la face entière de cette montagne et des contrées adjacentes a subi de. changements et d’altérations par les tremblements de terre, par les éruptions, par les torrents de laves, et enfin par la formation de la plupart des collines et des gouffres produits par tous ces mouvements. Au reste, j’ai tiré les faits que je viens de rapporter de l’excellent ouvrage de M. Brydone, et j’estime assez l’auteur pour croire qu’il ne trouvera pas mauvais que je ne sois pas de son avis sur la puissance de l’aspiration des volcans et sur quelques autres conséquences qu’il a cru devoir tirer des faits; personne, avant M. Brydone, ne les avait si bien observés et si clairement présentés, et tous les savants doivent se réunir pour donner à son ouvrage les éloges qu’il mérite.

Les torrents de verre en fusion , auxquels on a donné le nom de laves , ne sont pas , comme on pourrait le croire , le premier produit de l’éruption d’un volcan : ces éruptions s’annoncent ordinairement par un tremblement de terre plus ou moins violent , premier effet de l’effort du feu qui cherche à sortir et à s’échapper au dehors ; bientôt il s’échappe en effet et s’ouvre une route dont il élargit l’issue en projetant au dehors les rochers et toutes les terres qui s’opposaient à son passage ; ces matériaux , lancés à une grande distance, retombent les uns sur les autres et forment une éminence plus ou moins considérable , à proportion de la durée et de la violence de l’éruption. Comme

ET LES VOLCANS

toutes les terres rejetées sont pénétrées de feu, et la plupart converties en cendres ardentes, l’éminence qui en est composée est une montagne de feu solide dans laquelle s'achève la vitrification d'une grande partie de la matière par le fondant des cendres; dès lors cette matière fondue fait effort pour s’écouler, et la lave éclate et jaillit ordinairement au pied de la nouvelle montagne qui vient de la produire 1 ; mais dans les petits volcans, qui n’ont pas assez de force pour lancer au loin les matières qu'ils rejettent, la lave sort du haut de la montagne. On voit cet effet dans les éruptions du Vésuve; la lave semble s’élever jusque dans le cratère ; le volcan vomit auparavant des pierres et des cendres qui, retombant à plomb sur l’ancien cratère, ne font que l'augmenter; et c'est à travers cette matière additionnelle nouvellement tombée que la lave s’ouvre une issue : ces deux effets, quoique différents en apparence, sont néanmoins les mêmes; car dans un petit volcan qui, comme le Vésuve, n'a pas assez de puissance pour enfanter de nouvelles montagnes en projetant au loin les matières qu’il rejette, toutes retombent sur le sommet ; elles en augmentent la hauteur, et c’est au pied de cette nouvelle couronne de matière que la lave s'ouvre un passage pour s’écouler. Ce dernier effort est ordinairement suivi du calme du volcan; les secousses de la terre au dedans, les projections au dehors cessent dès que la lave coule ; mais les torrents de ce verre en fusion produisent des effets encore plus étendus , plus désastreux que ceux du mouvement de la montagne dans son éruption ; ces fleuves de feu ravagent , détruisent et même dénaturent la surface de la terre ; il est comme impossible de leur opposer une digue ; les malheureux habitants de Catane en ont fait la triste expérience. Comme leur ville avait souvent été détruite en totalité ou en partie par les torrents de lave, ils ont construit de très-fortes murailles de 55 pieds de hauteur : environnés de ces remparts ils se croyaient en sûreté ; les murailles résistèrent en effet au feu et au poids du torrent, mais cette résistance ne servit qu’à le gonfler, il s’éleva jusqu’au-dessus de ces remparts, retomba sur la ville et détruisit tout qui se trouva sur son passage.

Ces torrents de lave ont souvent une demi-lieue et quelquefois jusqu’à deux lieues de largeur : « La dernière lave que nous avons traversée, dit M. Brydone, avant d’arriver « à Catane , est d’une si vaste étendue que je croyais qu’elle ne finirait jamais ; elle n’a « certainement pas moins de six ou sept milles de large, et elle paraît être en plusieurs « endroits d’une profondeur énorme ; elle a chassé en arrière les eaux de la mer à plus « d’un mille et a formé un large promontoire élevé et noir, devant lequel il y a beau- « coup d’eau; cette lave est stérile et n’est couverte que de très-peu de terreau : cepen- " dant elle est ancienne , car, au rapport de Diodore de Sicile , cette même lave a été « vomie par l’Etna au temps delà seconde guerre punique. Lorsque Syracuse était assié- « gée par les Romains, les habitants de Taurominum envoyèrent un détachement « secourir les assiégés ; les soldats furent arrêtés dans leur marche par ce torrent de « lave qui avait déjà gagné la mer avant leur arrivée au pied de la montagne, il leur

« coupa entièrement le passage Ce fait, confirmé par d’autres auteurs et même

« par des inscriptions et des monuments, s’est passé il y a deux mille ans, et cependant « cette lave n’est encore couverte que de quelques végétaux parsemés, et elle est abso- « lument incapable de produire du blé et des vins; il y a seulement quelques gros « arbres dans les crevasses qui sont remplies d’un bon terreau. La surface des laves « devient avec le temps un sol très-fertile.

« En allant en Piémont, continue M. Brydone, nous passâmes sur un large pont con- « struit entièrement de lave; près de là, la rivière se prolonge à travers une autre lave « qui est très-remarquable , et probablement une des plus anciennes qui soit sortie de

1. La lave est le produit direct des volcans. Les matériaux , lancés à une grande distance, peuvent bien former des éminences , mais ne produisent pas la lave.

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« l’Etna ; le courant , qui est extrêmement rapide, l’a rongée en plusieurs endroits jusci qu’à la profondeur de 50 ou 60 pieds ; et , selon M. Recupero , son cours occupe une « longueur d’environ 40 milles : elle est sortie d’une éminence très-considérable sur le « côté septentrional de l’Etna ; et, comme elle a trouvé quelques vallées qui sont à l’est, « elle a pris son cours de ce côté , elle interrompt la rivière d’Alcantara à diverses « reprises, et enfin elle arrive à la mer près de l’embouchure de cette rivière. La ville « de Jaci et toutes celles de cette côte sont fondées sur des rochers immenses de laves,

« entassés les uns sur les autres , et qui sont en quelques endroits d’une hauteur surb prenante; car il paraît que ces torrents enflammés se durcissent en rochers dès qu’ils « sont arrivés à la mer... De Jaci à Catane on ne marche que sur la lave; elle a formé « toute cette côte , et, en beaucoup d’endroits, les torrents de lave ont repoussé la mer

b à plusieurs milles en arrière de ses anciennes limites A Catane, près d’une voûte

b qui est à présent à 30 pieds de profondeur, on voit un endroit escarpé où l’on disb tingue plusieurs couches de lave avec une de terre très-épaisse sur la surface de chab cune. S’il faut deux mille ans pour former sur la lave une légère couche de terre, il a « dû s’écouler un temps plus considérable entre chacune des éruptions qui ont donné b naissance à ces couches. On a percé à travers sept laves séparées, placées les unes sur b les autres, et dont la plupart sont couvertes d’un lit épais de bon terreau; ainsi la « plus basse de ces couches paraît s’être formée il y a quatorze mille ans... En 1669, la b lave forma un promontoire à Catane , dans un endroit où il y avait plus de 50 pied:; « de profondeur d’eau , et ce promontoire est élevé de 50 autres pieds au-dessus du b niveau actuel de la mer. Ce torrent de lave sortit au-dessus de Montpelieri, vint b frapper contre cette montagne, se partagea ensuite en deux branches, et ravagea tout « le pays qui est entre Montpelieri et Catane, dont elle escalada les murailles avant de « se verser dans la mer ; elle forma plusieurs collines où il y avait autrefois des vallées, b et combla un lac étendu et profond , dont on n’aperçoit pas aujourd’hui le moindre

« vestige La côte de Catane à Syracuse est partout éloignée de 30 milles au moins

b du sommet de l’Etna, et néanmoins cette côte, dans une longueur de près de 10 lieues, « est formée des laves de ce volcan ; la mer a été repoussée fort loin , en laissant des a rochers élevés et des promontoires de laves, qui défient la fureur des flots et leur « présentent des limites qu’ils ne peuvent franchir. Il y avait dans le siècle de Virgile b un beau port au pied de l’Etna ; il n’en reste aucun vestige aujourd’hui; c’est proba- « blement celui qu’on a appelé mal à propos le port d’Ulysse : on montre aujourd'hui b le lieu de ce port à 3 ou 4 milles dans l’intérieur du pays ; ainsi la lave a gagné toute « cette étendue sur la mer et a formé tous ces nouveaux terrains... L’étendue de cette « contrée, couverte de laves et d’autres matières brûlées, est, selon M. Recupero, de b 183 milles en circonférence, et ce cercle augmente encore à chaque grande éruption. » Voilà donc une terre d’environ 300 lieues superficielles , toute couverte ou formée par les projections des volcans , dans laquelle , indépendamment du pic de l’Etna , l’on trouve d’autres montagnes en grand nombre, qui toutes ont leurs cratères propres, et nous démontrent autant de volcans particuliers : il ne faut donc pas regarder l’Etna comme un seui volcan, mais comme un assemblage, une gerbe de volcans, dont la plupart sont éteints ou brûlent d’un feu tranquille , et quelques autres en petit nombre agissent encore avec violence. Le haut sommet de l’Etna ne jette maintenant que des fumées, et depuis très longtemps il n’a fait aucune projection au loin, puisqu’il est partout environné d’un terrain sans inégalités à plus de 2 lieues de distance, et qu’audessous de cette haute région couverte de neige , on voit une large zone de grandes forêts , dont le sol est une bonne terre de plusieurs pieds d’épaisseur : cette zone inférieure est, à la vérité, semée d’inégalités, et présente des éminences, des vallons, des collines et même d’assez grosses montagnes ; mais comme presque toutes ces inégalités

ET LES VOLCANS

sont couvertes d’une grande épaisseur de terre , et qu’il faut une longue succession de temps pour que les matières volcaniséès se convertissent en terre végétale , il me paraît qu’on peut regarder le sommet de l’Etna et les autres bouches à feu qui l’environnaient , jusqu’à 4 ou 5 lieues au-dessous , comme des volcans presque éteints , ou du moins assoupis depuis nombre de siècles ; car les éruptions dont on peut citer les dates depuis deux mille cinq cents ans, se sont faites dans la région plus basse, c’est-à-dire à 5, 6 et 7 lieues de distance du sommet. Il me paraît donc qu'il y a eu deux âges différents pour les volcans de la Sicile : le premier, très-ancien , où le sommet de l’Etna a commencé d’agir, lorsque la mer universelle a laissé ce sommet à découvert et s’est abaissée à quelques centaines de toises au-dessous ; c’est dès lors que se sont faites les premières éruptions qui ont produit les laves du sommet et formé les collines qui se trouvent au-dessous dans la région des forêts; mais ensuite, les eaux, ayant continué de baisser, ont totalement abandonné cette montagne, ainsi que toutes les terres de la Sicile et des continents adjacents; et, après cette entière retraite des eaux, la Méditerranée n’était qu’un lac d’assez médiocre étendue , et ses eaux étaient très-éloignées de la Sicile et de toutes les contrées dont elle baigne aujourd'hui les côtes. Pendant tout ce temps, qui a duré plusieurs milliers d’années, la Sicile a été tranquille , l’Etna et les autres anciens volcans qui environnent son sommet ont cessé d’agir , et ce n’est qu'après l’augmentation de la Méditerranée 1 par les eaux de l’Océan et de la mer Noire, c'est-à-dire , après la rupture de Gibraltar et du Bosphore , que les eaux sont venues attaquer de nouveau les montagnes de l’Etna par leur base, et qu’elles ont produit les éruptions modernes et récentes, depuis le siècle de Pinclare jusqu’à ce jour, car ce poète est le premier qui ait parlé des éruptions des volcans de la Sicile. Il en est de même du Vésuve : il a fait longtemps partie des volcans éteints de l’Italie, qui sont en très-grand nombre, et ce n’est qu’après l'augmentation de la mer Méditerranée que, les eaux s’en étant rapprochées , ses éruptions se sont renouvelées. La mémoire des premières, et même de toutes celles qui avaient précédé le siècle de Pline, était entièrement oblitérée; et l’on ne doit pas en être surpris , puisqu’il s’est passé peut-être plus de dix mille ans depuis la retraite entière des mers jusqu’à l’augmentation de la Méditerranée , et qu’il y a ce même intervalle de temps entre la première action du Vésuve et son renouvellement. Toutes ces considérations semblent prouver que les feux souterrains ne peuvent agir avec violence que quand ils sont assez voisins des mers pour éprouver un choc contre un grand volume d’eau 2 : quelques autres phénomènes particuliers paraissent encore démontrer cette vérité. On a vu quelquefois les volcans rejeter une grande quantité d’eau et aussi des torrents de bitume. Le P. de la Torré, trèshabile physicien, rapporte que, le 10 mars 1755, il sortit du pied de la montagne de l’Etna un large torrent d’eau qui inonda les campagnes d’alentour. Ce torrent roulait

1. C’est dans la sixième de ses Époques de la nature que Buffon développe ses idées sur la flormation de la Méditerranée. Voyez mes notes sur cette Époque.

2. Voyez mes notes précédentes sur les volcans. La situation de la plupart des volcans suffit pour prouver -que le voisinage de la mer n’est pas une condition nécessaire de l’activité volcanique. « Dans l’Asie centrale , presque à égale, distance de la mer Glaciale et de l’Océan Indien « (273 et 284 myriamètres), s’étend une grande chaîne de montagnes volcaniques, le Thian-chan « ( Montagnes Célestes) , dont font partie le Péchan , qui vomit de la lave , la solfatare d’Urum- « tsi , et le volcan encore actif du Turfan ( Ilotseu). Le Péchan est situé à 250 myriamètres de la «mer Caspienne... Enfin, parmi les quatre grandes chaînes parallèles, l’Altaï, le Thian-chan, « le Kuen-lun et l’Himalaya, qui traversent de Test à l’ouest le continent asiatique, ce sont les « deux chaînes intérieures, situées à 297 et à 134 myriamètres de toute mer, qui possèdent des « volcans vomissant du feu comme l’Etna et le Vésuve, exhalant des vapeurs ammoniacales « comme les volcans de Guatimala , tandis qu’il n’en existe aucun dans la chaîne la plus voisine « de la mer, dans l’Himalaya. » {Cosmos, 1. 1, p. 278. )

ADDITIONS SUR LES TREMBLEMENTS DE TERRE

une quantité de sable si considérable qu’elle remplit une plaine très-étendue. Ces eaux étaient fort chaudes. Les pierres et les sables, laissés dans la campagne, ne différaient eu rien des pierres et du sable qu’on trouve dans la mer. Ce torrent d’eau fut immédiatement suivi d’un torrent de matière enflammée qui sortit de la même ouverture «.

Cette même éruption de 1755 s’annonça, dit M. d’Arthenay, par un si grand embrasement qu’il éclairait plus de 24 milles de pays du côté de Catane; les explosions furent bientôt si fréquentes que dès le 3 mars on apercevait une nouvelle montagne au-dessus du sommet de l’ancienne , de la même manière que nous l’avons vu au Vésuve dans ces derniers temps. Enfin les jurats de Mascali ont mandé le 12 que le 9 du même mois les explosions devinrent terribles ; que la fumée augmenta à tel point que tout le ciel en fut obscurci; qu’à l’entrée de la nuit il commença à pleuvoir un déluge de petites pierres, pesant jusqu’à trois onces, dont tout le pays et les cantons circonvoisins furent inondés; qu’à cette pluie affreuse, qui dura plus de cinq quarts d’heure , en succéda une autre de cendres noires qui continua toute la nuit; que le lendemain , sur les huit heures du matin , le sommet de l’Etna vomit un fleuve d’eau comparable au Nil ; que les anciennes laves les plus impraticables par leurs montuosités , leurs coupures et leurs pointes , furent en un clin d’œil converties par ce torrent en une vaste plaine de sable; que l’eau, qui heureusement n’avait coulé que pendant un demi-quart d’heure , était très-chaude ; que les pierres et les sables qu’elle avait charriés avec elle ne différaient en rien des pierres et du sable de la mer ; qu’après l’inondation , il était sorti de la même bouche un petit ruisseau de feu qui coula pendant vingt-quatre heures; que le 11 , à un mille environ au-dessous de cette bouche, il se fit une crevasse par où déboucha une lave qui pouvait avoir 100 toises de largeur et 2000 d’étendue, et qu’elle continuait son cours au travers de la campagne le jour même que M. d’Arthenay écrivait cette relation *>.

Voici ce que ditM. Brydone au sujet de cette éruption : « Une partie des belles forêts « qui composent la seconde région de l’Etna fut détruite, en 1755 , par un très-singu- « lier phénomène. Pendant une éruption du volcan , un immense torrent d’eau bouii- « lante sortit, à ce qu'on imagine , du grand cratère de la montagne en se répandant « en un instant sur sa base, en renversant et détruisant tout ce qu'il rencontra dans sa « course : les traces de ce torrent étaient encore visibles (en 1770) ; le terrain commen- « çait à recouvrer sa verdure et sa végétation, qui ont paru quelque temps avoir été « anéanties ; le sillon que ce torrent d’eau a laissé semble avoir environ un mille et « demi de largeur, et davantage en quelques endroits. Les gens éclairés du pays c croient communément que le volcan a quelque communication avec la mer, et qu’il « éleva cette eau par une force de succion; mais, dit M. Brydone, l’absurdité de cette « opinion est trop évidente pour avoir besoin d’être réfutée ; la force de succion seule , « même en supposant un vide parfait, ne pourrait jamais élever l’eau à plus de 33 ou « 34 pieds, ce qui est égal au poids d’une colonne d’air dans toute la hauteur de l’atmo- « sphère. » Je dois observer queM. Brydone me paraît se tromper ici, puisqu’il confond la force du poids de l’atmosphère avec la force de succion produite par l’action du feu ■ celle de l’air, lorsqu’on fait le vide, est en effet limitée à moins de 34 pieds, mais la force de succion ou d’aspiration du feu n’a point de bornes ; elle est dans tous les cas proportionnelle à l’activité et à la quantité de la chaleur qui l’a produite, comme on le voit dans les fourneaux où l’on adapte des tuyaux aspiratoires. Ainsi l’opinion des gens éclairés du pays , loin d’être absurde, me paraît bien fondée; il est nécessaire que les

a Histoire du mont Vésuve, par le P. J. M. delà Torré. Journal étranger , mois de janvier 1756, p. 203 et suiv.

b. Mémoires des savants étrangers, imprimés comme suite des Mémoires de l’Académie des Sciences , t. IV, p. 147 et suiv

ET LES VOLCANS

cavités des volcans communiquent avec la mer; sans cela ils ne pourraient vomir ces immenses torrents d’eau ni même faire aucune éruption , puisque aucune puissance , à l’exception de l’eau choquée contre le feu , ne peut produire d aussi violents effets

Le volcan Pacayita , nommé volcan de l'eau par les Espagnols, jette des torrents d’eau dans toutes ses éruptions; la dernière détruisit, en 1773, la ville de Guatimala , et les torrents d’eau et de laves descendirent jusqu’à la mer du Sud.

On a observé sur le Vésuve qu’il vient de la mer un vent qui pénètre dans la montagne ; le bruit qui se fait entendre dans certaines cavités , comme s’il passait quelque torrent par-dessous , cesse aussitôt que les vents de terre soufflent ; et on s’aperçoit en même temps que les exhalaisons de la bouche du Vésuve deviennent beaucoup moins considérables , au lieu que lorsque le vent vient de la mer ce bruit semblable à un torrent recommence, ainsi que les exhalaisons de flammes et de fumée , les eaux de la mer s’insinuant aussi dans la montagne , tantôt en grande , tantôt en petite quantité ; et il est arrivé plusieurs fois à ce volcan de rendre en même temps de la cendre et de l'eau

Un savant, qui a comparé l’état moderne du Vésuve avec son état actuel, rapporte que, pendant l’intervalle qui précéda l’éruption de 1631 , l’espèce d’entonnoir que forme l’intérieur du Vésuve s’était revêtu d’arbres et de verdure; que la petite plaine qui le terminait était abondante en excellents pâturages ; qu’en partant du bord supérieur du gouffre, on avait un mille à descendre pour arriver à cette plaine, et qu’elle avait vers son milieu un autre gouffre dans lequel on descendait, également pendant un mille, par des chemins étroits et tortueux qui conduisaient dans un espace plus vaste, entouré de cavernes, d’où il sortait des vents si impétueux et si Jroids qu’il était impossible d'y résister. Suivant le même observateur, la sommité du Vésuve avait alors 5 milles de circonférence. Après cela, on ne doit point être étonné que quelques physiciens aient avancé que ce qui semble former aujourd'hui deux montagnes n’en était qu’une autrefois; que le volcan était au centre, mais que le côté méridional, s’étant éboulé par l’effet de quelque éruption , il avait formé ce vallon qui sépare le Vésuve du mont Somma b.

M. Steller observe que les volcans de l’Asie septentrionale sont presque toujours isolés, qu’ils ont à peu près la même croûte ou surface, et qu’on trouve toujours des lacs sur le sommet et des eaux chaudes au pied des montagnes où les volcans se sont éteints : « C’est , dit-il , une nouvelle preuve de la correspondance que la nature a mise entre la « mer, les montagnes , les volcans et les eaux chaudes ; on trouve nombre de sources <■ de ces eaux chaudes dans différents endroits du Kamtschatka c. » L’ile de Sjanxv, à 40 lieues de Ternate, a un volcan dont on voit souvent sortir de l'eau, des cendres, etc. d. Mais il est inutile d’accumuler ici des faits en plus grand nombre pour prouver la communication des volcans avec la mer; la violence de leurs éruptions serait seule suffisante pour le faire présumer, et le fait général de la situation près de la mer de tous les volcans actuellement agissants achève de le démontrer. Cependant, comme quelques physiciens ont nié la réalité et même la possibilité de cette communication des volcans à la mer, je ne dois pas laisser échapper un fait que nous devons à feu M. de la Condamine, homme aussi véridique qu’éclairé. 11 dit « qu’étant monté au sommet du « Vésuve le 4 juin 1755, et même sur les bords de l’entonnoir qui s’est formé autour de « la bouche du volcan depuis sa dernière explosion, il aperçut dans le gouffre, à environ

а. Description historique et philosophique du Vésuve, par M. l’ahbé Mecati. Journal étranger, mois d’octobre 1754.

б. Observations sur le Vésuve, par M. d’Arthenay. Savants étrangers, t. IV, p. 147 et suiv.

c. Histoire générale des Voyages , t. XIX, p. 238.

d. Histoire générale des Voyages, t. XVII , p. 54.

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