Ou Jockuls
2. « Cette ile est tellement recouverte dans toutes ses parties de bouches volcaniques qu’on est « accoutumé à ne la considérer dans toute son étendue que comme un vaste volcan. Ebenezer « Henderson y a compté 29 volcans distincts... Cependant la position du cône principal se laisse « facilement reconnaître... » (M. de Bucli: ouv. cité, p. 348 J
ET LES VOLCANS
en 1693. Cette éruption commença le 13 février et continua jusqu’au mois d’août suivant. Tous les autres incendies n’ont de même duré que quelques mois. Il faut donc observer que l'Hécla ayant fait les plus grands ravages au xrve siècle, à quatre reprises différentes, a été tout à fait tranquille pendant le xv% et a cessé de jeter du feu pendant cent soixante ans. Depuis cette époque, il n'a fait qu’une seule éruption au xvie siècle et deux au xvne. Actuellement on n’aperçoit sur ce volcan ni feu ni fumée , ni exhalaisons. On y trouve seulement dans quelques petits creux, ainsi que dans beaucoup d’autres endroits de l'ile, de l’eau bouillante, des pierres, du sable et des cendres.
En 1726, après quelques secousses de tremblement de terre, qui ne furent sensibles que dans les cantons du nord , le mont Krafle commença à vomir, avec un fracas épouvantable, de la tumée, du feu, des cendres et des pierres : cette éruption continua pendant deux ou trois ans sans faire aucun dommage , parce que tout retombait sur ce volcan ou autour de sa base.
En 1728, le feu s’étant communiqué à quelques montagnes situées près du Krafle, elles brûlèrent pendant plusieurs semaines ; lorsque les matières minérales qu’elles renfermaient furent fondues, il s’en forma un ruisseau de feu qui coula fort doucement vers le sud , dans les terrains qui sont au-dessous de ces montagnes : ce ruisseau brûlant s’alla jeter dans un lac , à trois lieues du mont Krafle , avec un grand bruit , et en formant un bouillonnement et un tourbillon d’écume horrible. La lave ne cessa de couler qu’en 1729 , parce qu’alors vraisemblablement la matière qui la formait était épuisée. Ce lac fut rempli d’une grande quantité de pierres calcinées qui firent considérablement élever ses eaux; il a environ 20 lieues de circuit, et il est situé à une pareille distance de la mer. On ne parlera pas des autres volcans d’Islande ; il suffit d’avoir fait remarquer les plus considérables ®.
On voit, par cette description, que rien ne ressemble plus aux volcans secondaires de l’Etna que les jokuts de l’Hécla; que, dans tous deux, le haut sommet est tranquille; que celui du Vésuve s’est prodigieusement abaissé ', et que probablement ceux de l’Etna et de l’Hécla étaient autrefois beaucoup plus élevés qu’ils ne le sont aujourd’hui.
Quoique la topographie des volcans dans les autres parties du monde ne nous soit pas aussi bien connue que celle des volcans d’Europe, nous pouvons néanmoins juger, paranalogie et par la conformité de leurs effets , qu’ils se ressemblent à tous égards : tous sont situés dans les îles ou sur le bord des continents 2 ; presque tous sont environnés de volcans secondaires ; les uns sont agissants , les autres éteints ou assoupis ; et ceux-ci sont en bien plus grand nombre, même dans les Cordillères, qui paraissent être le domaine le plus ancien des volcans. Dans l’Asie méridionale , les îles de la Sonde , les Moluques et les Philippines , ne retracent que destruction par le feu et sont encore pleines de volcans ; les îles du Japon en contiennent de même un assez grand nombre , c’est le pays de l’univers qui est aussi le plus sujet aux tremblements de terre; il y a des fontaines chaudes en beaucoup d’endroits ; la plupart des îles de l’Océan Indien et de toutes les mers de ces régions orientales ne nous présentent que des pics et des sommets isolés qui vomissent le feu, que des côtes et des rivages tranchés, restes d’anciens continents qui ne sont plus : il arrive même encore souvent aux navigateurs d’y rencontrer des parties qui s’affaissent journellement; et l’on y a vu des îles entières disparaître
a. Histoire générale des Voyages , t. XVIII, p. 9, 10, et 11.
1. « Le Vésuve est sorti tout formé du sein de la terre ,. .. et , depuis cette époque , sa hauteur « n’a pas cessé de décroître... En 1834, il était réduit à un seul pic, tellement affaibli par les fuma- « rolles qui le traversent qu’on doit s’attendre qu’à une des éruptions prochaines , toute cette « cime retombera dans l’intérieur, ou sera lancée dans les airs... » (M. de Buch : ouv. cité , page 342. )