‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de CuvierChapitre 185 sur 251 · ADDITIONS SUR LES CHANGEMENTS DE MER EN TERRE · texte numérisé non relu

ADDITIONS SUR LES CHANGEMENTS DE MER EN TERRE

core au-dessous de leur niveau actuel , et que par conséquent l’étendue des continents terrestres ne fera qu’augmenter avec les siècles

1. J’ai longtemps hésité avant de placer ces Additions à la suite de la Théorie de la terre. Trente-quatre années séparent ces deux études. « Depuis trente-quatre ans que cela est écrit , « dit Buffon lui-mème en parlant de la Théorie de la terre , j’ai acquis des connaissances et « recueilli des faits... (Voyez page 342). » J’ai pensé que le lecteur ne pouvait être préveau trop tôt des modifications profondes que ces connaissances acquises et ces faits recueillis (leat et fécond travail ) devaient apporter dans les idées de Buffon.

j Buffon ajoute plus loin. « Je puis dire qu’il n’y a aucun autre changement à faire dans toute « ma Théorie de la terre que celui de la composition des premières montagnes qui doivent leur « origine au feu primitif, et non pas à l’intermède de l’eau, comme je l’avais alors conjecturé... « (Additions , pige 357). »

Buffon veut i léfendre ici sa Théorie de la terre , mais il diminue le mérite de ses Epoques de la nature.

M. Cuvier dit très-bien, à propos des Époques de la nature : « L’auteur y présente dans un « style vraimeD t sublime, et avec une force de talent faite pour subjuguer, une deuxième théorie « de la terre assez différente de celle qu’il avait tracée dans ses premiers volumes , quoiqu’il « n’ait d’abord l’air que de vouloir défendre et développer celle-ci. (Biograph. univers. ) »

Buffon a non -seulement reconnu , comme il vient de le dire , que « les premières montagnes « doivent leur origine au feu primitif, et non pas à l’intermède de l’eau... ( Additions , « page 357); » mais il a reconnu que « les grandes montagnes, composées de matières vitresci cibles et produites par le feu primitif, tiennent immédiatement à la roche intérieure du globe... « ( Additions , page 342 ) ; » que « toutes les vallées et tous les vallons de la surface de la terre , « ainsi que toutes les montagnes et collines , ont eu deux causes primitives : la première le feu , « et la seconde l’eau... (Additions , page 353); » que « les éminences, qui ont été formées par « le sédiment elles dépôts de la mer, ont une structure bien différente de celles qui doivent leur « origine au feu primitif : les premières étant toutes disposées par couches horizontales, et con- <c tenant une h dinité de productions marines, les autres, au contraire, ayant une structure « moins régulière, et ne renfermant aucun indice de productions de la mer... ( Additions , « page 353 ) ; » que « les cavernes , les plus vastes et les plus anciennes, ont dû se former dans « le temps de la consolidation du globe ,... et être produites par le feu primitif... ( Additions , « page 409 ) ; » etc. , etc. , etc.

Buffon a donc eu, sur la formation du globe, deux théories très-différentes, et il a grand tort de vouloir s’en défendre ; car c’est là une de ses gloires. Buffon est le seul homme peutêtre qui, après avoir donné une théorie, résumé brillant de tous les travaux faits au moment où il l’écrivait, ait eu le courage de profiter ensuite des travaux nouveaux que cette théorie même avait fait naître, pour en donner une autre.

HISTOIRE DES ANIMAUX'

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