‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de CuvierChapitre 201 sur 251 · Voyez la note 2 de la page · texte numérisé non relu

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2. Qui n'ont point de sang, c’est-à-dire qui n’ont pas le sang rouge , dont le sang est blanc

SUR LA GÉNÉRATION

pas leur origine à des parents de même espèce qu’eux. A mesure que j’exposerai ce que dit Aristote, je prendrai la liberté de faire les remarques nécessaires, et la première sera qu’on ne doit point admettre cette division; car, quoiqu’en effet toutes les espèces d’animaux qui ont du sang soient composées de mâles et de femelles, il n’est peut-être pas également vrai que les animaux qui n’ont point de sang soient pour la plupart en même temps mâles et femelles; car nous ne connaissons guère que le limaçon sur la terre, et les vers *, qui soient dam ce cas, et qui soient en effet mâles et femelles, et nous ne pouvons pas assurer que tous les coquillages 1 aient les deux sexes à la fois, aussi bien que tous les autres animaux qui n’ont point de sang : c’est ce que l’on verra dans l’histoire particulière de ces animaux ; et à l’égard de ceux qu’il dit provenir de la pourriture, comme il n’en fait pas l’énumération, il y aurait bien des exceptions à faire, car la plupart des espèces que les anciens croyaient engendrées par la pourriture, viennent ou d’un œuf ou d’un ver, comme les observateurs modernes s’en sont assurés 3.

Il fait ensuite une seconde division des animaux, savoir, ceux qui ont la faculté de se mouvoir progressivement, comme de marcher, de voler, de nager, et ceux qui ne peuvent se mouvoir progressivement. Tous ces animaux qui se meuvent et qui ont du sang ont des sexes; mais ceux qui, comme les huîtres, sont adhérents, ou qui ne se meuvent presque pas, n’ont point de sexe 4 et sont à cet égard comme les plantes3; ce n’est, dit-il, que par la grandeur ou par quelque autre différence qu’on les a distingués en mâles et femelles. J’avoue qu’on n’est pas encore assuré que les coquillages aient des sexes ; il y a dans l’espèce des huitres des individus féconds et d’autres individus qui ne le sont pas ; les individus féconds se distinguent à cette bordure déliée qui environne le corps de l’huître, et on les appelle les mâles a. Il nous manque sur cela beaucoup d’observations qu’ Aristote pouvait avoir, mais dont il me paraît qu’il donne ici un résultat trop général.

Mais suivons. Le mâle, selon Aristote, renferme le principe du mouvement généra tif, et la femelle contient le matériel de la génération. Les organes qui servent à la fonction qui doit la précéder sont différents sui-

a. Voyez l’observation de M. Deslandes dans son Traité de la marine. Paris, 1747.

1. Le limaçon et le ver de terre sont, en effet, hermaphrodites ; mais beaucoup d’antres animaux le sont aussi.

2. Tous les coquillages n’ont pas , il est vrai , les deux sexes à la fois , ne sont pas hermaphrodites : c’est pourtant le cas le plus général parmi les coquillages.

3. La plupart des espèces que les anciens croyaient engendrées par la pourriture viennent d’un œuf ou d’un ver. Elles viennent toutes d’un œuf : le ver lui-même vient d’un œuf ( soit qu'on entende par ver les vers proprement dits , ou bien la chenille , la larve des insectes).

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