‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de CuvierChapitre 204 sur 251 · Et il avait raison. Tous les animaux viennent d’un œuf · texte numérisé non relu

Et il avait raison. Tous les animaux viennent d’un œuf

3. Et il avait plus raison qu’il ne croyait : Y œuf des vivipares n’est pas seulement une espèce d’œuf, c’est un véritable œuf.

EXPOSTION DES SYSTÈMES

leur accroissement, et arrivent à leur développement entier dans la matrice, au lieu que les fœtus des ovipares prennent à la vérité leur première origine dans le corps de la mère, où ils ne sont encore qu’œufs, et que ce n’est qu’après être sortis du corps de la mère, et au dehors, qu’ils deviennent réellement des fœtus; et il faut remarquer, dit-il, que, dans les animaux ovipares, les uns gardent leurs œufs au dedans d’eux-mêmes jusqu’à ce qu’ils soient parfaits, comme les oiseaux, les serpents et les quadrupèdes ovipares , les autres répandent ces œufs avant qu’ils soient parfaits , comme les poissons à écailles, les crustacés, les testacés et les poissons mous. Les œufs que ces animaux répandent au dehors ne sont que les principes des véritables œufs 1 ; ils acquièrent du volume et de la substance, des membranes et du blanc, en attirant à eux la matière qui les environne, et ils la tournent en nourriture : il en de même, ajoute-t-il, des insectes, par exemple, des chenilles, lesquelles, selon lui, ne sont que des œufs imparfaits2 qui cherchent leur nourriture, et qui au bout d’un certain temps arrivent à l’état de chrysalide3, qui est un œuf parfait; et il y a encore une autre différence dans les ovipares, c’est que les poules et les autres oiseaux ont des œufs de différente grosseur, au lieu que les poissons, les grenouilles, etc., qui les répandent avant qu’ils soient parfaits les ont tous de la même grosseur. Seulement il observe que dans les pigeons qui ne pondent que deux œufs, tous les petits œufs qui restent dans l’ovaire sont de la même grandeur, et qu’il n’y a que les deux qui doivent sortir qui soient beaucoup plus gros que les autres, au lieu que dans les poules il y en a de toute grosseur, depuis le plus petit atome presque invisible jusqu’à la grosseur d’une nèfle. Il observe aussi que dans les poissons cartilagineux, comme la raie, il n’y a que deux œufs qui grossissent et mûrissent en même temps ; ils descendent des deux cornes de la matrice, et ceux qui restent dans l’ovaire sont, comme dans les poules, de différente grosseur : il dit en avoir vu plus de cent dans l’ovaire d’une raie.

Il fait ensuite l’exposition anatomique des parties de la génération de la poule, et il observe que dans tous les oiseaux la situation de l’orifice de l’anus et de la vulve est contraire à la situation de ces parties dans les autres animaux ; les oiseaux ont en effet l’anus en devant, et la vulve en arrière® ; et à l’égard de celles du coq, il prétend que cet animal n’a point de verge , quoique les oies et les canards en aient de fort apparentes ; l’autruche surtout en a une de la grosseur d’une langue de cerf ou de celle d’un petit bœuf; il dit donc qu’il n’y a point d’intromission, mais seulement un simple attouchement, un frottement extérieur des parties du

a. La plupart de tous ces faits sont tirés d’Aristote .

Page 1