‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de CuvierChapitre 224 sur 251 · Voyez la note 2 de la page · texte numérisé non relu

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RÉFLEXIONS

' guère douter, après le témoignage positif de ces glands anatomistes, quTIarvey ne se soit trompé sur ce point important, surtout si l’on ajoute à ces témoignages celui de Leeuwenhoek, qui assure avoir trouvé de la semence du mâle dans la matrice d’un très-grand nombre de femelles de toute espèce, qu’il a disséquées après l’accouplement.

Une autre erreur de fait est ce que dit Harvey (cap. xvi , n° 7) au sujet d’une fausse couche du second mois, dont la masse était grosse comme un œuf de pigeon, mais encore sans aucun fœtus formé, tandis qu’on est assuré par le témoignage de Ruysch et de plusieurs autres anatomistes, que le fœtus est toujours reconnaissable, même à l’œil simple, dans le premier mois. L 'Histoire de l’Académie fait mention d’un fœtus de vingt et un jours, et nous apprend qu’il était cependant formé en entier, et qu’on en distinguait aisément toutes les parties. Si l’on ajoute à ces autorités celle de Malpighi , qui a reconnu le poulet dans la cicatricule immédiatement après que l’œuf fut sorti du corps de la poule et avant qu’il eût été couvé1, on ne pourra pas douter que le fœtus ne soit formé et n’existe dès le premier jour et immédiatement après la copulation2, et par conséquent on ne doit donner aucune croyance à tout ce qu’IIarvey dit au sujet des parties qui viennent s’ajuster les unes auprès des autres par juxtaposition, puisqu’au contraire elles sont toutes existantes d’abord, et qu’elles ne font que se développer successivement.

Graaf a pris le mot d’œuf dans une acception toute différente d’Harvey ; il a prétendu que les testicules des femmes étaient de vrais ovaires qui contenaient des œufs semblables à ceux que contiennent les ovaires des femelles ovipares, mais seulement que ces œufs étaient beaucoup plus petits, et qu’ils ne tombaient pas au dehors, qu’ils ne se détachaient jamais que quand ils étaient fécondés, et qu’alors ils descendaient de l’ovaire dans les cornes de la matrice, où ils grossissaient. Les expériences de Graaf sont celles qui ont le plus contribué à faire croire à l’existence de ces prétendus œufs, qui cependant n’est point du tout fondée, car ce fameux anatomiste se trompe, 1° en ce qu’il prend les vésicules de l’ovaire pour des œufs, tandis que ce ne sont que des parties inséparables du testicule de la femelle3, qui même en forment la substance, et que ces mêmes vésicules sont remplies d’une espèce de lymphe. Il se serait moins trompé s’il n'eût regardé ces vésicules que comme de simples réservoirs, et la lymphe qu’elles contiennent comme la liqueur séminale de la femelle, au lieu de prendre cette liqueur pour du blanc d’œuf; 2° il se trompe encore en ce qu’il assure que le follicule ou le

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