T. XI, p
NOTICE SU 11 BüFFON.
« trouver place dans cet ouvrage, où je me suis fait une loi de ne prête senter que des vérités appuyées sur des faits. D’autres viendront après « moi1 »
Enfin, notre XIIe volume devait nécessairement réunir les écrits détachés et particuliers, les morceaux qui ne font point suite et ensemble, et qui ont précédé le grand ouvrage ou y sont étrangers : les deux préfaces où se laissent apercevoir les premières lueurs du génie de Buffon, et de ce coup d’œil philosophique qui ne s’est plus démenti, les expériences sur les végétaux , V Essai dé arithmétique morale , les Probabilités de la durée de la vie , etc.
La seconde partie du XIIe volume est la reproduction complète des Tables des matières de l’édition in-4° de l’Imprimerie royale.
Prises à part , ces Tables , remarquables par la netteté et la simplicité de l’exposition, formeraient une sorte de Dictionnaire raisonné , et seraient, à elles seules, un véritable, un excellent ouvrage.
Elles sont de la main même de Buffon, et nous offrent le résumé le plus substantiel, et le plus fidèle, de son ouvrage entier.
Il ne cessa jamais d’y travailler.
Il écrivait à l’abbé Bexon, en date du 3 août 1778 : «M. de Montbelliard « a voulu terminer le cinquième volume aux grimpereaux, et il est en « effet assez gros, car il contient 546 pages, et il y en aura peut-être 34 « de table des matières , à laquelle je travaille actuellement ; » et, en date du 24 décembre 1779". « J’ai aussi beaucoup avancé la table de « ce septième volume, parce que je la continue sur les épreuves , à « mesure qu elles ni arrivent. . . »
Dans une édition dont le but est d’étudier et de suivre les idées de Buffon, Daubenton ne pouvait trouver sa place.
J'irai plus loin : l’anatomie est une science de détail et de description
1. T. XI , p. 388. — Buffon mourut le 16 avril 1788 ; et le premier mémoire de Cuvier sur les éléphants fossiles, celui où il a écrit cette grande phrase : « Qu'on se demande pourquoi l’on « i rouve tant de dépouilles d’animaux inconnus, tandis qu’on n’en trouve presque aucune dont « on puisse dire qu’elle appartient aux espèces que nous connaissons, et l’on verra combien il « est probable qu’elles ont toutes appartenu à des êtres d’un monde antérieur au nôtre, à des « êtres détruits par quelque révolution de ce globe, êtres dont ceux qui existent aujourd’hui •i ont rempli la place, » est de 1796 .
NOTICE SUR BUFFON
où le dernier progrès est toujours le plus précis, le plus utile à connaître par conséquent- et, quant à l’anatomie comparée en particulier, je le dirai avec sincérité : au point où elle a été portée de nos jours par M. Cuvier, ce n’est pas dans Daubenton, c’est dans M. Cuvier que celte belle science doit être recherchée et étudiée.
Mes notes ont été écrites sous l’inspiration d’une admiration sincère pour un des plus grands et plus fermes esprits dont s’honore la France ; je les ai faites courtes ; j’ai cherché à les faire opportunes; je les crois exactes. Si j’ai dû relever les erreurs, j’ai été beaucoup plus empressé à porter et à fixer l’attention sur les beautés, sur les grandes vues.
Par respect pour le style de Buffon, j’ai poussé le scrupule jusqu’à conserver la ponctuation de ces longues et abondantes phrases qui, selon un mot spirituel de M. Sainte-Beuve, décident qu' à peine à finir.
Le travail que je termine aujourd’hui, et dont je viens de rendre compte , m’a demandé quatre années : puisse-t-il contribuer à faire mieux connaître un noble et solide génie, dont l’étude fait vibrer les
meilleurs ressorts de notre âme, et, si je puis ainsi dire, agrandit le lecteur !
Au Jardin des Plantes, le 1er octobre 1855.
NOTICE SUR BUFFON