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5. « On assure qu’il fut obligé d’en faire recopier le manuscrit jusqu’à onze fois. » (Cuvier, Bioyr. univ.)
NOTICE SUR BUFFON
Pins d’un demi-siècle, consacré tout entier aux méditations les plus graves et les plus profondes, donne à Buffon, dans ce dernier de ses ouvrages , comme une intuition des progrès que nous voyons se dérouler sous nos yeux ; il semble avoir été le prophète des sciences nouvelles : de la minéralogie , qu’il définit par une expression si juste, la génésie des minéraux1; de la géologie , qu’il a tant servie par ses grandes vues et par ses hypothèses même; car, comme le dit très-bien M. Cuvier : « Buffon a le mérite d’avoir fait sentir que l’état actuel du globe résulte « d’une succession de changements dont il est possible de saisir les traces, « et c’est lui qui a rendu tous les observateurs attentifs aux phénomènes « d’ou l’on peut remonter à ces changements2; » enfin de la paléontologie, car c’est lui qui, le premier, a su interroger les ossements fossiles, le premier qui a conçu l’idée des populations éteintes, le premier qui nous a ouvert la grande étude de la succession des êtres.
Et combien l’éloquence devient-elle touchante dans le présage de grandeur que fait à cette science, que lui seul apercevait alors, l’illustre vieillard 3 4, au moment où la plume lui échappe des mains !
« ...C’est par ces pétrifications que nous reconnaissons les plus anciennes « productions de la nature et que nous avons une idée de ces espèces « maintenant anéanties, dont l’existence a précédé celle de tous les « êtres actuellement vivants ou végétants ; ce sont les seuls monuments « des premiers âges du monde : leur forme est une inscription audience tique qu’il est aisé de lire en la comparant avec les formes des corps « organisés de même genre, et comme on ne leur trouve point d’indi- « vidus analogues dans la nature vivante, on est forcé de rapporter « l’existence de ces espèces actuellement perdues aux temps où la « chaleur du globe était plus grande, et sans doute nécessaire à la vie et « à la propagation de ces animaux et végétaux qui ne subsistent plus »
« C’est à regret que je quitte ces objets intéressants, ces précieux « monuments de la vieille nature, que ma propre vieillesse ne me laisse « pas le temps d’examiner assez pour en tirer les conséquences que j 'ente trevois, mais qui, n’étant fondées que sur des aperçus, ne doivent pas