‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de CuvierChapitre 238 sur 251 · Voyez la note 1 de la page · texte numérisé non relu

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3. Ce n’est pas la chaleur qui aurait manqué , c’est l'air. (Voyez la note suivante. )

diatement après la communication qu’elle vient d’avoir avec le coq, se trouve fécondé et produit un poulet; ceux qu’elle pond dans la suite ont été fécondés de la même façon et dans le même instant , mais comme il manque encore à ces œufs des parties essentielles dont la production est indépendante de la semence du mâle , qu’ils n’ont encore ni blanc, ni membranes, ni coquille , le petit embryon contenu dans la cicatricule ne peut se développer dans cet œuf imparfait, quoiqu’il y soit contenu réellement et que son développement soit aidé de la chaleur de l’intérieur du corps de la mère. Il demeure donc dans la cicatricule dans l’état où il a été formé, jusqu’à ce que l’œuf ait acquis par son accroissement toutes les parties qui sont nécessaires à l’action et au développement du poulet; et ce n’est que quand l’œuf est arrivé à sa perfection, que cet embryon peut commencer à naître et à se développer. Ce développement se fait au dehors par l’incubation, mais il est certain qu'il pourrait se faire au dedans, et peut-être qu’en serrant ou cousant l’orifice de la poule pour l’empêcher de pondre 4, et pour retenir l’œuf dans l’intérieur de son corps, il pourrait arriver que le poulet s’y développerait comme il se développe au dehors, et que si la poule pouvait vivre vingt et un jours après cette opération, on lui verrait produire le poulet vivant, à moins que la trop grande chaleur de l’intérieur du corps de l’animal ne fit corrompre l’œuf ; car on sait que les limites du degré de chaleur nécessaire pour faire éclore des poulets ne sont pas fort étendues , et que le défaut ou l’excès de chaleur au delà de ces limites est également nuisible à leur développement. Les derniers œufs que la poule pond, et dans lesquels l’état de l’embryon est le même que dans les premiers, ne prouvent donc rien autre chose, sinon qu’il est nécessaire que l’œuf ait acquis toute sa perfection pour que l’embryon puisse se développer, et que, quoiqu’il ait été formé dans ces œufs longtemps auparavant, il est demeuré dans le même état où il était au moment de la fécondation, par le défaut de blanc et des autres parties nécessaires à son développement, qui n’étaient pas encore formées, comme il reste aussi dans le même état dans les œufs parfaits par le défaut de la chaleur nécessaire à ce même développement , puisqu’on garde souvent des œufs pendant un temps considérable avant que de les faire couver, ce qui n’empêche point du tout le développement du poulet qu’ils contiennent.

Il paraît donc que l’état dans lequel est l’embryon dans l’œuf lorsqu’il sort de la poule est le premier état qui succède immédiatement à la fécon-

1. Cette expérience a été tentée ; et le poulet ne s’est pas développé , et la poule n’a pas produit de poulets vivants , et cela , tout simplement parce que le poulet n’a point trouvé d’air dans Yoviducte.

Un être vivant ne peut se développer qu’autant qu’il respire. Dans les animaux vivrparos , le sang du fœtus respire par sa communication avec le sang de la mère , sang qui a respiré, qui a pris à l’air son oxigène. Dans l’œuf des oiseaux, l’air pénètre jusqu’au vêtit à travers les pores de la coque ou coquille.

DU FŒTUS

dation ; que la forme sous laquelle nous le voyons est la première forme résultante du mélange intime et de la pénétration des deux liqueurs séminales 3 qu'il n’y a pas eu d’autres formes intermédiaires, d’autres développements antérieurs à celui qui va s’exécuter; et que par conséquent, en suivant, comme l’a fait Malpighi, ce développement heure par heure, on en saura tout ce qu’il est possible d’en savoir, à moins que de trouver quelque moyen qui pût nous mettre à portée de remonter encore plus haut, et de voir les deux liqueurs se mêler sous nos yeux , pour reconnaître comment se fait le premier arrangement des parties qui produisent la forme que nous voyons à l’embryon dans l’œuf avant qu’il ait été couvé.

Si l’on réfléchit sur cette fécondation qui se fait, dans le même moment, de ces œufs qui ne doivent cependant paraître que successivement et longtemps les uns après les autres, on en tirera un nouvel argument contre l’existence des œufs dans les vivipares ; car si les femelles des animaux vivipares , si les femmes contiennent des œufs comme les poules , pourquoi n’y en a-t-il pas plusieurs de fécondés en même temps1, dont les uns produiraient des fœtus au bout de neuf mois, et les autres quelque temps après? et lorsque les femmes font deux ou trois enfants, pourquoi viennent-ils au monde tous dans le même temps2? Si ces fœtus se produisaient au moyen des œufs, ne viendraient-ils pas successivement les uns après les autres, selon qu’ils auraient été formés ou excités par la semence du mâle dans des œufs plus ou moins avancés, ou plus ou moins parfaits3? et les superfétations4 ne seraient-elles pas aussi fréquentes qu’elles sont rares, aussi naturelles qq’elles paraissent être accidentelles ?

On ne peut pas suivre le développement du fœtus humain dans la matrice, comme on suit celui du poulet dans l’œuf; les occasions d’observer sont rares, et nous ne pouvons en savoir que ce que les anatomistes, les chirurgiens et les accoucheurs en ont écrit : c’est en rassemblant toutes les observations particulières qu’ils ont faites, et en comparant leurs remarques et leurs descriptions, que nous allons faire l’histoire abrégée du fœtus humain.

Il y a grande apparence qu’immédiatement après le mélange des deux liqueurs séminales, tout l’ouvrage de la génération est dans la matrice sous la forme d’un petit globe, puisque l’on sait par les observations des ana-

1 . Il arrive souvent que plusieurs œufs sont fécondés en même temps. De là les grossesses multiples.

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