‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de CuvierChapitre 54 sur 251 · Vitrifiable. Voyez la note 4 de la page · texte numérisé non relu

Vitrifiable. Voyez la note 4 de la page

3. Le verre n’existe pas déguisé dans l 'argile : Yargile est une des substances qui peuvent servir à le former ; et voilà tout.

4. « Si l'argile était entièrement pure, elle serait infusible aux températures les plus élevées « qu’on peut produire dans les fourneaux; mais la chaux, la potasse et l’oxide de fer qu’elle « contient toujours lui donnent delà fusibilité. »(Pelouze et Fremy : Cours de Chimie, t. II, p. 213.) On remarquera qu’il ne s'agit ici que du feu des fourneaux. De ses nombreuses expériences, laites avec la chaleur que produit la pile, M. Despretz a cru pouvoir tirer cette conclusion : Que

SUR LA PRODUCTION

même genre; si l’argile en se condensant peut devenir du caillou, du verre1, pourquoi le sable en se divisant ne pourrait-il pas devenir de l’argile2? Le verre paraît être la véritable terre élémentaire3, et tous les mixtes un verre déguisé; les métaux, les minéraux, les sels, etc., ne sont qu’une terre vitrescible4; la pierre ordinaire, les autres matières qui lui sont analogues, et les coquilles des testacés, des crustacés, etc., sont les seules substances qu’aucun agent connu n’a pu jusqu’à présent vitrifier5, et les seules qui semblent faire une classe à part. Le feu, en réunissant les parties divisées des premières, en fait une matière homogène, dure et transparente à un certain degré, sans aucune diminution de pesanteur, et à laquelle il n’est plus capable de causer aucune altération; celles-ci au contraire, dans lesquelles il entre une plus grande quantité de principes actifs et volatils, et qui se calcinent, perdent au feu plus du tiers de leur poids, et reprennent simplement la forme de terre, sans autre altération que la désunion de leurs principes : ces matières exceptées, qui ne sont pas en grand nombre, et dont les combinaisons ne produisent pas de grandes variétés dans la nature, toutes les autres substances, et particulièrement l’argile, peuvent être converties en verre, et ne sont essentiellement par conséquent qu’un verre décomposé. Si le feu fait changer promptement de forme à ces substances, en les vitrifiant, le verre lui-même, soit qu’il ait sa nature de verre, ou bien celle de sable ou de caillou, se change naturellement en argile, mais par un progrès lent et insensible.

Dans les terrains où le caillou ordinaire est la pierre dominante, les campagnes en sont ordinairement jonchées; et si le lieu est inculte et que ces cailloux aient été longtemps exposés à l’air sans avoir été remués, leur superficie supérieure est toujours très -blanche, tandis que le côté opposé, qui touche immédiatement à la terre, est très-brun et conserve sa couleur naturelle : si on casse plusieurs de ces cailloux, on reconnaîtra que la blancheur n’est pas seulement au dehors, mais qu’elle pénètre dans

tous les corps sont fusibles et susceptibles d’être volatilisés. » Compte-rendu des séanc. de Y Acad. des Sc., t. XXXIII, p. 185.)

1. h’ argile se trouvant toujours mêlée, comme il vient d’être dit, avec de la chaux, de .a potasse, des oxides de fer, etc., ces bases la rendent fusible dans nos fourneaux, et c’est ainsi qu’elle sert à former le verre.

2. Si le sable, dont parle Buffon, est le feld-spath, le feldspath peut évidemment donner de Y argile par une simple décomposition (Voyez la note 1 de la page précédente); mais si, par sable , Buffon entend le quartz (le quai tz pur est l’acide silicique, la silice pure ) , la décomposition du sable ne saurait donner de Y argile.

3. Il n’y a point de terre élémentaire, de terre qui ait été l’élément primitif de toutes les autres. Le verre, dont parle ici Buffon, n’est pas notre verre artificiel, factice, notre verre proprement dit. C’est l’ensemble des matières terrestres, considérées comme ayant été fondues. (Voyez, ci-devant , la note 1 de la page 136. )

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