‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de CuvierChapitre 63 sur 251 · SUR LES INÉGALITÉS DE LA SURFACE DE LA TERRE · texte numérisé non relu

SUR LES INÉGALITÉS DE LA SURFACE DE LA TERRE

Les inégalités qui sont à la surface de la terre, qu’on pourrait regarder comme une imperfection à la figure du globe, sont en même temps une disposition favorable et qui était nécessaire pour conserver la végétation et la vie sur le globe terrestre : il ne faut, pour s’en assurer, que se prêter un instant à concevoir ce que serait la terre si elle était égale et régulière à sa surface ; on verra qu’au lieu de ces collines agréables d’où coulent des

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eaux pures qui entretiennent la verdure de la terre, au lieu de ces campagnes riches et lleuries où les plantes et les animaux trouvent aisément leur subsistance, une triste mer couvrirait le globe entier, et qu’il ne resterait à1 la terre, de tous ses attributs, que celui d’être une planète obscure, abandonnée, et destinée tout au plus à l’habitation des poissons.

Mais indépendamment de la nécessité morale, laquelle ne doit que rarement faire preuve en philosophie, il y a une nécessité physique pour que la terre soit irrégulière à sa surface, et cela, parce qu’en la supposant même parfaitement régulière dans son origine, le mouvement des eaux, les feus soutèrrains,les vents et les autres causes extérieures auraient nécessairement produit à la longue des irrégularités semblables à celles que nous vrrçpifâjiojnoj osarrart -mm bI oh lil 9l oramoo <enp tkro naiasuf ah .M » Les plus grandes inégalités sont les profondeurs de l’océan , comparées à l’élévation des montagnes : cette profondeur de l’océan est fort différente même à de grandes distances des terres ; on prétend qu’il y a des endroit; qui ont jusqu’à une lieue de profondeur *, mais cela est rare, et les proiondeurà les plus ordinaires sont depuis 60 jusqu’à 150 brasses. Les golfes e les parages voisins des côtes sont bien moins profonds, et les détroits son ordinairement les endroits de la mer où l’eau a le moins de profondeur Pour sonder les profondeurs de la mer, on se sert ordinairement d’ur morceau de plomb de 30 ou 40 livres qu’on attache à une petite corde, cettô manière est fort bonne pour les profondeurs ordinaires, mais lorsqu’on veut sonder de grandes profondeurs on peut tomber dans l’erreur e ne pas trouver de fond où cependant il y en a, parce que la corde, étau spécifiquement moins pesante que l’eau, il arrive, après qu’on en a beau coup dévidé, que le volpmç de la sonde et celui de la corde ne pèsen plus qu’autant ou moins qu’un pareil volume d’eau ; dès lors la sonde m

descend plus, et elle s’éloigne en ligne oblique en se tenant toujours à Jt même hauteur; ainsi pour sonder de grandes profondeurs, il faudra.!

une chaîne de fer on d’autre matière plus pesante que l’eau : il est asse* probable que c’est faute d’avoir fait cette attention, que les navigateurs nous disent que la mer n’a pas de fond dans une si grande quantité d’endroits .

En général les profondeurs dans les hautes mers augmentent ou diminuent d’une manière assez uniforme, et ordinairement plus on s’éloigne des côtes, plus la profondeur est grande ; cependant cela 11’est pas sans exception, et il y a des endroits au milieu de la mer où l’on trouve des écueils, comme aux Abrolhos dans la mer Atlantique, d’autres où il y a des bancs d’une étendue très-considérable , comme le grand banc, le

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1 . « La profondeur de la mer et' celle de l'océan aérien nous sont également inconnues. Dans

«'1rs1 mers dés tropiques, on a sondé jusqu’à 8,220 mètres (environ deux lieues do poste) sans k att'inûré le fond >!.( M,;do.Hçmliqliff;: Cosmos, t. 1 , p. ?55.)

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