‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de CuvierChapitre 62 sur 251 · SUR LES INÉGALITÉS DE LA SURFACE DE LA TERRE · texte numérisé non relu

SUR LES INÉGALITÉS DE LA SURFACE DE LA TERRE

« les pierres de Saint-Chaumont on ne trouve pas une seule plante du pays.

« Il est certain , par les coquillages des carrières et des montagnes, que « ce pays, ainsi que beaucoup d’autres, a dû autrefois être couvert par « l’eau de la mer ; mais comment la mer d’Amérique ou celle des Indes « orientales y est-elle venue ?

« On peut, pour satisfaire à plusieurs phénomènes, supposer avec assez « de vraisemblance que la mer a couvert tout le globe de la terre; mais « alors il n’y avait point de plantes terrestres, et ce n’est qu’après ce temps- « là, et lorsque une partie du globe a été découverte, qu’il s’est pu faire « les grandes inondations qui ont transporté des plantes d’un pays dans « d’autres fort éloignés.

« M. de Jussieu croit que, comme le lit de la mer hausse toujours par « les terres, le limon, les sables que les rivières y charrient incessamment , « des mers, renfermées d’abord entre certaines digues naturelles, sont venues « à les surmonter et se sont répandues au loin. Que les digues aient elles- « mêmes été minées par les eaux et s’y soient renversées, ce sera encore « le même effet, pourvu qu’on les suppose d’une grandeur énorme. Dans « les premiers temps de la formation de la terre, rien n’avait encore pris « une forme réglée et arrêtée; il a pu se faire alors des révolutions prodi- « gieuses et subites dont nous ne voyons plus d’exemples, parce que tout « est venu à peu près à un état de consistance, qui n’est pourtant pas tel « que les changements lents et peu considérables qui arrivent ne nous don- « lient lieu d’en imaginer comme possibles d’autres de même espèce, mais « plus grands et plus prompts.

« Par quelqu’une de ces grandes révolutions, la mer des Indes, soit orien- « taies, soit occidentales, aura été poussée jusqu’en Europe, et y aura « apporté des plantes étrangères flottantes sur ses eaux. Elle les avait « arrachées en chemin, et les allait déposer doucement dans les lieux où « l’eau n’était qu’en petite quantité et pouvait s’évaporer. »

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