Voyez , ci-deyant , la note 1 de la page
1 7(i SUR LES INÉGALITÉS DE LA SURFACE DE LA TERRE.
<■laiT.nl encore couvertes des eaux de la mer; il se sera formé dans celte épaisseur de sable des noyaux de roc, de grès, de caillou et de toutes les matières qui prennent leur origine et leur figure dans les sables par une mécanique à peu près semblable à celle de la cristallisation des sels: Ces noyaux une. fois formés auront soutenu les parties où ils se sont trouvés, et les pluies auront détaché peu à peu tout le sable intermédiaire, aussi bien que celui qui les environnait immédiatement; les torrents, les ruisseaux, en se précipitant du haut de peç montagnes, auront entraîné ces sables dans les vallons, dans les plainps, et en auront conduit une partie jusqu’à la mer; : de cette façon, le . sommet des montagnes se sera trouvé à' découvert, et les noyaux déchaussés, auront paru dans -tou^ Jeur- hauteur : c’est ce que nous appelons aujourd’hui des pics ou des cornes de montagnes, et ce qu^ a fpjn$é toutes eps enginepees, < pointues qu’on y, oit eu tant d’endroits; gç’esjt aussi là l’origine de ces rpçljes élevéesj et i^plées qu’on trouve à la Chine et dans d’autres endroits, copnne pn Irlande, où on lpur a donné le nom de Deuil’ s stones ou pierres du Dififle, et dont la formation, aussi bien que celle des pics des montagnps, avait tqpjouqs paru une chose difficile àt expliquer : cependant l’explication, que j’en donne, est si naturelle qu’elle s’ost présentée d’abord à l’esprit de ceux qui ont vu .çesk roches, et je dois citer ici ce qu’en dit le père De Tartre daps les lçtti;es édifiantes : « De Yan-chuin-yen nous vînmes à llo-tcheou; nous iencon- « trames en chemin une chose assez particulière : ce, sont des. roches iVujne « hauteur extraordinaire et de lu figure d’une grosse tour, carrée qu’on « voit plantées au milieu des plus vastes plaines; on ne sait comment, elles « se trouvent là, si ce n’est que ce furent autrefois des, montagnes, et que « les eaux du ciel, ayant peu à peu fait ébouler la terre, qqi environnait ces « masses de pierre, les aient ainsi ,à la longue escqrpées de toutes parts : « ce qui fortifie la conjecture, c’est que nous en vîmes quelques-unes qui, « vers le bas, sont encore environnées de terre jusqu’à une certaine hau- « ieui\ Lellr. Édif, rffa 2^yt. ^ p. 135, etc. ) 0 PU^ ëôlnioq Le sommet des plus hautes montagnes est donc ordinairement composé de rochers et de plusieurs espèces de granité, de roc vif, de grès et d’autres matières dures et vitrifiables, et cela souvent jusqu’à deux ou trois cents toises en descendant; ensuite on y trouve souvent des carrières de marbre ou de pierre dure qui sont remplies de coquilles, et dont la matière est calcinable, comme on peut le remarquer à la grande Chartreuse en Dauphiné et sur le mont Cenis, où les pierres et les marbres, qui contiennent des coquilles, sont à quelques centaines de toises au-dessous des sommets, des pointes et des pics des plus hautes montagnes, quoique ces pierres remplies de coquilles soient elles-mêmes à plus de mille toises au-dessus du niveau de la mer. Ainsi les montagnes, où l’on voit des pointes ou des pics, sont ordinairement de roc vitritiable, et celles, dont les sommets sont
plats, contiennent pour la plupart des marbres et des pierres dures remplies de productions marines. Il en est de même des collines lorsqu’elles sont de grès ou de roc vif; elles sont pour la plupart entrecoupées de pointes, d’éminences, de tertres et de cavités, de profondeurs et de petits vallons intermédiaires; au contraire celles qui sont composées de pierres calcinables sont à peu près égales dans toute leur hauteur, et elles ne sont interrompues que par des gorges et des vallons plus grands, plus réguliers, et dont les angles sont correspondants; enfin elles sont couronnées de rochers dont la position est régulière et de niveau.
Quelque différence qui nous paraisse d’abord entre ces deux formes de montagnes, elles viennent cependant toutes deux de la même cause, comme nous venons de le faire voir ; seulement on doit observer que ces pierres calcinables n’ont éprouvé aucune altération, aucun changement depuis la formation des couches horizontales, au lieu que celles de sable vitrifiable ont pu être altérées et interrompues par la production postérieure des rochers et des blocs anguleux qui se sont formés dans l’intérieur de ce sable. Ces deux espèces de montagnes ont des fentes qui sont presque toujours perpendiculaires dans celles de pierres calcinables, et qui paraissent être un peu plus irrégulières dans celles de roc vif et de grès; c’est dans ces fentes qu’on trouve les métaux, les minéraux, les cristaux, les soufres et toutes les matières de la seconde classe, et c’est au-dessous de ces fentes que les eaux se rassemblent pour pénétrer ensuite plus avant et former les veines d’eau qu’on trouve au-dessous de la surface de la terre.