‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de CuvierChapitre 66 sur 251 · Voyez, ci-devant, la note de la page · texte numérisé non relu

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ïl» h SU K •LÉS'lNftÔÂLlTESf S fi

parallèles qu'en trouve partout l et qui ne peuvent avoir été formées que par les en u xg c’est la composition' des matières, même les plus dures, comme tte1 'M 'pieilre'et 'du marbre, à laquelle on reconnaît clairement que les matières' ctnidnt 'réduites en poussière avant la formation de ces pierres et <lë ces1 marbres, et qu’elles se sont précipitées au fond de l’eau en forme dd sédimeut; c’est ehcore l’exactitude avec laquelle les coquilles sont moulées1 dans ceë matières p C’est l’intérieur de ces mêmes coquilles, qui <fcst absolument rempli èèbi matières dans lesquelles elles sont renfermées; ett enfin ce qùide démontre incontestablement, ce sont les angles correspondants des moùtagnes et des collines qu’aucune autre causé que les courants de la met: Saurait pu former, c’est l’égalité de la hauteur des collines opposées et les lits des différentes matières qu’on y trouve à la même hauteur, c’est la direction des montagnes, dont les chaînes s’étendent en longueur dans' le même sens, comne l’on voit s’étendre les ondes de Jaomerm aol ; abnoloaq-aéit anolle? sob icq ssèquoo Jxioa aoiine'b «nifiTiol A l’égard des profondeurs qui sont à la surface de la terre, les plus grandes sont, sans contredit, les profondeurs de la mer, mais comme elles nè se présentent point à l’œil, et qu’on n’en peut juger que par la sonde, nous n’entendons parler ici que des profondeurs de terre ferme, telles que les profondes vallées que l’on voit entre les montagnes, les précipices qu’on trouve entre les rochers, les abîmes qu’on aperçoit du haut des montagnes, comme l’abîme du mont Ararath, les précipices des Alpes; * les vallées des Pyrénées : ces profondeurs sont une suite naturelle de l’élévütion des iinontagnes, i elles, reçoivent les eaux et les terres qui coulent ;de la montagne, le terrain en est Ordinairement très-fertile et fort habité; Pour Aes précipices qui sont entre les rochers, ils se forment par l’affaissement qes> rochers, dont. la base oède quelquefois plus d’un côté que de l’autre, par l’action de l’air et de la gelée qui les fait fendre et les sépare, ntuparda chute impétueuse des torrents qui s’ouvrent des routes et entraînent tout ce qui s’oppose à leur violence ; mais ces abîmes, c’esl-à-dire ces nnoEmpsi et < vastes précipices qu’on trouve au sommet des montagnes, et «u, fond- desquels il, n’est quelquefois pas possible de descendre, quoiqu’ils •pient une demi-lieûeneu une lieue de tour, ont été formés par le feu; ces agîmes étaient aütrefois les foyers des volcans, et toute la matière qui y ■manqueon a été r^etée.pan l’aoüon et l’explosion de ces feux, qui- depuis seiSOBjt éteinte faute-: do matière combustible. L’abîme du mont Aramtb, doute M. de Tôuamefort donne. la despription dans son Voyage du leounl , est environné de rochers noirs et brûlés, comme seront quelque jour les abîmes de l’JEtna, du Yésuye; et de tous les autres volcans, lorsqu’ils auront consumé toutes les matières combustibles qu’ils renferment.

ëslld'iip ta cru .ttoTSw htoasi.û enïh'np iinevx snngfttacffT gol ü-swwoo r, î'irrr ,c,I , !■

(.08 sgr.qjcl sJb Salon x>l , Jur, yf-ft-râ ,s s-jc? / -, .-m^v.Utoîu Jimart 1. Voyez, ci-devant, la note 4 de la page 41. , ,;j ;,j, ,u !.. .,j '

DE LA SU RFA CL frE ^A ifERIïE. 1G9

DansThisloire naturelle de la province de Stafford en Angleterre, par Plot, il est parlé d’une espèce de gouffre qu’on a sondé jusqu’à la profondeur de detix mille six cents pieds perpendiculaires, sans qu’on y ait trouvé' d’eau ; On n’a pu même en trouver le fond , parcé que la corde n’était pas assez longue. (Voyez le Journal des Savants , année 1680 , pdge1fiW)i'fov no , eongalrtora oh aanîr.do 899 9b noi,to9'iif) ni sb Iricgè’I À Los grandes cavités et’ les mines profondes sont ordinairement çlans les montagnes, et elles ne descendent jamais, à beaucoup prèsi, au niveau des plaines;; ainsi nous ne connaissons par ces cavités que l’intérieuridela montagne etpéint du itoüfcèlui du globe. n> ' i lo ïrumï ai acq f.nrmd U I)i’ ailleurs, ces profondeurs ne sont phs en effet fort considérables ; Ray assure que' les -mines les plus profondes n’ont pas un demi-mille ale profondeur. La mine de: Cotteberg* qui du temps- d’ Agricole passait pour la plus profonde de toutes les mines connues, n’avait que 2,500 pieds de profondeur perpendiculaire1 . Il est vrai qu’il y a des trous dans certains endroits, comme celui dont nous venons de parler dans la province de Stafford, ou le Poolshole dans la province de Darby en Angleterre, dont la profondeur est peut-être plus grande; mais tout cela n’est rien en comparaison de l’épaisseur du globe.

Si les rois d’Égypte , au lieu d’avoir fait des pyramides et élevé d’aussi fastueux monuments de leurs richesses et de leur vanité, eussent fait la même dépense pour sonder la terre et y faire une profonde excavation , comme d’une lieue de profondeur, on aurait peut-êtrè trouvé des matières qui auraient dédommagé de la peine et de là dépense, ou tout au moins on aurait des connaissances qu’on n’a' pas sur les matières dont le globe est composé à l’intérieur, ce qui serait peut-être fort utile, .k • jasaiofibao Mais revenons aux montagnes : : les plus élevées ^ont dans lès» pays; méridionaux,, et plus on approche dé' l’équateur, phifc on trouve d’inégalités sur la surface dil globe ; ceci est aisé -à prouver par une courte énuméra- 4iên9clgmiMnMgéeàfâad«fe pMmamoioD 9'iJue'l9b f9 ^cddcM ko aèlôa 89b Rn Amérique, la chaîne des Cordillères?, les plus hautes montagnes de la, terre,: est précisément sous IjéqUnteur* et elle sîétèud. tjes ideux côtés bien loin au delà dés cerclés qui .renferment la zonè-lorridec Efi Afrique, les hautes -montagnes de la Lune et du Monomotapà, le grand et le petit Atlas, ssont souæl’équateur; ou, n’ert sont pas éloignés.

Eii Asie, le mont Caucase, dont la chaîne s’étend sous différents noms jusqu’au^ .montagnes; de la Chine, aasjb dams toute ce|tfc étendue plus voisin île leqiijateüftcqiié despilêile&O .noaica oh aegncrfo t9ngBlnom cl infiaioio «9 En Europe, les: Pyrénées ,9leâAlpesmt les, montagnes,;;de! la- Grèce, qui

uoiJa9iih ci Jnob aongaluom ob âmcrfo onn icq 09ilxm noa a ne h 99i

1. « .Un puits de mine, actuellement abandonné, à Kuttenberg, en Bohême, était arrivé 4

« IV no^feMefe^fët Mètres. » (M. de Humboldt : 1 B Î39

È \ oftec»i-&uoatsjla imégdîilppafgHaôiioup aibncJ ,9là'{ eh auslerb cl Jusvuoaqà

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ne sont, que la même chaîne, sont encore moins éloignées de l’équateur que des pôles.

Or ces montagnes, dont nous venons de faire l’ énumération, sont toutes plus élevées, plus considérables et plus étendues en longueur et en largeur que les montagnes des pays septentrionaux.

A l’égard de la direction de ces chaînes de montagnes, on verra que les Alpes, prises dans toute leur étendue, forment une chaîne qui traverse le continent entier depuis l’Espagne jusqu’à la Chine; ces montagnes commencent aux bords de la mer en Galice, arrivent aux Pyrénées, traversent la France par le Vivarais et l’Auvergne, séparent l’Italie, s’étendent en Allemagne et au-dessus de la Dalmatie jusqu’en Macédoine, et de là se joignent avec les montagnes d’Arménie, le Caucase, le Taurus, l’Imaüs, et s’étendent jusqu’à la mer de Tartarie : de même le mont Atlas traverse le continent entier de l’Afrique d’occident en orient depuis le royaume de Fez jusqu’au détroit delà mer Rouge; les monts de la Lune ont aussi la même direction.

Mais, en Amérique, la direction est toute contraire, et les chaînes des Cordillères et des autres montagnes s’étendent du nord au sud plus que d’orient en occident.

Ce que nous observons ici, sur les plus grandes éminences du globe, peut s’observer aussi sur les plus grandes profondeurs de la mer. Les plus vastes et les plus hautes mers sont plus voisines de l’équateur que des pôles, et il résulte de cette observation que les plus grandes inégalités du globe se trouvent dans les climats méridionaux. Ces irrégularités, qui se trouvent à la surface du globe, sont la cause d’une infinité d’effets ordinaires et extraordinaires; par exemple, entre les rivières de l’Inde et du Gange, il y a une large chersonèse qui est divisée dans son milieu par une chaîne de hautes montagnes que l’on appelle le Gâte, qui s’étend du nord au sud depuis les extrémités du mont Caucase jusqu’au cap de Comorin ; de l’un des côtés est Malabar, et de l’autre Coromandel; du côté de Malabar, entre cette chaîne de montagnes et la mer, la saison de l’été est depuis le mois de septembre jusqu’au mois d’avril , et, pendant tout ce temps, le ciel est serein et sans aucune pluie; de l’autre côté de la montagne, sur la côte de Coromandel, cette même saison est leur hiver, et il y pleut tous les jours en abondance; et du mois d’avril au mois de septembre c’est la saison de l’été, tandis que c’est celle de l’hiver en Malabar ; en sorte qu’en plusieurs endroits, qui ne sont guère éloignés que de vingt lieues de chemin, on peut, en croisant la montagne, changer de saison. On dit que la même chose se trouve au cap Razalgat en Arabie, et de même à la Jamaïque, qui est séparée dans son milieu par une chaîne de montagnes dont la direction est de l’est à l’ouest, et que les plantations qui sont au midi de ces montagnes éprouvent la chaleur de l’été, tandis que celles qui sont au nord souffrent la

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rigueur de l’hiver dans ce même temps. Le Pérou, qui est situé sous la ligne et qui s’étend à environ mille lieues vers le midi, est divisé en trois parties longues et étroites que les habitants du Pérou appellent Lanos, Sierras et Andes; les lanos, qui sont les plaines, s’étendent tout le long de la côte de la mer du Sud ; les sierras sont des collines avec quelques vallées, et les andes sont ces fameuses Cordillères, les plus hautes montagnes que l’on connaisse; les lanos ont dix lieues plus ou moins de largeur; dans plusieurs endroits, les sierras ont vingt lieues de largeur et les andes autant, quelquefois plus , quelquefois moins; la largeur est de l’est à l’ouest, et la longueur, du nord au sud. Cette partie du monde1 a ceci de remarquable : 1° dans les lanos, le long de toute cette côte le vent de sud-ouest souffle constamment, ce qui est contraire à ce qui arrive ordinairement dans la zone torride; 2° il ne pleut ni ne tonne jamais dans les lanos, quoiqu’il y tombe quelquefois un peu de rosée; 3° il pleut presque continuellement sur les andes; 4° dans les sierras, qui sont entre les lanos et les andes, il pleut depuis le mois de septembre jusqu’au mois d’avril.

On s’est aperçu, depuis longtemps, que les chaînes des plus hautes montagnes allaient d’occident en orient; ensuite, après la découverte du Nouveau-Monde, on a vu qu’il y en avait de fort considérables qui tournaient du nord au sud; mais personne n’avait découvert, avant M. Bourguet, la surprenante régularité de la structure de ces grandes masses : il a trouvé, après avoir passé trente fois les Alpes en quatorze endroits différents, deux fois l’Apennin, et fait plusieurs tours dans les environs de ces montagnes et dans le mont Jura, que toutes les montagnes sont formées dans leurs contours à peu près comme les ouvrages de fortification. Lorsque le corps d’une montagne va d’occident en orient, elle forme des avances qui regardent, autant qu’il est possible, le nord et le midi : cette régularité admirable est si sensible dans les vallons, qu’il semble qu’on y marche dans un chemin couvert fort régulier; car si, par exemple, on voyage dans un vallon du nord au sud, on remarque que la montagne qui est à droite forme des avances, ou des angles qui regardent l’orient, et ceux de la montagne du côté gauche regardent l’occident, de sorte que néanmoins les angles saillants de chaque côté répondent réciproquement aux angles rentrants qui leur sont toujours alternativement opposés. Les angles, que les montagnes forment dans les grandes vallées, sont moins aigus, parce que la pente est moins raide et qu’ils sont plus éloignés les uns des autres; et, dans les plaines, ils ne sont sensibles que dans le cours des rivières, qui en occupent ordinairement le milieu ; leurs coudes naturels répondent aux avances les plus marquées, ou aux angles les plus avancés des montagnes auxquelles le terrain, où les rivières coulent, va aboutir. 11 est étonnant

1. Voyez, sur la température, sur la nature, et, si je puis ainsi dire, sur la physionomie de cette partie du monde, M. de Hunïboldt : Tableaux de la Nature, 1. 1. (Traduction de M. Galuski }

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qu’on n’ait pas aperçu une chose si visible; et lorsque, dans une vallée, la pente de l’une des montagnes qui la bordent, est moins rapide que celle de l’autre, la rivière prend son côilrs beaucoup plus près de la montagne la plus rapide, et elle nb coule pas. dans le milieu. (Yôyez Lètt'.'phiÛsùr la form. des sels, p. 181 et 200.)

On peut joindre à ces observations d’autres observations particulières qui les confirment; par exemple, les montagnes dé Suisse sont bien plnè rapides, et leur pente est' bien plus grande du côté du midi quë du côté du nord, et plus grande du côté du couchant que du côté du levant ; ôn peut le voir dans la montagne Gemini, dans le mont Brisé, et dans presque toutes les autres montagnes. Les plus hautes de ce pays sont Celles qui séparent la Yallésie et les Grisons de la Savoie, du Piémont et du Tyrol ; ces pays sont eux-mêmes une continuation de ces montagnes, dont la chaîne s’étend jusqu’à la Méditerranée et continue même assez loin sous les eaux de cette mer ; les montagnes des Pyrénées ne sont aussi qu’une continuation de cette vaste montagne qui commence dans la Yallésie supérieure, et dont les branches s’étendent fort loin au couchant et au midi, en se soutenant toujours à une grande hauteur, tandis qu’au contraire du côté du nord et de l’est ces montagnes s’abaissent par degrés jusqu’à devenir des plaines, comme on le voit par les vastes pays que le Rhin, par exemple, et le Danube arrosent avant que d’arriver à leurs embouchures, au Jieü que le Rhône descend avee rapidité vers le midi dans la mer Méditerranée. La même observation, sur le penchant plus rapide des montagnes du côté du midi et du couchant que du côté du nord ou du levant, se' trouvé Vraie dans les montagnes d’Angleterre et dans celles de Norvège pmais la partie du monde où cela se voit le plus évidemment, c’est au Pérou et au Chili; la longue chaîne des Cordillères est eOüpée très-rapidement du côté du couchant, le long de la mer Pacifique, au lieu que du côté du levant elle s’abaisse par degrés dans de vastes plaines arrosées par les plùs grandes rivières du monde. (Yoyez Transad. philosoph. Abr. Vol. YI, part, h, $>* Isüéta) to ,îu9Î'io’i bmlnfigo'i iop soigne «oh rro ,29ansv£ sob suriot efioib

M. Bourguet, à qui on doit cette belle observation de la correspondance des angles des montagnes, l’appelle, avec raison, la clef dë la théorie dé la terre; cependant il me paraît que, s’il en eût senti toute l’importance; il l’aurait employée plus heureusement -en la liant avec des faits convenables, et qu’il aurait donné une théorie de la terre plus vraisemblable, au lieu que dans son mémoire, pont on a vu l’exposé, il ne présente que le projet d’un système hypothétique dont la plupart des conséquences sont fausses ou précaires. La théorie, que nous avons donnée, roule sur quatre faits principaux, desquels on ne peut pas douter après avoir examiné les preuves qui les constatent : le premier est, que la terre est partout, et jusqu’à des profondeurs considérables, composée de couches parallèles et de

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matières qui ont été autrefois dans un état de mollesse; le second, que la mer a couvert pendant quelque temps la terre que nous habitons; le troisième, que les marées et les autres mouvements des eaux produisent des inégalités dans le fond de la mer; et le quatrième, que ce sont les courants de la mer qui ont donné aux montagnes la forme de leurs contours, et la direction correspondante dont il est question.

On jugera, après avoir lu les preuves que contiennent les articles suivants, si j’ai eu tort d’assurer que ces faits, solidement établis, établissent aussi la vraie théorie de la terre. Ce que j’ai dit dans le texte, au sujet de la formation des montagnes, n’a pas besoin d’une plus ample explication; mais, comme ou pourrait m’objecter que je ne rends pas raison de la formation, des pics ou pointes de montagnes, non plus que de quelques autres faits particuliers, j’ai cru devoir ajouter ici les observations et les .réflexions que j’ai faites sur ce sujet, nm ol snob eqnoo no ;eoid'nsni oh no «asldcn

J’ai tâché de me faire une idée nette et générale de la manière dont sont arrangées les différentes matières qui composent le globe, et il m’a paru qu’on pouvait les considérer d’une manière différente de celle dont on les a vues jusqu’ici; j’en fais deux classes générales 1 auxquelles je les réduis toutes; la première est celle des matières que nous trouvons posées par couches, par lits, par bancs horizontaux ou régulièrement inclinés; et la seconde comprend toutes les matières qu’on trouve par amas, par filons* par veines perpendiculaires et irrégulièrement inclinées. Dans la première classe, sont compris les sables, les argiles, les granités ou le roc vif, les cailloux et les grès en grande masse, les charbons de terre, les ardoises, les schistes, etc.* et aussi les marnes, les craies, les pierres calcinables, les marbres, etc. Dans la seconde, je mets les métaux, les minéraux, les cristaux, les pierres fines, et les cailloux en petites masses; ces deux classes comprennent généralement toutes les matières que nous connaissons : les premières doivent leur origine aux sédiments transportés et déposés par les eaux de la mer, et on doit distinguer celles qui, étant mises à l’épreuve du feu, se calcinent et se réduisent en chaux, de celles qui se fondent et se réduisent en verre; pour les secondes, elles se réduisent toutes en verre, à l’exception de celles que le feu consume entièrement par l’inflammation.

Dans la première classe nous distinguerons d’abord deux espèces de sable ; l’une que je regarde comme la matière la plus abondante du globe, qui est vitrifîable, ou plutôt qui n’est qu’un composé de fragments de verre; l’autre, dont la quantité est beaucoup moindre, qui est calcinable et qu’on doit regarder comme du débris ou de la poussière de pierre, et qui ne diffère du gravier que par la grosseur des grains. Le sable vitrifîable est, en général, posé par couches comme toutes les autres matières, mais .nol al t£<t asàûànpil aioloulun àtè .trio eoiéilcrn eoo es, tuai sim 1. Voyez, ci-devant, les notes 3 et 4 de la page 41.

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ccs couches sont souvent interrompues par des masses de rochers de grès, de roc vif, de caillou, et quelquefois ces matières font aussi des bancs et des lits d’une grande étendue.

En examinant ce sable et ces matières vitrifiables, on n’y trouve que peu de coquilles de mer, et celles qu’on y trouve 11e sont pas placées par lits, elles n’y sont que parsemées et comme jetées au hasard; par exemple, je n’en ai jamais vu dans les grès ; cette pierre, qui est fort abondante en certains endroits, n’est qu’un composé de parties sablonneuses qui se sont réunies, on ne la trouve que dans les pays où le sable vitrifiable domine, et ordinairement les carrières de grès sont dans des collines pointues, dans des terres sablonneuses, et dans des éminences entrecoupées; on peut attaquer ces carrières dans tous les sens, et, s’il y a des lits, ils sont beaucoup plus éloignés les uns des autres que dans les carrières de pierres calcinables, ou de marbres ; on coupe dans le massif de la carrière de grès des blocs de toutes sortes de dimensions et dans tous les sens, selon le besoin et la plus grande commodité; et, quoique le grès soit difficile à travailler, il n’a cependant qu’un genre de dureté, c’est de résister à des coups violents sans s’éclater; car le frottement l’use peu à peu et le réduit aisément en sable, à l’exception de certains clous noirâtres qu’on y trouve et qui sont d’une matière si dure que les meilleures limes ne peuvent y mordre; le roc vif est vitrifiable comme le grès et il est de la même nature, seulement il est plus dur et les parties en sont mieux liées; il y a aussi plusieurs clous semblables à ceux dont nous venons de parler, comme on peut le remarquer aisément sur les sommets des hautes montagnes, qui sont pour la plupart de cette espèce de rocher, et sur lesquels on ne peut pas marcher un peu de temps sans s’apercevoir que ces clous coupent et déchirent le cuir des souliers. Ce roc vif qu’on trouve au-dessus des hautes montagnes, et que je regarde comme une espèce de granité, contient une grande quantité de paillettes talqueuses, et il a tous les genres de dureté, au point de ne pouvoir être travaillé qu’avec une peine infinie.

J’ai examiné de près la nature de ces clous qu’on trouve dans le grès et dans le roc vif, et j’ai reconnu que c’est une matière métallique fondue et calcinée à un feu très-violent, et qui ressemble parfaitement à de certaines matières rejetées par les volcans, dont j’ai vu une grande quantité étant en Italie, où l’on me dit que les gens du pays les appelaient scliiarri. Ce sont des masses noirâtres fort pesantes sur lesquelles le feu, l’eau, ni la lime ne peuvent faire aucune impression, dont la matière est différente de celle de la lave; car celle-ci est une espèce de verre, au lieu que l’autre paraît, plus métallique que vitrée. Les clous du grès et du roc vif ressemblent beaucoup à cette première matière, ce qui semble prouver encore que toutes ces matières ont été autrefois liquéfiées par le feu.

On voit quelquefois en certains endroits, au plus haut des montagnes,

DE LA SURFACE DE LA TERRE. m

une prodigieuse quantité de blocs d’une grandeur considérable de ce roc vif, mêlé de paillettes talqueuses; leur position est si irrégulière, qu'ils paraissent avoir été lancés et jetés au hasard, et on croirait qu’ils sont tombés de quelque hauteur voisine, si les lieux où on les trouve, n’étaient pas élevés au-dessus de tous les autres lieux ; mais leur substance vitrifiable et leur figure anguleuse et carrée, comme celle des rochers de grès, nous découvre une origine commune entre ces matières; ainsi dans les grandes couches de sable vitritîable il se forme des blocs de grès et de roc vif, dont la figure et la situation ne suivent pas exactement la position horizontale de ces couches; peu à peu les pluies ont entraîné, du sommet des collines et des montagnes, le sable qui les couvrait d’abord, et elles ont commencé par sillonner et découper ces collines dans les intervalles qui se sont trouvés entre les noyaux de grès, comme on voit que sont découpées les collines de Fontainebleau. Chaque pointe de colline répond à un noyau qui fait une carrière de grès, et chaque intervalle a été creusé et abaissé par les eaux, qui ont fait couler le sable dans la plaine : de même les plus hautes montagnes, dont les sommets sont composés de roc vif et terminés par ces blocs anguleux dont nous venons de parler, auront autrefois été recouvertes de plusieurs couches de sable vitrifiable dans lequel ces blocs se seront formés, et, les pluies ayant entraîné tout le sable qui les couvrait et qui les environnait, ils seront demeurés au sommet des montagnes dans la position où ils auront été formés. Ces blocs présentent ordinairement des pointes au-dessus et à l’extérieur; ils vont en augmentant de grosseur à mesure qu’on descend et qu’on fouille plus profondément, souvent même un bloc en rejoint un autre par la base, ce second un troisième, et ainsi de suite en laissant entre eux des intervalles irréguliers; et comme, par la succession des temps, les pluies ont enlevé et entraîné tout le sable qui couvrait ces différents noyaux, il ne reste au-dessus des hautes montagnes que les noyaux mêmes qui forment des pointes plus ou moins élevées, et c’est là l’origine des pics ou des cornes de montagnes.

Car supposons, comme il est facile de le prouver par les productions marines qu’on y trouve, que la chaîne des montagnes des Alpes ait été autrefois couverte des eaux de la mer1, et qu’au-dessus de cette chaîne de montagnes il y eût une grande épaisseur de sable vitrifiable que l’eau de la mer y avait transporté et déposé, de la même façon et par les mêmes causes qu’elle a déposé et transporté dans les lieux un peu plus bas de ces montagnes une grande quantité de coquillages, et considérons cette couche extérieure de sabie vitrifiable comme posée d’abord de niveau et formant un plat pays de sable au-dessus des montagnes des Alpes, lorsqu’elles

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