‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémens (volume 2)Chapitre 10 sur 146 · LE COCHON DÉ SIAM ET LE SANGLIER · texte numérisé non relu

LE COCHON DÉ SIAM ET LE SANGLIER

Nous mettons ensemble le cochon, le cochon de Siam , et le sanglier , parce que tous trois ne font qu'une seule et même espèce : l'un est l'animal sauvage, les deux autres sont l'animal domestique; et quoiqu'ils diffèrent par quelques marques extérieures , peut-être aussi par ((uelques habitudes, comme ces différences ne sont pas essentielles , qu'elles sont seulement rala-. tives à leur condition, que leur naturel n'est pas même fort altéré par l'état de domesticité, qu'enfin ils produisent ensemble des individus qui peuvent en produire d'autres, caractère qui constitue «l'unité et la constance de l'espèce y nous n'avons pas dû les séparer.

Ces animaux sont singuliers ; l'espèce en est pour ainsi dire unique ; elle est isolée ; elle semble exister plus sohtairement qu'aucune autre ; elle n'est voisine d'aucune espèce qu'on puisse regarder comme principale ni comme accessoire, teUe que l'espèce du cheval relativement à celle de l'àne, ou l'espèce de la chèvre relativement à la brebis : elle n'est pas sujette à- une grande variété de races conwie celle du chien ; elle participe de plusieurs espèces, et cependant elle diffère essentiellement de toutes. Que ceux qui veulent réduire la nature 'à de petits systèmes, qui veulent renfermer son immensité dans les bornes d'une formule, considèrent avec nous cet animal, et voient s'il n'échappe pas à toutes leurs méthodes. Par les extrémités il ne ressemble point à ceux qu'ils ont appelés solipèdet, puisqu'il

a le pied divisé ; i> ne ressemble point à ceux qu'ils ont Ap^\és pieifj fourc/uu, puisqu'il a réellement quati*e doigts au d^ans , quoiqu'il n'en paroisse que deux à l'eAi-ieur; il ne ressemble point à ceux qu'ils ont appelés fissipèdes, puisqu'il ne marche que sur deux doigts, et que les deux autres ne sont ni développés ni posés comme ceux des fissipèdes, ni même assez allongés pgur qu'il puisse s'en servir. Il a donc des caractères équivoques , de$ caractères ambigus , dont les uns sont apparens et les autres obscurs. Dira-t-on que c'est une erreur de la nature; que ces phalanges, ces' doigts, qui ne sont pas assez développés à l'extérieur j ne doivent point être comptés ? Mais cette erreur est constante. D'ailleurs cet animal ne ressemble point dM\ pieds fourchus par les autres os du pied , et il en diffère encore par les caractères les plus frappans : car ceux-ci ont des cornes et manquent de dents incisives à la mâchoire supérieure ; ils ont quatre estomacs, ils ruminent, etc. Le cochon n'a point de cornes ; il a des dents en haut comme en bas ; il n'a qu'un estomac ; il ne rumine point : il est donc évident qu'il n'est ni du genre des soUpèdes ni de celui àes pieds fourchu ; il n'est pas non plus de celui àes fissipèdes, puisqu'il diffère de ces animaux non seulement par l'extrémité du pied, mais encore par les dents , par l'estomac, par les intestins, par les parties intérieures de la génération ^ etc. Tout ce que l'on pourroit dire , c'est qu'il fait la nuance, à certains égards, entre les

LK SATIGUIIEilt ffenre Cocliiou. . /a^irr/

Ordre des- Paclivdfriu

ioRpèdestX les pieils fourchus, et à d'autres égards, entre les pieds fourchus et lesfssi' pèdes; car il diifère moins àe&solipèdes que des autres par Tordre et le nombre des dents. Il leur ressemble encore par rallongement des mâchoires : il n*a, comme eux, qu'un estomac, qui seulement est beaucoup plus grand; mais «par une ap()endice qui y tient, «lussibien que par la position des intestins, il semble se rapprocher des pieds fourc/ois ou ruminants II leur ressemble encore par les parties extérieures de la gé-^ nération , et en même temps il ressemble aux fissipèdes par la forme des jambes , par l'habitude du corps, par le produh nombreux de ja génération. Aristote est le premier qui ait divisé les animaux quadrupèdes en solipèdes^ pieds fouchus, f^. fissipèdes ; et ik convient que le cochon est d'un genre ambigu ; mais la seule raison qu'il en donne, c'est que, dans llllyrie, la Peonie, et dans quelques autres lieux, il se trouve des cochons solipèdes. Cet animal est encore une espèce d'exception à deux règles générales de la nature , c'est que plus les animaux sont gros , moins ils produisent , et ({ue les fissipèdes sont de tous les animaux ceux qui produisent le plus. Jjt cochon , quoique d'une taille fort au-dessous de la médiocre , produit plus qu'aucun de tons les animaux ûssipèdeà ou autres. Par cette fécondité, aussi bien que par la conformation* des testicules ou ovaires de la truie, il seiùbie même faire l'extrémité des espèces vi- ^ i])ares, et s'ajiprocher des espèces ovipares. Llufm il est eu tout d'une nature équivoque , ambiguë ; ou , pour mieux dire , il paroît tel à ceux qui croient que l'ordre hypothétique de leurs idées fait l'ordre réel des i-boses , et qui ne voient dans la chaîne inlinie des êtres que quelques points appa- ' reus auxquels ils veulent tout rapporter. Ce n'est point en resserrant la sphère de la oature et en la renfermant dans un cercle étroit qu'on pourra la connoitre; ce u'est point en la faisant agir par des vues particulières qu'on saura la juger ni qu'on ix)urra la deviner ; ce n'est point en lui jirciant nos idées qu'on approfondira les desseins de so^uteur. Au lieu de resserrer les limites de ra puissance, il faut les reculer, les étendre jusque dans Timmensilé; il faut ne rien voir d'impossible , s'attendre à tout, et supposer que tout ce qui. peut être, est. Les espèces ambiguës , les productions irrégulières, les êtres anomaux cesseront dès lors de nous étomier , et se trouveront aussi nécessairement que les autres dans

l'ordre infini des choses ; ils en forment k':< nœuds, les points intermédiaires; ils en marquent aussi les extrémités. Ces êtres sont pour l'esprit^humain des exemplaires précieux, uniques, où la nature paroissaut moins conforme à elle-même, se montre plus à décottTert, où nous pouvons reconnoitre des caractères singuliers , et des traits fughifs qui nous indiquent que ses fins sont bien plus générales que nos vues, et que si elle ne fait rien en vain, elle ne fait rien non plus dans les desseins que nous lui supposons. £n effet, ne doit-on pas foire des réfleflexions sur ce que nous venons d'exposer ? Ne doit-on pas tu'er des inductions de cette singulière conformation du cochon ? Il ne paroit pas avoir été foimé sur un plan ori< ginal, particulier, et parfait, puisqu'il e&t un composé des autres animaux : il a évidemment des parties inutiles, ou plutôt des parties dont il ne peut faire usage, des doigts dont tous les os sont parfaitement formés, et qui cependant ne lui servent à rien. Ia nature est donc bien, éloignée de s'assujettir à des causes finales dans la composition des êtres : pourquoi «n'y mettroiteilepas quelquefois des parties furabondantes , puisqu'elle manque si souvent d'y mettre des parties essentielles.' Combien n'y a-t-il pas d'animaux privés de sens et de membres! Pourquoi veut-qp que dans chaque individu toute partie soit utile aux aùti'es et nécessaire au tout ? Ne suffit-il pas, pour qu'elles se trouvent ensemble^ qu'elles ne se*nuisentpas, qu'elles puissent a'oître sans obstacles , et se développer sans s'oblitérer mytuellement P Tout cç qui ne se nuit point assez pour se détruire , tout ce qui peut- subsister ensemble , subsiste ; et peut-être y a-t-il dans la plupart des êtres moins de parties relatives, utiles, ou nécessaires, que de parties indifférentes, inutiles , ou surabondantes. Mais cmnme nous voulons toujours tout rapporter à un certain but, lorsque les pitiés n'ont pas des usages apparent, nous leur sup^iosous des usages caches ; nous imaginons des rapports qui n'ont aucim fondement, qui n'existent point dans la nature des choses > et qui ne servent qu'à l'obscurcir : nous ne faisons pas attention que nous altérons la philosophie, que nous en dénaturons l'bbjct, qui est de connoitre le comment des choses , la manière dont la nature agit , et que nous substituons à cet objet réel une idée vaine, en cherchant à deviner le /ivotir- (juoi des fa^ , la fin qu'elle se propose en agissant.

ANIMAUX DOMESTIQUES

C'est pour cela qu'il fout iiecuéillir avec soin les exemples qui s'opposent à cette prétention , qu'il faut insister sur les faits capables de détruire un préjugé général auquel nous nous livrons par goût, une erreur de méthode que nous adoptons par choix, quoiqu'elle ne tende qu'à voiler notre ignorance, et qu'elle soit inutile et même opposée à la recherche et à la découverte des effets de la nature. Nous pouvons, sans sortir de notre sujet, donner d'autres exemples par lesquels ces fins que nous supposons si vainement à la nature sont évidemment démenties.

Les phalanges ne sont faites, dit-on , que |iour former des doigts ; cependant il y a dans le cochon des phalanges inutiles, puisqu'elles ^ ne forment pas des doigts dont il puisse se servir ; et dans les animaux à pied fourchu , il y a de petits os qui ne l'otment pas même des phalanges. Si c'est là le but d« la nature , n'est-il pas évident que dans le cochon elle n'a exécuté que la moitié de son projet , et que dans les autres à peine l'a-t-elle commencé?

L'allantoïde est ime membrane qui se trouve Sans le produit de la gçnéâration de la truie, de la jument, de la vadie, et de plusieurs autres animaux : cette membrane tient au fond de la vessie du fœtus ; elle est faita^ dit-on, pour recevoir Turiae qu'il rend pendant son séjour dans le ventre de la mère : et en effet on trouve à l'instant de la naissance de l'animal une certaine quantité de liqueur dans cette membrane; mais cette quantité n'est pas considérable : dans la vache, ou elle est peut-être pins abondante que dans tout autre animal, elle se réduit à quelques pintes , et la capacité de l'allantoïde est si grande, qu'il n'y a aucune proportion entre ces deux objets. Cette membrane, lorsqu'on la remplit d'air, forme une espèce dédouble poche en forme de croissant, longue de treize à quatorze pieds sur neuf, dix, onze, et même douze pouces de diamètre. Faut-il, pour ne recevoir que trois ou quatre pintes de liqueur , un vaisseau dont la capacité contient plusieurs pieds cubes? La vessie seule du fœtus , si elle n'eût pas été percée par le fond, sudisoit pour contenir cette petite quantité de tiqueur , comme elle suffit en effet dans l'homme et dans les espèces d'animaux où l'on n'a pas encore découvert l'aHanloïde. Cette membrane n'est donc pas faite dans la rue de recevoir l'urine du fœtus, ni même dans aucune autre de nos vues : car cette grande capacité est non seulement inutile

pour cet objet , mais auui pour tout autre, puisqu'on ne peut pas même supposer qu'il soit possible qu'elle se remplisse , et que si cette membrane étoit pleine , elle formeroit un volume presque aussi gros que le corps de l'animal qui la contient, et ne pourroit par conséquent y être contenue; et comme elle se déchire au moment de la naissance, et qu'on la jette avec les autres membranes qui servoient d'enveloppe au fœtus , il est évident qu'elle est encore plus inutile alors qu'elle ne l'étoit auparavant.

Le nombre des mamelles est, dit-on , relatif, dans chaque espèce d'animal, au nombre de petits que la femelle doit produire et allaiter. Mais pourquoi le mâle , qui ne doit rien produire , a-t-il ordinairement le même nombre de mamelles? et pourquoi dans la truie , qui souvent produit dix-huit et même vingt petits, n'y a-t-il que douze mamelles , souvent moins , et jamais plus ? Ceci ne prouve-t-il pas que ce n'est pas par des causes finales que nous pouvons juger des ouvrages de la nature; que nous ne devons pas lui prêter d'aussi petites vues la faire agir par des convenances morales , mais examiner comment elle agit en effet, et employer pour la connoitre tous les rapports physiques que nous présente l'immense variété de ses productions? J'avoue que cette méthode , la seule qui puisse nous con- 'duire à quelques eonnoissances réelles, est incomparablement plus difficile que l'autre, et qu'il y a une infinité de faits dans la nature, auxquels, comme aux exonples précédens , il ne paroit guère possible de l'appliquer avec succès. Cepehdant , au lieu de chercher à quoi sert la grande capacité de l'allantoïde, et de trouver qu'elle ne sert et ne peut servir à rien, il est clair qu'on ne doit s'appliquer qu'à rechercher les rapports physiques qui peuvent nous indiquer quelle en peut être l'origine. En observant, par exemple , que dans le prodtiit de la génération des animaux* qui n'ont pas une grande capacité d'estomac et d'intestins, l'allantoïde est ou très-petite ou nulle; que par conséquent la production de cette membrane a quelque rapport avec cette grande capacité d'intestins, etc.; Ab mêmie, eo considérant que le nombre des mamelles n'est point égal au nombre des petits, et en convenant seulement que les animaux qui produisent le plus sont aussi ceux qui ont des mamelles en plus grand nombre, on pourra penser que cette production nombreuse dépend de U conformation des parties intérieures de la génération, et qtie les

mamelles étant aussi des dépendances exté- ;f|int 4^ sc^ comme. le'dMen, le cheval ,

^rieures de ces mêmes parties de la généra>' w^t est mêlée avec la chair assez égale-

tiou, il y a entre le nombre oh Tordre de ^ifient;- le suif dans le bélier, le bouc, le

CCS parties et celui des mamelles un rapport <<eerf , etc. , ne se trouve qii^aux extrémités

physique qu'il faut tâcher de t^écouvrir.

Mais je ne fats ici qu'indiquer iavraie route , «t ce n'est pas le lieu de la 'siif^Te ' plus loin. Cependant je ne puis m'empùcher* d'observer, en passant, que j'ai que;|que raison de supposer que la production ùombreuse dépend plutôt de la conformatioA' des parties intérieures de la géncrj§Jti||t d'aucune auU'e cause; car cclt'esf^wfl la quantité plus abondantQ des liqueur miaales que dépend le grand uombre dans la production , puisque le cheval , le cerf, le

de l^rchai»: mais le lard du cochon n'est ni métc'ivec la chair ni .ramassé aux extrémités^de la thair ; il la recouvre partqpt , et forme lihe comhê épaisse , distincte et continue entre la chair et la peau. Le cochon a cela «de commun arec la baleidb et les autres animaux cétacés, dont la graisse n^st^ quiune 'e.^ce doUard à peu pi*ès de la

yn^mc cuiisfstance, mcUiS plus huileux que<.

> éeHri j|&i iCochon. Ce lard , dans Jet animaux cétac^, Ibrine )Bi\im s^>usla peau une couche*' de |)lusieiu^ pouces d'épaisseur qui enve-

tres animaux qui n'ont qiùnj^moiadre<]uaA

animaux

bélier, le bouc, et les autres auioaau^ qui» loj^e la chair.

ont une très-grande abondang^^ BÉl^ueiu* Éncdré nn%''Singularité, même plus gràsde

séminale, ne produisent qu'ea-peht 40111* * aue lés'QuJçes; c'est quelle cochon ne peid .bre; tandis que le chien, Iç cnat, et dliu- .'naûc^ine ae ses premières dénis. Les îfhlrcs.

comi|ie lfi«dheval , f^ne^Jci^œuF,

chien , et même ' pilimières'dcnls y pasnon plusdelOpéquence d^accou- i^^isl^et : ces dénis de lait tombent avant plemens que ce nombre dépend;' ear Ion la pubiriÔi^^l sont bientôt 'remplacées par^ est assuré que le coclion et le chien n'dW* ^^uli-çs. Dans le cochon, au cOtïtrMre, lél*

TTCnts devait ne tombent jamais; elles crois- * sent m^e pendant toute Ja vie. il ^six

besoin que d'un seul accouplement pour

produire , et produire en grand jiomhi'e. -La

longue durée de l'accouplement , où , pour m dents ïti dfevq^l 'de la m^choife infcriemfe ,

mieux dire, du temps de l'émission de la IL- / qur sont incisives et tranchanHes; il a aussi

queur séminale, ne paroit pas non pli^

être la cause à laquelle on doive rappôrtt*r

cet effet ; car le chien ne demeure accouplé

, a la jnàrfioire supérreure six dents cyrrestpondtntês : mais, par wfm injperFection c^i'' n'a pas d'ej^emple dans Ja nature , cçs*sîx d'ems de la 4ift.clioire -supérieure sont d'une formé* tiès-diftéreà[e^ d,^ celle des dents de . •hi mactioire inféi-|^urQ^; %u lieu d'èîfe încèaiavi^- «.«. tiu.4|. v.^.iiv.nt ^ sîvcs cl)»- trari»liaiites,' elles sont longues, ^. accouplé plus long-tem& que ta plujp^l de^ .^raoussce^ §i1a poin^ , en-sorte qu'elles for-» autres animaux, on ne JSeut en^'ied coîidurë ^ent un angle lîro^qutf droit avec celles de

long-temps que parce qu'il esl^etenu par un obstacle qui naît de la cotifonnalion même des parties; et ^loiqtfB le cochon n'ait point cet obstacle^ et qu'ij demcMre

jf* «

.Il nV a aue W- cochon >jB^ deux ou trois lires e?pè(5gsrcllauimaijix , qui aient desdé-

qu'Tine poule pi^lit* produire en un mois, J'ainai- occasion de

développer davantage les idée^que j'accil- autres ^p ^ - . »

mule ici, dans la seule vue de élire sentir fenses ou des deuti canines très-allongées :

qu'une simple probabiliié , Un'^oupeon, -i<elles diffèi'ent d<is autres dents en ce qu'elle»

pourvu qu'il soit fondé sur des rAG^orts ijhy- sortent au .delft)rs.el qu'elfes croissent pen-

siques, répand plus de lumiéî^^t produit * danl^tpute la vie. Dans Ifcétépl^nt^et la vache

rapportées, nous devons en" jouter autre; c'est que la graisse du cïsJii^! différente de celle de presque tous animaux quadrupèdes,, non^^ulçm^ sa consistance et sa qualité , vis^ aussi^^aj^l sa position dan» le corps de^'animql.J^a' graisse de l'homme et des animaii^cQu j^'ont

BUFFOIT. V. "^"^

Iê# elles s|>nt plates *e|^ là'arichsiBtes, «ft

^ vj^'rie lUîuf à dix »ouc£s de Ibngueur,

son renflées très-pro^ndén^ent dan»

[)ié , et eiTj[s ont aussi , comme cH^leshle

ijfiâpljant, une! cAviié a leur Qjttrémiié su-

périeUI» t*inai?'Jl'é]épl|?nt €1 la \aClie q^ine

n'ont: efe dçfçnscs qu*à la jaâchoir^ supé*

malpropreté naturelle, et dand la cofruptioii

3 ni doit résulter des nourritures infectes oui il se remplit quelquefois; car le sanglier, qui n'a point de pareilles ordures à dévorer, et qui vit oixlinairement de grains, de fHiits, de glands, et de racines, n*est nniht sujet à celte maladie, non plus que le jeune cochon pendant qu'il tette : on ue la prélient même qu'en tenant le cochon do-

Heure; ils manquent même de dent^canin)^ à la mâêhoii^ inférieure , au lieu que le t!bchon roàle et le sanglier en ont aux deux inâchoiros, et C(41('s de la mâchoire inférieure sont plus utiles à l'animal; ellef sont aussi plu9 dangereuses, car c'fst avec les défen*Ses d'en bas que le ^n^Uer hlesse.

La truie, ta laie, et le cochon .coupé^out aussi cas quatre dents oonines^à la mâchoire

inférieure; mais elles croissent beaucoup ^nestique dans une étable propre, et en lui moius que celles du mâle% et iie sortent donnant abondamment des noiUTitures presque fioint au dehors Outre ces seize saluée. Sa chair deviendra même excellente dents, s^}'oir, douze incisives et nu«tre ca- au guât, cl le lard ferme et cassant, si, ■ nines , ils ont encore ^gMiuit aents mâ« comme je l'ai vu pratiquer, on le tient penchelières; ce qui fâh èh tout qnaranteK|uatre danl quinze jours ou trois semaines, avant dents. Le sangler a les (^éfensfs plus gian- , de le tuer, dans une élable pavée et toudes, le boutoir plus fort, et%Ia hure plus jours^roprp, sans litière, en ne lui donnant lodj^ue que le cochon domestique ; il a aussi : alors pMjr toute nourriture que du grain de les |iieds plus gi-os, les pinces plûseéparées> froilient pur et sec, et ne le laissant boire

et'le poil toujours neir.

De tons l(» quadrupèdes, f^ cochon paroit être l'animai le plus î^rut : \^ imperfection^ de la forme semblent influer sur le ii£flur|J} toutes ses habitudes sont grossières, ^s ^s got^s sont immondes; toutes ses^ sensations se réduisent à une luxure f^u'ieuse «t à une gourmandise brutale, qui lui fait dé-

que très-peu-. On choisit pour cela un jeune cechôu d'u^ au , en bonne chair et à moitié

as.

un

La manière ordinaire de les 'engraisser est de leur donner abuodammeut de l'oi^e , du gland , des choux , des légumes cuits , et beaucoup d'eau mêlée de son : en deux mois il^ sont gras ; le lard est abondant et é{)ais, vorer indisiincteuifint tout ce i|ui «e pré-J mais sans titre bien ferme ni bien blauc, et seAte, et même sa progéniture au moment la chair, quokpie bonue, est toujours qu'elle vient de naiire. Sa voiaeîlé dépend "- a^arenlmenl du j)esoin continuel qu'il a <^ remplir la grande capacité de son estomac, et la grossièreté de ses appélits, de l'iiébétatioa des sens du goût et' du toucher. La laidesse du poil, ^ la dureté de la peau, l'épaisseur. de la graisse j rendent jces aiii- ^ jhaux peu sensibles aux cpu])s : l'on a vu des' souris se loger sîlf leur dos, et leiu*' maugcK le lard et la peau s^ns qiVils parus- ^ sent le sentir.. Ils «nt'douc le toucher fort Dblus. et le goût aussi gi'ossier ,que le toucher : leurs autres sens sont bons^ les chasseurs n'ignorent pas cfue les snuçl fer.? voient, entendent, et sentent de" fort lohi, puisqu'ils sont obligés, pour les surprendre, d|^ les attendre en iilence 'pendant la nuit , et de se placer au destous du vent |)our dérober à leur odorat les , émanations c|ui 1^ frappent de loin, et toujours assez vivement pouc leur faire sur-le-champ reliroussèr «cnemui.

Celte imperfection dans les sens du ^odt et^u toucher est encore augmentée par u«ë maladie qui les rend 'ladres, c'est-a-dÎ!»

peu fade. On peut encore les engraisser ' livec moins de dépense dans les campagnes où il y a beaucoup de glands, çn les menant dans les forêts pendant l'automne, lorsque les glandi' tombent, et que la châtaigne et la faine quittent leurs enveloppes. Ils mangent également de tous les fruits sauvages, et ils engrai^ent en peu de temps, surtout si le soir, à leur retour, on leur donne de l'eau tiède mêlée d'un peu de son et de fai'ine d'ivraie; cetici, boisson les fait domiir, . et augmente tellement leur embonpoint, qu'on en a vu ne pouvoir plus marcher pi 4)resque sd- remuer. Ils engraissent aussi beaucoup plus promptement en automne dans le ieipps des premiers froids, tant à cause de Vabondance des nourritures , que parce qu'âtlors la transpiration est moindre qu'en etéi

On n'attend pas, comtlSe pour le reste du bétail, que le cochon soit âgé pour l'en- «graisSer: plifs il vieillit, plus cela est diffi- «*le, et moins sa chair est bonne. La castration, qni doit toujours précéder l'engrais, fl^ fait ordinairement à l'âge de six mois, j presque absolument insensibles, et d^ là- \ au printemj)^ ou en automne, et jamais dans quelle il faut peut-être moins chercher la le temps tles graudeâ clialeurs ou des grands première origine daiû la texture de la chair ^oids, yul rendroient également la plaie : OU de la peaa^de cet aaiind, que dans sa dangereuse ou difficile à guérir; car c'est

tES COCItONS. 65

ordinairement par încisiou que se faiti^ celle \ autres; à quinze jours ils sont bons à man-

opcration, quoiqu^on la fasse aussi quelque^ fois par une simple ligature, comme nou^ l'avons dit au sujel des moutons. Si la castration a été faite au printemps, qu les met à l'engrais dès l'automne suivant, et il est assez rare qu'on les laisse vivre deux ans ; cependant ils croissent encore beaucoup ))endant le second, et ils contiiiuerdfenl de croître pendant la troisième, la q(ialrièt#e, la cinquième, etc., année. Ceux que l'on remarque parmi les autres par. la'grand^jur et la grosseur de leur coi-pulencé ne sont' que des cochons plus ^és que Ton a mis plusieurs fois à la glandée. Il paroit que U durée de leur accroissemeïit ne 5e borne pas à quatre ou cinq ans: les «iir/r^^ ou cocfions màlcs, que Ton garde 0»fSL' là propa

ger : et comme l'on n*a {uis besoin de beaucoup de femelles, et que ce sont les cochons coiipét qui rapportent le plus de profil, et . dont la chair est la voeilleure, on se défait des cochons de lait femelfes, et on ne laisse/ à la mère que deux femelles avec sept ou liuit miles*

Le mâle qu*on choisit pour propager l'espèce doit avoir le corps court , ramassé , et plutôlf carré f^ue long, la tête grosse, le groin court et camus> les oreilles grandes et |5éhdantes, les yeux petits ef ardens , Je cou grand ^ épais, \^ ventre avalé, lés fesses larges, les jambes courtes et grosses,^ les. soies épaisses et noif es : les cochons^ blancs ne 'sont jamais aussi Ibrts q«ié les noim. La truie doit avoir le corps long , \é

gafion de l'espèce, grossissent encore à cinq veyli*e ample et large, ses mamelles longues: ou six ans; et plus un sanglier, est vieux, ' il faut aussi ^u'elle^soiti d'une nsture tran<> plus il est gros, dur, et pesant. \ ^ quille ei d'une race féconde. Dès qu'elle est

La durée de la y^ d'.uu saftglier pàit * pleine on la sépare du mâle, qui pourro^ s'étendre jusqu'à vin^Mliq ou .trérîfe ans. '•4^ Biesser; et lorsqu'elle met bas on la nour- Aristote dit vingt ailf'pcKu' les Cochons ^|ày , vit luigewent, on la veille pour l'empêcher général, et il ajoute que les n^les en gej|<^ » de' dévorer (juelques-uns de ses petits, el drent et que les femelles prodarisent jusqu'à ^*l*bn a grand soin d'en éloigner le père, qui quinze. Ils peuvent s'accuupler dès l'âge de les ménageroit encore moins. On la lait neuf mois ou d'un an; mais il vaut nieux couvrir au cominencelllent du printemps ,

attendre qu'ils aient dix-huit mois ou deux ans. La première portée de la truie n'est pas noml)reuse; les petits sont foibles, et même imp&rt'aits quand elle n'a pas un an. Elle est en chaleur pour ainsi dije en tout temps : elle recherche les approches du mâle, quoiqu'elle soit pleine; ce qui ptut passer pour excès parmi les anin]iq.ujfa., dont la femelle , dans presque toutes les ' esjfièccs , refuse le mâle aussitôt qifelte a f^onçu» Cette chaleur de la truie , qui est presque continuelle, se marque cepVfntâni par des accès el aussi par des niouvemens inimo^lérés, qui finissent toujours par se vautrer dans la boue'; elle répand dans ce temps tme liqueur blanchâtre assez épaisse et assez abondante. £lle porte quatre mois, met bas^aiMcommencement du cinquième, et bientôt elle reclif'rche le mâle, devieut pleine une seconde

fois, et produit par conséquent deux fois

et par la nécessité où elle se trouve d'ultoër el de nourrir pendant long-temps îeus-les petits qu'elle a produits; au lieu quW ne souffre pas que la ti'uie domestique nourri^', tous ses petits pendant plus de quirize joxirs ou trois Semaines : on ne lui en \im^ aluiV que huit ou neuf à nourrir, oii^nd les

afin que les petits, naissant en été, aient la temps de grandir, de se fortifier, ^ ^'fiigraisser avant l'hiver; mais lorsque l'on veut la faire porter deux, fois par an, on lui donne le mâle au*mois de novembre, afin qu'elle met le bas au mois de mars^ Qt on la* fait couvrir une seconde fois au commencement de m^. Il y a même des truies qui produisent régulièrement tous les cinq mois. La laie, qui, comme nous l'avons dit, ne produit qu'une fois par an, reçoit le mâle au mois de janvier ot^de février, et mej bas en mai- ou en juin ; elle allaite ses^petits pendant trois ou quatre mois, elle les conduit, elle lél suit, et les ^taopéche de se séparer ou de s'écarter, jusqu'à ce qu'ils aient deux ou (rois ans ; el il n'est pas rare dé voir des laies accompag[oées en même temps de leurs petits de î'anAée et de ceux de i'aplt^ précéclentej ^ ne sonffie pas qu^ ' uie domestique ^laite ses petits pen-

pius de deux mois ; on comnSence .

, au bout de trois semaines; à les me^ aux champs avec la mère, pour les acKot4umer peu^ peu à se nouiTÎr comme «[W6 : on" les sèvre tnnq semaines après, et on Letir 4pnue soir et malin du petit-lait mêlé de is>n , on seulemeut de l'eau tiède avec des. légumes' bouiUîs.

CéS animaux aiment *j^eaucoup les vers'

ANIMAUX ryyMssnqvvM.

de terre et certaines racines, comme celles de la ^ carotte sativage : c'est pour trouver ces vers et pour couper ces racines qu'ils fouillent la teire avec leur boutoir. Le sanglier, dont la hure est plus longue et plus forle que celle du cochon, fouille plus profondément; il fouille aussi presque toujours en ligne droite dans le même sillon, au lie^ que le cochon fouille çà et là , et plus légèrement. Comme il fait beaucoup de dégât, il faut réloiguer des terrains cultivés , et ne le

cri, si ce n'est lorsqu'il se bat et qu'un autre le blesse; la laie crie plus souvcut : et quand ils sont surpris et effrayés subite-ment, ils soufflent avec tant de violence qu'on les entend à une grande distance.

Quoii|ue ces animaux soient fort gourmands, ils n'attaquent ni ne dévorent pas, comme les loups, les autres animaux; cependant ils mangent quelquefois de la chair corrompue : on a vu des sangliers manger de la chair de cheval , et nous avons trouvé

Iraener que dans les bois et sur les leiTès ^.dans leur estomac de la peau de chevreuil

qu'on laisse reposer.'

On appelle, en termes dor chasse, hêlês de compagnie les sangliers qui n'ont pas passé trois ans, parce que jusqu'à cet âge ils ne se séparent pas tes uns des iiutres, et

.qu'ils suivent tous leur mère commune : ils

De vont seuls que quand ils sont assez forts pour ne plus oraindre les loups. Ces animraux forment élonc d'eux-mêmes des espèces de troupes, et c'est de là que dépend leur sûreté : lorsqu'ils sont attaqués, ils résistent

^ar le nombre, ils se secourent, se défendent ; les plus gros font face en se pressant ' en rond les uns contre les autres, et en met-* tant les plus ))elits au centre. Les cochons domestiques se défeodent aussi de la même manière, et l'on n'a pas besoin de chiens pour les garder; mais, comme ils sont ind(|piieset durs, un homme agile et robuste n'en peut guère conduire que cinquante. En automne et en liivei*-, on les mène dans les forêts, où les fruits sauvages sont aboiidans;

l'été, (m les conduit dans les lieux humides et mai'écageux, où ils trouvent des vers et des* racines en quantité; et au printemps, on les laisse aller dans les champs et sur les terres en friche. On tes fait sortir deux fois . par jour, depuis le, mois de mars jusqu'au mois d'octobre; an les laisse paître depuis le mutin, après que la rosée est dissipée, pisqu'à dix heures, et depuis deux heures iprès midi jusqu'au soir. En hiver, ou ne les mène qu'une fois par jour dans les beaux cemps : la rosée, la Jieige, et la pluie, leur sont contraires. Loi^squ'il survient un orage ou seulement une pluie fort abondante, il

'est assez ordinaire de les voir déserter les uns après les autres, et s'enfuir en courant ^ et toujours criant jusqu'à la porte de leur étable; les plus jeunes sont ceux qui crieq; le plus et le plus haut : ce cri est *diH^ent de leur grognement ordinaire, c'est Un cri de douleur semblable aux premier% cris qu'ils jettent lorsqu on les gairoUe pour les'' égorger. Le mâle crie moins que la femelle. n est rare d'entendre le sanglier jeter un

et''des pattes J'oiseau; mais c'est peut-être plutôt nécessité qu'instinct. Cependant on ne peut nier qu'ils ne soient a^ides de sang et de chair sanguinolente et fraîche, puisque les cochons mangent leurs petits, et mênie''dfe ciifans an berceau : dès qu'ils trouvent qltctque chose de succulent , d'liu« midc, de gras, et d onctueux, ils le lèchent, et finissent bientôt par l'avaler. J'ai vu plusieurs fois un troupeau entier de ces animaux s arrêter, à leur retour des champs, autour d'iiuE nu)iiceau de ten*e glaise nou- Vt'llement jtirce; tous léchoient celte terre, qui n'étuit que très-légèrement onctueuse, et quelques - uns en avaloient une assez grande qitantité. Leur gourmandise est, comme Ton voit, aussi gi'ossièrc que leur naturel est brutal: ils n'ont aucun sentiment bien distinct; les petits reconnoissent à peine leur mère, ou du moins sont fort sujets à se méprendre, et à téter la jiremière truie qui leur laisse saisir ses mamelles. La crainte et la nécessité donnent apparemment un peu plus de sentiment et d'instinct aiix'^^chons sauvages; il semble que les peiils ^Soient fidèlement attachés à leur mère, qui paroît éire aussi plus attentive à leurs bèsoms que ne l'est la truie domestique. Dans le temps du rut, le mâle cherche, suit la femelle, et demeure ordinairement trente jours avec elle dans les bois les plus épais, les plus solitaires, et les plus reculés, il est alors plus farouche que jamais, et il devient même furieux lorsqu'un autre mâle veut occuper sa place; ils se battent, se blessent, et se tuent quelquefois. Pour la laie, elle ne devient furieuse que quand on attaque ses petits; et en générai, dans presque tous lés animaux sauvages, le mâle devient plus ou moins féroce lorsqu'il cherche à s'accoupler, et la femelle lorsqu'elle a mis bas.

On- chasse le sanglier à force ouverte, aVçe des chiens, ou bien on le tue par surprise pendant la nuit an clair de la lune: comme iî ue fuit que lentement, qu'il la>5>e

une odeur très-forte, qu'il se défend contre les chiens et les blesse toujours dangereuse^ ment, il ne faut pas le chasser avec les bons chiens courans destinés pour le cerf et le chevreuil ; celte chasse leur gâteroit le nez, et les accouiumeroit à aller lentement: des mâtins un peu dressés suffisent p«ur la chasse du sanglier. Il ne faut attaquer que les plus vieux , on les connoît aisément aux traces : un jeune sanglier de (rois ans est difGcile à forcer, parce qu'il court très-loin

le sel, le salpêtre , et se conserve salée plus long-temps qu'aucune autre.

Cette espèce, quoique abondante et fort répandue en Europe, en Asie, et en Afrique, ne s'est point trouvée dans le continent du Nouveau -Monde; elle y a été transportée par les Espagnols , qui ont jeté des cochons noirs dans le continent et dans presque toutes les grandes îles de l'Amérique; ils se sont multipliés, et sont devenus sauvages en beaucoup d'endroits : ils sans s'an'éter, au lieu qu'unid^n^GN?r plusj^ ressemblent à' nos sangliers; ils ont le corps âgé ne fuit pas loin, se^loissë diasser'Vie plus £ourt, la hure pins grosse, et la peau près, na pas grand peur des e^ns, et^ plus épaisse, que les cochons- domestiques.

s'arrête souvent poiu* leur faire tète. Le jour, il reste ^ordiuairemeuti danç sa bauge , au plus épais et dans le plus fort du bois ; le soir, à la nuit , il en son goufvhercher sa nourriture : en été, lorsque les grains sont mûi'S, il est assez facile de le»isurprendre dans les blés et dans les avoines , où il fréquente toutes les nnr(«« Dès, qu'il fst tué, les chasseurs ont grand<^6jj|S^ lut couper les suites,^ c'est-à-dire^ ics^r^|»illles , dont

qui, dons les climats chauds, sont tous noirs c(Hume les sangliers.

Bar un^de ces préjugés ridicules que la seule superstition peut faire subsister, les mahométans sont privés de cet animal utile; on leur a dit qu'il eioit immonde; ils n'osent donc ni le toucher, ni^.s'en nouiTir. Les. Chinois, aii^ contraire, ont beaucoup de jg[oût pour la' chair du cochon ; ils en élèvent de nombreux troupeaux ; c'est leur nourrie.

l'odeur est si forte que, sii'oïr^asse seirfe-* \ turé la plus ordinaire, et c'est ce qui les a ment cinq ou six heureksans ^li^s ôter, toute T empêchés, dil-on, de recevoir la loi de la chair en est infectée. Aflu reste, il n'y a Mahomet. Ces cochons de la Chine, qw.

sont aussi de Siam et de l'Inde, sont un peu différens de ceux de FEurope; ils sont plus petits, ils on^ les jambes beaucoup plus coiu'tes; leur chair est plus blanche et plus délicate : on les connok en France, et quel-'' ques personnes en élèvent ; ils se mêlent et produisent avec les cochons de la râpe commune. Les Nègres élèvent aussi Une; grande quantité de cochons; et, quoiqu'il y en ait

Eeu chez les Maures et dans tous les patys abités par les mahométans, on trouve en

que la hure qui soit bonne daîts tm^ vieux sanglier; au lieu que toute la chair du marcassin, et celle du jeune sanglier qui n'a pas encx)re un aY), est délicate et même assez fine. Celle du verrat, ou cochon domestique mâle, est encore plus mauvaise que celle du sanglier; ce n'est que par la casbation et l'engrais qu'on la rend bonne à manger. Les anciens étoieni dans l'usage de faire la castration aux,^juljM3s marcassins qu'on pouvoit enlever "îâ^EiU' mère, japrès

quoi on les reportoit dans les J^is : tes.. Afrique et en Asie des sangliers aussi abonsangliers coupés grossissent beaucoup plus damment qu'en Europe.

que les autres , et leur chair est meilleure que celle des cochons domestiques.

Pour peu qu'on ail habité la campagne, on n'ignore pas les praAts qu'on tire du cochon : sa chair se vend à peu près autant que celle du bœuf; le lard se vend au double , et même au triple; le sang, les boyaux, les viscères, les pieds, la languef se préparent et se mangent. Le fumier du cochon

Ces animaux n'affectent donc point de climat particulier: seulement il paroit que dans les pays froids le sanglier, en devenant animal ooiiieslique, a plus dégénéi'é que dSnis les pays chauds? Un degré de température de plus suffit pour changer leur couleur : les ci^ojis sont communément blancs dans iî»s provincts septentrionales de France ,vet môme en^Vfararais, tandis que dans

est ptds froid que celui des autres animaux, la province du Dau^iiilé, qui en est trèset l'on ne doit s'en servir que* pour les' voisine', ils son t^ tous noirs; ceux ^e Lanterres trop chaudes et trop sèches., ta ^^uedoc, de Provence, 4'Espagnc, d'Italie, graisse des intestins et de -l'épiplgpri , qui * dt» Indes, de la Chine, et de l'Amérique, est différente du lard , fait le sa'in-(9|)ux'*et |ont aussi de la même couleur. .Le cochon le vieujt-oing. La peau a ses usages, dft en . de Sjani resseB|bIe plus que le cochon de fait des cribles, comme l'on fait aussj^es" -France au syii4)glier. Un des signes les plus vergettés, des brosses, des pinceaux , ^avec év^euf de la'îlégénéralion sont les oreilles; les soies. La chair de cet animai |iièad oûeuxi elfe^'â^yiâuteat d'étant ^lus souples , d'au-

ANIMAUX DOMESTTQIIES,

tant plus molles, plus inclinées, et plus pendantes, que Tanimal est plus altéré, ou, si Ton veut, plus adouci par Téducalion et par l'éTat de domesticité : el en effet h co- '!lion domestique a les oreilles beaucoup tnp'ms roides, beaucoup plus longues, et plus inclinées, qne le sanglier, quon doit regarder comme le modèle de Tespèce.

* Je n'ai rien à ajouter aux faits historiques que j*ai donnés sur la race de nos cochons d'Europe ei sur celle des cochons de Siam ou de la Chine, qui toutes trois se mêlent ensemble, çl ne font par conséquent qu'une seule et mcme^ espèce , quoique la race des cochons d'Europe soit considérablement plus grande que l'autre par la grosseur el la grandeur du corps; elle pourroit même le devenir encore plus, si on ^issoit vivre ces animaux pendant un plus grand nombre d années dans leur étal de domesticité. M. Collinsoh , de la Société ri>yale de Londres*, m'a écrit qu'un cochon «ngi'aissé par les ordres de M. Joseph Leastarm, et tué par le sieur Meck, boucher à Cougleton en Chestershire^ pesoit huit cent cinquante livres, savoir : l'un des côtés, trois cent treize livres; l'antre côté< trois cent quatorze livres; et la tète, Tépiuv dn dos, la graisse intérieure, les iuteitins, etc., deux cent vingt-trois livres.

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