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Ordre i/e.f Carnatisiera ,./>/.. ./V^.
Ul PANlHiRE, rONCE, ET LE LÉOPARD.
J^èce, péauxde pantftère: ainsi nous n'au* rans pas change ce nom, puisqu'il est en usage; ils appellent celles de la seconde espèce, peaux de tigre d'Afrique : ce nom est équivoque, et nous avons adopté celui à! once; enfin ils appellent improprement peaux de tigre, celles de Tanimal que nous appelons ici léopard,
Oppien connoissoit nos deux premières espèces, c'est-à-dire la panthère et Tonce; il a dit le premier qu'il y avoit deux espèces de panthères : les unes phis grandes et plus grosses, les autres plus petites, et cependant semblables par la forme du corps, par la -variété et la disposition des taches, mais qui différoient par la longueur de la queue , que les petites ont beaucoup plus longue que les grandes. Les Arabes ont indiqué la grande panthère par le nom al nemer {nemer en retranchant l'article), et la petite par le nom alpliet ou alflied (phet ou Jlted en retranchant Tarlicle) : ce dernier nom, quoique un peu corrompu, se reconnoil dans celui de faadh, qui est le nom actuel de cet animal en Barbarie. « Le faadk , dit le '< D. Shaw, ressemble au / léopard (il veut «c dire la panthère) , en ce cju'il est tacheté « comme lui; mais il en diffère à d'autres « égards; il a la peau plus obscure et plus « grossière, et n'est pas si farouche. » Nous apprenons d^ailleurs , par un passage d'Albert, commenté par Gesner, que le phet o\ifliedàt& Arabes s'est appelé en italien et dans quelques autres langues de l'Europe, teunza ou lonza. Ou ne peut donc pas douter, en rapprochant ces indications, que la petite panthère d'Oppien , le pfiet ou fhed des Arabes, lefaaeÛi de la Barbarie, Y onze ou Vonce des Européens , ne soient le même animal. Il y a grande apparence aussi que c'est le pard ou pardus des anciens , et la panthera de Pline , puisqu'il dit que le fond de son poil est blanc, au lieu que celui de la grande panthère est, comme nous l'avons dit , d'une couleur fauve plus ou moins fond'ailleurs il est très -probable que la
cee
petite panthère s'est appelée simplement pard Qw pardus , et qu'on est venu ensuite à nommer la grande panthère léopard ou leo» pardus, parae qu'on a imagine qiie c'étoit une espèce mélive qui s'étoit agrandie par le secours et le mélange de celle du lion ; mais comme ce préjuge n'est nullement fondé, nous avons préféré le nom ancien et primitif de panthère, au nom composé et plus nouveau de léopard , que nous avons appliqué à un animal nouveau qui n'avoit encore que des noms équivoques.
Ainsi l'once diffère de la panthère eu ce qu'il est bien plus petit , qu'il a la queue beaucoup plus longue, le poil phis long aussi et d'une couleur grise ou blanchâtre; et le léopard diffère de la panthère et de l'once en ce qu'il a la robe Deaucoup plus belle , d'un fauve vif et brillant, quoique plus ou moins foncé , avec des taches plus petites et la plupart disposées par groupes, comme si chacune de ces taches étoit formée de quati*e fâches réunies.
Pline et plusieurs après lui ont écrit que , dans les panthères , la femelle avoit la robe plus blanche que le mâle : cela ponrroit être vrai de l'once; mais nous n'avons pas observé celte différence dans les panthères de la ménagerie de Yersailles , qui ont été dessinées vivantes : s'il y a donc quelque différence dans la couleur du poil entre le mâle et la femelle de la panthère , il faut que cette différence ne soit pas bien constante ni bien sensible. On trouve à la vérité des nuances
S lus ou moins fortes dans plusieurs peaux e ces animaux que nous avons comparées ; mais nous croyons que cela dépend plutôt de la différence de l'âge ou du climat que de celle des sexes.
Les animaux que MM. de l'Académie des Sciences ont décrits et disséqués sous le nom de tigres, et l'animal décrit par Caïus dans Gesner, sous le nom à^uncia, sont de qaéme espèce que notre léopard ; dh ' ne peut en douter en comparant la figure et la description que nous en donnons ici avec celles de Caïus et celles de M. Perrault, Il dit à la vérité que les animaux décrits et disséqués par MM. de l'Académie des Sciences, sous le nom de tigres, ne sont pas l'once de Caïus; les seules raisons qu'il en donne sont que celui-ci est plus petit , et qu'il n'a pas le dessous du corps blanc : cependant si M. Perrault eût comparé la description entière de Caïus avec les sujets qu'il avoit sous les yeux, je suis persuadé qu'il auroit reconnu qu'ils ne différoient en rien de l'once de Caïus. Comme il pourroit rester sur cela des doutes, j'ai cru qu'il étoit nécessaire de rapporter ici les parties essentielles de cette description de Csuus , qui , quoique faite sur un animal mort , me paroît fort exacte. On y observera que Caïus, sans donner précisément la longueur du corps de l'animal qu'il décrit , dit qu'il est plus grand qu'un chien de berger et aussi gros qu'un dogue, quoique plus bas de jambes : je ne vois donc pas pourquoi M. Perrault dit que l'once de Caïus étoit bien plus petit que les tigres disséqués par MM. dé l'Académie des Seien*
ANIMAUX CAKNASSlEftS.
ces. Ces longueur du museau
léopard que nous décrivons ici , et qui est certainement le même animal que les tigres de M. Perrault, n*a aussi qu'environ quatre pieds; et si l'on mesare un dogue, suri eut lin dogue de forte race, on trouvera qu'il excède souvent ces dimensions. Ainsi les tigres décrits par MM. de TAcadémie des Sciences ne dinéroient pas assez de Yitncîa de Caîus par la gi-andeur, pour que M. Perrault fût fondé à conclure de cette seule différence, que ce ne pouvoit être le même animal. La seconde disconvenance , c'est celle de la couleur du poil sur le ventre ; M. Perrault dit qu'il est blanc, et Caïus qu'il est cendré , c'est-à-dire blanchâtre : ainsi ces deux caractères, par lesquels M. Perrault a jugé que les tigres disséaués par MM. de l'Académie n'étoient pas 1 once de Caïus, auroient dû le porter à prononcer le contraire , surtout s'il eût fait attention que tout le reste de la description s'accorde parfaitement. On ne peut aonc pas se refuser à regarder les tigres de MM. ae l'Académie, Vu/icta de Caïus , et notre léopard, comme le même animal ; et je ne conçois pas pourquoi quelques-uns de nos naturalistes ont pris ces tigres de M. Perrault pour des animaux d'Amérique, et les ont confondus avec le jaguar.
Nous nous croyons donc certain que les tigres de M. Perrault, Vuncia de Caïus , et iio<re léopard , sont le même animal : nous nous croyons également assuré que noire panthère est le même animal que la panthère des anciens. Elle en diffère à la vérité par la grandeur, mais elle lui ressemble par tous les autres caractères; et, comme nous l'avons déjà dit plusieurs fois, on ne doit pas être étonué qu'un animal élevé dans une ménagerie ne prenne pas son accroissement entier , et qu'a reste au dessous des dimensions de la nature. Celle différence de grandeur nous a tenu nous - même assez longtemps dans la perplexité ; mais , après l'examen le plus long , et nous pouvons dire le plus scrupuleux, après la comparaison exacte et immédiate des grandes peaux de la pantlière qui se trouvent chez les fourreurs avec celle de notre panthère , il ne nous a plus été permis de douter , et nous avons vu clairement que ce n'étoient pas des animaux différens. La panthère que nous décrivons ici , et deux autres de la même espèce qui étoient en même temps à la ménagerie du roi , sont venueà de la Barbarie : la régence
d'Alger.
Une autre observation que nous ne pouvons nous dispenser de faire , c'est que des trois animaux dont nous donnons ici la description sous les noms de panthère , à*once et de léopard, aucun ne peut se rapporter ki l'animal que les naturalistes ont indiqué par le nom de pardus ou de leopardus. Le pardus de M. Linnxus et le léopard de Brisson , qui paroissent être le même animal , sont désignés par les phrases suivantes , Pardus , felh caudâ elongatà, corporis maculis superioribus orbiculatis, inferioribus 'virgaiis. (Syst. nat., edit.Tiy pag. 41).... Le léopard : Pelis ex alboflancans, maculis nîgris in dorso orbiculatis, in ventre longis, xariegata. (Regn. anim.,/7(^. 272.) Ce caractère des taches longues sur le ventre , ou allongées en forme de verges sur les parties inférieures du corps, n'appartient ni à la panthère , ni à l'once , ni au léopard , desquels il est ici question. Cependant il paroît que c'est de la panthère des anciens ; du panthera, pardalis , pardus, leopardus, de Gesner; duparc/iis, panthera^ de Prosper Alpini; du panthera varia, africana, de Pline; de la panthère, en un mot, qui se trouve en Afrique et aux Indes orientales , que ces auteurs ont entendu parler, et qu'ils ont désignée par les phrases que nous venons de citer. Or , je le répète , aucun des trois animaux que nous décrivons ici , quoique tous trois d'espèce différente , n'a ce caractère de taches longues et en forme de verges sur les parties inférieures ; et en même temps nous pouvons assurer , par les recherches que nous avons faites , que ces trois espèces, et peut-être une quatrième dont nous parlerons dans la suite et qui n'a pas plus que les trois premières ce caractère des taches longues sur le ventre, sont les seules de ce genre qui se trouvent en Asie et en Afrique ; en sorte que nous ne pouvons nous empêcher de regarder comme douteux ce caractère , qui fait le fondement des phrases indicatives de ces nomenclateurs. C'est tout le contraire dans ces trois animaux, et peutêtre dans tous ceux du même genre; car non seulement ceux de-l' Afrique et de l'Asie, même de l'Amérique , lorsqu'ils ont des taches longues en forme de verges ou de traînées , les ont toujours sur les parties supérieures du corps , sur le garrot , sur le cou, sur le dos , et jamais sur les parties inférieures.
lA PANIBEKE , VO^CE , Èf LE LEOPARD. èo^
Nous remarquerons encore que Tanîmal dont on a donné la description dans la troisième partie des Mémoires pour servir à this» toire aes animaux, sous le nom de panthère, est un animal différent de la panthère , de Tonce et du léopard, dont nous traitons ici.
Enfin nous observerons qu*il ne faut pas confondre, enlisant les anciens, \e panifier avec la pantltère. La panthère est l'animal dont il est ici question; XepantherAw scholiaste d'Homère et des autres auteurs est une espèce de loup timide qne nous croyons être le chacal, comme nous l'expliquerons lorsque nous donnerons l'histoire de cet animal. Au reste , le mot pardalis est l'ancien nom grec de la panthère ; il se donnoit indistinctement au mâle et à la femelle. Le mot pardus est moins ancien , Lucain et Pline sont les premiers qui l'aient employé ; celui de leopardus est encore plus nouveau , puisqu'il paroît que c'est Julc Capitolin qui s'en est servi le premier on l'un des premiers; et à l'égard du nom même de panthera, c'est un tnoi que les anciens Latins ont dérivé du grec , mais que les Gi*ecs n'ont jamais employé.
Après avoir dissipé, autant qu'il est en nous , les ténèbres dont la nomenclature ne cesse d'obscurcir la nature ,. après avoir exposé, pour prévenir toute équivoque, le« figures exactes des trois animaux dont nous traitons ici, passons à ce .qui les concerne chacun en particulier.
La panthère que nous avons vue vivante a l'air féroce , l'œil inquiet , le regard cruel, les mouvemens brusques, et le cri semblable à celui d'un dogue en colère; elle a même la voix plus forte et plus rauque que le chien irrité : elle a la langue rude et trèsrouge, les dents fortes et point^ies, les ongles aigus et durs ; la peau belle, d'un fauve plus ou moins foncé , semée de taches noires arrondies en anneaux ou réunies en forme de roses ; le poil court ; la queue marquée de grandes taches noires au dessus , et d'anneaux noirs et blancs vers 1-extrémité. La panthère est de la taille et de la tournure d'un dogue de forte race , mais moins haute de jambe.
Les relations des voyageurs s'accordent avec les témoignages des anciens au sujet de la grande et de la petite panthère , c'està-dire de notre panthère et de notre once. Il paroît qu'il existe aujourd'hui, comme du tem])s d'Oupievi, dans la partie de l'Afrique qui s'étenu le long de la mer Méditerranée, et dans les parties de l'Asie qui éloient connues des aiiciens, deux espères de panthères:
la plus grande a été appelée panthère ou léopard, et la plus petite once par la plupart des voyageurs. Ils conviennent tous 3oe l'once s'apprivoise aisément, qu'on le resse à la chasse, et qu'on s'en sert à cel usage en Perse et dans plusieurs autres provinces de l'Asie; qu'il y a des onces asseï petits pour qu'un cavalier puisse les porter en croupe ; qu'ils sont assez doux pour se laisser manier et caresser avec la main. La pantihère paroît être d'une nature plus fièrè et moins flexible ; on la dompte plutôt qu'où ne l'apprivoise ; jamais elle ne perd ett entier son caractère féroce ; et lorsqu'on veut s'en servir pour la chasse, il faut bedocou{k de soins pour la dresser, et encore plus de précautions pour la conduire et Fexercer. On la mène sur une charrette, enfermée dans une cage , dont on lui ouvre la porte lorsque le gibier paroît ; elle s'élance vers la bête, l'atteint ordinairement en trois oq quatre sauts , la terrasse et l'étrangle : mais SI elle manque son coup, elle devient furieuse , et se jette quelquefois sur son maître , qui d'ordinaire prévient ce danger ei^ portant avec lui des moi*ceaux de viande od des animaux vivans, eomme des agneaux, des chevreaux , dont il lui en jette un pour calmer sa fureur.
Au reste, l'espèce de l'once paroît être plus nombreuse et plus répandue que celle de la panthère : on la trouve très-communément en Barbarie , en Arabie et dans tontes les parties méridionales de l'Asie, à l'ex-
ception peut-être de l'Egypte : elle s'est
'à la Chme, oii on l'ap^ pelle lùnenpao
même étendue jusqu'à
Ce qui fait qu'on se sert de l'once pour la chasse dans les climats chauds de l'Asie, c'est que les chiens y sont très-rares ; il n'y a pour ainsi dire que ceux qu'on y trans-
{)orte , et encore perdent-ils en peu de temps eur voix et leur instinct : d'ailleurs ni la panthère , iii l'once , ni le léopard , ne peuvent souffrir les chiens ; ils semblent les chercher et les attaquer de préférence sur toutes les autres bêtes. En Europe, nos chiens de chasse n'ont pas d'autres ennemis que le loup ; mais dans un pays rempli de tigres , de lions , de panthères , de léopards et d'onces , qui tous sont plus forts et plus cruels que le loup , il ne seroit pas possible de conserver des chiens. Au reste, l'once n'a pas l'odorat aussi fin que le chien : il ne suit pas les bêtes à la piste, il ne lui sei^oit pas possible non plus de les atteindre dans une course suivie : il n& chasse qu'à vue , et ne fait pour ainsi dire cpie s'élancer et wp
So4
ANIMAUX CAE5ASSIEES.
jeter sur }e gibier; il saute si l^èrement très-vraiseinblable qu'elles appartiennent qu'il franchit aisiSïtfent un fossé ou une mu-
I*ai11e de nhisieiirs pieds ; souvent il grimpe sur les "anures pour attendre les animaux au re et se laisser tomber dessus : cette
manière d'attraper la proie est commune à b panthère , au léopard et à Tonce. .
Le léopard a les mêmes mœurs et le même naturel que la panthère ; et je ne vois nulle part qu'on Tait apprivoise comme Tonce , ni que les nègres du Sénégal et de Guinée, où il est très-commun, s'en soient jamais servis pour la chasse. Communément il est plus grand que Fonce et plus petit que la panthère; il a ta queue plus courte que Fonce, quoiqu'elle soit longue de deux pieds ou de deux pieds et demi.
Ce léopard du Sénégal ou de Guinée, auquel nous avons appliqué particulièrement le nom de léopard , est probablement Tanimal que l'on appelle à Congo engoi; c'est peut- être aussi yaïUamha de Madagascar.
Nous rapportons ces noms, parce qu'il seroit utile pour la connoissance des animaux qu'on eût la liste de leurs noms dans les langues des pays qu'ils habitent.
L'espèce du léopard paroît être sujette i plus de variétés que celle de la panthère et de l'once : nous avons vu un grand nombre de peaux de léopard qui ne laissent pas de différer les unes des autres , soit par les nuances du fond du poil, soit par celles des taches doni les anneaux ou roses sont plus marqués et plus terminés dans les unes qne dans les autres ; mais ces anneaux sont toujours de beaucoup plus petits que ceux de la panthère et de fonce. Dans toutes les peaux de léopard les taches sont chacune à peu près de la même grandeur, de la même figure ; et c'est plutôt par la force de la teinte qu'elles difTèrent, étant moins fortement exprimées dans les unes de ces peaux et beaucoup plus fortement dans les autres. La couleur du fond du poil ne diffère qu'en ce qu'elles sont d'un fauve plus ou moins foncé ; mais comme toutes ces peaux sont à très-peu près de la même grandeur , tant pour le corps que pour la queue, il est
toutes à la même espèce d'animal , e|^ non pas à des animaux d'espèce différente.
La panthère, l'once, et le léopard , n'habitent que l'Afrique et les climats les plus chauds de l'Asie ; ils ne se sont jamais ré' pandus dans les pays du Nord, ni même dans les régions tempérées. Arislote parle de la panthère comme d'un animal de l'Afrique et de l'Asie, et il dit expressément qu'il n'y en a point en Europe. Ainsi ces animaux, qui sont pour ainsi dire confinés dans la zone torride de l'ancien continent, n'ont pu passer dans le nouveau par les terres du 'Nord ; et l'on verra par la description que nous allons donner des animaux de ce genre
aui se trouvent en Amérique , que ce sont es espèces différentes que l'on n'ani^oit pas dû confondre avec celles de l'Afrique et de l'Asie, comme l'ont fait la plupart des auteurs qui ont écrit la nomenclature.
Ces animaux en général se plaisent dans les forêts touffues, et fi*équen(ent souvent les bords des fleuves et les environs des habitations isolées , où ils cherchent à surpren- .dre les animaux domestiques et les Létes sauvages qui viennent chercher les eaux. Ils se jettent rarement siu* les hommes, quand mêmes ils seroient provoqués : ils grimpent aisément sur les arbres, où ils suivent les chats sauvages et les autres animaux, qui ne peuvent leur échapper. Quoiqu'ib ne vivent que de praie et qu'ils soient ordinairement fort maigres, les voyageurs prétendent que leur chair n'est pas mauvaise à manger : les Indiens et les Nègres la trouvent bonne; mais il est vrai qu'ils trouvent celle du chien encore meilleure, et qu'ils s'en régalent comme si c'étoit un mets délicieux. A l'égard de leurs peaux, elles sont toutes précieuses et font de trèsbelles fourrures ; la plus belle et la plus chère est celle de léopard ; une seule de ces peaux coûte huit ou dix louis , lorscjue le fauve en est vif et brillant , et que les taches en sont bien noires et bien terminées.
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LE JA.aUAR.
Le jaguar ressemble à l'once par la'grandeur du corps , par la forme de la plupart des taches dont sa robe est semée, et même par le naturel ; U est moins fier et moins
féroce que le léopard et la panthère. Il a le fond du poil d'nn beau rauve comme le •léopard , et non pas gris comme l'once ; il a la queue plus courte que l'un et l'autre^
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