‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémens (volume 2)Chapitre 111 sur 146 · LE. COUGUAR · texte numérisé non relu

LE. COUGUAR

Le couguar a la taille aussi longue, pdais moins étoffée que le jaguar ; il est plus levrette, plus effilé, et plus haut sur ses jambes : il a la tête petite, la queue longue, le poîl court et de couleur presque uuiforme, d'un roux vif, mêlé de quelques teintes noirâtres, surtout au dessus du dos; il n'est marqué ni de bandes longues comme le tigre, ni de taches rondes et pleines coinm% le léopard, ni de taches en anneaux ou en roses comme l'once et la panthère ; il a le menton blanchâtre, ainsi que la gorge et toutes les parties inférieures du corps. Quoique plus foible, il est aussi féroce et peut-être plus cruelque le jaguar. Il paroît être encore plus acharné sur sa proie , il la dévore sans la dépecer ; dès qu'il l'a saisie, il l'entame, la suce, la mange de suite, et ne la quitte pas qu'il ne soit 'pleinement rassasié.

Cet animal'est assez commun à la Guiane ; autrefois on l'a vu arriver à la nage et en nombre dans Tile de Cayenne, pour attaquer et dévaster les troupeaux : c'étoit dXis les commencements un fléau pour la colonie ; mais peu à peu on l'a chassé , détruit , et relégué loin des habitations. On le trouve au Br&il , au Paraguay, au pays des Ama-

zones ; et il y a grande apparence Que V&i nimal qui pous est indiqué dans (fuelquet rtjations sous le nom dCocorome dans ' le

ftays des Moxes au Pérou est le même que e couguar, aussi bien que celui du pays des Iroquois, qu'on a regardé comme un tigre, quoiqu'il ne 'soit point moucheté comme la panthère ni marqué de bandes longues comme le tigre.

Le couguar, par la légèreté de son corps et la plus grande longueur de ses jambes , doit mieux courir que le jaguar et grimper aussi plus aisément sur les arbres : ils sont tous deux également paresseux et polirons dès qu'ils sont rassasiés ; ils n attaquent presque jamais les hommes , à moins qy'ils ne les trouvent endormis. Lorsqu'on veut passer la nuit ou s'arrêter d'ans les bois , il suffit d'allumer du feu pour les empêcher d'approcher. Ils' se plaisent à J'ombre dans les grandes forêts ; ils se cachent dans un . ■ fort ou même sur un arbre touffu , d'où ils * s'élancent sur les animaux qui passent.

Quoiqu'ils ne vivent qu« de proie et qu'ils s'abreuvent plus souvent de sang que d'eau , on prétend que leur chair est très-bonne à manger. Pison dit expressément qu'elle est. aussi bonne que celle du veau; d'autres la

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ANIMAUX CARNA^IERS.

comparent à celle da moiiton : jVi bien de la peine à enoire <)iic ee'soit en effet une ▼iande de bon goût ; j'aime mieux m'en rapporter au témoignage de Desmarchais, qui «fit que ee qu^t y a de mieux dans ces ani-

maux c'est la peau , dont on fait des housses de cheval, et qu'on e^ peu friand de leur chair, qui d'ordinaire est maigre et d'un fumet peu agréable.

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