LA GENETTE
La geiiette esi un plus petit animal que les civettes; elle a le corps allongé, les jambes courtes, le museau pointu, la tête effiiée, le poil doux et mollet, d'un gris cendré, brillant et marqué de taches noiras, rondes et séparées sur \isi côtés du corps , mais, qui se réunissent de si près sur la
Jiarlie du dos, qu'elles paroissent former des Ijandes noires continues qui s'étendent tout le long- du corps ; elle a aussi sin* le cou et le long de l'épine du dos une espèce de crinière ou de poil plus long qui forme une bande noire et continue, depuis la tête jusqu'à la queue, laqirelle est aussi longue que le corps , et marquée de sept ou huit anneaux alternativement noirs et blancs sur toute sa longueur : les taches noires du cou sont en forme de bandes, et l'on voit tiu dessous de chaque œil une marque blanche très-appai*ente. La genette a sous la queue et dans le même endroit que les civettes , une ouverture ou sac dans lequel se filtre une espèce de paiHFiun, mais foible et dont l'odeur ne se conserve pas. Elle est un peu
Elus grande que la fouine, qui lui ressemble eaucoup par la forme du corps aussi bien que par le naturel et par les habitudes, seulement il paroit qu'on apprivoise la genette plus aisément : Belon dk en avoir vu daos les maisons à Constantinople , qui
étoient aussi privées que des chats, et qu on laissoit courir et aller partout sans qu'elles fissent ni mal ni dégât. On les a appelées chats de Constantinople ^ chats d'Espagne, chats-genettes ; elles n'ont cependant rien de commun avec les chats que l'art d'épier et de prendre les souris : c'est peut-être aperce qu'on ne les trouve guère que dans le Levant -«t en £s|)agno qu'on leur a donné le surnoi^de leur pays ; car le nom même de genette ne vient point des langues ancienneç , et n'est probablement qu'un nom nouveau pris- de quelque heu planté de genêt, qui« comme Ton sait, est fort commun en Espagne, où l'on appelle aussi genêts des chevaux d'une certaine race. Les naturalistes prétendent que la genette n'habite que dans les endroits humides et le long des ruisseaux , et qu'on ne la trouve ni sur les montagnes ni dans les terres arides. L'espèce n'en est pas nombreuse , du moins elle n'est pas fort répandue; il n'y en a point en France ni dans aucune autre province de TEurope, à Texception de l'Espagne et de la Turquie. Il lui faut donc un chmat chaud pour subsister et se multiplier : néanmoms il ne paroit pas qu'elle se trouve dans les pays les plus chauds de l'Afiique et des Indes, car la fossane, qu'on appelle genette de Madagascar ^ ^t une espèce
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difiérente, de tequelle nous parlerons dans oreUles rondeur, le pM 4*^ la tète et du corps
Tartide suivant. * moucheté, la queue lou^e et velue. Elle
La peau de cet animal fait une fourrure étoit un peu plus grosse que celle d*Espa-
légère et très-jolie : les manchons de ge- gne, quoiqu'elle fût eocore jeune; car elle
nette étoient à la mode il y a quelques avoit grandi assez considérablement en trois
années , et se vendoient fort cher ; mais , ou quatre mois. Nous n'avons pn savoir de
comme on s'est avisé de les contrefaire en quel pays elle vanoitj son maître l'avoit
peignant de taches noires des pMux. de achetée à Londres aept ou huit mois aupa-
lapios gris , le prix en a baissé des tix»s ravant. C'est un animal vif et sans cesse en
quarts , et la mode en est passée. mouvement , et qui ne se repose qu'en dor-
* J'ai dit , à l'article de la genette , que mant. l'espèce n'en est pas fort répandue ; qu'il Cette genette avoit vingt pouces de lou-
n'y en a point en France ni dans aucune gueur sur sept pouces et demi de hauteur;
autre province' de l'Europe, à l'exception elle avoit le dessous du couplas fourni de
de l'Espagne et de la Turquie. Je n'étais poil que l'autre genette ; celtii de tout le
pas alors informé qu'il se trouve des geneites corps est aussi plus loug :- les anneaux ciix!u-
dans nos provinces méridionales, et Qu'elles laires de la queue sont moins distincts , et
sont assez communes en Poitou , ou elles n^rne il n'y a point d'anneaux .«du tout au
sont connues sous le nom de genetttt, delà du tiers • «se la queue : les moustaches
même par les paysans , qui assurent qu'elles sont beaucoup plus grandes, noires « loitgues
n'habitent que les endroits littmides et te de deux ponces sqtt lignes , couchées sur
bord des ruisseaux. les joues et non droites et saillantes comme
M» l'abbé Reubaud, autemr de la Gatette dans les chats ou les tigres, le nez noir et
d'Agriculture et de plusieurs autres ou- les narines très-arquées : au dessus <lu nez
vrages utiles, est le premier qui ait aonoacé s'étend une raie noire qui se prolonge entre
au public que cet animal existoit en France tes yeux, laquelle est accompagnée de deux
dans son état de liberté ^ il m'en a même bafides blanchâtres ; il y a une tache biao-
envoyé une, cette année S775, au mois che au dessus de l'œil et une bande blanche
d'avril , qui avoit été tuée à Civray en fV»- au dessous ; les oreilles «ont noires , mais
tou, et c'est bien le même animal que la pltts allongées et moins larges à la base que
genette d'Espagne , à quelques variétés près les oreilles de la première genette ; le poiJ
dans les couleurs du poil. Il se tixHiTe aussi du coi^ est d'un blarie gris, mêlé de grands
des genettes dans les provinces VBÎsines. poils noirs dont le reflet paroît formtïr des
«Depuis trente ans que j'habite la province ondes noires : la dessus du dos est rayé et
«de Rouergue, m'écrit M. Delpèche, j'ai moucheté de noir; le reste du corps mou-'
« tûujoiA's vu les paysans apporter des ge- cheté de métie, mais d'un noir plus foible :
« nettes mortes , surtout en hiver , chez un le dessous du ventre blanc , les jambes et les
« marchand qui m'a dit qu'H y eaiivoit peu, cuisses nouées, les pattes courtes; cinq doigts
« mais qu'elles habitoient aux environs de la à chaque pied, les ongles blancs et crochus ;
« ville de YiUefranche, et qu'elles demeu- la queue longue de seize pouces, grosse de
« roient pendant l'hiver dans des terriers, à deux pouces â l'origine : dans le pn^mier
R peu près comme les lapins. Je|^ourrois ei^ tiers de sa longueur, die est de la couleur
« envoyer de mortes s'il étoit nécessaire. » dn corps, rayée de petits anneaux noirs assez
Nous donndlis ici k description d'une mal ' terminés ; les deux autres tiers de la
genette qui nous a pam différer assez de la queue sont tout noirs jusqn'àl'extrémité.
genette d'Espagne, Y>our mériter d'é»re dé- •
crite. On la montroit à la foire Saint-Ger- pi. p©. Uç.
main en 1772; elle étoit farouche et cher- - Longueur du bout du museau à
choit à mordre». Son maître la tenoit dans I^ngle extmeur de l'œiL » i 8
ime cage ronde et étroite, en sorte qu'il Ouverture d'un angle à l'autre. . . » » 9
étoit assez difficile de la dessiner. On ne la Distance entre les angles exténourrissoit que de viande. Elle avoit la phy- rieurs des yeux. ..I....T;.., » » n
sionomie et tous les principaux caractèi^es IMstance entre l'an^ postérieur
de la genette , la tète longue et fine , le mu- de l'oeil à l'oreille » » 1 1
seau alloQgé et avancé sur la mâchoire infé- Longueiup de Toreille •.» i 5
rieure., loeil grand , la pCtpille «Croite^ les Largeikr à la hase , » i »
Ordre <fej- Carnassiers. Fajnille i/ar Carnivnres. ft-âiw i/m-.
DigiitieTades. tffn/ï? Civette. /<»»«■/
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