‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémens (volume 2)Chapitre 122 sur 146 · LA CIVETTE ET LE 2IBET · texte numérisé non relu

LA CIVETTE ET LE 2IBET

assez grand tsMoiHte dans leur climat ; mais quoiqu'elles pSssenk vivre dans les régions tempérées , et qu'elles y rendent » comme dans leur pays natal, jeiir liqueur parfumée, elles ne peuvent y multiplier. Elles ont la voix plus forte et la langue moins rude que le chat : leur cri ressemble assez à celui d*nn chien en colère.

On appelle en frattçois civette , Thumeur onctueuse et parfumée que Ton tire de ces animaux ; on l'appelle tibèl ou algalia en Arabie , aux Inaes et dans le Levant , où Ton en fait un plus grand usage qu'en Europe. On ne s'en sert presque plus dans notre médecine : les parfumeurs et les confiseurs eu emploient encore dans le mélangé de leurs, parfums. L'odeur de la civette , quoique «violente, est plus suave que celle du musc : toutes deux ont passé de mode lorsqu'on a connu l'ambre , ou plutôt dès qu'on a su le prépai*er, et l'ambre même,

qui étoit , il n'y a pas long-temps , l'odeur

{>ar excellence ', le parfum le plus exquis et e plus noble , a perdu de sa vogue , et n'est plus du goût de nos gens délicats.

* M. de Ladebat a envoyé , en 1772 , à M. Bertin, ministre et secrétaire d'État, une civette vivante. Cet animal avoit été donné ]>ar le gouverneur hoUandois du fort de la Mine , siu' la cèle d'Afrique , au capitaine d'un des navires de M. de Ladebat père, en 1770. Elle fut débarquée à Bordeaux, au mois de novembre 1772. Elle arriva très-foiblc ; mais, après quelques jours de i*epos , elle prit des forcée , et au bout de cinq à six mois, elle a grandi d'environ quatre pouces. On l'a nourrie avec de la chair crue et cuite, du poisson, de la soupe, du lait. On a eu soin de la tenir chaudement pendant l'hiver : car elle paroit beaucoup souffrir du froid , et elle devient moins méchante lorsqu'elle y est exposée.

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