DE LA
et dans Teau, une quantité déterminée de matière organique que rien ne peut détruire : il existe en même temps un nombre déterminé de moules capai)1es de se Tassirailer, qui se détruisent et se renouvellent à chaque instant; et ce nombre de moules ou d'individus, quoique variable dans chaque espèce, est au total toujours le même, toujours proportionné à cette quantité de matière vivante. Si elle étoit surabondante, si elle n'étoit jpas, dans tous les temps , également employée et entièrement absorbée par les moules exîstans, il s'en formeroil aautres, et l'on verroit paroître des espèces nouvelles, parce que cette matière vivante ne peut demeurer oisive , parce qu'elle est toujours agissante , et qu'il suffit qu'elle s'unisse avec des parties brutes pour former des corps organisés. C'est à cette grande combinaison , ou plutôt à cette invariable proportion, que tient la forme même de la nature.
Et comme son ordonnance est fixe pour le nombre , le maintien et l'équilibre des espères, elle se préseuteroit toujours sous la même face, et seroit dans tous les temps et sous tous les climats absolument et relativement la mûmcj si son habitude ne varioit {>as> autant qu'il est possible, dans toutes es formes individuelles. L'empreinte de chaque espèce est un type dont les principaux traits sont gravés en caractères ineffaçables et permanens à jamais ; mais toutes les touches accessoires varient : aucun individu ne ressemble parfaitement à un autre , aucune espèce n'existe sans un grand nombre de variétés. Dans l'espèce humaine , sur laquelle le sceau divin a le plus appuyé, l'empreinte ne laisse pas de varier du blanc au noir, du petit au grand , etc. ; le Lapon , le Patagon , l'Hottenlot, l'Européen, l'Américain, le Nègre, quoique tous issus du même père, sont bien éloignés de se ressembler comme frères.
Toutes les espjèces sont donc sujettes aux différences purement individuelles ; mais les variétés constantes , et qui se perpétuent par les générations , n'appartiennent pas également à toutes : plus l'espèce est élevée , plus le type en est ferme, et moins elle admet de ces variétés. L'ordre , dans la multiplication des animaux , étant en raison inverse de l'ordre de grandeur , et la possibilité des différences en raison directe du nombre dans le produit de leur génération , il étoit nécessaire qu'il y eût plus de variétés dans les petits animaux que dans les grands : il y a aussi , et par la même raison, plus d'espèces voisines. L'unité de l'espèce étant plus res-
serrée dans les 'grands animaux, la distant
3ui la sépare des autres est aussi plus éteo ue. Que de variétés et d espèces voisinii accompagnent , suivent ou précèdent Frà reuii, le rat, et les autres petits animau\ tandis que l'éléphant marche seul et saii pair à la tête de tous !
La matière brute qui compose la masjf de la terre n'est pas un limon vierge , usi substance intacte et qui n'ait pas subi il^ altérations : tout a été remué "par la forr des grands et des petits agens; tuutadi manié plus d'une fois par la main de la rj ture. liC globe de la terre a été pénétré pa: le feu , et ensuite recouvert et travaillé [.: les eaux ; le sable qui en remplit le deda:. est une matière vitrée ; les lits épais de glai* qui le recouvrent au dehors ne sont f ce même sable décomposé par le séjour des eaux; le roc vif, le granit, le grès, tooj les cailloux , tous les métaux , ne sont encore que cette même matière vitrée, doot les parties se sont réunies, pressées on séparées selon les lois de leur affiiiilé. Toutes ces substances sont parfaitement brates ; elles existent et existeroient indépendamment des animaux et des vcgétaiii; mais d'autres substances en Irès-grainl nombre, et qui paroissent également brutes , tirent leur origine du détriment (le corps organisés; les marbres, les pierres 2 chaux, les graviers, les craies, les marnes, ne sonfcomposés que de débris decoquiH»ges et des dépouilles de ces \ycûis animaiu qui , transformant l'eau de la mer en pierre. produisent le corail et tous les madrépores, dont la variété est innombrable et la quantité presque immense. Les charbons de terre, les tourbes, et les autres matières qui rf trouvent aussi dans les couches exterieiim de la terre, ne sont que le résidu des «S^' taux plus ou moins détériores, \mn\^^ consumés. Enfin d'autres matières en ffioiadre nombre, telles que les pieiTes poncer les soufres, les mâchefers, les amiante., lej laves, ont été jetées par les volcans, et p duites par une seconde action du feu si» ; matières premières. L'on peut réduire a^|; trois grandes combinaisons tous les rapp -^ des corps bruts et toutes les substance*
règne minéral. „ , ^„,,;^
Lts lois d'affinité parlesquefles lesp"constituantes de ces différentes substa^j^^ se séparent des autres pour se r^""' . elles; et former des matières homo^ sont les mêmes que la loi générale par la 1 ^ ^^ tous les corps célestes agissent les uns ^^ autres ; elles s'exercent également er u«u«