LE SARIGUE
parer. Cette observation , curieuse par eUeméme , pourroit ^devenir utile , en nous in> diquant peut-être quelque moyen de consei'ver la vie aux enfans venus avant le terme.
Les petits sarigues restent donc attachés et comme collés aux mamelles de la mère pendant le premier âge, et jusqu'à ce qu'ils aient pris assez de force et d'accroissement pour se mouvoir aisément. Ce fait n'est pas douteux; il n'est pas même particulier à cette seule espèce , puisque nous avons vu , comme je viens de le dire , des petits ainsi attachés aux mamelles dans une autre espèce, quA nous appellerons la marmose , et de laquelle nous parlerons bientôt. Or cette femelle marmose n'a pas, comme la femelle sarigue» une poche sous le ventre où les petits puissent se cacher : ce n'est donc pas de la commodité ou du secours que la poche prête aux petits que dépend uniquement l'effet de la longue adhérence aux mamelles , non plus que celui de leur accroissement dans cette situation immobile. Je fais cette remarque afin de prévenir les conjectures que l'on poiirroit faire de l'usage de la poche , en la regardant comme une seconde matrice, ou tout au moins comme un abri absolument nécessaire à ces petits prématurément nés. U y a des auteurs qui prétendent qu'ils restent collés à la mamelle plusieurs semaines de suite; d'autres disent qu'ils ne demeurent dans la poche que pendant le premier mois de leur âge. On peut aisément ouvrir cette poche de la mère, regarder, compter, et même toucher les petits sans les incommoder; ils ne quittent la tétine , qu'ils tiennent avec la gueule, que quaud ils ont assez de force pour marcher; ils se laissent alors tomber dans la poche , et sortent ensuite pour se promener et pour chercher leur subsistance; ils y entrent souvent pour dormir, pour téier , et aussi pour se cacner lorsqu'ils sont épouvantés; la mère fuit alors, et les emporte tous : elle ne paroit jamais avoir plus de ventre que quand il- y a long-temps qu'elle a mis bas, et que ses petits sont déjà grands ; car , dans le temps dc} la vraie gestation, on s'aperçoit peu qu'elle soit pleine.
A la seule inspection de la forme des pieds de cet animal , il est aisé déjuger qu'il marche mal et qu'il court lentement ; aussi dit-on qu'un homme peut l'attraper sans même précipiter son pas. £a revanche il grimpe sur les arbres avec une extrême facilité ; il se cache dans le feuillage pour attraper les oiseaux , ou bien il se suspend par la queue , dont l'extrémité est musculeuse et