‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémens (volume 2)Chapitre 16 sur 146 · LE GRAND CHIEN-LOUP · texte numérisé non relu

LE GRAND CHIEN-LOUP

M. le marquis d'Amezaga, par sa lettre datée de Paris, le 3 décembre 1782, m'a donné oonnoissance de ce chien.

M. le duc de Bourbon avoit ramené ce chien de Cadix. Il a à très-peu près, quoique très-jeune , la forme et la giandeur d'un gros loup, bien fait et de grande taille; mais ce chien n'est pas, comme le loup, d'une couleur uniforme : il présente au contraire deux couleurs , le brun et le blanc , bien distinctes et assez irrégulièrement réparties ; on voit du brun noirâtre sur la Icte, les oreilles, autour des yeux, sur le

ANIMAUX DOMESTIQUES

cou, la poitrine, le dessus et les cAtés dti corps , et sur le dessus de la queue ; le blanc se trouve sur les mâchoires, sur les côtés des joues, sur une partie du museau, dans l'intérieur des oreilles, sous la queue, sur le» jambes , les faces internes des cuisses , le des^ sous du ventre et la poitrine.

Sa tête est étroite, son museau allongé; et cette conformation lui donne une physionomie fine. Le poil des moustaches est court, les yeux sont petits et l'iris en est verdàtre. On remarque une assez grande tache blanche au dessus des yeux, et une petite en pointe au milieu du front. Les oreilles sont droites et larges à la base. La queue a seize pouces de longueur jusqu'à l'extrémité des poils, qui sont longs de six pouces neuf lignes : il la porte haute ; elle représente une sorte de panache , et elle est recourbée en avant comme celle du chienloup. Les poils qui sont sur le corps sont longs d'un pouce; ils sont blancs à la racine, et bruns dans leiu* lohgueur jusqu*à leur extrémité. Les poils de dessous le ventre sont blancs , et ont trois pouces deux lignes ; ceux des cuisses ont cinq pouces : ils sont bruns dans leur longueur, et blancs à leur extrémité; et en général au dessous du long poil il y en a de plus court qui est laineux et de couleur fauve. La tète est pointue comnte celle des loups-lévriers : « car les tt chasseurs distinguent, dit M. d'Amezaga , M les loups-mâtins et les loups-lévriers, dont « l'espèce est beaucoup plus rare que l'autre. « Ainsi la tète de ce chien ressenîble à celle « d'un lévrier; le museau est pointu. Il n'est «âgé que d'environ huit mois; il paroit « assez doux et est fort caressant. Les oreilles «sont très-courtes et ressemblent à celles « des chiens de berger; 'le poil en est épais, - mais fort court ; en dedans il est de cou- « leur fauve, et châtain en dehors. Les « pattes, depuis l'épaule et depuis la cuisse, •* sont aussi de couleur fauve ; elles sont « larges et fortes, et le pied est exactement «* celui du loup. Il marque beaucoup de désir « de courir après les poules. D'après cela « j'ai pensé qu'il tiroit son origine de la race « primitive; j'opine pour qu'on le marie « avec une belle chienne de berger, ti paraît « avoir l'odorat très-fin, et ne semble pas « être sensible à l'amitié. »

Yoilà tout ce que nous avons pu savoir des habitudes de ce chien,* dont nous ignorons le pays natal.

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LE CHIEN

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