‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémens (volume 2)Chapitre 17 sur 146 · LE GRAND CHIEN DE RUSSIE · texte numérisé non relu

LE GRAND CHIEN DE RUSSIE

En 1783 , mon fils amena de Pétersboui^ à Paris un chien et une chienne d'une race différente de toutes celles dont j'ai donné la description. Le chien, quoique encore fort jeune, étoit déjà plus grand que le plus grand danois; son corps étoit plus allongé et plus étroit à la partie des reins, la tête un peu plus petite, la physionomie fine et le museau fort allongé ; les oreilles étoient pendantes, comme dans le danois et le lévrier, les jambes fines et les pieds petits. Ce chien avoit la queue pendante et touchant à terre dans ses momens de repos ; mais dans les mouvemens de liberté il la portoit élevée, et les grands poils dont elle étoit garnie formoient un panache replié en avant. Il diffère des grands lévriers non seulement par la grande longueur de corps , mais encore par les grands |)oils qui sont autour des oreilles, sur le cou, sous le ventre, sur le derrière des jambes de devant, sur les cuisses et sur la queue, où ils sont le plus longs.

Il est presque entièrement couvert de poil blanc, à l'exception de quelques taches grisâtres qui sont sur le dos et entre les yeux et tes oreilles. Le tour des yeux et le bout du nez sont noirs; l'iris de l'œil est d'un jaune rougeâtre assez clair. Les oreilles, qui finissent en pointe, sont jaunes et bordées de noir; le poil est brun autour du conduit auditif et sur < une partie du dessus de Toreille. La quene, longue d'un pied neuf .pouces, est très -garnie de poils blancs, longs de cinq pouces ; ils n'ont sur le corps que treize lignes, sous le ventre deux pouces deux Ugnes, et sur les cuisses trois pouces.

La femelle étoit un peu plus petite que le mâle dont nous venons de donner la description; sa tête étoit plus étroite, et le museau plus effilé. En général, cette chienne étoit de forme plus légère que le chien, et en proportion plus garnie de longs poils. Ceux du mâle etoient blancs presque sur tout le corps, au lieu que la femelle avoit de très-grandes taches d'un brun marron sur les épaules, sur le dos, sur le train de derrière et sur la queue, qu'elle relevoit moins souvent ; mais par tous les autres caractères elle ressemhloit au mâle.

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