LE BOUC ET
l'avancement de nos connoissaiices est Tignorance pi%sque forcée dans laquelle uoiis sommes d'un très -grand nombre d'effets que le temps seul n'a pu présenter à nos yeux y et qui ne se dévoileront même à ceux de la . postérité que par des expériences et des observations combinées; en attendant, nous errons dans les ténèbres , ou nous marchons avec perplexité entre des préjugés et des probabilités, ignorant même jusqu'à la possibilité des choses , et confondant à tout moment les opinions des honmies avec les actes de la nature. Les exemples se présentent en foule; mais, sans en prendre ailleurs que dans notre sujet, nous savons que le bouc et la brebis s'accouplent et produisent ensemble : mais personne ne i^ous a dit encore s'il en résulte un mulet stérile, ou un animal fécond qui puisse faire souche * pour des générations nouvelles ou ' semblables aux premières. De même , quoique nous sachions que le béhër s'accouple avec la d^èvre , nous ignorons s'ils produisent «ns^iible , et quel est ce produit ; nous croyons que les mulets en général, c'est-àdire les animaux qui viennent du mélange de deux espèces différentes, sont stériles, parce quUl ne paroît pas que les mulets qui viennent de l'âne et de la jument, non plus que ceux qui viennent du cheval et de l'ânesse, produisent rien entre eux ou avec ceux dont ils viennent: cependant cette opinion est mal fondée 4>eut-être , les anciens disent positivement que le mulet peut produire à l'âge de sept ans, et qu'il produit avec la jument; ils nous dînent que la mule peut concevoir, quoiqu'elle ne puisse peifectionner son fruit. Il seroit doue nécessaire de détruire ou de confirmer ces faits, qui répandent de l'obscurité sur la distinction réelle des animaux el sur la théorie de la génération. D'ailleurs , quoique nous connoissions assez distinctement les espèces de tous les animaux qui nous avoisinent, nous ne savons pas de que produiroit leur mélange entre eux ou avec des animaux étrangers; nous ne sommes que très-mal informés des jumarts, c'est4-dire du pl>oduit de la vache et de Fane, ou de la jument et du taureau : nous ignorons si le zèbre ne produiroit pas avec le cheval ou l'âne; si ranimai à large queue auquel on a donné le nom de mouton de Barbarie ne produiroit pas avec notre brebis; si le chamois n'est pas une chèvre sauvage, s'il ne formeroit pas avec nos chèvres quelque race intermédiaire; si les singes diffèrent réellement par U's espèces, ou s'ils ne font, comme les