‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémens (volume 2)Chapitre 69 sur 146 · PI. S · texte numérisé non relu

PI. S

Ordre de^ t'ariiassiers. yainille </&r Insectivores. Oeiwe Taupe , /CuBivi

LE HÉRISSOIf .

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nssons monter sur des arbres et remporter des fruits à la pointe de leurs piquans. Us Di*ont dit aussi qu'ils avoient vu des hérislons nager et traverser même de grands es paces dVau avec assez de vitesse.

Dans quelques campagnes on est dans Tusage de prendre une peau de hérisson et d*en couvnr la tête d'un veau lorsqu'un veut le sevi-er; la mère, se seutant piquée, lui refuse le pis et s'éloigne.

Voici quelques observations sur des hérissons que j'ai fait élever en domesticité.

Le 4 juin 1781, on m'apporta quatre jeunes hérissons avec la mère. Les pointes ou épines étoieiit bien formées ; ce qui paroît indiquer qu'ils avoient plusieurs ser

que les' petits avoient peine à se mettre sous le ventre de leur mère. Si elle se tenoii sur ses pieds, ils s'endormoient à la mameHe : la mère ne les réveilloit pas; elle sembloit 'même n'oser se remuer, dans la cr^ttte de troubler leur sommeil. Voulant reconnoitre si cette espèce d'attention de la mère pour ses petits étoit un effet de son attachement pom* eux , ou si elle-même n'étoit pas intéressée à les laisser tranquilles , on s'aperçut bientôt que quelque amour qu'elle eût pour eux, elle en avoit encore plus pour la liberté. On ouvrit la volière pendant que ses petits donuoient; dès qu'elle s'en aperçut, elle se leva doucement , sortit dans le jardin , et s'éloigna du plus vite qu'elle put de sa

maines d'âge. Je les fis mettre ensemble dans . cage, où elle ne revint pas d'elle-même , mats

une grande volière de fil de fer, pour les observer commodément, et l'on garnit de branches et de feuillages le fond de cette volière , afin de procurer à ces animaux une petite retraite pour dormir.

Pendant les deux premiers jours, on ne leur donna pour nourriture que quelques morceaux de bœuf bouilli qu'ils ne man* gèrent pas; ils en sucèrent seulement toute la partie succulente , sans manger les fibres de la chair. Le troisième jour, on leur donna plusieurs sortes d'herbes, telles que du senneçon, du liseron, etc. ; ils n'en mangèrent pas. Ainsi on peut dire qu'ils jeûnèrent à peu près pendant ces trois premiers jours : cependant la mère n'en parut pas affoiblie , et donna souvent à téter à ses petits.

Les jours suivans, ils eurent des cerises, du pain , du foie de bœuf cru. Ils suçoient ce dernier mets avec avidité , et la mère et les petits ne le quittoient pas qu'ils ne parussent rassasiés. Us mangèrent aussi un peu de pain ; mais ils ne touchèrent pas aux cerises. Ils montrèrent beaucoup d'appétit pour les intestins crus de la volaille, de même que pour les pois et les herbes cuites. Mais, quelque chose qu'ils aient pu manger, il n'a pas été possible de voir leurs excrémens, et il est à présumer qu'ils les mangent, comme font quelques autres animaux.

U paroit qu'ils peuvent se passer d'eau , ou au moins que la boisson ne leur est pas plus nécessaire qu'aux .lapins , aux fièvres; etc. Us n'ont rien eu à boire pendant tout le temps qu'on les a conservés , et néanmoins ils ont toujours été fort gras et bien portans.

Lorsque les jeunes hérissons vouloient

{>rendi*e la mamelle, la mère se couchoit sur e côté, c^mme pour les mettre plus à leur aise. Ces animaux ont les jambes si courtes,

où il fallut la rapporter. On a souvent remarqué que lorsqu'elle étoit renfermée avec ses petits, elle employoit ordinairement tout le temps de leur sommeil à rôder autour de la volière, pour tâcher, selon tout apparence, de trouver une issue propre â s'échapper, et qu'elle ne cessoit ses manœuvres et ses mouvemens inquiets que lorsque ses petits venoient à s'éveiller. Dès lors il fut facile déjuger que cette mère auroit quitté volontiers sa petite famille , et que si elle sembloit craindre de l'éveiller, c'étoit seulement pour se mettre à l'abri de ses importunités ; car les jeunes hérissons étoient si avides de la mamelle, qu'ils y restoient attachés pendant plusieurs heures de suite. C'est peut-éire ce grand appétit des jeunes hérissons qui est cause que les mères, ennuyées ou excédées par leur gouimandise, se déterminent Quelquefois à les détruire.

Dès que les hérissons entendoient marcher, ou qu'ils voyoient quelqu'un auprès d'eux, ils se tapissoient à terre ei ramenoient leur museau sur la poitrine, de sorte qu'ils présentoient en avant les piquans qu'ils ont sur le haut du front , et qui sont les premiers à se dresser; ils ramenoient ensuite leurs pieds de derrière en avant, et, à force d'approcher ainsi les extrémités de leur corps , ou plutôt de les resserrer l'une contre l'autre, ils se donnoient la forme d'une pelote ou d'une boule hérissée de piquans ou de pointes. Cette pelote ou boule n'est pas tout-à-fait ronde , elle est toujours plus mince vers l'endroit où la tête se joint à la partie postérieure du corps. Plus ils étoient prompts à prendre cette forme de boule, et plus ils comprimoient fortement les deux extrémités de leur corps : la contraction de leurs muscles paroit être si grande alors que, lorsqu'une fois ils se sont arrondis autant

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ANIMAUX CARNASSIERS

qu'il leur «M passible, il seroit presque ausli aisé de leur disloquer les membi'es que da les allonger assez pour donner à leur corps toule son étendue en longueur. On essayoit souven| de les étendre; mais plus ou faisoif d*ef forts, plus ils sembloient opposer de résistance, et se resserrer dans Tinstaut où Us prenoient la forme de pelote. On a re* marqué qu'il se faisoit un petit bruit , ^ne a(Ml« de cliquetis qui étuil occasioné par le frottement réciprocjue des pointes, lesquelles te dirigent et se croisent dans tous les seof possibles. C'est alors que le corps de ces animaux paroit bérissé d'un plus grand nombre de pointes « et qu'ils sont vraiment sur la défensive. Lorsque rien ne les in< quiète , ces mêmes |)ointes ou épines , si hérissées quand ils veulcuL se préserver, aoat coucbées en arrière les unes sur les autres, comme le poil lisse des autres animaux : néanmoins ceci n'a lieu que lorsque les hérissons étant éveillés jouissent du calme et de la irauquillité; car quand ils dorment, leurs armes sont prêtes, c'est-à-dire

que leurs pointes sa croisent dans tons les sens, comme s'ils avoient à repousser une attaque. Il semble donc que pendant leur sommeil, qui est assez profond, la nature leur ait domié l'instinct de se prémunir contre la surprise.

Au reste , ces animaux n'ont pas les moyens d'en attaquer d'autres; ils sont naturellement indolens , et même paresseux : le repos semble être aussi nécessaire à leur genre de vie que la nourriture; et l'on pourroit~dire avec assez de vérité que leurs uniques et seules occu|)ations sont de manger et dormir. En effet , ceux que nous avons nourris et élevés cherchoieut à manger dès qu'ils étoieiit éveillés, et quand ils avoient assez mangé, ils alloient se livrer au sommeil sur des feuillages. Ce sont là leurs habitudi'S pendant le jour : mais pendant la nuit ils sont moins tranquilles; ils cbercbent les limaçons, les gros scarabées, et autres insectes dont ils font leur principale nourriture.

LA TAUPE

La taupe, sans être aveugle, a les yeux ai petics, si couverts, qu elle ne peut faire grand usage du sens de la vue : eu dédommagement la nature lui a donné avec magnificence l'usage du sixième sens, un appareil remarquable de réservoirs et de vaisseaux, une quantité prodigieuse de liqueur séminale , des testicules énormes , le membre génital excessivement long; tout cela secrètement cacbp à l'intérieur, et par conséquent plus actif et plus chaud, ha taupe, à cet égard, est de tous les animaux le plus avantageusement doué, le mieux pourvu d'organes, et par conséquent de sensations qui y «ont relatives : elle a de plus le toucher délicat; son poil est doux comme la soie: elle a l'ouïe très-fine , et de petites mains à cinq doigts, bien différentes de l'extrémité des pie(^ des auti'es animaux, et presque semblables aux mains de l'homme; beaucoup de force pour le volume de son corps, le cuir ferme, un embonpoint constant , un attachement vif et réciproque du mâle et de la femelle, de la crainte ou du dégoût pour toute autre société , les douces habitudes du repos et de la solitude ^ l'art de se mettre

en sûreté, de se faire en un instant un asile, un dumicile; la facilité de l'étendre, et d'y trouver, sans en sortir, une abondante subsistaiice. Voilà sa nature, ses mœurs et ses talens , sans doute préférables à des qualités

Elus brillantes et plus incompatibles avec le onheur'que lobscurité la plus profonde.

Elle ferme l'entrée de sa retraite, n*en sort presque jamais qu'elle n'y soit forcée

Far 1 abondance des pluies d'été , lorsque eau la remplit, ou lorsque le pied du jardinier en aflaisse le dôme. Elle se pratique une voûte en rond dans les prairies, et assez ordinairement un boyau long dans les jardins, parce qu'il y a plus de facilité à diviser et à soulever une terre meuble et cultivée qu'un gazon ferme et tissu de racines : elle ne demeure ni dans la fange ni dans les terrains durs, trop compactes ou trop pierreux ; il lui faut une terre douce, fournie de racines succulentes , et surtout bien peuplée d'insectes et de vers, dont elle fait s^i principale nourriture.

Connne les taupes ne sortent que rarement de leur domicile souterrain, elles ont peu d'ennemis , et échappent aisément aux

LA rAÎJFE DK (TAP

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LA. TAUPE

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animaux carnassiers : leur plus grand fléau est le débordement des rivières; on les voit dans les inondations fuir en nombre «à la nage , et faire tous leurs efforts pour gagner les terres plus élevées : mais la plupart périssent aussi bien que leurs petits , qui restent dans les trous; sians cela les grands talens qu'elles ont pour la multiplication nous deviendroient trop incommodes. Elles s'accouplent vers la un de Phiver ; elles ne portent pas long-temps, car on trouve déjà beaucoup de petits au mois de mai : il y en a ordinairement quatre ou cinq dans chaque portée, et il est. assez aisé ae distinguer, parmi les mottes qu elles élèvent, celles sous lesquelles elles inettent bas : ces mottes sont faites avec beaucoup d art , et sont ordinairement plus grosses et plus élevées que les autres. Je ci*ois que ces. animaux produisent plus d'une fois par an, mais je ne puis l'assurer; ce qu'il y a de certain, c'est qu'on trouve des petits depuis le mois d'avril jusqu'au mois d'août : peut-être aussi que les unes s'accouplent plus lard que les autres.

Le domicile où elles font leurs petits mériteroit une description particulière : il est fait avec une iutelligence singulière. Elles commencent par pousser, par élever la terre et former une voûte assez élevée; elles laissent des cloisons, des espèc«s de piliers de dislance en distance; elles pressent et battent la terre, la méleni avec des racines el des herbes , et la rendent si dure et si s«)lidL par dessous , que l'eau ne peut pénétrer la voûte à cause de sa convexité et de sa solidité; elles élèvent ensuite un tertre par dessous, au sommet duquel elles apportent de l'herbe et des feuiUes pour faire un lit à leurs petits : dans cette situation, ils se trouvent au dessus du niveau du terrain, et pajr conséquent à l'abri des inondations ordinaires, et en même temps à couvert de la {)luie par la voûte qui recouvre le tertre sup equel ils reposent. Ce tertre est percé tout aulour de plusieurs trous en pente, qui descendent plus bas et s'étendent de tous côtés, comme autant de roules souterraines par où la mère taupe peut sortir et aller chercher la subsistance nécessaire à ses petits; ces sentiers souierrains sont fermés et battus, s'étendent à douze ou quinze pas, et partent tous du domicile comme des rayons d'un centre. On y trouve, aussi bien que sous la voûte, des débris d'ognons de colchique, qui sont apparemment la première nourriture qu'elle donne à ses petits. On voit bien, par cette disposition, qu'elle ne sort jamais qu'à une distaace peu considéiabU»

de son domicile, et que It manière k plus simple et la plus sûre de la prendre avec tes

Ijetits est de faire autour une trancliée qni 'environne en entier et qui coupe toutes les eonimunications ; mais comme la taupe fuit au moindre bruit, et qu'elle tâdie d'emmener ses pevits, il faut trois ou -quatre hommes qui, travaillant ensemble avec la/ bêche, enlèvent la motte tout entière ou fassent une tranchée presque dans un moment , et qui ensuite les saisissent ou les attendent aux issues.

Quelques auteurs ont dit mal à propos cjte la taupe et le blaireau dormoienl sans manger pendant l'hiver entier. Le blaireau, comm'e nous l'avons dit , sort de son trou ea hiver comme en été , pour chercher sa subsistance, et il est aise de s'en assurer par les traces qu'il laisse sur la neige. La taupe dort si peu pendant tout l'hiver, qu'elle pousse la terre comme en été, et que les gens de la campagne disent , comme par proverbe : Les taupes poussent, le dégel ntst pas loin. Elles cherchent , à la vérité , les endroits les plus chauds ; les jardiniers en prennent souvent autour de leurs couches aux mois de décembre , de janvier et de février.

La taupe ne se trouve guère que dans les

Says cultivés; il n'y en a point daj|s les éserts arides ni dans les climats froids , où la terre est gelée pendant la plus grande partie de l'année. L'animal qu'on a appelé taupe de Sibérie, qui a le poil veit et or, est d'une espèce différente de nos taupes, qui ne sont en abondance que depuis la Suède jusqu'en Barbarie; car le silence des Voyageurs nous fait présumer qu'elles ne se trouvent point dans les climats plus chauds. Celles d'Amérique sont aussi dilTérentes : la taupe de Virginie est cependant ysez s^iiblable à la nôtre, à l'exception delà couleur du poil, qui est mêlé de pourpre foncé; mais la taupe rouge d'Amérique est un autre animal. Il y a seulement deux ou trois va^riétés dans l'espèœ commune de nos taupes; on en trouve de plus ou moins brunes et de plus ou moins noires : nous en avons vu de toutes blanches, et Seba fait mention et donne la ligure d'une taupe tachée de ncnr et de blanc, ^ui se trouve en Osi-Frise, qui est un peu plus grosse que la taupe or« dinaire.

* Pontoppidan assure que la taupe ne §• trouve en Norwége que dans la partie orioitale du pays, et que le reste de ce royaume est tellement i*empli de rochers, qu'elle M peut s'y établir.

TAUPE BT C4F U UXXXErtSPÉKASfCE

Mon M. de La FaOe, « mt

i; OOe de Mijvdi», dont le pd crt fi. ^ d^BB freMiem Boir.

«•La taupe Manrhe, qui me difloe de

Mita^ me cDHnoe qw par b cookor.

ueert plv eoauiiiiie en Hollande qu'co «wiee, et fe traore coeore plw fréqnon- ■em dans lei eootréeifcpteairioiiaiaL

3» La tanpe hawe, qui, leioo lui, ae le temtwe guère aue dans le pajs d'Aunis, et qvia le poil «fim^roiix dair, tirant sur le

^«atre de bidie, fsM ancnne tadie ni mé- Hnge. n paraît que cW ime nuance dans "cipéee de la tanpe blanche; seukaaeni die

ert on peu pin» groiie : maif M. de La Faille ■caa w qu'on leol individu, qui aroii ëé

piv prô de La Rochelle, dans le même 1er. fain que la Uupe Manche.

4*La tanpe jaune vcnUtre on couleur de o^, qui se trouve dans le toritoire dAlaisca Languedoc. Efleest d'une bdle «oulenr de dtron, et l'on prétoid que cette ewOeur n est due quà la qualité de la terre qu die habile. C'est entre le bourg d^^ulas M les hameanK qu'on appelle les Carrières, dans le djocese *AUU, que se trouve cett^ taupe atron.

5* La laupe Uchetée ou variée, qu'on

Celles de POst-Prise ont tout le corps pirfeme de fpdies blanches et noires; en Suisse, en Angleierre, et dans le pays d'Aunis, eUes ont le |H>ii noir varié de fouve.

Indépendamment de ces dnq races de Uupei qui se trouvent en Europe, les voyamrs parlent d*unr titupe de Hle de Java dont les quatre pieds sont bUncs, ainsi que la mùïUt des jambes; en Amérique, celles

î^ii'T?"*'* ®"* '^ P***^ noirâtre et luisant, »«é d un pourpre foncé. Toutes ces taupes

5* ^*]!5!!*^ ^^ «î"« de simples variée » ••'P*?* d« ^ taupe commune, parce quelles n en difTèrent que par les couleurs; n»« Il y en a d'autres qui semblent constidiS.^S ?^ différentes, pamî qu'elles différent de la taupe commune, non seule-

^^ ^A ^ "^"1^""' "»" P»"" ^ forme du corps et des membres.

fc desuîpiioQ d'une

1 «apde BoDne-Espé-

hpran honwée noos a été

cvTcspondbnt du

Ulî^^ ^^. '''■"^«««r que celle de ■;,"i?*T'*y°f » et par le museau qui

PWis de devant sont aussi différen, : le nofl

A. «rps n'«t pas noir, mais d'un b;a^ S-

■«me. avec on peu de Éiunï à Fertrémité de

*»q«,pod; h queue est couverte de grands p&dun jaune bland^tre; et « ^^

fcpofl de «le Uupe du Cap est pl^fo^

y^. ^^"^ *• taupe d'Europe. Ainsi l'of dc« eondure de toute, ces diSLnces q^

e«l miee^eœ particulière, et qui, quoique ^medecdledelataupe.ne^.i^^ rtprdee comme une simple variété

• Depuis la publicaiion de Farticle d-des- «n. jaj reçu Je M. Allamand une descrintion plus exacte de cette taupe du Cap, avœ ?ne hgun; fii,te sur l^n«marvi.ant . ^ J^ je CTois devoir donne/ icL Void ce que cet iabde natunUiste a pubhé, cette^a^t 17.81, sur cet animal, que je n'avois guère

S fSiIc'^"'^ ^^"^ ^^ ^^^' ^' ^^

- M. de Buffon a donne une figure de

- cette laupie , faite d'après une pe^ bour-

" T'?"" 'r.*,^'? **°°°^ f»»- M Sonnerat , « et 11 ne I.1, etoit pas possible d'en donoe; • une meiUeure, parce qu'un tel animal ne « peut pas éire transporté vivant en Eurooe- « mais cette figure représente si imparfaite- .ment son original, que je n'ai pIThésité « d en donner une meilleure. M. Gordoa « m en a envoyé le dessin.

« Cette taupe ressemble à la taupe ordi- « naire par les habitudes et par la forme du « a>rps ; mais aussi eUe en diffère en des par-

- ties SI ^enf ielles , que M, de Buffon Hu

- raison de dire que c'étoit une espèce parti- « cuhere, qui ne pouvoit pas én-e regardée • comme une simple variété. Sa longueur e^t « de sept pouces, et son poil est d'un brun

I. Elle forme, arec la çrande taupe d'Afrique U geun BMfyergu4 d'imgn, ««"que,

Ordre //Af Carnassiers. FanaUe i/iv Insectivores. Genre Taupe . /cmùr-/

ILE xciiCAffieiH Ordre dea Roiig^urH. Genrit Rai.

tA TAUPE.

« minime , qui devient plus foncé et presque «noir sur la tête; vers les côtés et sous «le ventre, il est d'un blanc cendré ou « bleuâtre.

« La tète de cette taupe* est presque aussi « haute que longue , et elle est terminée par « un museau aplati , et non pas allongé « comme celui de nos taupes : cependant « elle a ceci de commun avec ces deniières; « c'est que son museau ressemble à une es- « pèce de boutoir, de couleur de chair, où « l'on voit les ouvertures des narines, comme « dans le cochon , mais qui n!avance'point « au-delà des dents. La gueule est environnée « d'une bande blanche de la largeur de qua- « tre ou cinq lignes, qui passe au dessus du «( museau , il en part quelques longs poils f blancs qui forment une espèce de mous- « tache. Elle a à chaque mâchoire deux .« dénis incisives fort longues , qui paroissent t< même quand la gueule est fermée ; celles « d'en haut sont de la longueur de quatre «lignes, et celles d'en bas de plus de six. « Ses yeux sont exirèmemeni petits , et plaie ces presque à égale distance du museau et M des oreilles : ils occupent le centre d'une « tache ovale blanche dont ils sont environ- •c nés; ce qui fait qu'on n'a pas de peine à les <t trouver, comme dans nos taupes. Ses « oreilles n'ont point de conque qui paroisse M en dehors; tout ce qu'on en voit extérieu- « rement consiste dans l'orifice du canal au- « ditif, qui est assez grand, et dont le rebord «( a un peu de saillie. Cet orifice est aussi « placé au milieu d'une tache blanche. Enfin u il y a- ime troisième tache de la même •t couleur au dessus de la tête , et c'est à M cause de ces différentes taches qu'on la « nomme au Cap blesmol, ou taupe tachetée, « Ses pieds ont tous cinq doigts munis de u forts ongles : ils sont sans poils en dessus; « mais ils en ont d'assez longs en dessous : « ceux de devant sont faits comme ceux de Ci derrière, et ils n'ont rien qui ressemble à « ceux des taupes d'Europe, qui sont beaum coup plus grands que les*pieas postérieurs, / « et dont la figure approche de celle d'une « main dont^ la paume seroit tournée en ar-r ce rjère.

t( Sa queue, qui ne surpasse pas sept ou « huit lignes , est couverte de longs poils de « la même couleur que ceux des côtés.

<c Ces taupes ressemblent encore aux noires « par leurs habitudes; elles vivent sous terre; « elles y creusent des galeries, et elles font « beaucoup de mal aux jardins. M. Gordon «« a vu, fort, avant dans l'intérieur du pays, « une espèce beaucoup plus petite et de cou-

« leur d'acier ; aussi Ibi en donne-t-on le « nom : mais quant au reste , elle étoit tout- « à-fait semblable à celle que nous venons « de décrire. Ce que nous en avons dit est « une nouvelle preuve du peu d'attention « que Kolbe a donné à ee qu'il a vu. En par- « laut de la taupe du Cap, voici comment « il s'exprime :

f II y a des taupes au Cap, et mim^ en « fort grande quantité, qui ressemblent, à « tous égards , à celles que nous avbns en. «c Europe; ainsi je n'ai rien à dire sur ce « sujet,

« Il auroit donc pu se passer d'en faire un « article où il n'est question que du piège « qu'on leur tend , en lui faisant tirer une « corde qui fait partir un coup de fusil qui « les tue ; et même encore je doute qu'on se <c donne la peine de faire tant d'appareil pour « un aussi petit animal que cette taupe : le « piège paroît plutôt être tendu pour une « autre taupe dont il sera question dans l'ar- « ticle suivant, mais dont Kolbe n'aura connu. i< que le nom. Cependant il seroit dangereux « de prendre ces animaux avec la main; ils « sont méchans et mordent bien fort.'

ce M. de Buffon , dans l'article intéressant « qu'il a donné de la taupe ordinaire, a re- « marqué que, pour la dédommager du sens « de la vue , dont elle est presque privée , la « nature lui a accordé avec magnificence les « organes qui servent à la génération. La * « taupe du Cap auroit besoin du même dé- <f dommagement; mais j'ignore si la nature a « été si libérale à son égard.

« Dans le journal d'un voyage entrepris « par l'ordre du gouvernement du Cap , il « est dit, dans une note de l'éditeur, que « cette taupe ressemble plus au hamster qu'à . « taut autre animal de l'Europe. Je ne com- « prends pas où l'auteur de cette note trouve « la ressemblance. Si Ton compare la figure « de cette taupe avec celle du hamster, je <( doute qu'on trouve aucun rapport entre « elles. »

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