‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémens (volume 2)Chapitre 82 sur 146 · LE VAMPIRES · texte numérisé non relu

LE VAMPIRES

Oh trouve aussi dana ka paya chauds du Nouveau-Monde un antro quadrupède volant dont on ne nous a pas tpansm^ le nom américain , et que nous fippellerona iMmpire, parce qu'il suce le aang des hommes et des animaux qui donnent, sans lei|r causer assel de douleur pour ks éveiller. Cet animal d'Amérique est d*uae espèce différente de celles de la roussette et et la rougette, qui tomes deux ne se trouvent qu en Afrique et dans l'Asie méridionale. La vampire est plus petit que la rougette, qui eat plus petite elle-même que la roussette. Le premier, lorsqu'il vole, paroit être de la grosseur d'ud pigeon; la seconde, de la grandeur d'un gqti beau; et la troisième, de celle d'une grosse

Soûle. La rougette et la roussette ont toutes eux la tête assex bien faite > les oreiUes courtes, le museau bien arrondi, et à peu

firès de la ferme de ee^ui d'un ebien : le vampire, au contraire, a le museau plus allongé; il a l'aspect hideux ooaome les plua laides chauve-souris, la tête informe et surmontée de grandes ereiHea fort ouvertes et fqrt droites; il a le nez cootreiait, les narines eu cntannoir, avee une oiembrane au dessus qui s'élève en forme de corne ou de crête pointue, et qui augmente de beaucoup la difiiomiité de sa hce. Ainsi l'on ne peut douter que cette espèce no soit tout autre cpie celles de la roussette et de la rougette. Le vampire est aussi malfeisant que difforme; il inquiète Vbomme, teurmeiite et détruit les animaux. Nous ne pouvons citer un té> moignage plus authentique et plus récent que eelui de M, de La Condamine. » Les «ehauve-souris, dit-il, qui sucent le sang «dea cfaevauXy des mulets^ et même des

élé indiqué qae par le Qom» T«i;iiei de ^muf^ JVettte|/*'^^p<V^

mlmtiéÊkt

AmMÀXJH CABKÂSSIEIIS.

« luMiimtt quand ib ne s*en garantûsent pas « eo dormaot i Fabri d'nn pavillon , sont « nn fléaa commnn à la plopart des pays « chauds de rAmérique. H y en a de mons- «trnenses pour la grosseur; elles ont enm tièrement détnih à Borja , et en divers « autres endroits , le gros bétail que les « missionnaires y aroieut introduit, et qui • commençoit à s*y multiplier. » Ces faits sont confirmés par plusieurs autres historiens et Toyageurs. Pierre Martyr, qui a écrit assez peu de temps après la conquête de TAmérique méridionale, dit qu'il y a dans les terres de Fisthme de Darien des cbauTe^souris qui sucent le sang des hommes et des animaux pendant qu'ils dorment, jusqu'à les éfiuiser, et même au point de les faire mourir. Jumilk assure la même chose, aussi bien que don George Juan et don Antoine de UUoa. Il piroit, en conférant ces témoignages, que l'espèce de ces chauvesouris qui sucent le sang est nombreuse et très-commune dans toute l'Amérique méridionale: néanmoins nous n'avons pu jusqu'ici nous en procurer un seul individu; mais on peut voir dans Seba la figure et la description de cet animal , dont le nez est si extraordinaire, que je suis très-étonné que les voyageurs ne l'aient pas remarqué, et ne se soient point écriés sur cette difformité qui saute aux yeux, et de laquelle cependant ils n'ont fait aucune mention. Il se pourrait donc que l'animal étrange dont Seba nous a donné la figure, ne fût pas celui que nous indiquons ici sous le nom de vampire , c'està-dire celui qui suce le sang ; il se pourrait aussi que cette figure de Seba fût infidèle ou chargée; enfin il se pourrait que ce nez difforme fût une monstruosité ou une variété accidentelle, quoiqu'il y ait des exemples de ces difformités constantes dans quelques antres espèces de chauve-souris. Le temps éclaircira ces obscnrilés et fixera nos ixkcertitudes.

A l'égard de la roussette et de la rougette, elles sont toutes deux au Cabinet du roi, et elles sont venues de l'ile de Bourbon. Ces deux espèces ne se trouvent que dans l'ancien continent , et ne sont nulle part aussi nombreuses en Afrique et en Asie que celle du vampire Test en Amérique. Ces animaux sont plus grands, plus forts, et peut-être plus méchans que le vampire; mais c'est à force ouverte, en plein jour aussi bien que la nuit , qu'ils font leur dégât : ils tuent les voiaiUes et les petits auimaux; ils se jettent nùme sur les hommes, les insultent et les blessent au visage par des morsures cmelles;

et ancon voyageur nt dit qu'ils sucent le sang des hommes et des animaux end<Nrmis. »

Les anciens connoissoient imparfaitement ees quadrupèdes ailçs, qui sont des espèces de monstres; et il est vraisemblable que c'est d'après ces modèles bizarres de la nature que leur imagination a dessiné les harpies. Les ailes, les dents, les griffes, la cruauté, la voracité, hi saleté, tous les attributs difformes, toutes les facultés nuisibles des harpies, conviennent assez à nos roussettes. Hérodote < paraît les avoir indiquées lorsqu'il a dit qu'il y avoit de grandes chauve>souris qui incommodoient beaucoup les hommes qui alloient recueillir la casse autour des marais de l'Asie; qu'ils étoieut obligés de se couvrir de cuir le corps et le visage pour se garantir de leurs morsures dangereuses.

Strabon parie de très-grandes chauve-souris dans la Mésopotamie , dont la chair est bonne à manger. Parmi les modernes, Albert, Isidore, Scaliger, ont fait mention, mais vaguement , de ces graudes chauvesouris; Linscot, Nicolas Mathias , François Pyrard , en ont parlé plus précisément , et Obliger Jacobeus en a donne une courte description avec la figure; enfin l'on en trouve des descriptions et des figures bien faites dans Seba et dans Edwards, lesquelles s'accordent avec les nôtres.

Les roussettes sont des animaux carnassiers, voraces, et qui mangent de tout; car lorsque la chair ou le poisson leur manquent, elles se nourrissent de végétaux et de fruits de toute espèce : elles boivent le suc des palmiers, et il est aisé de les enivrer et de les prendre, en mettant à portée de leur re- i traite des vases remplis d'eau de palmier ou 1 de quelque autre liqueur fermentée. Elles * s'attachent et se suspendent aux arbres avec leurs ongles : elles vont ordinairement en troupes, et plus la nuit que le jour; elles fuient les lieux trop fréquentés , et demeurent dans des déserts, surtout dans les lies inhabitées. Elles se portent au coït avec ardeur. Le sexe dans le mâle est très-apparent : la verge n'est point engagée dans un fourreau comme celle des quadrupèdes; elle est hors du corps à peu près comme dans l'homme et le singe. Le sexe des femelles est aussi fort apparent; elles n'ont que deux mamelles placées sur la poitrine, et ne pra- i

z. Livre III. II est singulier que Pline , qui noos a transmis comme rrais tant de faits apocryphes et même merTcilleox , accuse ici Hérodote de mensonge , ei dise que ce fait des diaaTe-soaiis <nii se jettent sor les hommes n'est qa'un CMitt q« la Tîeilla et fabalema antiquité.

lE VAMPIRE.

(luisent qu'en petit nombre, mais plus d'une fois par an. La diair de ces animaux, surtout lorsqu'ils sont jeunes, n'est pas mauvaise à manger ; les Indiens la trouvent bonne, et ils en comparent le goût à celui de la perdrix ou du lapin.

Les voyageurs de l'Amérique s'accordent à dire que kis grandes chauve-souris de ce nouveau continent sucent , sans les éveiller, le sang des hommes et des animaux endormis. Les voyageurs de l'Asie et de l'Afrique cjui font meution de la roussette ou de la rougette ne parlent pas de ce fait singulier; néanmoins leur silence ne fait pas une preuve complète, surtout y ayant tant de conformité et tant d'autres ressemblances entre les roussettes ei ces grandes chauve-souris que nous avons appelées vtin^ires : nous avons donc cru devoir examiner comment il est possible que ces animaux puissent sucer le sang sans causer en même temps une douleur au moins assez sensible pour éveiller ime personne endormie. S'ils eniamoient la chair avec leurs dents , qui sont très-fortes et grosses comme celles des autres quadrupèdes de leur taille, l'homme le plus profondément «ndormi, et les animaux surtout, dont le sommeil est plus léger que celui de l'homme, seroient brusquement réveillés par la douleur de cette morsure; il en est de même des blessures qu'ils pourroient faire avec leurs, ongles : ce n'est donc qu'avec la langue qu'ils peuvent faire des ouvertures assez subtiles dans la peau pour en tirer du sang'et ouvrir les veines sans causer une vive douleur. Nous n'avons pas été à portée de voir

la langue du vampire ; mais celle des roussettes, que M. Daubenton a examinée avec soin, semble indiquer la possibilité du fait: cette langue est pointue et hérissée de papilles dures très-unes , très-aiguës et dirigées en arrière ; ces pointes, qui sont très-fines , peuvent s*insinuer dans les pores de la peau, les élargir, et pénétrer assez avant pour que le sang obéisse à la succion continuelle de la langue. Mais c'est assez raisonner sur ce h\i dont toutes les circonstances ne nous sont pas bien connues, et dont quelques-unes sont peut-être exagérées ou mai rendues par les écrivains qui nous les ont transmises.

*M. Roume de Saint-Laurent nous a écrit de la Grenade, en date du i8 avril 1778, au sujet de la grande chauve-souris ou vampire de l'île de la Trinité. Les remarques de ce judicieux observateur confirment tout ce que nous avions dit et pensé d'abord sur les blessures que fait le vampire , et sur la manière particulière dont il suce le sang, et dont se fait l'excoriation de la peau dans ces blessures. J'en avois, pour amsi dire, deviné la mécanique : cependant l'amour de la vérité et l'attention scrupuleuse à rapporter tout ce qui peut servir à l'édaircir m'avoient porté à donner sur ce sujet des témoignages qui sembloient contredire mon opinion; mais j'ai vu qu'elle étoit bien fondée, et que MM. de Saint-Lam'ent et Gaul-^ thier ont observé tout ce que j'avois présumé sur la manière dont ces animaux font des plaies sans douleur, et peuvent sucer le sang jusqu'à épuiser le corps d'un homme ou d'un animal , et les faire mourir.

>%»o»»»<^^'«'«*%»»i»%»%*%'*>»w%%^%%%»^<%«»%%%»%«>%%^»^/%wfc*i*«%^»%i»%»

LA CÉPHALOTE.

M. Pallas , qui nous a donné des descriptions de deux chauve-souris qu'il regarde comme' nouvelles , et dont j'ai cru devoir faire copier les figures , avertit que la chauve-souris fer-de-lance, dont j'ai donné la description et la figure, ne doit pas être confondue avec la chauve-souris donnée par Seba , sous ta dénomination de chauve-souris commune d'Amérique. M. Pallas dit avoir vu les deux espèces, et qu'après les avoir comparées , il s'est assuré' qu'elles sont trèsdifférentes l'une de l'autre. Je ne puis que le remercier de m'avoir indiqué cette méprise.

Burroir. Y,

n nous donne ensuite la description d'une de ces chauve - souris nouvelles, qu'il ditf être des Indes, et qu'il appelle céphalote A laquelle est en effet différente de toutes les! chauve-souris que nous avons décrites dans! notre ouvrage : voici l'extrait de ce qu'çn dit M. Pallas.

« Celte espèce de chauve-souris , jusqu'à « présent inconnue des naturalistes , se « ti'ouve aux iles Moluques, doù on a once voyé deux individus femelles à M. Schlos- •c ser à Amsterdam. » La femelle ne produit qu'un petit; on peut le conjecturer, parce que M. Pallas, dans la dissection qu'il a

desto; et

petit» daMs mncy cnt, et la den eaDÎBCs

de edie aiidioîre kodI eoBme la

daoftbifourit.»

le crois devoir rapporter iei «ne table da nonbre d de Tordre de» denU dav la espèees de chouve-iouria, et qoi in*a été rouniqiiée par AL Ilanbentoa. Oo d'autant nieia, par eette table, que la chaure-soynf.céphaloie, el one autre dont je parlerai tout à l'beure, sooa le immd de ehâttve^souFU musaraigne ^ font de 'vella etpéoa qui n ont été indiquées qae porM.Mla0.

qna

«febtéie:

Longueur dna Lar^MT des areilleft..

l4Mi^ucnr de Tl

aiies.

Longueur de Favanl-lMai.

Lmigueur du Longueur des js Longueur de fai queue:.

LonguciO' de la partie delà

queue an delà de la i

Page 1