DE LA TERRE TÉGÉTÀLE
nense , néanmoins les minières de fer en gl^ÎM^ dont IIAM4 lixQt{s h ^*ir aii\Qnrd*hm osk\ presque toutes été tiansporlées et aui^ nées fHHT ailuvÛJU , après avoir élé lavées par les «aux lie la mer, c*e:^(-9-{|ii'e «éjtaréeiy dç h ierre Ijuion^^isç pM «tUef $'éU>ieu( aocieajMiiieut forinée^^
l^ Qiatiéi« lerru|;iu|Bii$ç, spit en grains, SQÎt en ruMille , s(e prouve presque k h supertici^ de la ier^ ep ijls qu cuuclies pei^ é|)iaisses; il sepibie donc que çqi$ miMes d^ fer devruieut être épujsées « dans toutes les contrées Uabiiées, nar Textraction coq(ifiuelle qu ou eu fait depuis |aut de siècles <.
T. « Oa iHïot se fain uw idé« de la quantité c)^ usines de ter qu'on tire de ta terre dA»s Ifi feui rqy^iffue de Franqe« |>ar le calcul .«luivaut:
df Daupbiiié rendent. 40 lï^* \
ao^
da fonto
fiiHir 1 00 ivres de mine.
de hretj{;ne 4^
de Kfinr^fogiie 3o
Les mives { de Ctotitfiagnc 33
de Nonoaiidie. .•.•.. 3iO
de Francbe-Comlé. . . 36
de Berri. 34
«c Ce produit est le terme moyen dans chacun* de ces provinces : la variété géuérale est de 16 à fto poitr cent.
<• L'on (M'ut r^arder pour terme moyen du produit des mines de Frauce 33 |>our cent, qui est aussi le plus général.
M lit* pnid» comiiion des raines lavées et prépatées pour être fondues est de 1 1& livres te uied cube.
M tl faut . &ur ce pi«d , st pieds i/a cubes de mina pour pntduire un mille de foute qui rend commu* Uéuienl 667 livres d»* fer forgé.
w II y a en France environ cinq eeitts fourneaux de fonderie qui produisent anauelieiBeut 3oo mit« lions de fottte dont 1/6 puske dans le commerce eu iouXp moulée \ les 5/C reslans sont convertis en fer et en produisent i(>8 millions, qui e$t le prmiuh annuel , à |teu de cbttse près, de la fabricatiou dea forges fraHfoîsee.
« 3oo millions de fonte, |k raison de ^a pieds 1/4 cubes de minerai par mille, donnent 7 uiillious gSo mille pit'ds cubes de minerai, équivalant à 368o9 toises et 1 au ple<ls cubes.
<t Or, comme le miuerai de fer, sarlout eelui qui M retire des mintères formées pAr alluvion, telles que sont celles de la majeure partie de nos provinces, est mélangé de terre, de sable, de pierres, et de coquilles fossiles, qui sont des matières ëtran* gères que l'on en sépare par la lavage ; que cc$ atatières excèdent deux, trois, et souvent quatre fois le volume du minerai qui en est séparé par la lavage, le crible, et l'égrapoir, on peut donc tripler la masse générale du minerai extrait annuellement en France des minières , et la porter 4 xia4i4 toise» cubes , qui est le total de l'extraction annuelle des mines , non compris les déblais qw les recouvrent. » ( Ifot* communiquée par M. de Cri gnon)
£n prenant un pied d'épaisseur pour icesura tnQyeuu* des mines an grains que l'on exploite en France, on a remué pour cela 663496 toises d'étendue sur un pied d'épaisseur ; ce qui fait 736 ai^ pens de 900 toises chacun , et t/& toisaa da plus da terrai» qu'on ép«ise de miiMriâ «b>qaa ^9nk^ • ^ p«n(lpnt t*a u^le nZ&ify arpaqs.
El en effet le fer pourra bien devenir moû)^ comiuuu danfi la suite des teini>s ; car la quautité qui s*ei) reproduit dans la terre végétale ne peut pas, à beaucoup près, compenser la cousoitnuation qui s eu fait chaque Jour.
On observe, dans ces mines de fer, que Les grains sout totis ronds ou uo peu ohlougs, qiie leur gro>iseur est la même dans chiiqiie mine, et que r»^)eiidunt cette grosseur varie Leaticoiip d'une uiiuiére à une autre : cette dilTéreuce dt'peiid de l'épaisseur de la couche de terre végétale où ces gruiiis de fer se sont anciennement formés ; car on voit que plus répaisseur de la Ierre est grande, plus les grains de mine de fer tpii s'y forment sont gros, quoique toujours assez petits.
Nous remarquerons aussi qtie ces terre»
dans ksquelles se forment les grains de la mine de fer paroissent être de la même nature qtie les autres terres limonenstiâ où cette formation n'a pas lieu : les unes et les autres sont d*al>urd, dans les premières couches, noiràlres, arides, et .sa js cohésion; mais leur ronletir noire se change eit brun dans les couches inférieures, et ensiiite en un jaune foncé ; la substance de celle terre devient duclile; elle s'imbibe facilement d'eau , et s'attache à la langue. Toutes les propriétés de ces terres limoneuses et ferrugineuses sont. les mêmes, et lu mine de fer en grains , après avoir été broyée et détrempée dans l'eati , semble reprendre les caractère:» de ces mêmes terres an poiitl de ne pouvoir distinguer la pouilie du minerai, de celle de la ierre limoneuse. Le fer décomposé et réduit en rouille paroit reprendre aussi la forme et les qnalilés de sa terre matrice. Ainsi la terre ferrugineuse et la terre limoneuse ne differeitt que par la pitis ou moins grande quantité de fer qu'elles contietuient , et la mine de fer en grains n'est qtrune sécrétion qui se fail dans cette même terre d'autant plus at)ondamment qu'elle contient inie plus grande (|tiautité de fer décomposé. Ou sait que eha(|ue pierre et chaque terre ont leurs stalactites particulières et différences entre elles , ei que ces stalactites conservent totijours les caractères propres des matières qui les ont produites:
la mine de fer en grains est, dans ce sens, une vraie stalactite de la terre limoneuse; ce n'est d'abord qu'une concrétion terreuse, qui peu à peu prend de la dureté par la seule force de l'affinité de ses paities constituantes, et qui u*a encore aucune des propriétés essentielles du fer.
sg6
Mais comment cette matière minérale
Ê eut-elle se séparer de la masse de terre moneiise , pour se former si régulièrement 6n grains aussi petits , en aussi grande quantité , et d'une manière si achevée qu'il n'y en a pas un seul qui ne présente à sa surfoce le brillant métallique? Je crois pouvoir satisfaire à cette question par les simples faits que m'a fournis l'observation. L'eau pluviaJe s'infiltre dans la terre végétale , et crible d'abord avec facilité à travers les premières couches, qui ne sont encore que de la poussière aride des parties de végétaux à demi décomposés ; trouvant ensuite des couches plus; denses, l'eau les pénètre aussi, mais avec plus de lenteur ; et lorsqu'elle est
rirveuue au banc de pierre qui sert de base ces couches terreuses, elle devient nécessairement stagnante , et ne peut plus s'écouler qu'avec beaucoup de temps; elle produit alors , par son séjour dans ces terres grasses, une sorte d'effervescence; l'air qui y étoit contenu s'en dégage , et forme , dans toute l'étendue de la couche, une infinité de bulles qui soulèvent et pressent la terre en tous sens , et y produisent un égal nombre de petites cavités dans lesquelles la mine de fer vient se mouler. Ceci n'est point une supposition précaire, mais un fait qu'on peut démontrer pai^ une expérience très-aisee à répéter : en mettant dans un vase transparent une quantité de terre limoneuse bien détrempée avec de l'eau, et la laissant exposée à l'air dans un temps chaud , on verra , quelques jours après , cette terre en effervescence se boursoufler et produire des bulles d'air , tant à sa partie supérieure que contre les parois du veire qui la contient; on verra le nombre de ces bulles s'augmenter de jour en jour , au point que la masse entière de la terre paroit en être criblée. Et c'est là précisément ce qui doit arriver dans les couches des terres limoneuses ; car elles sont allemativement humectées par les eaux pluviales et desséchées selon les saisons.
L'eau chargée des molécules ferrugineuses s'iusinue par stillation dans toutes ces petites cavités; et, en s'écoulant, elle y dépose la matière ferrugineuse dont elle s'étoit chargée en parcourant les couches supérieures , et elle en remplît ainsi toutes les petites cavités , dont les parois lisses et polies donnent à chaque grain le brillant ou le luisant que présente leur surface.
Si l'on divise ces grains de mine de fer en deux portions de sphère , ou recounoitra qu'ib sont tous composés de plusieurs petites couches concentriques, et que, dans les
MINERAUX
plus gros , il y a souvent une cavité sessible, ordinairement remplie de la même substance ferrugineuse , mais qui n'a pas encore acquis sa solidité, et qui s'écrase aisément comme les grains de mine eux-mêmes , qui commencent à se former dans les premières couches de la terre limoneuse : ainsi , dans chaque grain , la couche la plus extérieure , qui a le brillant métallique, est la plus solide de toutes et la plus métaUisée , parce qu'ayant été formée la première elle a reçu par infiltration et reienu les molécules ferrugineuses les plus pures , et a laissé passer celles qui l'étoient moins pour former la seconde couche du grain ; et il en est de même de la troisième et de la quatrième couche, jusqu'au centre, qui ne contient que la matière la plus terreuse et la moins métallique. Les œtides ou géodes ferrugineuses ne sont que de très-gros grains de mine de fer , dans lesquels on peut voir et suivre plus aisment ce procédé de la nature.
Au reste , cette formation de la mine de fer en grains, qui se fait par sécrétion dans la terre limoneuse , né doit pas nous induire à penser qu'on puisse attribuer à cette cause la première origine de ce fer , car il existoit dans le végétal et l'animal avant leur décomposition ; l'eau ne fait que rassembler les molécules du métal, et les réunir sous la forme de grains : on sait que les ceudres contiennent une grande quantité de particules de fer ; c'est ce même fer contenu dans les végétaux que nous retrouvons en forme de grains dans les couches de la terre limoneuse. Le mâchefer, qui, comme je l'ai Erouvé, n'est que le résidu des végétaux rùlés , se convertit presque entièreineut en rouille ferrugineuse : aiusi les végétaux, soit qu'ils soient consumés par le feu ou consommés par la pourriture , rendent également à la terre une quantité de fer |)eut-èvrc beaucoup plus grande que celle qu'ils en ont tirée par leurs racines, puisqu'ils reçoivent autant et plus de nourriture de l'air et de l'eau que de la terre.
Les observations rapportées ci-dessus démontrent en effet que les grains de la mine de fer se forment dans la terre végétale par laréunion de toutes les particules ferrugineuses que l'on sait être contenues dans les déirimens des végétaux et des animaux dont cette terre est composée : mais il faut encore y ajouter tous les débris et toutes les poudres des fers usés par les frottemens, dont la quantité est immense ; elles se trouvent disséminées dans cette terre végétale et s'y réunissent de même en grains ; et comme
DK LA TERRE TÉGÉTALE.
nen n'est perdu dans la nature , ce fer , qui se régénère pour ainsi dire sous nos yeux, sembleroit devoir augmenter la quantité de celui que nous consommons : mais ces grains de fer qui sont nouvellement formés dans nos terres végétales y sont rarement en assez grande quantité pour qu'on puisse les recueillir avec profit ; il fandroit pour cela que la nature , par une seconde opération , eût séparé ces grains de fer du reste de la terre où ils ont été produits , comme elle Fa fait pour rétablissement de nos mines de fer en grains , qui presque toutes ont jadis été amenées et déposées par alluvion sur les terrains où nous le^ trouvons aujourd'hui.
Le fer en lui-même et dans sa première origine est une matière qui , comme les autres substances primitives, a été produite par le feu , et se trouve en grandes masses et en roches dans plusieurs parties du globe, et particulièrement dans les pays du nord ', C'est du détriment et des exroliations de ces ])remières masses ferrugineuses que proviennent originairement toutes les particules de fer répandues à la surface de la terre, et qui sont entrées dans la composition des végétaux et des animaux. C'est de uiême par les exsudations de ces grandes roches de fer que se sont formées , par Tintermède de l'eau , toutes les mines spathiques de ce métal , qui ne sont que des stalactites de ces masses primordiales. Tous les débris des roches primitives ont été , dès les premiers temps, transportés et déposés, avec ceux des matières vitreuses , dans toute l'étendue de la surface et des couches extérieures du globe.
Les premières terres limoneuses ayant été délayées et entraînées par les eaux, ce grand Javage aura fait la séparation de tous les grains 'de fer contenus dans cette terre; le mouvement de la mer aura ensuite transporté ces grains avec les matières qui se sont trouvées d'un poids et d'un volume à peu près égal , en sorte qu'après avoir sépare les grains de fer de la terre où ils s'étoient formés, ce même mouvement des eaux les aura mêlés avec d'antres matières qui n'ont aucun rapport avec leur formation : aussi ces mines a'alluvion offrent-elles de grandes différences , non seulement dans leur mélange , mais même dans leur gisement et leur accumulation.
r. On oonnoit leê grandes roches de fer qui se troareiit en Suède, en Russie, et en Sibérie; et quelques yoyagenrs m'ont assure que la plus grande partie du haut terrain de la Lapouie n'est pour ainsi dire qu'une masse ferrugineuse.
On appelle mines dilatées ou mnes eu nappes les miiiières de fer en'grains qui sont étendues sur une grande surface plane, et qui souvent forment des couches qu'on peut suivre très-loin. Ces mines sont ordinairement en très-petits grains, et presque toujours m^angées les unes de sable vitreux ou d'argile, les autres de petits graviers calcaires et de débris de coquilles. On nomme mines en .nids ou en sacs celles qui sont accumulées dans les fentes et dans les intervalles qui se troiir vent entre les rochers ou les bancs de pierre ; et ces mines en nids sont communément plus pures et en grains plus gros que les min€& en nappes ; elles sont souvent mêlées de sables vitreux et de petits cailloux ; et , quoique situées dans les fentes des rochers calcaires , elles ne contiennent ni sable calcaire ni coquilles : leurs grains étant spécifiquement plus pesans que ces matières, n'out été transportés qu'avec des substances d'égale pesanteur, tels que les petits cailloux, les calcédoines, etc.
Tontes ces mines de fer en grains ont également été déposées par les eaux de la mer :
on les trouve plus souvent et on les découvre plus aisément au dessus des collines que dans le fond des vallons, parce que l'épaisseur de la terre qui les couvre n'est pas aussi grande; souveut même les grains de fer se présentent à la surface du teirain , ou se montrent par le labour à quelques pouces de profondeur. j
Il résulte de nos observations que la terre végétale ou limoneuse est la première matrice de toutes les mines de fer en grains , et il me semble qu'il en est de même de la pyrite martiale ; ce minéral , quoique de formes variées et différentes, est néanmoins toujours régulièrement figuré : or je crois pouvoir avancer que c'est du détriment des substances organisées que la pyrite tire en partie son origine; car. elle se forme ou dans la couche même de la terre végétale , ou dans les dépôis de cette même terre, entre les joints des pierres calcaires et les délits des argiles , où l'eau , chargée de particules limoneuses, s'est insinuée par infiltration, et a déposé avec ces particules les élémens nécessaires à la composition de la pyrite.
Car quels sont en effet les élémens de sa com|x>sition ? Du feu fixe, de l'acide, et de la terre ferrugineuse, tous trois intimement réunis par leur affinité. Or cette matière du feu fixe ne vient-elle pas du détriment des corps organisés et des substances inflammables qu'ils contiennent? le fer se trouve
minéraux:
égsdement dans ces mêmes détrimeHs , puisque tous le* ^IHUIAU» çl Tégétaux i*p rerèh'Ol, iiiépie Ue kur vivant, une asse? rq^siclftrabie quantité; et coqime lacicle vitriçliqu^ abqn(i^ ^ns I Vgile, on ne doit pa^ ùtre étonné de voir des pyrites partout où l|i terre végétale s'est insinuée dans ios argiles^ puisqite tous |e$ princijws de leur compq&ir lion se trouvent alors réunû. Il est vrai ({u'on trouve î^USsi de^ pyrites, et quelquefois ça grande (|uautiié, dans les masses d'argijç, où i\ oç paioit p^ que la terre lin^ouf use ait pénétré ; mats ces nténfis ai*gi)es contO' nant un nombre immense de cmiuiHes ^t de débris de végétaux et d'animaux, le»
pyrites s'y seront formées de même p^r i\\* uion des principes renfermés dans tous e§»
corps organisés.
La mine de ier en grains et la pyrite sont donc des produits de la terre végétale. Plu*» sJeurs sels se forment de même dans cette terre par les acides et les alcalis qui peuvent Y saiiir des bases différt'ntes, et enfui loi bitumes s'y produisent aussi par le mélange de l'acide avec les huiles végétales ou les graiitse^ animales ; et comme cette coucb^ extérieure du globe reçoit encore des décbets de tout ce qui sert à l'usage de l'homme , le^ particults de Tor et de l'argent , et d« loua tes autres métaux et matière de toute nature qui s'usent par les frottemens, on doit par conséquent y trouver une petite quâu^r Itté d or ou de tout autre métal.
C'est donc de retie terre , de cette poiis* sière que nous foulons aux pieds, que la nature sait tirer ou régénérer lu plupart éê ses productions en tous genres; el cela se-> roit-il possible si cette même terre n'étoit pas mélangée de tous les principes organiques et actifs qui doivent entrer dai«s la composition des êtres organisés et des corps figurés ?
La terre limoneuse ayant été entraînée par les eaux courantes et déposée au fon4 des mers, accompagne souvent les matières végétales qui se sont converties en charboB de terre; elle indique par sa couleur les affleiiremens extéi'ieurs des veines de ce charbon. « Nous observerons, dit M. de Gensanne, cpie, dans tons tes endi<oits ok il se trouve des charbons de terre ou d'autres substances bitumineuses, on aperçoit des terres faut^es plus ou moins foncées, qui, daus les Cévennes surtout, forment un indice certain du voisinage de ces charbons. Ces terres , bien examinées, ne sont autre chose que des roches calcaires, dissoutes par un acide qui leur feit contracter «ne quaiHé
ferrugineuse /et conséqnemment cette couleur ocreuse. Lorsciue La dissolution d^ ces pierres est eu quelque sorte parfaite, les terres rouges qui en proviennent pi*enne>tt une coiLsistance argileuse, et forment de véritables bujs ou des ocres naturelles. »
J'avoue que je ue puis élre ici du sentiment de cet habile minéralogiste. Ces terres fautes, qui se trouvent toujour.'^ dans le voisinage des charbons de terre, ne sont que des couches de terre limoneuse : elles |>euveut être mêlées de matièrft calcaire; mais elles sont en elles-mêmes le produit de la décomposition des végétaux : le fer qu'elles contenoient se change en rouille par I humidité; et le bql, comme je l'ai djt, n'est que la partie la plus fine et la plus atténuée de cette terre limoneuse qui n a de commua avec largile que d'être, comme elle, ductile et grasse.
De la même manière que la terre végét»le, plus ou moins décomposée, a été anciennemont transportée |)ar les eaux, et a formé les veines de charbon, de même la matière ferrugineuse contenue dans la terre limoneuse a éié transportée soit dans son état de mine en grains , soii dans celui de rouille. Nous vtHions de parler de ces mines de fer en grains, lrans|>ortée$ par alhivion, et dépo!iées dans les feules des rochers calcaires : les rouilles de fer H les ocres ont été trausfiorlées et déposées <tc même par les eaux de la mer. M. J^e Monnier, premier médecin ordinaire du Roi, décrit une mine d'ocre qui se trouve daus lu Béni, près de Vierzou , entre deux lits de sable.
M. Ouettard en a observé une autre à Bit ri, lieu qui n'est pas éloigné de Uonzy en Nivernois ; elle est à (rente pieds de profondeur, et porte, comme celle de Vïerzony sur un lit de sabJe qui n'est point méié d'ocre : une autre à Saint-George sur la Prée dans le Berri, qui est à cinquante ou soixante pieds de profondeur, la veine d'ocre portant également sur le sable; une troisième à Tanay en Brie , qui n'est qu'à dix-sept à dix-huit pieds de profondeur, et appuyée de même sur un banc de sable. «* L*ocre, dit très-bien M. Guettard , est douce au toncher, s'attache k la langue, devient rouge au feu, s*y durcit, y devient un mauvais verre si le feu est violent , donne beaucoup de fer avec le phlogislique , et ne se dissout pas aux acides minéraux, mais à l'eau conhmune. » £t il ajoute avec raison, que toutes les terres qui ont ces qualités peuvent être regardées comm6 de véritables ocres : mais je ne puis m'empêcher de m^écarter de son
* sentiment , en ce qn^ïï pense que les ocres son! lies glj>^$J§f car j^ P^P«» avoir prouvé ci -devrai que ce soûl des terres ferrugineuses qui ne proviennent p9s des glaises ou argiles, mais de ia (erre végétale ou limo- Qf'use, laquelle coutieiil bci^ucoup de fer, tanJis que les glaise^ sl'e^ çonlit^naent que très-peu.
On trouve aiissj ^es mines de fer çn ocrç ou rouille dap/^ le fond des marécages ^t des autres eaux stagnaates. Le limuu de& eaMX 4es pluies et des rosées est une sorte de terré végétalequi contient du fer, dont lesmoléculei peuvent se rassenihler dans celte terre limoueuse au dessous de Teau comme au d<îssouft de la surface de la ferre ; c'est celte espèce dç mine de fer que les minéralogistes ont appehiç l'Cfta paiiistris : elle a les mèaK-s prupriciés el sert au même usage c|ue les autres mines de fer en grains, et son ori{;ine primordiale est la même ; p.e sont les roseaux, les jours, et les autres végétaux aquatiques, dont les débria accumulés au fond des maraisy forment les couches de cette teire limoneuse dans laquelle le fer se trouve sous la forme ^e. rouille. Souvent ces mines de marais sont plus épaisses et plus abondantes que les mines terrestres, par»'e ((ue les couches de te^Tes limoneuse y sont elles-mêmes plus épaisses, par la raison que toutes les plantes qui croisse^t daUs les eaux y retombent en pourriture, et qit'il ne s'en fait aucune cousommcition , au lieu que, sur la terre, rhonmte et le fe^ eu détruisent plus que la pourriture.
Je ne puis répéter assez qqe cette coucl\e de terre végétale qui couvre la surface du globe est non .seulement le tré.sor des richesses de la nature vivante, le dépôt des molécules organitpies qui servent à l'entretien des animaux el des végétaux, maLs encore le ma'^asin universel des éléuieus qui entrent 4ans la composition de Ut plupart des mitiiéraux. Ou vient de voir que les bitumes, les charbons de terre , les bols , les ocres , les mines de fer en grains, et les pyrites, en tirent leur preu^ière origine,. et nous prouverons de même que le diamant et plusieurs autres minérauji^ régulièrement figurés se foriment dans cette même terre, matrices de tous les êtres.
Comme cette dernière assertion pourroit paroilre hasai-dée, je dois rappehr ici ce que j'ai écrit en 1772 sur ia nature du diamant, queUpies années avaiU qu'on eût lait les expériences par lesquelles on a démontré que c'étoit une substance inClammaUe : je l'avob présumé par analogie de sa puissance de réfriction, qui, oommeceUe 4e
DE LÀ TERRE "VÈotTÀLt. ^ 49^
tcHÏtes les huiles et antres substances infljip-
mables, est proportionnellement beaucoup plus grande que leur densité. Cet indice , comme l'on voit, ne m*avoit pas trompé, puisque, deu^ où trois ans après, on a vu des diamans s'enflammer et brûler au foyer du miroir ardent. Or je prétends que le diamant qui prend une figure régulière et se cristallise en octaèdre est un produit immédiat de la terre végétale; el voici la raison que je puis en donner d'avance , en flttendant les preuves plus particulières que je réserve pour l'article ou je traiterai de ce^te brillante production de la terre. On sait que les diamans, ainsi que plusieurs autres pierres précieuses, ne se trouvent que dans les climats du qudi, et qu'on n'a jamais trouvé de diamans dans le nord, ni même dans les terres des zones tempérées : leur formation dé|)end donc évidemment de l'influence du soleil sur les premières couches de la terre; car la chaleur propre du globe est à très - peu près la mcnie à une petite profondeur dans tous les climats froids ou chauds. Ainsi ce ue peut être que par cette
S lus grande influence du soU-il sur les terres es climats piéridiouaux <|ue le diamant sV forme à rexclqsiqn de tous les autres climats; et CQuime cette influence agit principalement sur la couche la plus extérieure du glolie , c'est-à-dire , sur celle de la terre végétale, et qu'elle n'a nulle action sur les couches intérieures, on ne peut attribuer qu'à cette même terre végétale la formation du diamant et des autres pierres précieuses qui ne se trouvent que dans les contrées du midi : d'ailleurs Tinspeclion nous a démontré que la gangue du dianiani est une terre rouge semblable à la terre limoneuse. Ces considérations seules suffiroient pour prouver en général que tous les minéraux qui ne se trouvent que sous les climats les plus chauds, le diamant en particulier, ne sont formés que par les élémens contenus dans la terre végét^Je, et combinés avec la lumière el la chaleur que le soleil y verse en plus grande quantité que partout ailleurs.
Nous avons dit qu'il n'y a rien de combustible dans la nature que ce qui provient des êtres orgauisés; nous pouvons avancer de même qu il n y a rien de régulièrement figuré dans U matière que ce qui a été tra vaille par les molécules organiques, soit avant , soit après la naissance de ces mêmes êtres organisés : c'est par la grande quantité de ces molécules prganiques contenues dans la terre végétale que se fait la production de tous les végétauj( et ^e^tretien des ani-
3oo
MINÉRAUX
maux ; leur déTeloppement, leur accroissemeut, ne s'opèrent que par la susception de ces mêmes molécules qui pénètrent aisément toutes les substances ductiles : mais lorsque ces molécules actives ne rencontrent que des matières dures et trop résistantes, elles ne peuvent les pénétrer, et tracent seulement à leur superficie les premiers Viiiéamens de Forgauisation qui forment les traits de leur figuration.
Mais revenons à la terre végétale prise en niasse, et considérée comme la première couche qui enveloppe le globe. Il n'y a que très-peu d'endroits sur la terre qui ne soient
})as couverts de cette terre ; lés sables brûans de l'Afrique et' de l'Arabie, les sommets nus des montagnes composées de quartz ou de granité, les régions polaires, telles que Spitzbcre et Sandwich, sont les seules terres où la végétation ne peut exercer sa puissance, les seules qui soient dénuées de cette couche de terre végétale qui fait la couverture et produit la parure du globe. « Les roches pelées et stériles de la terre de Sandivich, dit M. Forster, ne paroissent pas couvertes du moindre grain de terreau , et on n'y remarque aucune trace de végétation.... Dans la baie de Possession, nous avons vu deux rochers où la nature commence son grand travail de la végétation ' :
elle a déjà formé une légère enveloppe de sol au sommet des rochers; mais son ouvrage avance si lentement , qu'il n'y a encore que deux plautes , un gramen et une esj)cce de pimprenelle.... A la Terre-de-Feu, vers l'ouest , et à la Terre-des-Élals , dans les cavités et les crevasses des piles énormes de rochers qui composent ces terres , il se conserve un peu d'humidité , et le frottement continuel des morceaux de roc détar chés, précipités le long àe& flancs de ces niasses grossières , produit de petites particules d'une espèce de sable : là, dans une eau stagnante, croissent peu à peu quelques plantes du genre des algues , dont les graines y ont été portées par les oiseaux. Ces plantes créent, à la fin de chaque saison, des atomes de terreau qui s'accroît d'une année à l'autre ; les oiseaux , la mer , et le vent, apportent d'une île voisine sur ce commencement de terreau les graines de quelques-unes des plantes à mousse qui y végètent durant la belle saison : quoique ces plantes ne soient pas véritablement des
t. C'est plutdt que le trayait de la nature expire sur ces extrémités polaires eoserelies déjà par les progrès du refroidissement, et qui sont à jamais perdues pour la nature Tirante.
mousses, elles leur ressemblent beaucoup...
Toutes, ou du moins la plus grande partie, croissent d'une manière analogue à ces régions , et propre à former du terreau et du sol sur les rochers stériles. A mesure que ces plantes s'élèvent , elles se répandent en tiges et en branches qui se tiennent aussi près l'une de l'autre que cela est possible ; elles dispersent ainsi de nouvelles graines, et enfin elles couvrent un large canton : les fibres, les racines, les tuyaux, et les feuilles les plus inférieures , tombent peu à peu en putréfaction , produisent une espèce de tourbe ou de gazon , qui insensiblement se convertit en terreau et en sol. Le tissu serré de ces plantes empêche rhumidité qui est au dessous de s'évaporer, fournit ainsi à la nutrition de la partie supérieure , et revêt à la longue tout l'espace d'une verdure constante.... Je ne puis pas oublier, ajoute ce naturaliste voyageur , la manière particulière dont croit une espèce de gramen dans l'île du Nouvel- An , près de la Terrè-des- États , et à la Géorgie australe. Ce gramen est perpétuel , et il affronte les hivers les plus froids. Il vient toujours en touffes ou panaches, à quelque distance l'un de l'autre ; chaque année les bourgeons prennent une nouvelle tête , et élargissent le panache jusqu'à ce qu'il ait quatre ou cinq pieds de haut , et qu'il soit deux ou trois fois plus large au sommet qu'au pied. Les feuilles et les tiges de ce gramen sont fortes et sou> vent de trois à quatre pieds de long. Les phoques et ' les pingouins se réfugient sous ces touffes ; et comme ils sortent souvent de la mer tout mouillés, ils rendent si sales et si boueux les sentiers entre les panaches, qu'un homme ne peut y marcher qu'en sautant de la cime d'une touffe à laufre.
Ailleurs les oiseaux appelés nigauds s'emparent de ces touffes et y font leurs nids.
Ce gramen et les éjections des phoques, des pingouins, et des nigauds, donnent peu à peu une élévation plus considérable au sol du pays. »
On voit par ce récit que la nature se sert de tous les moyens possibles pour donner à la terre les germes de sa fécondité , et pour la couvrir de ce terreau ou terre végétale qui est la base et la matrice de toutes ses productions. Nous avons déjà exposé, à l'article des 'volcans, comment les laves et toutes les autres matières vulcanisées se convertissent avec le temps en terre féconde $ nous avons démontré la conversion du verre primitif en argile par l'intermède de l'eau.
Cette argile , mêlée des détriipiieiis des aiii-