DE LA TERRE VÉGÉTALE
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«n général que par ses caractères les plu^ aisés à saisir, elle nous paroitra, comOieon la définit en chimie , . une matière sèche , opa(|ue, insipide^ friablr, qui ne s'enflamme point , que l'eau péuèiré, étund et rend duc^ tile, qui s'y délaie et ne se dissout pas comme le sel. Mais ces caractères générauK sont, ainsi que toutes les définitions, plus ab:itraits que réels ; étant trop absofus, ils ne sont ui relatifs ni par consé(|uent applicables à la chose réelle : aussi ne peuvent-ils appartenir gu'à une terre qu'on supposerait èire par- /aitenieut pure, ou lout au plus mêlée d'uue très-petite quantité d'autres substances non comprises dans la définition. (>r celte terre idéale n'existe nulle part; et tout ce que nous pouvons faire pour nous rapprocJier de la réalité, c'est de distinguer les terres les moins composées de celles qui sont les plus mélangées. Sous ce point de vue plus vrai , plus clair , et plus réel qu'aucun autre, nous regarderons l'argile , la craie , et le limon, comme les terres les plus simples <ie la nature , quoique aucune des trois ne soit parfaitement simple ; et nous comprendrons dans les terres composées non seult-ment cetles qui sont mêlées de ces premières matières , mais encore celles qui sont mélangées de substances hétérogènes, telles que les sables , les sels , les bitumes , etc. ; et toute terre qui ne contient qu'une très - petite quantité de ces substanct s > étrangères conserve à peu près toutes ses qualités spécifiques et ses propriétés naturelles : mais si le mélange hétérogène domine, elle perd ces méuies propriétés; elle en acquiert de nouvelles toujours analogues à la nature du mélange, et de\ient aFors terre combustible on réfraclaire, terre minérale ou métallique, etc., suivant les différentes coui})inHisons des substances qui sont entrées dans sa composition.
Ce sont en effet ces différens mélanges qui rendent les terres pesantes ou légère^, poreuses ou compaetes , molles' ou dures , rudes ou douces au toucher : leurs couleurs viennent aussi des parties minérales oii métalliques qu'elles renferment ; leur saveur douce. Acre ou astringente, provient des sels, et leur odeur agréable ou fétide est due aux particules aromatiques, hnileitses, et sali'nes, dont elles sont pénéiiTes.
De plus, il y a bcsaucoup de terres qui s'imbibent dVau facilement ; il y en a d'autres sur lesquelles l'eau ne fait que glisser : il y en a de grasses, de tenaces, de trèsduitiles, et d'aulre.s dont It's |>arlies n'ont point d adhésion, et seniMctil .i|)}>ro4 !.<>r de
la nature du sable ou de la cendre. Elles odt chacune différentes propriétés, et servent à différent usages : les terres argileuses les pUui ductiles , lorsqu'elles sont fort chargées d'acide ^ serveut au dégraissage des laines; les terres bitumineu&es et végétales, telles que les tourbes el les charbons de terre, sont d'une utilité presque aussi grande que le bois ; les terres calcaires et ferrugineuses s'emploient dans plusieurs arts , et notamment dans la peinture; plusieurs autres terres servent à polir les métaux, etc. Leurs usages sont aussi mult 'plies que leurs propriétés soiit variées; et de même, dans le?
difféi'entes espèces de nos terres cultivées^ nous trouverons que telle terre est plus propre qu'une autre à, la production de telle?
ou telles plantes; qu'une terre stérile par elle-même peut fertiliser d'autres terres par sou mélange; que celles qui sont les moins propres à Ta végétation sont ordinairement les plus utiles pour jes arts, fc.
Il y a , comme l'on voit , une grande diversité dans les terres composées , et il sç trouve aussi quelques difiércnces dans le?
trois terres que nous reg<u'duns comn.e simples, l'argile, la craie, et la tene végétale. Otte dernière terre se pi-ésente même dans deux états Irès-dilfcrens : le premier, sous la forme de terreau, qui est le d<>triuient immédiat des anintaux et des végétaux; et le second , sous la forme de limon , qui est le dernier résidu de leur entière décomposition. Ce limon, comme l'argile et la craie, n'est jamais parfsutcment pur; et ces troiis teiTes, quoique les plus simples de toutes., sont presque toujours mêlées de particules hétérogènes , et du dépôt des poussières dp
toute nature répandues dans l'air et dans
eau.
Sur la grande couche d'argile qui enveloppe le globe, et sur les bancs calcaires au v quels cette même argile sert de base, s'étend la couclie universelle de la t»Tre végétale qui recouvre la surface etitiere dus continens terresl"es; et celte même terre n'est peut-être pas en moindre quantité sur le fond de la mer, où les eaux des fleuves la transportent et la déposent de tous les temps et C(nitituiellement, sans compter relie qui doit également se former des délrimens de tou.s les animaux el végétaux mariiis. Muis, pour ne parler ici <|ue de ce qui est sous nos yeux , nous verrons que cette couche de terre productrice el fc«-onde est toujours plus épaisse dans les lieux abandfiruM's <i la Àeule nature (j'ie ilaiis li-s p.tvs li;ilMfe> , par<e (|iie cette tirre tlunt l<; prodoil drs iléirinieu»
aga ' MINÉRAUX.
des végétaux et des animaux , sa quantité ne
J>eut qu'augmenter partout où l'homme et e feu, son ministre de destniction, n'anéantissent pas les êtres vivans et végétans. Dans ces terres indépendantes de nous, et où la nature seule règne , rien n'est détruit ni consommé d'avance ; chaque individu vit son âge : les bois, au lieu d'être abattus au bout de quelques années, s'élèvent en futaies et ne tombent de vétusté que dans la suite des siècles , pendant lesquels leurs feuilles, leurs menus branchages, et tous leurs déchets annuels et superflus, forment à leur pied des couches de terreau , qui bientôt se convertit en terre végétale, dont la quantité devient ensuite bien plus considérable par la chute de ces mêmes arbres trop âgés.
Ainsi d'année en année, et bien plus encore de siècle en siècle, ces dépôts de terre végétale se sont augmentés partout où rien ne s'oppose à leur accumulation.
Cette couche de terre végétale est plus mince sur les montagnes que dans les vallons et les plaines, parce que les eaux pluviales dépouillent les sommets et les pentes de ces émiuences , et entraînent le limon qu'elles ont délayé ; les ruisseaux , les rivières, le charrient et le déposent dans leur Ht, ou le transportent jusqu'à la mer; et, malgré cette déperdition continuelle des résidus de la nature vivante , sa force productrice est si grande , que la quantité de ce limon végétal augmenteroit partout si nous n'affamions pas la terre par nos jouissances anticipées et presque toujours immodérées. Comparez à cet égard les pays très-anciennement
que le laboureur est obligé de les abandonner ; on le voit aussi dans ces terres légères qui portent sur le sable ou la craie, et dont, après quelques années, la fécondité cesse par la trop grande quantité de ces matières stériles que le labour y mêle : on ne peut leur rendre ni leur conserver de la fertilité qu'en y portant des fumiers et d'autres amendemens de matières analogues à leur première nature'. Ainsi cette couche de terre végétale n'est presque nulle part un limon vierge, ni même une terre simple et pure; elle seroit telle si elle ne contenoit que les détrimens des corps organisés : mais comme elle recueille en même temps tous les débris de la matière brute , on doit la regarder comme un composé mi-parti de brut et d'organique , qui participe de l'inertie de l'un , et de l'activité de l'autre, et qui, par cette dernière propriété et par le nombre infini de ses combinaisons , sert non seulement à l'entretien des animaux et des végétaux, mais produit aussi la plus grande partie des minéraux , et particulièrement les minéraux figurés , comme nous le démontrerons dans la suite par différens exemples.
Mais auparavant il est bon de suivre de près la marche de la nature dans la production et la formation successive de cette terre végétale. D'abord composée des seuls détrimens des animaux et des végétaux , elle n'est encore, après un grand nombre d'années, qu'une poussière noirâtre, sèche, très-légère, sans ductilité, sans cohésion, qui brûle et s'enflamme à peu près comme la tourbe. On peut distinguer encore dans habités avec les contrées nouvellement dé-' ce terreau les fibres ligneuses et les parties
couvertes : tout est forêts , terreau , limon , dans celles-ci ; tout est sable aride ou pierre nue dans les autres.
Cette couche de terre la plus extérieure du globe est non seulement composée des détrimens des végétaux et des animaux , mais encore des poussières de l'air et du sédiment de l'eau des pluies et des rosées ; dès lors elle se trouve mêlée des particules ? calcaires ou vitreuses dont ces deux élémens ) sont toujours plus ou moins chargés : elle se trouve aussi plus grossièrement mélangée de sables vitreux ou de graviers calcaires dans les contrées cultivées par la main de l'homme ; car le soc de la charrue mêle avec cette terre les fràgmens qu'il détache de la couche inférieure; et loin de prolonger la durée de sa fécondité , souvent la culture amène la stérilité. On le voit dans ces champs en montagnes où la terre est si mêlée, si couverte de fràgmens et de débris de pierre,
solides des végétaux; mais, avec le temps, et par l'action et l'intermède de l'air et de l'eau , ces particules arides de terreau acquièrent de la ductilité et se convertissent en terre limoneuse : je me suis assuré de cette réduction ou transformation par mes propres observations.
Je fis sonder en 1734, par plusieurs coups de tarière, un terrain d'environ soixantedix arpens d'étendue , dont je voulois connoître l'épaisseur de bonne terre, et où j'ai fait une plantation de bois qui a bien réussi : j 'a vois divisé ce terrain par arpens ; et l'ayant fait sonder aux quatre aiigles de chacun de ces arpens , j'ai retenu la note des différentes épaisseurs de terre, dont la moindre étoit de deux pieds, et la plus forte de trois pieds et demi : j'étois jeune alors , et mon projet étoit de recimnoitre , au bout de trente ans , la difTéreiice que produiroit sur mou bois semé l'épaisseur
DE lA TEREE TÉGÉTALE.
plus ou moins grande de cette terre , qui partout étoit franche et de bonne qualité.
J'observai, par le moyen de ces sondes, que, dans toute l'étendue de ce terrain , la composition des lits de terre étoit à trèspeu près la même , et j'y reconnus clairement le changement successif du terreau en terre limoneuse. Ce terrain est situé dans nue plaine au dessus de nos plus hautes collines de Bourgogne ; il étoit , pour la plus grande partie , en friche de temps imméuiorial; et comme il n'est dominé par aucune éminence, la terre est sans mélange apparent de a*aie ni d'argile : elle porte l)arlout sur une couche horizontale de pieiTe calcaire dure.
Sous le gazon , ou plutôt sous la vieille mousse qui couvroit la surface de ce terrain, il y avoit partout un petit lit de terre noire et friable, formée du produit des feuilles et des herbes pourries des années précédentes; la terre du lit suivant n'étoit que brune et sans ajihésion : mais les lits au dessous de ces deux premiers prenoient par degrés de la consistance et une couleur jaunâtre , et cela d'autant plus qu'ils s'éloignoient davantage de la superficie du terrain. Le lit le plus bas, qui étoit à trois Çieds ou trois pieds et demi de profondeur, eloit d'un orangé rougeâtre, et la terre en étoit très-grasse , très-ductile , et s'altachoit à la langue comme un vériiahle bol '.
I. M. NadauU, ayant fait quelques expériences sur cette terre limpuense la plus grasse, m'a coinmaniqué la note suivante. «Cette terre ftant trèsductile et pétrissable, j'en ai, dit-il, formé sans {leine de petits gâteaux qui se sont promptement mbibés d'eau et renflés , et qui , en se desséchant , se sont raccourds selon leurs dimensions. L'eauforte avec cette terre n'a produit ni ébuUition ni eflerTesccnce ; elle est tombée au fond de la liqueur sans s'y dissoudre, comme l'argile la plus pure. J'en ai mis dans on creuset à un"" feu de charbon assez modéré avec de l'argile : celle-ci s'y est durcie à l'ordinaire jusqu'à un certain point ; mais l'autre, au contraire, quoique avec toutes les qualités apparentes de l'argile, s'est extrêmement raréfiée, et a perdu beauconp de son poids ; elle a acquis , à la vérité , un peu de consistance et de solidité à sa superficie, mais cependant si peu de dureté qu'elle s'est réduite en poussière entre mes doigts. J'ai fait ensuite éprouver à cette terre le degré de chaleur nécessaire pour la parfaite cuisson de la brique : les gâteaux se sont alors déformés ; ils ont beaucoup diminué de volume , se sont durcis au point de résister au burin ; et leur superficie devenue noire, au lieu d'avoir rougi comme l'argile, en 1774O
s'est émaillée , de sorte que cette terre , eu. cet état , a. « La terre limoneuse que l'on nomme commua
approchoit déjà de la vitrification. Ces mêmes gâ- nément herbue, parce qu'elle gît sous l'herbe ou le teaux , remis une seconde fois au fourneau et an gazou , étant appliquée sur le fer que l'on chauffe méine degré de chaleur, se sont convertis en un au degré de feu pour le soude., se gonfle et se révéritable verre d'une couleur obscure, tandis qu'une duit en un mâchefer noir, vitreux et sonore. » (Rasemblable caisson a seulement changé en bleu foncé marque de M. de Grignon.)
^ Je remarquai dans cette terre jaune plusieurs grains de mine de fer; ils étoient noirs et durs dans le Ut inférieur , et n'étoient que bruns et encore friables dans les lits supérieurs de cette même terre. Il est donc évident que les détrimensdes animaii^L et des végétaux , qui d'abord se réduisent eu ten^eau , forment , avec le temps et le secours de l'air et de l'eau , la terre jaune ou rougeâtre qui est la vraie terre limoneuse dont il est ici question; et de même on ne peut douter que le fer contenu dans les végétaux ne se retrouve dans cette terre, et ne s'y réunisse en grains; et comme cette terre végétale contient une grande quantité de substance organioue, puisqu'elle n'est produite que par la décomposition des^ êtres organisés , on ne doit pas être étonné qu'elle ait quelques propriétés communes avec les végétaux : comme eux elle contient des parties volatiles et combustibles; elle brûle en partie ou se consume au feu ; elle y diminue de volume, et y perd considérablement de son poids ; enfin elle se fond et se vitrifie au même degré de feu auquel l'argile ne fait que se durcir ». Cette terre limoneuse a encore la propriété de s'imbiber d'eau plus facilement que l'argile, et d'en absorber une plus grande quantité ; et comme elle s'attache 'fortement à la langue, il paroit que la plupart des bols ne sont que cette même terre aussi pure et aussi atténuée qu'elle peut l'être; car on trouve ces bols en pelotes ou en petits lits dans les fentes et cavités , où l'eau , qui a pénétré la couche de terre limoneuse , s'est en même temps chargée des molécules les plus fines de cette même terre , et les a déposées sous cette forme de bol.
On a vu , à l'article de l'argile, le détail de la fouille que je fis faire en 1748 , pour reconnoître les différentes couches d'un terrain argileux jusqu'à cinquante pieds de profondeur : la première couche de ce terrain étoit d'une terre limoneuse d'environ trois pieds d'épaisseur. En suivant les travaux de cette fouille , et en observant avec soin les différentes matières qui en ont été
la couleur rouge de l'argile , en lui procurant un peu plus de dureté ; et j'ai en effet épronvé qu'il n'y avoit qu'un feu de forge qui pût vitrifier celleci. M (Noie remise par M. IfadtuUt à M. de Buffon .
MINÉRAUX
tiféës, j'ai reconnu, à n'en'poav«tr dotrtei*, que ceUf! It^nre liaiCKieiise et oit entraînée
}>ar rinfiltration des eaux à de grandes pro- 0|i(ie|irs dans les joints et les délits de$ cpticiie^ inférieures, qui toutes éioient dWg^|e;jVn ai suivi la trace jusqua trentedeuji pieds : la nreuiière couche argileuse la plus vpisinQ qe la teire limoneuse éloit mi-partie d'«rgile et de limon , marbrée des CQukturs 4t$ Tun çt de Tautre, c'est-à-dire de jaune ot de gris d'ardoise; les couches Siiivunte-s d argile fUoieni rnoins luélfiiigées; et dans les plus bas^ies, qu| éloient aussi les plus compactes. et les plus dures, la terre jBuue, r'esl-à-dire le liuion , ne j)énétroil, que dans les petite^ feules perpendiculaires,, el quelquefois aussi dans les délits horiicoa-, taux des couches de Targile. C^ile terre Itmaneuse incnisloit la .su|><frrtc:e d^s glèbes. argileuses; et lorsqu'elle avoii pu s'iuirqduire dans rintérieur de la couche, il s'y troHvxrtt ordiuairemei^U des concrétions pyriteu.^es, aplaties eC de figure orbicuiaire, qui se joiguoieni par une espèce de cordon èyliudricpie de même substance pyriieuse, et çé cordon pu'ileux aboulissoil toujours à un point ou u une fente remplie «le terre limoneuse. Je fus dès lors persuadé que cette t('rr« contrilmoit plus (pie toute autre à la formation des p> rites n^artiales, lesquelles, par succession de temps, s'accuuuilent, el forment souvent des lits qu'on peut regarder comme les mines du vitriol ferrugineux.
Mais lorsque les couches de terre végétale se trouvent posées sur des bancs de pi«*rres solides et dures , les stillutions dos eaux pluviales chargées des molécules de celle terre, éiant alors retenues el ne pouvant descendre en ligne droiie, serpentent
de bel, de fit» en grains, et de pyrite ; maU
lorsque au contraire les substances végétales n*onl subi qu'une légère décomposition, et qu'au lieu de se convertir en lerreau et ensuite en limon à la surface de la terre, elles se sont accumulées sous les eaux , elles ont alors conservé très-longtemps leur essence, et , s'étaut ensuite bilumiaisées par le mélange de leurs huiles avec l'acide, elles ont formé les tourbes et fss charbons de ferre.
Il y a en effet une très-grande différence dans la mauière dont s'opère la décomposition des végétaux à l'air ou dans l'eau :
tous ceux qui périssent et sont gisans à la surface de la terre, étant alternativement iHuneclés et desséchés, fermeutent, et perdent par une prompte effervescence la pins grande partie de leurs princijMîS inflammables; la pourriture succède à cette effervescence; et, suivant les degrés de la putréfaction , le végétal se désorganise , se dénature, et cesse detre combustible dès qu'il est entièrement pourri : aussi le lerreau et le limon , quoique provenant des végétaux, ne jïeuvent pas être mis au nombre des matières vraiment combustibles; ils se consument ou se fondeul au feu plutôt qu'ils ne brûlent; la plus grande partie de leurs principes inflannuables s'élant dissipée par la fermentation , il ne leur reste que la terre, le fer, et les autrt»s parties fixes qui éloient entrées dans la composition du végétal.
Mais lorsque les végétaux, au lieu de pourrir sur la terre , tombent au fond des eaux, ou y sont entraînés, comme cela arrive dans les marais el sur le fond des mers, où les fleuves amènent et déposent des arbres par inilliers, alors toute cette substance
entre les joints et les délits de la pierre, . végétale conserve, pour ainsi dire, à jamais
et y déposent celte matière limoneuse; et comme l'eau s'insinue avec le temps dans les matières pierreuses, les parties les plus fines du limon pénètrent avec elle dans tous les pores de la pierre et la colorent souvent de jaune ou de roux; d'autres fois l'eau chargée de limon ne produit, dans la pierre, que des veines ou des taches.
D'après ces observations , je demeurai persuadé que celte terre limoneuse, prgr duite par l'enlièrc décomposition des animaux et des végétaux, est la première matrice des mines de fer en grains, et qu'elle •fournit aussi la plus grande partie des élémens nécessaires à la formatron des pyrites.
Les derniers résidus du détriment ultérieur des êtres organiâés prennent donc la forme
sa première essence ; au lieu de perdre ses princij^es conibustibles par une prontpte et forte effervescence, elle ne subit qu'une fermentation lente et dont l'effet se borne à la conversion de son huile eu bitume : elle prend donc sous l'eau la forme de tourbe ou de charbon de terre, tandis qu'à l'âir elle n'auroit formé que du terrea-u et du limon.
La qtianlité de fer contenue dans la terre limoneuse est quelquefois si considérable, qu'on ))ourruit lui donner le nom de tiore fBri'iigineuse y et mêiue la regajder comme une mine métalli<|ue; mais, quoique cette terre limoneuse produise ou plutôt régénère par sécrétion le fer e^ grains, et que l'ori giue primordiale de toutes les mines de cette espèce appartienne à cette terre limo-