DU CHARBON DE TKRRE
feB donnant df mémt uqq scorie plus ou moins poreuse.
Ainsi je crois pouvoir conclure; de ces réflexions et observations , que Targile n*entre que peu ou point dans la composition du charbon de terre ; que le soufre n'y entre que sous la forme de matière pyriteuse qui te combine avec la substance végétale , de sorte que Tessence du cbarbon est entièrement de matière végétale, tant sous la forme de bititme que sous celle du végétal mème^ Les . impressions si multipliées des différentes plantes qu'on voit dans tous Tes sdûOes limoneux qui servent de toits aux veines de charbon sont des témoins qu'on ne peotTécuscr, et qui démontrent que c'est aux végétaux qu'est due la substauce combustible que ces schistes contiennent.
JMais, dira-t-on, ces schistes, qui non seuleineni couvrent , mais accompagnent et enveioppent de tous côtés et en tous lieux les veinea de charbon , sont eux-mêmes des argiles durcies et qui ne laissent pas d'être combustibles. A cela, je réponds que U méprise est ici la même : ces schbtes combustibles qui accompagnent la veine du Carbon sont , comme Ton voit , méléi de la substance des végétaux dont ils portent les impressions ; la même matière végétale <}ui a fait le fonds de la sui>stance du charbon a dû se mêler avec lé schiste voisin; et dès lors ce n'est plus du schiste pur ou de la simple argile dwcie, mais un composé de matière végétale et d'argile, un schiste limoneux imprégné de bitume, et qui dès lors a la propriété de brûler. Il en est de même de toutes les autres terres combustibles que l'on pourroit citer ; car il ne faut pas perdre de vue le principe général que nous avons établi , savoir, que rien n est combustible que ce qui provient des corps organisés.
Après avoir consrdéré la nature du charbon de ferre, recherché son ori^cioe, et montré que sa formation est postérieure à la naissance des végétaux , et même encore postérieure à lein> destruction et à leur accumulation dans le sein de la lerre, il'faut maiirteuant examiner la direction, la situalion, et l'étendue des veines de cette matière, qiri , quoique originaire de la surface de la terre, ne laisse pas de se trouver enfoncée à de grandes profondeurs; die occupe même des espaces très-coasidéraMes et se rencontre dans toutes les |)arties du globe. Nous sommes assurés, par des observations constantes, que la direction'Ia plus générale des veinetde charbon est du levant au eouchaot,
et que quand cette aiinre (comme disent les ouATÎers) est interrompue par une/afi/e, qu'ils appellent caprice de pierre, la veiné que cet onstacle fait tourner au nord ou an midi reprend bienlAt sa première direction du levant au couchant. Cette direction ^ commune au plus grand nombre des veines de charbon, est un effet particulier dépendant de l'effet général du mouvement qui a dirigé toutes les matières transportées par les eaux de la mer , et qui a rendu les pentes de tous les terrains plus rapides du côté du couchant. Les charbons de terre ont donc suivi la loi générale imprimée par le mouvement des eaux à toutes les matières qu'elles pouvoieni transporter , et en même temps ils ont pris l'iudinaison de la pente du terram sur lequel ils ont été déposés , et sur lequel ils sont disposés toujours parallèlement à cette penle; en sorte que les veines de charbon, même les plus étendues, courent presque toutes du levant au couchant, et ont leur inclinaison au nord an même temps qu'elles sont plus ou moins inclinées dans chaque endroit, suivant la pente du terrain sur lequel elles ont été déposées ; il y en a même qui approciient de la perpendiculaire : mais cette grande différence dans leur inclinaison n'empêche pas qu'en général cette inclinaison n'approche, dans chaque veine, de plus en plus de la ligne horizontale, à mesure que I on descend plus profondément; c'est alors l'endroit que les ouvriers appellent le piateur de la mine, c'est-à-dire le lieu . plat et horizontal auquel aboutit la partie mclinée de la veine. Souvent, en suivant ce piateur fort loin , on trouve que la veine se relève et remonte non seulement dans la même direction du levant au couchaut, mais encore sous le même de|ré à très- peu près d'inclinaison qu'elle avoit avant d'aiTÎver au piateur ; mais ceoi n'est qu'un effet particulier, et qui n'a été encore reconnu que dans quelques coutrées, telles que le pays de Liège : il dépend de la forme primitive du terrain, comme nous l'expliquerons tout a l'heure; d'ordinaire, lorsque les veines inclinées sont arrivées à la ligne du niveau , elles ne descendent plus , et ne remontent pas de l'autre côte de cette ligue <.
T. « L'inclinaison des reines de etuirbon , dit M. de Gensaane, n'aflecte pas une aire de rent déterminée ; it y en a qai penchent rera le levant , d'autres Ters le couchant . et ainsi des antres pointa de l'horizon : elles n*ont rien de commun non of na avec le penchant des montagnes dans lesquellea elles se trouvent. » Je dois oltserver que ce rapport Ua l'inclinaison des Teines avec le penchant .des montagnes a existé anciennement et nwêsssirv
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À cettie aUposîtion générale des veines, il tant ajouter un fait tout aussi général , c'est que la même veine va en au^^mentant d*é> paisseur à mesure qu'ellf s'enfonce plus prorondement , et que nulle part son épaisseur p'est plus grande que tout au fond, lorsqu'on est arrivé au plateur ou ligne horizontale.
Jl est donc évident que ces couches ou veines de charbon , qui , dans leur inclinaison, suivent la pente au terrain , et qui deviennent en même temps d'autant plus épais.<es que la pente est plus douce , et encore plus épaisses dès qu'il n'y a plus de pente, suivent en cela la même loi que tontes les antres matières transportées parles eaux, et déposées sur des terrains inclinés. Ces dépôts faits par aliuvion sur ces terrains en pente ne sont pas seulement composés de veines de charbon, mais encore de matières de toute es- Sèce , comme de schi^es , de grès , d'ai^Ie, e sabli% de craie , de pierre calcaire , de pyrites; et, dans cet amas de matières étrangères qui séparent les ^eines , il s'en trouve souvent qni sont en grandes masses dures et en bancs iu* Unes , toujours parallèlement aux veines de charbon.
n y a ordinairement plnsieurs couches de charbon les unes au dessus des autres, et séparées par une épaisseur de plusieurs pieds ei mèuie xle plusieurs loises de ces matières étrangères. Les veines de chai'bon s'écartent rarement de leur direciion : elles peuvent, comme nous venons de le dire, former qudqire inflexion ; mais elles reprennent ensuite leur première direction. Il n*en es< pas absolument de même de leur inclinaison : par exemple, si la veine la plus extérieure de diarbon a son inclinaison de dix degrés , la seconde veine, quoique à vingt ou trente
{)ieds plus bas que le première, aura, dans e même endroit , la même inclinaison d'environ dix degrés; et si, en fouillant plus profondément, il se trouve une troisième , une quatrième veine , etc. , elles auront encore à peu près le même degré d'inclimûion :
mais ce n'est que quand elles ne sont séparées que par des couches d'une médiocre épais-
(eur à mesure qo'elle dœépcl , et qu'il en est de même de la masse intermédiaire de matières étrangères , qui sont aussi toujours
S' lus épaisses à une plus grande profon- .tut.
Pour rendre eeci plus sensible, supposons un terrain en forme d'entonnoir, c'est-à-dire une plaine environnée de collines doDt les pentes soient à peu près égales : si cet entonnoir vient à se remplir par des alluvtons successives, ii est certain que l'eau dépo"»
sera ses sédimens tant sur les pentes que sur le fond : et , dans ce cas « les couches dé-
S osées se trouveront également épaisses en escendant d'un côté et en remontaut de l'autre ; mais ce dépôt formera sur le plan du fond Une couche plus épaisse que sur les pentes , et cette oouche du fond augmeivtera encore d'épaisseur par les matières qui pour^ Tont descendre de la pente : aussi les veines de charbon sont-elles , comme nous yenons de le dire, toujours plus épaisses ^ur le plateur que dans le cours de leur inclinaison; les lits qui les séparent sont aussi plus épais par la même raison. Maintenant f si , dans ce même terrain en eittonnoir, il se fait un second dépôt de la même matière de charbon, il est évident que , comme l'entonnoir est rétréci et les pentes adoucies par le premier dépôt, cette seconde veine, plus extérieure que la première, sera un peu moins inclinée, et n'aura qu'une moindre étendue dans son plateur; en sorte que, s'il s'est formé de cette môme .manière plusieurs veines les unes au dessus des autres , et chacune séparée par de ^aûdes épaisseurs de mati^'es étrangères, ces veines et ces matières auront d'autant plus 'd'inclinaison qu'elles seront plus intérieures, c'est-à-dii^e plus voisines du terrain sm* lequel s'est fait le premier dé{)ôt; mais comme celte diftërence d'inclinaison n'est pas fort sensible dans les veines qni ne sont })as.à de grandes distances les unes des autres en profondeur, les minéralogistes se sont accordés à dire que toutes les veines de charbon sont parfaitement parallèles : cepeudant il est. sûr
seur ; car si la seconde veine, par exemple, ' que cela n'esl exactement vrai que quand
se trouve éloignée de la première par une épaisseur très-considérable , comme de cent cmquaute ou deux cents pieds perpendirulaires, alors cette veine, qui est à deux, cents pieds au dessous de la première , est moins inclinée, parce qu'elle prend plus d'épais-
ment , et l'observation de M- de Gcnsanne doit être iwrticularisée pour les terrains qui ont subi des diançemeDS depuis le temps da dépôt des veines.
les veines ne sont séparées que |)ar des lits de médiocre ou de petite, épaisseur; car celles qui sont séparées par de grandes épaisseurs ne peuvent pas avoir la même incliluiison, à moins qu'on ne suppose un entomioir d'un diamètre imuiense, c'est-à-dii e une contrée entière comme le ))ays de Liège, dont tout le sol e^ composé de veines de tharbon jusqu'à une ti'ès- grande profoadeuc* -