DU CHARBON DE TERBE
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M. Geni^eté au delà de la TÎngt-troisième.»
qui est la plus profonde de toutes celles qui ont eié fouillées, et u'en comptant en effet que vingt-trois au lieu de soixante-une , on verra, par la comparaison entre elles de ces veines de charbon , toutes situées les unes au dessous des autres , que leur épaisseur n'est pas relative à la profondeur où elles gisent ; car dans le nonit)re des veines supérieures, de celles du milieu et des inférieures, il s'en trouve qui sont à peu près également épaisses ou minces , sans aucune règle ni aucun rapport avec leur situation en profondeur.
On verra aussi que Tépaisseur plus ou moins grande des matières étrangères interposées entre les veines de charbon n'influe pas sur leur épaisseur propre.
Il en est encore de même de la bonne ou mauvaise qualité des eharboils ; elle n*a nul rajiport ici avec les différentes profondeurs d'où on les tire : car on voit par le •tableau que le meilleur charbon de ces vingttrois veines est celui qui s'est trouvé dans les quatrième, septième, dixième, onzième, quinzième^, dix-septième, dix-huitième, et vingt-deuxième veines ; en sorte que , dans les veines les plus basses^ ainsi que dans .celles du milieu, et dans les plus extérieures, il se trouve également du très-bon^ du médiocre, et du mauvais charbon. Cela prouve encore que c'est une même matière , amenée el déposée par les mêmes moyens, qui a formé les unes et les autres de ces diftéreutes veines , et qu'un séjour plus ou moins long dans le sein de la terre n'a pas changé leur nature, ni même leur qualité, puisque les i^lus profondes el par consé(|uenl les plus anciennement déposées soi.t absolument de la même essence et qualité que lés plus modernes; mais cela n'empêche pas qu'ici , comme ailleurs , la partie du milieu et le fond de la veine ne soient toujours celles 011 se trouve le meilleur charbon :
celui de la partie supérieure est toujours plus maigre et plus léger; et à mesure que les rameaux de la veine appi'ochent plus de la surface de la terre, le charbon en est moins compacte, et il paroît avoir été altéré par la slillation des eaux.
Dans cts vingt- trois veines , il y en a huîl de très-bon charbon, dix de méaiocre qualité, et cinq qui donnent une (rès-mauvaisè odeur par la grande quantité de pyrites Quelles contiennent; et comme Tune de ces veines pyriteuses se trouve être la dernière, c'est-à-dire la vingt-troisième, on voit que Ibé pyrites, qui ne se forment ordinairement
-qu*à de médiocres profondeurs, ne laissent pas de se trouver à plus de douze cent Quatre-vingts pieds liégeois dans riutérieiur de la terre , on mille soixante-treize pledï de Pârh ; ce qui me démontre qti'elles y ont été déposées en même temps que la matière végétale qui fait le fond de la substance du charbon.
On voit encore, en comparant les épaisseurs de ces différentes veines , qu'elles varient depuis sept pouces jusqu'à cinq pieds et demi , et que celle des lits qui les séparent varie depuis vingt-un pieds jusqu'à quatre-vingt-dix-huit, mais sans aucune proportion ni relation des unes aux autres.
-Les veines les plus épaisses sont les troisième, quatorzième, dix-neuviçme , vingtdeuxième ; et la plus mince est la sixième.
Au reste , dans une même montagne , et souvent dans une contrée tout entière , les veines de charbon ne varient pas beaiieoap par leur épaisseur, et Ton peut juger dès la première veine de ce qu^on peut attendre des suivantes; car si cette veine est mince, toutes les autres le seront aussi : au contraire , si la première veine qiron découvrir se trouve épaisse, on peut présumer avee fondement que celles qui sont au dessoui ont de même une forte épaisseur.
Dans les diiférens pays, quoique la direction des veines soit partout assez constante, et toujours du levant au couchant , leur situation varie autant que leur inclinaison.
On vient de voir que dans celui de Liège elles se trouvent pour ainsi dire à toutea profondeurs. Dans le Hainant, aux villages d'Anzin, de Fresnes, etc., elles sont fort inclinées avant d'arriver à leur platetir, et se trouvent à Trente ob- trente-quatre toises au dessous de la surface du terrain, tandis que dans le Forez elles sont presque horizontales el à Heur de terre, c'est-à-dire à deux on trois pieds au dessous de sa surface. Il en est à peu près de même en Bourgogne , à Mont-Cenis, Épinac, etc., où les pr^ni^ires veines ne sont qu'à quelques pieds. Dans le Bourbonnois, à Fins, elles se trouvent à deux, trois, ou quatre toises, et sont peu inclinées , tandis qu'en Anjou , à Saint- George. Châtel-Oison , et Coucourson, oà elles remontent à la surfsice , c'est-à^lire 4 deux , trois, et quatre pieds, elles t>nt, dan leur commencement , une si forte inclinaison , qu'elles approchent de la perpendicnlaire; et ces veiues, presque verticales à letilr origine, ne font plateur qu'à sept cents piedi de profondeur.
RUNÉRÀUX.
Les mines de charbon les pliu profondes que roii connoisse en Europe sont celles du comté de Namur, qu'on assure être fouillées jusqu'à deux mille quatre eents pieds da pays, ce qui revient à peu près à deux mille pieds de France; celles de Liège, où Ton est descendu à mille soixante-treize pieds : celle de Whitehaven, près de Moresby, qui passe pour être la plus profonde de toute la Grande-Bretagne , n'a que cent trente bras* ses , c'est-à-dire six cent quaire-vingt-ireize de nos pieds ; on y compte vingt couches ou veines de charbon les unes au dessous des antres.
Dans toutes les mines de diarbon, et dans quelque pays que ce soit, les surfaces du banc de charbon par lesquelles il est appliqué au toit et au sol sont lisses, luisantes et polies , et on trouve souvent de petits lits durs et pierreux dans la veine même du charbon, lesquels la traversent et la suivent horizon ralement. Le cours des veines est aussi assez fréquemment gêné ou interrompu par des bancs de pierre qu'on appelle des creins : ils n'ont ordinairement que peu d'étendue; mais ils sont souvent d'une ma-
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Nous avonfl dit > que les mines d'ardoise et celles de charbon de terre avoient bien des rapports entre elles par leur situation et leur tormalion ; ceci nous en fournit une nouvelle preuve de fait , .puisqu'en Anjou , où les ardoisçs sont posées presque pt^rpendiculairement , les charbons se trouvent souvent de même dans cette situation perpendiculaire. Dans l'Albigeois, à Garmeaux, la veine de charbon ne se trouve qu'à deux cents pieds , et elle fait son plateur à quatre cents pieds.
L'épaisseur des veines est aussi très-différente dans les dilTérens lieux. On vient de voir que toutes celles du pays de Liège sont très-minces, puisque les plus fortes n'ont que cinq piecis et demi d'épaisseur dans là montagne àe Saint-Gilles, et sept pieds dans quelques autres contrées de ce même pays.
.Mais il y a deux manières dont les charbons ont été déposés : la première, en veines étendues snr des terrains en pente, et la seconde , en masses sur le fond des vallées ; et ces dépôts en masses seront toujours plus épais que les veines en pente. U y a de ces masses de charbon qui ont jus- •qu'à dix toises d'épaisseur. Or, si les veines , tière si dure , qu'ils résistent à tous les in-
étoient partout très-minces, on pourroit imaginer, avec M. Genneté, qu'elles ne sont en effet produites que par le suintement des bitumes des grosses couches intermédiaires.
JMais comment concevoir qu'une niasse de dix toises d'épaisseur ait pu se produire par eetle voie ? On ne peut donc pas douter que ces masses si épaisses ne soient des dé- ,pots de matière végétale accumulée l'une sur l'autre, quelquefois jusqu'à soixante pieds d'épaisseur.
Quoique les veines soient à peu près pa- .ralleles les unes au dessus des autres, cepen» dant'il arrive souvent qu'elles s'approchent ou s'éloignent beaucoup, en laissant entre elles de plus ou moins grandes distances en hauteur; et ces intervalles sont toujours remplis de matières étrangères, doui les épaisseurs sout aussi variables et toujours beaucoup plus. fortes que celles des couches ,de charbon : celles-ci sont en général assez minces, et communément elles sont d'un pied, deux pieds, jusqu'à six ou sept d'é- .paisseur; celles qui sont beaucoup plus épaisses ne sout pas des couches ou veines qui se prolongent régulièrement , mais plutôt , comme nous venons de l'exposer, des amas ou masses e \ dépôts qui ne se trouvent
3uedaas quelques endroits , et dontj'étenue n'est pas considérable.