X. Époques de la Nature
strumens. Ces creins partent du toit ou du sol de la~ veine ^ et quelquefois de tous les deux ; ils sont de la même nature que le banc inférieur ou supérieur auquel ils sont attachés. Les failles dont nous avons parlé sont d'une étendue bien plus considérable que les creins , et souvent elles terminent la veine, ou du moins rinterrompent entièrement et dans une grande longueur ; elles partent de la plus grande profondeur, traversent toutes les veines et autres matières intermédiaires , et montent quelquefois jusqu'à la surface du terrain. Dans te pays de Liège elles ont pour la plupart quinze ou vingt toises d'épaisseur, sans aucune dtrec* tion ni inclinaison réglées ; il y en a de verticales, d'obliqui'S, et d'horizontales en tous sens : elles ue sont pas de la même substance dans toute leur étendue ; ce ne sont que d'énormes frugmens de schiste ,. de ro- > che, de grès, ou d'autres matières pierreuses, superposées irrégulièrement, qui semblent s'être éboulées dans les vides de la terre.
Les schistes qui couvrent et enveloppent les veines sont souvent mêlés de teire limoneuse, et pres<]ue toujours imprégnés de bitume et de matières pyriteuses ; ils contiennent aussi des parties ferrugineuses , et deviennent rouges par l'action du feu ; plusieurs de oes schistes sont combustibles. On
DU CHAl&BON
a-^ exemple Ae bonnes veineft.de charbon qui se soûl trouvées au dessous d^ine mine oe fer, et dans lesquelles le schiste qui sert de toit au chartxm est plus ferrugineux que les autres schistes ; il y en a qui soni presque entièrement pyriteux, et les charbons qu'ils recouvrf>nt ont un enduit doré et varié d'autres couleurs luisantes. Ces charbons pyriteux conservent même ces couleurs après avoir subi faction du feu : mais ijs les perdent bienidt s'ils demeurent exposés aux injures de Tair ; car il n*y a pas de soufre en nature dans les charbons de terre, mais feulement de la pyrite plus ou moins décomposée; et comme le fer est bien plus abondant que le cuivre dans le sein de la terre , la quantité des pyrites ferrugineuses ou martiales étant beaucoup plus grande que celle des pyrites cuivreuses, presque toutes les veines de charbon sont mêlées de pyrites martiales , et ce n'est qu'en très-peu d endroits ou il s'en trouve de mélangées avec les pyrites cuivreuses.
Lors donc qu'il se trouve du soufre en nature dans quelques mines de charbon, comme dans celle de Whitehaven en Angleterre, où le schiste qui fait l'enveloppe de la veine de charbon est entièrement incrusté de souft^ , cet effet ne provient que dii feu accidentel qui s'est allumé dans ces mines par l'effervescence des pyrites et l'inflaniraation de leurs vapeurs. Les mines de charbon dans lesquelles il ne s'est fait aucun incendie ne contiennent point de soufre naturel , quoique presque toutes soient mêlées d'une plus ou moins grande quantité de pan* ties pyriteuses.
Ces charbons pyriteux sont donc imprégnés de l'acide vitrielique et des terres minérales et végétales qui servent de base à l'acide pour la composilioi» de la pyrite. Cet charbons se décomposent à l'air, et trèssouvent il se produit à leur surface des filets d^alun par leur eljQorescence ; par exemple, les eaux qui sortent des mines de Mont-Cenis en. Bourgogne sont très-alumineuses, et il n'est pas même rare de trouver des terres alumineuses près des charbons de terre. On tire aussi quelquefuis de l'alun de la substance méine du charbon; on en a des exemples dans la mine de Laval en France , dans celle de Nordbausen en Allemagne, et dans celle du pays de Liège, où M. Morand a trouvé une grande quantité d'alun formé en cristaux sur les pierres schisteuses du toit des veines de charbon. « Le territoire dt ce pays, dit-il, ouvert pour les mines de ]iouille, Test également pour des terres
t)E Terre. si^
d'alun dont les mines sont appelées «/«- /Itères, n
L'alun n'est pas le seul sel qui se trouve dans les charbons de terre ; il > a certaines mines de charbon, comme celle de Nicolaï en Silésie, qui contiennent du sel marin, et dont on tire des pierres quf Iqu. fois recouvertes d'une grande quauliié de sel gemme.
En général , tout ce qui entre dans la composition des pyrites et de la terre végétale doit se trouver dans les charl>ons de terre ; car la décomposition de ces substances végétales et pyriteuses y répand tous les sels formés de I union des acides avec les terres végétales et feiTugineuses.
Quoique nous ayons dit que les veines de charbon éioient oi*dinairemen! couvertes et enveloppées par un schiste plus ou ' moins mêlé de terre végétale ou limoneuse, ce n'est cependant pas uue règle sans exception; car il y a quelques mines où le toit et le sol de la veioe de charbon sont de grès, et mèmç de pierre calcaire plus ou moins dure ; on en a des exemples dans les mines des terri* toires de Mons, de Juliers, et dans certains endroits de l'Allemagne cités par le savant chimiste M« Lebmanu. On peut voir dans le ti'oisième volume de ses Essais sur l'histoire naturelle des couches de la terre tous les liis qui„ surmontent et accompagnent les veines cle charbon de terre eu Misuie près de Yettin et de Loéhegin; en Thuriuge, dans le comté de Uoheustein , dtins tout le terrain nui environne le Hartz jusqu'auprès du comte de M ansfeld ; et encore les mines du duché de Brunswick près de Helnistadt.
On voit , dans le tableau que M. Lehmann donne de ces différens lits , que les veines de charbon se trouvent également sous le schiste, sous une matière spaiheuse, sous des pierres feuilletées composées d*argile et d'un peu de pierre calcaire, etc.; et l'on peut observer que, dans les lits qui sé|)arent les différentes veines de charbon, il n'y a ni ordr^ de matières ni suite régulière, et que ces lits sont, dans tous les autres ter rains à charbon, comme jetés au hasard, l'argile sur la marne, la pierre calcaire sur le schi.Hte , les substances spathiques sur les sables argileux, etc.
Dans l'immense quantité de décombres et de débris de tonte espèce qui surmontent et accompagnent les veines de charbon de terre, il se trouve quelquefois des métaux, des demi-mét:iux ou minéraux métalliques; le fer y est abondamment répandu sous la forme d'ocre , et quelquefois en grains de mine; te cuivre et l'argent s'y trouvent plus
MmMAuX'
rarement , 6t l*on doit regarder cMnme chose extraordinaire ce que Ton raconte de la mine de charbon de Chemnitz en Saxe, qui contient un très-beau verl-de-gris , et produit dans certains essais trente livres de bon Qûivre de rosette et cinq onces et demie d'argent par quintal : il me paroit évident que celle quantité de cuivre et d'argent ne
point de communication ei^ eui , et b« sont pas disposés par Veines dli4géës â\i levant au couchant: Ces mines en masçe^soiit bien plus faciles à exploi er qité les lifînes en veines ; elles sont oixlinairement plus épaisses et situées moins profondément.
Dans le Bourbonnois, l'Auvergne, le Forez et la Bourgogne, et dans plusieurs afutres
se trouvé pas dans un quintal de charbon , provinces de France, les mines dont on tire et qu'on doit regarder cette mine de cuivre le plus de charbon sont en amas, et non pas
comme isolée et séparée de celle du charbon. Il en est à peu près de même des mines de calamine, qui sont assez fréquentes dans le pays de Liège. Toutes les mines métalliques de seconde formation peuvent se trouver, comme celles de charbon, dans les couches de la terre qui sont elles-mêmes d'une formation secondaire; il peut, par celle même raison , se tiouver quelques
en veines prolongées ; elles ont ot^inaireraent huit et dix pieds d'épaisseur de charbon , et souvent beaucoup plus.
Mais, comme nous l'avons dit, toutes les mines de charbon, soit en veines ou en amas , ne se trouvent que dans les couches de seconde formation , doiit les matières ont été amenées et déposées par les eaux de la mer ; on n'en a jamais trouvé dans les
filets ou grains de mêlai charriés el déposés grandes masses vitreuses de premiei'e for-
par la stillation des eaux dans le charbon de terre , qui se seront formés dans cette matière de la même manière qu'ils se forment j^ans toutes les autres couches de la terre.
Ces mines métalliques secondaires el parasites tirent leur piigine des- anciens filons, et n'en sont que des particules détachées par l'eau ou déposées dans le sein de la terre par la décomposition des anciens filons métalliques ; el ce n'est que par ce moyen qu'il peut se trouver quelquefois dans ie chai'bon de terre, comme dans toute autre matière, de petites portions de métaux. M. Kurella en donne quelques exemples; il cite un morceau de charbon de terre qui laissoit apercevoir une mine d'argent pur, et, ce morceau venoit apparemment des mines de Hesse, dans le cliarbon desquelles on trouve en effet nu peu d'argent assez pur ; celle de RichentTeiii en Siiésie contient de l'or; une de celles du conilé de Buckingham dans lai Grande-Bretagne donne du plomb; et M. Morand dit que l'étain se trouve aussi quelquefois dans le charbon de tei re. Tous les métaux peuvent donc s'y trouver, mais en parcelles el en débris , comme tontes les autres matières qui sont de formation secondaire.
lyous devons encore observer, au sujet des veines, des couches, et des masses de charbon, qu'il s'en trouve très-souvent de grands amas qui ne se prolongent pas au loin en veines régulières, et qui néanmoins occupent des espaces assez grands. Ces amas ont dû se former toutes les fois que les arbres et autres matières végétales se sont trouvés amoncelés sur des fonds creux en- ;Vironnés d'éminences : ainsi ces amas n'ont
malion , telles que les quartz, les jaspes, et les granités : c'est toujours dans l'es collines él montagnes du second ordre, et surtout dans celles dont la construction par bancs <îst la plus îrrégulîèi-e, que giSertt et s amas et ces veinés de charbon ; et la ifins grande partie de la masse de ces montagnes est d'ordinaire un schiste ou tfnfe argile diffé-* remment modifiée; souvent atissr ce sont des grès plus ou moins décolnpesés , ob des' pierres calcairesplus bu nioins diirès, 6u des* terres jpresque toUjcJin's imprégnées" de? matières pyriteuses qui "lenr dbnueWt pUis dej^esanleur et une grande di'irèté. M.l.éhmann dît avec quefcjue ratsôii que le s'éhisfeB' t\éi iert pres(]iie toujours d',assise et de planchei^ ÔU .charbon dé terre n'est qu*in»e argile* durcie, feui.llelée, sulfureuse, iHuminÊUse , et lïituminertsê. Mais je ne vofs^ pas t?6mftieht on peut en concltire avec lui que ce khiste est bitumineux loi-sque sa jrortiort argileuse a été imprégnée d'acide vitrioîiqne, et qu'il est fétide lorsqtie celle même portion argileuse a été imprégnée d'acide marin ; cs^r le bitume ne se tonne pas par le mélange de la terre argileuse avec l'acide viiriolique, mais par celui de ce même acide avec f huile des végétaux , à rhoins que cet habile chimiste n'ait, comme M. de Gensanne, pris le limon ou la terre limoneuse pour de r*rgile ïl ajouie que dès observations réitérées oni fait connoîlre (jue ces schistes, ardoises, ou pierres feuilletées, oc^upenl la partie du tnilieu du terrain s'ur lequel les milles de charbon sont portées , et que ces mines «ocupent toujours la partie la plus basse; ce qui n'est pas encoi-e exactement vrai , puisque l'on trouve souvent des couches dm
t)tJ CHARBON DE TEftlllL
schiste au dessous des veines de charbon.
Les mines de charbon !es phis aisées à exploiter ne sont pas celles qui sont dans les plaines ou dans le fond des vallons ; ce sont au contraire celles qui gisent en montagne , et desquelles on peut tirer les eaux par des galeries latérales, tandis que, dans les plaines, il faut des pompes ou d autres machines pour élever les eaux, qui sont quelquefois en telle abondance qu'on est obligé d'abandonner les iravaux et de renoncer à l'exf)loitation de ces mines noyées; et cesealijp, orsqu'elles ont croupi , prennent souvent une qualité funeste ; 1 air s'y corrompt aussi dès qu'il n'a pas une libre circulation. Les accidens causes par les vapeurs cpii s'élèvent de ces mines sont peut-être aussi fréquens que dans les mines métalliques. Le docteur Lister est le premier qui ail observé la nature de ces vapeurs ; il eu distingue quatre sorles. La première, qu'il nomme ealiataison fleurs de pois, parce qu'elle a l'odeur de cette fleur, n est pas morielle, et ne se fait guère sentir qu'en été. La seconde, qu'il appelle exhalaison fulminante , produit en effet un éclair et une forte détonation en prenant feu à l'approche d'tme chandelle ; et l'on a remarque qu'elle ne s'enflammoit pas par les étincelles du briquet , en sorte que, pour éclairer les ouvriers dans ces profondeurs entièrement obscures , on s'est quelquefois servi d'une meule, qui, froftée continuellement contre des morceaux d'acier, produisoit assez d'étincelles pour leur donner de la lumière sans courir le risque d*enflammer la vapeur. La troisième , qu'il regarde comme l'exhalaison commune et or' dinaire dans toutes ces mines, est un mauvais afr qu'on a peine à respirer : on reconnoît la présence de cette exhalaison à la flamme d'une chandelle qui commence par tourner et diminuer jusqu'à extinction ; il eu seroit de même de la vie , si l'on s'obstinoit à demeurer dans cet air qui paroît avoir perdu partie de son élasticité. Enfin la quatrième * vapeur est celle que Lister nomme exhalaison globuleuse : c'est un amas de ce même mauvais air qui s'attache à la voûte de la mine en forme de ballon, dont l'enveloppe n'est pas plus épaisse qu'une toile d'araignée; lorsque ce ballon vient à s'ouvrir, la vapeur qui en sort suffoque , étouffe ceux qui la respirent. Je crois , avec M. Morand , qu'on peut réduire ces quatre sortes de vapeurs à deux. L'une n'est qu'un simple brouillard de iriauvais air, auquel nous donnerons le nom de mouffette ou pousse ; cet air, qui éteint les lumières et fait périr les hommes.
est l'tfcide aérien ou air ûxty aujourd'hui bien connu , qui existe plus on moins dans tout air, et qui n'a pu être encore ni composé ni décomposé par l'art; les ventilateurs et le feu lui -même ne le purifient pas , et ne font que le déplacer : il taui donc entretenir une libre circulation dans les mines. Cette vapeur devient plus abondante lorsque les travaux ont été interrompus pendant quelques jours ; et dans les grandes chaleurs de l'été le brouillard est quelquefois si fort qu'on est obligé de cesser les ouvrages : il se condense souvent en filets qui voltigent; et ce sont apparemment ces filets réunis qui forment les globes dont parle Lister. La seconde exhalaison est la vapeur qui s'enflamme et qu'on appelle feu grieux ; c'est vraiment de l'air inflammable tout pareil à celui qui sort des marais et de toutes les eaux croupies : cet air siffle et pétille dans certains charbons, surtout lorsqu'ils sont amoncelés ; ils s'enflamment quelquefois d'eux-mêmes comme le feroient des pyrites entassées. Les ouvriers savent reconnoître^ qu'ils sont menacés de cette exhalaison, et qu'elle va s'allumer, par l'effet très-naturel
3u'elle produit de repousser lair de l'enroit d'où elle vient ; aussi , dès qu'ils s'en aperçoivent, ils se hâtent d'éteindre leurs cnandelles : ils sont encore avertis par les étincelles bleuâtres que la flamme de ces chandelles jette alors en grande quantité.
Les mauvais effets de toutes ces exhalai sons peuvent être prévenus en purifiant l'air par le fett, et surtout en lui donnant une grande et libre circulation. Souvent les ventilateurs et les puits d'air ne suffisent pas ; il faut établir dans les mines des fourneaux d'aspiration. An reste, ce n'est guère que dans les mines où le charbon est très-pyriteux que ce feu grieux s'allume ; et 1 on a observé qu'il-est plus fréquent dans celles où les eaux croupissent : mais, dans les mines de charbon purement bitumineux ou peu mélangé de parties pyriteuses, cette vapeur inflammable ne se manifeste point et n'existe peut-être pas.
Comme il y a plusieurs charbons de terre qui sont extrêmement pyriteux , les embrasemens spontanés sont assez fréquens dans leurs mines ; et quand une fois le feu s'est allumé, il est non seulement durable , mais perpétuel ; on en a plusieurs exemples, et l'on a vainement tenté d'arrêter le progrès de cet incendie souterrain, dont l'effet peu violent n'est pas accompagné de fortes explosions, et n'est nuisible que par la perte du charbon qu'il consume. Souvent cesmi^
aes ont été enflammées par Jes vapeurs mé»
mes (|irelles exhaienl, rt qui pieitiMsiit feu à l*a|>prorh«^ des chasdelles allumées pour écUiitir les ouvritTS^.
Daus le travail des mines de charbon de terre Ton est toujours plus ou moius incommodé par les eaux; les unes y couleut eu sources viv«>â. If s antres n'y tombent qu*eii suintant par les fentes des rocliers et des tei'res supérieures, et les mineurs les plus expérimentés assurent que plus ils creusent plus les eaux diminuent, et qu'elles sout plus abondantes vers la super&cie. Celte observation est conforme aux idées qu'on doit avoir de la quantité des eaux souterraines , qui , ni lirant leur origiue que des eaux pluviales, sont d'autant plus ou moins abondantes qu'elles ont d épaisseur de terre à traverser; et ce ne doit être que quand ou laisse tomber les eaux de» excavations supérieures dans les travaux inférieurs qu'elles paraissent être en plus grande quantité à celte profondeur
{>lus grande. Eniin on a aussi observé que 'étendue superfiiiellc et la direction des suimemcns et du volume des sources soutenaines varient sulou les diflérenles coucbes des malières où elles se trouvent.
Tout le monde sait que l'eau qui ne peut se répandre renàonie à la même hauteur dont elle est descendue ; ri<!n ne démontre mieux que les eaux souterraines, même les plus profondes, proviennent uniquement; -des eaux de la superlicie, puisqu'en perçant la terre jusqu'à celte profondecir avec des tarières on se procin^e des eaux jaillissantes à la surface ; mais, lursc^u'au lieu de for* mer un si|>lion dans la leiye, comme l'un fait avec la larière, on y perce de larges puits et des galeries, l'eau s'épanche au lieu de remonter, et se ramasse en si grande quantité que l'épuisemeut en est
I. Je dois observer que les auteurs qui ont avancé , comme on te voit id , que c'est la vapeur soifureuse qui s'euflamme , se sont trompés; celte vapeur sulfureuse , loin de s'allumer, éteint au coutraire les chandelles allumées : c'est donc à l'air in* flautraable, et non à la vapeur sulfureuse, qu'il faul attribuer l'inflamniaiioti dans les mines de char* lion. Mais la cause la plus commune de l'embraseuent des mines de charbon est riitflammatiim des pyrites par l'humidité de la terre lorsqu'elle est nbreuvée d'eau; on ne peut parvenir à étouffer ce feu qu'on inondant , pendant un certain temps, toute la miue incendiée. Ce» accidens sont très-fréquens dans les mines de charbon qui ont éié exploitées sans ordre par les paysans; la quantité dt puits et d'ouvertures qu'ils i.ut laissés sur la direction des ▼eines, sont autant de réceptacles aux eaux de p uie, qui , Tetiaot à nftconwcr de* pyrites, causeut «oes 'incandiM.
MINÉRAUX
quelquefoifl au desstt» de toutes nos forces et des ressources de l'art. Les macbioes les plus puissantes que l'on emploie dans les mines de cbarbou sout les pompes k feu, dont ordinairement on peut augmenter les effets autant qu'il est nécessaire pour se débarrasser des eaux, et sans qu'il en coûte d'autres frais que ceux de la construction de la machine, *pui&que c'esi le tharbbn même de la mine qui sert d'aliment au feu, dont l'action , par le moyen des vapeurs de l'ea»
bouillante, fait mouvoir Jes pistons de la pompe ; mais , quand la profondeur est très-grande et que les eaux sont trop abondantes , celle machine, la meilleure de toutes , n'a pas encore assez de puissance pour les épuiser.
Les eaux qui coulent dans les terres voisines des mines de charbon sont de qualités différentes : il y en a de 1res- pures et bonnes à boire; mais ce ne sont que celles qui viennent des terres situées au dessus des charbons : celles qui se trouventdans le fond de leur miue sont quelquefois bitumineuses, et plus souvent vilrioliques et alumineuses; i'aiuu ou le vitriol martial qu'elltîs tiennent en dissolution sont eux-mêmes très-souvent altérés par différens mélanges; mais, de quelque qualité que soient les eaux, celles qui croupissent dans la profondeur des mines les rendent souvent inabordables par les vapeurs funestes qu'elles produisent. L'air et l'eau ont également be^ioin d'être agités sans cesse pour conserver leur salubrité; l'état de stagnation dans ces deux élémens est bientôt suivi de la corruption, et l'on ne saurait donner trop d'attention, dans les travaux des mines, à 1% liberté de mouvement et de circulation toujoui's nécessaire à ces deux élémëus.
Après avoir exposé les faits qui ont rap-
{)ort à la nature des charl)ons de terre, à eur formation , leur gisement , la dii*eclioii , rétendue , l'épaisseur de leurs veines en général, il est bon d'entrer dans le détail particulier des différentes mines qui ont été et qui sont encore travaillées avec succès , tant eu France que dans les pa^s étrangers, et Je montrer que cette matière se trouve partout où l'on sait la chercher; après quoi nous donnerons les moyens qti'il faut employer pour en faire usage et la substituer sans inconvénient au bois et au charbon de bois dans nos fourneaux, nos poêles, et nos cheminées.
il y a dans la seule étendue du royaume de France plus de quatre cents mines de* charljou de terre en pleine exploitation; et
lume qu*il est pins estimé pour les gnlîes des teintures et des fourneaux; mais il n'est pu
DU CHAHBO^, DE TERRE* %it
oa nombre t quoique très-considérable, ne c*est par oette seule raison de ton pos¥ofcit peut-être pas la dixième partie de celles qu'on pourroit y trouver. Dans toutes ces mines» il 7 a trois ou quatre sortes de obarbon : le obarbon pur, qui est ordinairement au centre de la veine; le charbon pierreux , communément mêlé de plus ou moins de matières calcaires ou de grès ; le charbon schisteux, et le charbon pyrileux.
Ceux qui contiennent du schiste sont les plus rares de tous ; et cela seul prouveroit
pu
pour cela d*une qualité supérieure au cnar* bon maréchal, car Tun et Tautre se tirent de la même veine , et Ton distingue par le volume trois sortes de charbon: Idpérate^ celui qui arrive à la superficie du terrain en gros morceaux et sans être brisé; le second, qui est en morceaux de médiocre grosseur, se nomme charbon grête; et œ n'est que celui qui est émietté, ou qui est composé des débris dea deux autres, qu'on appelle charbon maréchal. Le bon charbon pesé de cinquante-cinq à soixante livres le pied cube ; mais cette estimation est difficile à faire avec précision , surtout pour la charbon qui se brise en le tirant. Le^charbons les plus pesans sont souvent les plus mauvais , parce que leur grande pesanteur ne vient que de m grande quantité de parties pyriteuses , terreuses, ou achisteuses, qu'ils contiennent. Les charbons trop léchargés de bitume. La grande quantité de ' gers pèchent par un antre défaut; c*est de
qu une argi,
des charbons qui se trouvent pyriteux dans toute répaisseur et retendue de leur veine; ce sont les moins propres de tous aux travaux de la métallurgie : mais comme on peut les épurer en les faisant cuire, et qu'ordinairement ils contiennent moins de bitume Îioe les autres, ils donnent aussi moins de umée, et conviennent souvent mieux pour l'usage des cheminées que les charbons trop
soufre qui se forme par la combustion des premiers né peut qu'altérer les métaux, surtout le fer» que la plus petite quantité d'acide sulfureux suffit pour rendre aigre et cessant. Le charbon pierreux ne se trouve
Es dans le centre des veines, à pioins qu^el- \ ne soient fort minces; il est ordinairement situé le long des parois et sur le fond 4es bancs pieireux qui forment le toit et le aol de la veine. Les chàrbona schisteux sont de même situés sur le sol ou sous le toit «chisteuxde la veine. Ces charbons pierreux ou schisteux ne sont pas d'un meilleur usage que le charbon pyriteux , et ils ont encore le désavantage de ne pouvoir être épurés, à cause de la grande quantité de leurs par* ties pierreuses ou schisteuses : il ne resta donc, à vrai dire, que le charbon de la première sorte, c'est-à-dire le charbon pur, dont on puisse faire une matière avantageusement combustible, et propre à remplacer le charbon de bois dans tous les emplois qu'on en peut faire.
Et dans ce charbon de la première sorte, «t le meilleur de tous, on distingue encore celui qui se tire en gros blocs, que l'on appelle charbon pérat, dont la qualité est néanmoins la même que celle du charbon plus mcnui qui se nomme charbon mare- .cliaL Le charbon pérat a pris ce nom aux mines de Rivenie-Gier, et il n'est ainsi appelé que quand il est en gros morceaux :
•t. CkmrbonpinU «t une dénomination loeiila qid f^nifie ehmrbim pitntn ou ehad^n 4* fi^m*
JBvppoir. n»
ne donner que peu de chaleur en brûlant et de se consumer trop vite. Pour que la qualité du charbon soit parfaite^ il raut que la matière végétale qui en fait le fonds ait été bituminisée dans son premier état de décomposition, c'est-à-dire avant que cette substance ait été décomposée par la pourri* ture; car, quand le végétal est trop détruit, l'acide ne peut en bituminiser rnuile qui n'y existe plus. Cette matière végétale, qui n'a subi que les premiers effets de la décomposition, aura dès lors conservé toutes ses parties combustibles ; et le bitume, qui par lui-même ^t une huile inflammable, couvrant et pénétrant cette substance végétale , le composé de ces deux matières doit contenir, sous le même volume , beaucoup plus de parties combustibles oue le bois :
aussi la chaleur du charbon de terre estelle bien plus forte et plus durable que celle du charbon végétal.
Ce que je viens de dire , au sujet de la décomposition plus ou moins grande de la matière végétale dans les charbons de terre, peut se démontrer par les faits. On trouve au dessus de quelques mines de charbon des bois fossiles, dans lesquels l'organisation est presque aussi apparente que dans les arbres de nos forêts; ensuite on trouve trèi-eommunément des veines d'autres bois qui ne diffèrent |uère des premiers que par le bi* tume qu'ils contiennent , et dans lescpiels l'organisatiou est encore très^econnoissa»
ble: mais à mesure qu'on descend, les traits
Sa»
d^ cette organisation s*ol)!itèrent , et il n*ea reste que peu ou point d'indices dans la suite de la veine. Il arrive souvent que cftte bonne veine porte «ur une autre veine de mauvais charbon teri^ux et pourri, parce que sa substance végétale, s*étant pourrie trop promplement, n*a pu sMmprégner d*ûne assez grande quantité de bitume pour se conserver. On doit donc ajouter cette cinquième sorte de charbon aux quatre pEemières , sous le nom de charbon terreux ^ parce qu'en efîet sa substance n'est qu'un terreau pourri. Enfin une sixième sorte est le charbon le plus compacte, que Ton pour* rok appeler charbon de pierre à cause de aa dureté; il contient une grande quantité de bitume, et le fonds paroît en être de terre limoneuse, parce qu'il laisse après la combustion une scorie vitreuse et boursouflée; et lorsque le limon ou le terreau se trouve ea trop grande quantité ou avec trt^ peu de bitume, ces charbons ainsi composés ne sont pas de bonne qualité : ib donnent également beaucoup de scories ou mâchefer par la combustion : mais tou& deux sont très-bons lorsqu'ils ne contiennent
Su'une petite quantité de terre et beaucoup e bitume.
On trouve donc dans ces immenses dépôts accumulés par les eaux la matière tégétale dans tous ses états de décomposition ; et cela seul suffîroît pour qii*il y eût des charbons de qualités très-différentes. La quantité de c^te matière anciennement accumulée dans les entrailles de la terre est si considérable, qu'on ne peut en faire l'estimatioii autrement que par comparaison.
Or, une bonne mine de charbon fournit seule plus de matière combustible que les plus vastes forêts ; et il n'est pas à craindre que l'on épuise jamais ces trésors de feu , quand même l'homme, venant a manquer de bois, y substituerait le charbon de terre potir tous les usages de sa consommation.
Les meilleurs charbons de France sont ceux du Bourbonnols, de la Bourgogne, de la Franche-Comté, et du Uainaut; on en trouve aussi d'assex l)ons dans le Lyonnois , l'Auvergne , le Umosiu , et le Languedoc ; ceux qu'on connoit en Dauphiné ne sont que de médiocre qualilé. Nous croyons devoir doiuier ici les notices qUe nous avons recueillies sur quelques-unes des mines prineipales qui sont actuellement en exploitation. . On tire d'assez bon charbon de la mine d^Épinac, qui est située en Bourgogne, pi^ du village de KésiUe, à quatre lieues d'Âutiu; oa y conooh pluiieiuts \èiiteii qui Be
dirigent toutes de l*cst i foueit, sIMittant au nord de trente à trente-claq tltePès *.
Celle qu'on exploite actuellement iFik pas d'épaisseur réglée : elle a ofdinaîreiifènt sept à huit pieds, quelquefois douze à quittée ; d'autres fois elle n'en a que quatre. Son mur a toute la consistance nécessaire; mais le toit , composé d'un schiste friable et d'ttiie terre limoneuse que l'eau dissout Tacilement, s'écrouleroit bientôt si on ne Tétaydit ^s de bons boisages et par des massife pris dans la veine même. Le charbon de cette même mine est très-pyriteux : aussi n'est-ii nullement propre aux usages des forges, la quantité de sou£re que produiseUt les pyrites devant corroder et détruire le fer ; cependant il se trouve dans l'épaisseur de la veine de petits lits de très-bon charbon , qui seroit propre à la forge s'il étoit extrait et trié avec soin.
La mine de Mont-Cenis, ainsi quét^elle de Blansy et autres des environs , sont dirigées de l'est à Touest , et s'inclinent vers le nord de vingt-cinq ou trente degrés. On exploite deux veines principales, dont les épaisseurs varient depuis dix jusqu'à quarante^ cinq pieds. La première extraetion, comme celle de la plupart de nos mines de Firance, a été mal conduite ; on Pa eommenoée paf la tête de la veine, en sorte que les ouvriers sont souvent exposés à percer dans les ou-^ vrages supérieurs , et à y éprouver des ébouleniens. Le lit de cette mine de Mont-Ceni»
est un schiste très-dtit et pyriteux, d'im pied d'épaisseur, dans lequel on voit de»
empreintes de plantes en grand nombre. Le charbon de la tète de cette mine est fort
SyriteUx , mais celui qni se tàstt phis profi>i>' ément Test beaucoup moins ; et ', en géné« j'ai, ce charbon a le défaut de s'émietter li l'air : il faut doue l'employer au sortir de la minière ; car on ne peut le transporter an loin sans qu'il subisse mie grande i^ératiott et tombe en détrimens* Bans cet état de décomposition il ne donne que très-peu de èhaleur et se consume en peu de temps, au lieu que dans son premier élat, an sôltir de la mine , il fait un feu durable.
Les mines de Rive-deOier, dans le LyoU'nois^ sont en grande et pleine exploitation.
t. Ui nine dit Cliainpagnejrj pris dp Béfort en Alsace, est inclinée de quarante-cinq degrés. Plu* les teirains sont bas , moins généralement les Ttoinet de cbarbnn de terre sont tnelinées; elles «ont méiii» itArisontales ddfis les pays de plaioe , et oe n'ctt que dans les aïonti^piies qu'elles auiit Ti«lemineot inclinées ; au reste » inclinaison des mines n'est nolla port aussi mar^néâ «t Aniii tuastllidt* qlia dadi !• paya de " * "
DU COÀlLltON DI tEERZ. Sa
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rèt^UBdiw de ce ctwrboo , •T w emlw M MieM wiulvère époque de cet incandi* DOC ; OB -nât tortir une fu- I de* cmaMOf da sBita ni- ).I1 TaauMimfiourgogu^ Gaclière , pria de Saint-Bade cbn'faDO •udammie qui née et une brte adeur da- OD De peut pai l«iM:ber mdi Wb qa on j « plcmgé leulene minute ; ce D'«t qu'une tritauw produite par l'eau anl cat endroit, et qu'on « en le deuëckint <. Û j a SaintitiaoBe en Forez ui)« n qm brtk depnii plui da auprès de laqiielJe on avait ifactate |iour tirer de l'ahin e celte Biuc brûlée ; et enlin M de Saint-Cbnnirâd , qù ■eut et profondéntenl.
: il ya tuBii beaucoup de char- I. i'abbé d« Sanvagee, tm.
', auure «l'il en eiJite difilani U diÛM in rallbea isAndusejaaqn'i Viileion; ilEBdae d'eniiran dis lïeuea
rais, In principaai endroiti n ckalna de to rre loet la iveoind, celui du Moiiillo», enia-l^rjfe-Noire , qui tous a même rnootigne, située k lie Heuk dfl la TiHe di< Riteeaux de leurs galerfe* l'é»
Gier, t>ti terrains de, Saïnlle, S»iut-PMil-en-jBnvsl,
mei de charbon. M. de La re deTAcadémie dm wirnoerre^acdant de celle de 10 dtacriplion délaiUée de*
tionnaii , par laquelle il I charbon ne le trouve qu'à ElenienE ch%reé de vitriol ; une autre i Mai- cent pieds dans certaim endrtnii , et i ceM de-KaniiBC, élection de Milhaud. On en a cinquante environ dans d^ulrps. Q y k HHSii découvert datu le bas limosin 1 nne . , ^„,, tmmawiiqii^» pu H. d* Mamma . le t lieud de Bourgaueuf, dans leseniîrantd'Ar- KpK^i.brE 17;;.
Ski
éèax Tciiies l'une au dettus lie l'antro , doot kl pins extérieure a depuis huit jusqu'à dixhuit pieds d'épaisseur d'un charbon propre aux maréehaux. La seconde Teine n'est séparée de la première que par un Ut de grès dor et d'un grain 'fin , de six à neuf pouces d'épaisseur ; ce grès sert de toit à la seconde veine , qui a dix à quinze pieds d'épaisseur, et dont le charbon est plus conqiacte que celui de la première veine , mais encore plus pyriteux.
Il y a du charbon de terre eu Dauphiné près de Briançon ; et entre Sésanne et Sei^ triches, dans le même endroit ou Ton tire la craie de Briançon; et à Ternay, élection de Tienne. Les charbons de Yoreppe, de Saint-Laurent , de la montagne de Soyers , ainsi que ceux du village de JfA Motte et du Yal-des-Gbarbonmers , qui tous se tirent poui l'usage des maréchaux , ne sont pas de bien bonne quatité. On en trouve en Provence près d'Aubagne à Pépin, route de lif arocelle ; mais ce chariion de la mine de Pépin répand , long-temps apiès avoir été tire de la mine , une odeur particulière et désagi-éable.
En l<Yanche-Gomté , la mine de Ghampa-
Sey, à deux lieues de Béfort, est très-abonnte , et le charbon ea est de fort boune qualité : la veine a souvent huit pieds d'épaisseur, et elle est partout d'nne égale bonté; elle paroit s'étendre dans toute la base du monticule qui la renferme. U y a plusieurs antres mines de charbon dans les environs de Champagney, et dans quelques autres endroits de celte province ^. Il y en a aussi quelques mines en Lorraine ; mais lexploitation n'en a pas encore été assez suivie , pour qu'on juge de la qualité de ces charbons.
' Il n'y a pmnt de mines de charbon dans
X. Les mines «te Ronchamp » en Fr«nc1ie*Comté , présentent un ph«iomène bien singulier, <ft que je n'ai vu nulle part. Dans les masses de charbon , im* médiatement sous les lames de pyrites plus parti* cuHArement que dans les couches de purs charbons, il se trouve une couche légère de charbon de bois hitn caraetérisé par le brillant , la couleur, le tis.su fibreux, une consistauce pulvérulente, noircissant ^es doigts ; et lorsqu'un morceau de houille contenant des lames de diarbon de bois est épuré , qu'il «st encore ronge, et que l'on souffle dessus, le charbon de terre s'éteint , et celui de bois s'embrase de plus en plus.
L'on trouve fréquemment à la toiture de ces mines , parmi le grand nombre d'impressions de plantes de toute espèce, des roseaux (bambous) de trois à quatre pqlioes de diamètre , aplatis , et qui ne sont point détruits ni charbonifiés. ( Lettre de M, le Chevalin de Grignon à M. de Bu/fon, Betanfoo, le ay mai Z781.)
le Carobrésis; mais celles du Hainant sont en grand nombre , et celles de Fresnes et d'Auzin sont devenues fameuses. On a commencé à fouiller celle de Fresnes en 17x7, et celle d'Anzin en 17.34. On en tire aussi aux environs de Condé. Le charbon de ces mines est en général de bonne qualité; on assure même qu'il est plus gras et qu'il dure plus au feu ijue celui cPAngleterre : le charnon qui se tire à Fresnes est plus compacte que les autres, et pèse un dixième et plus que celui d'Anzin. Le charbon de Quiévrain, à deux lieues et demie de Yalenciennes, est aussi d'une excellente qualité. On a fouillé quelques-unes de ces mines jusqu'à sept cents pieds de profondeur. M. Morand dit que dans la mine de M. des Androuins, près de Charleroy, l'eau est tirée de soixantetrois toises de profondeur, et que le charbon esl placé à cent huit toises au dessous ; ce qui fait eu tout cent soixante-onze toises, ou mille vingt-six pieds de profondeur. ' Dans l'Anjou, l'on a trouvé des mines de charbon de terre à Concourson, à Saint- Georges de Châtel-Oison, à Doué et à Montreuii-Bellay. Les charbons qui se tirent
Eres de la surface du terrain ne sont pas si ons que ceux qui gisent à une plus grande profondeur; la veine a ordinairement de six à sept pieds d'épaisseur. Ce charbon d'Anjou est de bonne qualité ; cependant on n'a, de temps immémorial, trouvé dans celte province que des veines éparses sous des rocs placés à dix-huit pieds de profondenr, auxquels succède une terre qu'on appelle hoitilie, qui est une espèce de mauvais charbon, avant-coureur du véritable : les veines v sont très-sujettes aux creins, et par conséquent irrégulières; il y en a cinq de reconnues : leur épaisseur est depuis un pied jusqu'à quatre , et même jusqu'à douze pieds, suivant M. de Yoglie; elles paroissent être une dépendance de celles de Saumur, avec lesquelles elles se rapportent en tout. Leur direction générale est au levant au couchant.
Dans la basse Normandie, il se trouve dn charbon de terre à Litry, et la veine se rencontre à peu de profondeur et au dessous d'une bonne miue de fer en grains; elle se forme en plateur à quati'e cents pieds. Ce charbon , mêlé de beaucoup de pyrites, n'est que d'une quaUté médiocre , et il est à peu près semblable à celui qu'on apporte du Havre , et qui vient de Sunderland en Angleterre.
En Bretagne, il y a des mines considérables de charbon à Montrelais et à Languin, daa^ les environs de Nantes. L'on a aussi
DU CHAKBON DE ITEIOIE.
tenté des eif^itations à Quimper, à Plogo], et à Saint-Brieux, et Ton aperçoit des afflenremens de charbon dans plusieurs autres endroits de cette province.
On pourroit citer un grand nombre d'exemples qui prouveroient au*il y a dans le royaume de France des chartions en aussi grande quantité et peut-être d*aussi bonne qualité qu'en aucune autre contrée du monde. Cependant, comme c'est un préjugé établi, et qui jusqu'à présent n'étoit pas mai fondé, que les charbons d'Angleterre étoient d'une qualité bien supérieure & ceux de France, il est bon de les faire connoltre ; on verra que la nature n'a pas mieux traité à cet égard l'Angleterre que les autres contrées , mais que Tatteution du gouvernement ayant secondé l'industrie des particuliers , a rendu profitable et infiniment utile à cette nation ce qui est resté sans produit entre nos mains.
On distingue dans la Grande-Bretagne trois espèces de charbon de terre. Le charbon commun se tire des provinces de Newcastle, de Northumberland, de Cumberland, et de plusieurs autres ; il est destiné pour le feu des cuisines de Londres, et c'est aussi presque le seul qu'on emploie à tous les ouvrages métalliques d'Angleterre.
La seconde espèce est le charbon d'Ecosse ; on s'en sert pour chauffer les appartemens des bonnes maisons. Ce charbon est feuilleté et comme formé en bandes séparées par des couches plus petites que les bandes, et néanmoins plus marquées et plus distinctes à cause de leur éclat. Il se tire en grosses masses bien solides, d'une texture fine; et quoique formé de bandes et de petites couches, il ne s'effeuille point : il est bitumineux et brûle librement en faisant un feu clair, et tombe en cendres.
La troisième espèce, nue les Anglois appellent culm, se trouve dans le Glamorganslùre, et en divers endroits de cette province. C'est un charbon fort léger, d'uu tissu plus lâche, composé de filets capillaires disposés par paquets qui paroissent arrangés en auelques endroits de manière à repré^ienter dans beaucoup de parties des feuillets assez étendus, très-lisses et très-polis, lesquels, pour la plupart, affectent une forme cu*consente en portion de cercle, avec des rayons divergens. Ce charbon est peu ou presque point pyriteux; il brûle aisément et fait un feu vif, ardent et âpre. Dans la province de Goniouailles il est d'un très-grand usage, particulièrement pour la fonte des métaux , a laqudle on l'applique de préférence.
On trouve dans les comiés de Tf««!^tffr et de Chester une espèce de charbon qu'on n'apporte pas à Londres; c'est le kennel ou candle^oai : eonmiunément il sert de pieiTO à marquer, de même que ceux qu'on appelle le charhon de toit. Il se tire en grosses masses très-solides, d'une texture extrêmement fine et d'un beau noir luisant comme le jayet. Ce charbon ne contient aucune portion pyritense ; il est si pur et si doux , qu'on peut le tourner et le polir pour iaire des poteaux d'encrier, des tablettes, etc. L'on aperçoit smr certains morceaux des couches concentriques, conmie on en trouveroit dans un tronçon de bois. Ce charbon brûle facilement et se réduit en cendres.
On doit encore ajouter à ces charbons d'Angleterre celui qu'on appelle >Zût<*coa/, parce qu'il est presque aussi dur que la pierre, et que ses fractures sont luisantes comme celles du verre. La veine de ce charbon a deux à trois pieds d'épaisseur, et se trouve dans les environs de la Severne , au dessous de la veine principale qui fournit le best-cotU ou le meilleur cnarbon : il faut y joindre leyfoop-coa/des mines de Wedgbery, dans la province de Slaffbrd.
Il est fait mention dans les Transactions pliiiosophiques de Londres, année i683, de quelques mines de charbon , de leur inclinaison, etc. M. Beaumont en cite six qui probablement n'en font qu'une, puisqu'on les trouve toutes dans un espace de cinq milles d'Angleterre, au nord de Stonr-easton. Il a vu , dit-il , dans l'une de ces'mines une fente ou crevasse dont les parois étoient chargées d'empreintes de végétaux , et une autre fente tout enduite d'un hronze pyriteux formant des espèces de dendrites. Dans quelques unes de ces mines, les lits horizontaux étoient comme dorés du soufre qu'elles contiennent. U observe, comme chose eu effet singulière, qu'on a trouvé deux ou trois cents livres de bonne mine de plomb dans l'une de ces mines de charbon. Il ajoute que, de l'autre côté de Stonr-easion , c'estnàdire au sud-est , à deux nulles de distance, on voit le commencement d'une mine de charbon , dont la première veine se divise en plusieurs branches à la distance de quatre milles vers l'orient ; que cette miue, dont on tire beaucoup de charbon, exhale continuellement des vapeurs enflammées qui s'élèvent quelquefois jusqu'à son ouverture, et qui ont été funestes à nombre de personnes.
C'est probablement au feu de ces vapeurs , lorsqu'elles s'enflamment, qu'on doit attribuer cette poussière de soufre qui dore lea
a«6 Mmt^vx.
lits ^ oes «eitMr de dbariion : «ar 09 p'a trouvé du Muîte ea natiir» que dans Itf mines dont les vapeurs se sont enflamméesi ou qui ont été ellis mémaa eiabnisées ; on y ▼oit des fleurs de soufre adhérentes a leurj parois, et sous ces fleurs de-soufre il se trouve quelquefois une croAte de sel ammoniac.
Les fameuses mines de BIcwcastle ont été examinées et déeriles par M. Jars, de TA* cadémiedes Scleneef, tiés^rhabile mifi^alo" ^ste. R décnt aussi quelquM auti«s mines; celle de 'Whitehaven, netite viUe située sur les côtes occidentalcf ^Angleterre, qui fait vn grand commerce de efaarboii de terre. La montagne eà s*eiploite la mine a environ cent vingt toises perpendiculaires jusqu'afi plus profond des travaux : 00 compte dans cette nauteiir une vingtaine. de co^idies différentes; mais il n'y eu a que trois d*ex- Sloitables. Leur pente est communément 'une toise perpendiculaire sur six è sept toises de longueur.
La première de ces eoucbes exploitables est séparée de la seconde par ws roches d'environ quinse toises d'épaisseur; elle a depuis oHatre jusqu'à cinq pieds d'épaisseur en charbon un peu pierreux et d*une qualité médiocre : on n'en extiait que pour diauffer les chaudières où l'on évapore l'eau de la mer pour en retirer le sel.
La seconde couche est de sept k huit pieds d'épaisseur ; le charbon y est divisé par deux.difiërens lits d'une terre trf|s-dure et de couleur neirâti», qu'on nomme meitle :
cette terre est très-vitrmiique et s'efiQeurlt à l'air. La ceiiche supérieure de mgfile a un pied d'é p ais s eur, et i'inlerieure seulement
3uatre à cinq pouces. On distingue la vei^e e charbon en six lits, dont li^ charbons portent dil66reB$ noms.
Des teou grandes oouebes ex^oitables, la troisième, qui est d'environ vij»g|l toises plus basse que la Seconde, est la meilleure; elle a dix meds d'épaisseur, et elle est toute de bon charbon, sans aucun mélange de mett/e.
On rencontre souvent des déraugemens dans les veines, principalement dans leur inclinaison ; le rocher du toit , et surtout eehii du mur, font monter ou descendre la veine tout à coup. Il y a un endroit où elles sont éloignées de quinze toises perpendiculaines de la ligne hiNrizoutaie ; d'ajutres fois , «es reehei*s coupent presque entièremeut les couches, et ne laissent apercevoii* qu'un j>elit filet eu une trace presque imperceptible de la veine.
M. Jars faiteneore mention des mines de
Worsleg dans le çpmté de Lancastre, dont la pente paroîl être de deux uk^iÊ mé sipfei? et dont le charbon est moins bitumineux et* moins bon que celui de Newcartle, qoonnift la nature des rochers soit la même ; mais In veine la plus profonde n'est qu'à eingt teîses. Il en est de même, à tous égards, dm nmiéft du comté de StafTord.
« En Ecosse, il y a, dit M. Jars, an vii»
lace de Carron , près de Palkiroh, plusienn mmes de charbon qui ne sent qu'à une demi-lieue de la mer. ... Il y a trois con* ches de churbon l'une sur l'autre que l'on conuoit ; mais on ne sait pas sHI y en a de plus profondes. . . Il y en a une à qmamiAù toises de profondeur , qui est la première t la seconde à dix toises plus bas, et la troi* Même à cinq toises encore au dessous de ht seconde. La pente de ces couches, qui est dn cdié du sud, est d'une toise sur dix à donie... Mais ces veines varient comme dans presque toutes les mines : quelquefois elles remoi»> tant et forment entre elles deux plans inclinés. Dans ce cas , la veine 8*appau«rit, diminue en épaisseur, et est qiielquciais.en* tièremeni coupée, continuant minsi jusqn'à ce qu'elle reprenne son inciinalsen ordinaire. ... La seconde couche a treîs et quatre pieds d'épaisseur ; sa partie supérieure est composée d'un charbon dur et eempactc, faisant un feu clair et agréableé . . . On l'envoie à Londres , où il est préféré à celui de Newcastle pour brûler dans les apptrtemens.
La partie du milieu de la condie est d'nne Qualité moins compacte; son ehaiiion est leuilifté et se sépare par lames conwie le schiste. Entre les lames il ressemble parfaitement à du poussier de charbon de beis. On y peut ramasser aussi une poudie notre, qiii teiiil les doigts comme fait le diarbon de bois. ... Ce charbon , qu'on nomme eiadcocd, est destiné pour les forges de fer. La couche inférieure est un charbon très^ompacte, et souvent pierreux près du mur; il se consomme dans le pays.
« Les mines de diarbonr de Kinneil , près de la ville de Bousron- Sloness en Ecosse , sont au bord de la mer. La disposition de leurs couches et la qualité du charbon sont à peu près les mêmes qu'à Garron.
« Les environs d'Édimhourg ont aussi plusieurs mines de charbon. ... Il y en a une à trois ou quatre milles duc^ do sud, où il y a deux veines parallèles, d'environ quarante à cinquante degrés d'indinalHon du côté du midi ; ce qui est tout-à-^it controiFO à rincliuaison des couches du radier qu'on voit au jour et dafts la mer à denx oa tsois