DES MATIÈRES
tant , si durable, qu'il semble que toutes les. substances combustibles de la surface de la Cerre ne sufliroient pas pour alimenter pendant des siècles une seule de ces fournaises dévorantes : mais si nous nous rappelons ici que tous les végétaux produits pendant plusieurs milliers^ d'années ont été antrainés par les eaux ou enfouis dans les profondeurs de la terre, où leurs huiles converties en bitume les ont conservés ; que toutes les pyrites formées en même temps à la surface de la terre ont suivi le même cours, et ont été déposées dans les profondeurs où les eaux ont entraîné la terre végétale; qu'enfin la couche entière de cette terre , qui couvroit dans les premiers temps les sommets des montagnes, est descendue avec ces matières combustibles pour remplir les cavernes qui servent de voûtes aux éminences du globe , on ne sera plus étonné de la quantité et du volume ni de la force et de la durée de ces feux souterrains. Les pyrites humectées par Teau s'enflamment d'elles-mêmes ; les charbons de terre , dont la quantité est encore plus grande que celle des pyrites , les limons bitumineux qui les avoisinent, toutes les terres végétales anciennement enfouies, sont autant de dépôts inépuisables de substances combustibles, dont les feux une fois allumés peuvent durer des siècles de siècles , puisque nous avons des exemples de veines de charbon de terre dont les vapeurs , s'étant enflammées, ont communique leiu* feu à la raine entière :de ces charbons qui brûlent depuis plusieurs centaines d'années, sans interruption et sans une diminution sensible de leur masse.
Et l'on ne peut guère douter que les anciens végétaux et toutes les productions résultantes de leur décomposition n'aient été transportés et déposés par les eaux de la raer à des profondeurs aussi grandes que celles où se trouvent les foyers des volcans , puisque nous avons des exemples de veines de charbon de terre exploitées à deux mille pieds de profondeur ' , et qu'il est plus que probable qu'on trouveroit des charnons de terre et des pyrites enfouis encore plus profondément.
Or chacune de ces matières qui servent d'aliment au feu des volcans doit laisser après la combustion différens résidus, et quelquefois produire des substances nouvelles : les bitumes en brûlant donneront un résidu charbonneux , et formeront cette épaisse fumée qui ne paraît enflammée que