‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémensChapitre 116 sur 161 · DE LA PYRITE MARTIALE · texte numérisé non relu

DE LA PYRITE MARTIALE

Je ne parlerai point ici des pyrites cuivreuses ni des pyrites arsenicales; les premières ne sont qu'un minerai de cuivre; et les secondes , quoique mêlées de fer , diffèrent de la pyrite martiale en ce qu'elles résistent aux impressions de l'air et de l'humidité, et qu'elles sont même susceptibles de recevoir le plus vif poli. Le nom demarcassites, sous lequel ces -pyrites arsenicales sont connues j les distingue assez pour qu'on ne puisse les confondre avec la pyrite qu'on

appelle martiale^ parce qu'elle contient une plus grande quantité de fer que tout antre métal ou demi-métaL Cette pyrite, quoique très-dure, ne peut se polir et ne résiste pas à l'impression , même légère , des élémens hnmiaes; elle s'effleurit à l'air, et bientôt se décompose en entier. La décomposition s'en fait par une effervescence accompagnée de tant de chaleur, que ces pyrites amoncelées, soit par la main de l'homine, soit par celle de la nature, prennent feu d'elles-

DE LA PARITE MARTULE

mêmes dès qu'elles sont humeetées ; ce qui démontre qu'il y a dans la pyrite une grande quantité de feu fixe; et comme cette malière du feu ne se manifeste sous une forme solide que quand elle est saisie par Tacide , il faut en conclure que la pyrite renferme également la substance du feu fixe et celle de Tacide; mais comme la pyrite elle-même n'a pas été produite par l'action du feu , elle ne contient point de soufre formé , et ce n'est que par la com* bostion qu'elle peut en fournir ^ Ainsi Ton se borne à dire que les pyrites contiennent les principes dont le soufre se forme par le moyen du feu, et non pas à affirmer qu'elles contiennent du soufre tout formé. Ces deux substances, l'une de feu, l'autre d'aTcide, sont, dans la pyrite, intimement réunies et liées à une terre souvent calcaire qui leur sert de base , et qui toujours contient une plus ou moins grande quantité de fer; ce sont là les seules substances dont la pyrite martiale est composée ; elles concourent par leur mélange et leur union intime à lui donner un assez grand degré de dureté pour étinceler comme lacier; et comme la malière du feu fixe provient des corps organisés j les molécules organiques que cette malière a conservées tracent dans ce minéral les premiers linéamens de l'organisation eu lui donnant une forme régulière, laquelle , sans être déterminée, a telle ou telle figure , et néanmoins toujours achevée régulièrement, en sphères, en ellipses, en prismes, en pyramides, en aiguilles , etc. ; car il y a des pyrites de toutes ces formes différentes, selon que les molécules organiques contenues dans la matière du feu ont, par leur mouvement, tracé la figure et le plan sur lequel les particules ont été forcées de s'arranger.

La pyrite est donc un minéral de figure régulière et de seconde . formation , et qui n'a pas pu exister avant la naissance des animaux et des v.égétaux ; c'est un produit de leurs détiimens plus immédiat que le soufre, qui, quoiqu'il tire sa première origine de ces mêmes débimens des corps oi'ganisés , a néanmoins passé par l'état de pyrite, et n'est devenu soufre que par l'effervescence ou la combustion : or, l'acide, en

X. On pourra dire qne la >combastion n'est pas toujours nécessaire pour produire du soufre , puis* que les acides séparent le même soufre , tant des pyrites que des compositions artificielles dans les* quelles on a fait entrer le soufre tout formé ; mais cette action des acides n'est-eile pas une sort« de combustion , puisqu'ils n'agissent que par le- feu qu'ils contiennent ?

se mêlant avec les huiles grossières des végétaux , les convertit en bitume ; et saisissant de n^éme les parties subtiles du feu fixe que ces huiles renfermoient , il en compose les pyrites en s'unissant à la nuttière ferrugineuse , qui lui est plus analogue qu'aucune autre par l'affinité qu'a le fer avec ces deux principes du soufre*, aussi les pyrites se trouvent-elles sur toute la surface de la terre jusqu'à la profondeur où sont parvenus les détrimens des corps organisés, et la matière pyriieuse n'est nulle part plus ahondanie que dans les endroits qui en contiennent les détrimens , comme dans les mines de charbon de terre , dans les couches de bois fossiles, et l'argile , parce qu'elle renferme les débris des coquillages et tous les premiers détrimens de la nature vivante au fond des mers. On trouve de même des pyrites sous la terre végétale, dans les matières calcaires , et dans toutes celles où l'eau pluviale peut déposer la terre limoneuse et les autres détrimens des corps organisés.

La force d'affinité qui s'exerce entre les parties constituantes des pyrites est si grande»

Sue chaque pyrite a sa sphère particulière 'attraction ; elles se forment ordinairement en petits morceaux séparés , et on ne les trouve que rarement en gi*ands bancs ni en veines continues > , mais seulement en petits Uts , sans être réunies ensemble , quoique à peu près contiguës et à peu de distance les unes des autres : et lorsque cette matière pyriteuse se trouve trop mélangée, trop impure , pour pouvoir se réunir en masse régulière , elle reste disséminée dans les matières brutes , telles que le schiste ou la pierre calcaire , dans lesquelles elle semble exercer encore sa grande force d'attraction ; car elle leur donne un degré de dureté qu'aucun autre mélange ne pourroit leur communiquer : les grés mêmes qui se trouvent pénétrés de la matière pyriteuse sont communément plus durs que les autres ; le charbon pyriteiix est aussi le plus dur de tous les charbons de terre. Mais cette dureté communiquée par la pyrite ne subsiste qu'autant que ces matières durcies par son mélange sont à l'abri de l'action des élémens humides : car ces pierres calcaires, ces grès, et ces schistes si durs , parce qu'ils sont py > riteux, perdent à l'air en assez peu de temps

a. II 7 a dans le comté d'AIais en Languedoc tine masse de pyrites de quelques lieues d'étendue , sur laquelle on a établi deux manufactures de yitriol : il y a aussi près de Saint-Dizier en Champagne un bano de pyrites martiales dont on ne connoit pas l'étendue ; et ces pyrites en masses continues sont posées sur un banc de grès.

i4a MaiÉftAux

niHi fléiilMMit Imrdluvléi nus vùètàè leur

CBittUtliice;

te feu ftx« , d'abord eontenti dans 1m e0rM organiëés» tété, fiendantleurdécoiafioniioa i s«ist par l'acide , «i tous dent»

réurrii à la teaiièrH férrugliiDiise , otit foMiié ûeê pjHiei tnartiale» eft tréd-grande quant ité| dès fë t6iii|ift dft ia tiAissanois M de la pttmièth iti^t û%à flfilmatik et des végétaux i c'est à feétt«éi)oqtië, ]iH!M}Ue aussi àdclèfina qtie e«Ué de Hl MttisMnee des coqtlillâgëi , <|u'il hltti HppohMF le tèihfa de ta fbrttia- ■tldh de^ l!0(irhes de 4a tèfre têgétâlè et dtt chârboti dé teife; «t aaiii les amas de py» rites t(»l tf Ht fàît i ^n s'écb&ufTtînt d'elles^ lilèirtë», le prettiièr fbyef dès ▼dicàfas. Tontei (f^ MAtières coilihilstiblêii sdilt eticore adjt)Hbcl'htli l'àlbtient de leurs Tèut , et la criâi\^ prefhlèré du sëuffe qu'ils exhalent ; et coMtàiè fltatii Fùsilge qde rhotitmë a h\t dû ÏM ¥it!n rite déthiisôU lès iégétau* que léUr i'eiasié, la quitiitlté de thâtlèfë té^tale accumulée pendant ces ^rébtiert âgés est iittfiit;d$e : ailssi s'est- il fortfié de^ p^^ites dans fb\i9 ]eé HetiJI: de ÏA téhè , sans compter lei élWl'bdhs , qui doireM être regardes cbtnme IH 1%H^5 pi*ékied:( de cette âHéienne riidtîèrë fl^éfële, hui s'eit hbnSerVêe dati^ sdd b»hiMé «i soti huilé, iietëbuë bituibe par le ihéidngl! de l'tfcidfe.

Le Wfumg Éi M llllltfè^ë pyrrtetl«6 pfotfîtinhêtlt dotië égalèidènt dë§ ét^fpë df g^tiiséj } le jpr^îdiël' éh éit t hbilë , et la Secondé là ShBsbthce dit feU fixe, Tutt et l'autre kitiiê pàt l'fteidë : lâ difféi'Ênbë eâseniieltfe entre lé bithlhë éft lâ pjrïté mat«fhle cdusiâtë ëd eè ^tle lâ pyHtc ne Coiitlent pblut d'huile, M\i du feu fitë, de Tâbidë, et du fef; or ndti5 tettôilé que le fëi* a lâ plus grafidc âffifrltê atëc )è feu filé et i'âcldë, et lidtiâ â^mi déjà démdfltfé qtlë ëë métal, cdrttenu étt ââSëÉ grande qtmtltlté dails tous les cbrpâ ôt^dhhés , âë rêutiit eti gt-sifis et &t régéiièrë 6}ifiÈ lâ terre iré^étale, dont i\ fait partie ét^^tiluatlte. Gë sotlt dotië cèâ mêmes parties ft^i'UginëUsëâ dlâsémihéeS dans \A të^re végétale, qtlë fa jiyrite s^approprîë dafis ââ idt-tnatlôn , en téS dénàturaill au pôiilt qUé, quoique ëoutenant uiie grande quantité dé fër , la pyrite be peut pas être fiùsë au nombre dèâ ifîiiieS de fer , dont les plus pauvres dotlrteiit pttis de métal que les pyrites les tflUs ricbës be pëUtént en fendre , surtout aauâ les trâvâdJi en grand, parce qu'elles brûlent plus qu'elles ne fondent, et que, pour en tirer le fer, il faudrait les griller pitfsienrs fbis; c6 qui seroit âUsSl long que dispendieux, et ne donneroit pas encore

ane «luti boant ftata que lés vriAet ariiMs de fer.

L» matière pyriteusé odntemife défit la CDOche uniTerselic de la terre Tégétate Mt quelquefois divisée en parties si tétioM,

au 'elle pénètre a^ec l'eau non ècfiUhiMfiit ans les joints des pierres calcaires , mais même à traters leur masse, et qtie . se riilemblant ensuite dans quelque oa^ité, elle y foimè des pyrites maflsites. M. de LdâiOiie en cit6 un exemple dans les citHèrM de Cotopiègiie, et je puis tdtifirmer ce Hii par plusieurs autres semblables. J'ai tu, daiB tes derniers bancs de plusieurs eâfrières de pierre et de marbre , dtjS pyrites en petit te masses et en grand nombre , la plupart pièces et arrondies^ d*aUtres angtdeuSëë ^ d'atitrès â pëti pré» «phérique», etc.; j'Altù qu'au dessious de ëë dernier batic de pierre Gtilëaire qui étoit ^tué sous lëS aîitres, à pluâ de cliquante pieds de ]irofoddëur , et qui portdit immédiatement sur la gltfisé , il ^étoit formé un petit lit de pyt-lfës aplaties ërithc la pierre et la glaiâe ; j'eti âl Vu de même ââtii l'argile é d'assez ^f>andéâ profoildëtiH , dt j'ai sUitt dans cette argile lâ tfàëë dé la térfe tégétalë avtx laquelle la lilâtièi^ j)yritéUSë êtoii descendue par la filtrâiidù des eaux. L'oHgittë des pyrites mâHialeâ, eh (fdeique llëu qu'elle^ èë trddvetii , itie pâroit doue biëti constatée ; elles provlëridëitt, daHf la tëi-rëté^êtâlè, des detHthëns dés ëôrWs 6rgariîséS ldfs(|u'ils se rfenconirëiit atcfc l'àctde , et elles j(ë iroiiiebt partout dâ ces dêtrimenS Ont été trârtspdrtês âuclëbnëitiënt (lâf lès eâui de lit inër , dU infiltrés dalis dë^ téihpâ plus moderdeS par Ie4 ëàiiit pititlftîei.

tomfbe lëâ pfriieÈ ont m pbiâi proSqttc égal é celui d'ub métal, qu'elles oht âtisâi le luisant métallique, qu'enfin ellëà se trdttt^etlt quelqtiefoijs dans \H terrains Vbisids des biines de fti* , an les a souvent prlseâ pont de vt-âfc'S mltieâ. Cepetidatit il ef,ï trè^diâé Ûe be s'y pas méprendre , même h fft prémièfë^ inspection ; car elles ôdnt toutfeS d'uiië fî^tn-e décidée , quoique irfégulièfe et souvent difFcfentc : d'âilleU^s oti ne les trouve gu(.rë mêlées cii qitàntltê âtéc la t^iuc de fer en crains; s'il s'crt fencontre daris les ml ries de fef* en grandi'S masses , elles â'y sont fermées 4 comme dans les bancs de pierre , par la ûltiation des eauji : ëllëé sotlt âus^ plus dures que les mines de tet ; et lorsqu'on les mêle au fourneau , elles les dé** datnrent ou les braient au lieu de les faire fondre. Elles de sont pas disposées , comme les mines de fer , en amas et en coucbeâ ,

DE LA FtAnft MARTIALE.

mais toUjôiJft âisfklHl^, otî àh mo\bk )i^ parées les Unes des autres, inêMe dans lëS petits lits ou elIeA âont les ^lus c6titigiiê&.

Lorsqu'elles âfe trouvent aintJiiceléfes dâfti ie iein de la tètte, et (Juë t'hiirrfidilé çeUt arriver a leur ânias, elles prdduiseht les fed* soUiérrains dont lés gWttds effets ttous sôrtt rçpt-ésentês pdt \t& tdlcatl», et les ihoiddl^ teffets.pât la chaleur deS éëttx Iheitaalëîi »l par les sources de bltilme fldidè que cette ckàleur clèvè par distillation.

ta pyrite, faiii parolt n*être qti^Uilê Matière ingrate et méthe ndsîblé, est ntthmoins Uli deà pHncljiâul Itislrumeni dont àë sèi-i ià iiattiré pdur repi-odUlfe ie ^lu^ ndblë

da t9i» Mi éléaiM; iite • rU flu iti é te* cette tiiatlèni Yilé !• plot pi^iem de am tfèion, e« taii fin, ee fini ileré qu*«lle l^dit dépirti ftUK êtres «rpiniiAi, taat îm^ rémiMioii d« la lumière du soleil que par h dl»h*ur dobee dont jtfuit 9à propre le %\ûbé de la terre.

Jè retiTOle atix aHides ftuhransee que bous atotts à dire tant au sujet des marcaisiits ()tie §ur lei p)rrites jaunes cuiTreùsest les Madches arsiniealesf les galènes du plomb»

et en général sur les minerais métalliques , dibni la plupart ne sont que 4es pytiles plus dtt «okil néftéel do aétaL

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DE3 MATIÈRES YOLCAinQUES.

Sous té fidni de inat^rés ^IdtAîqati; fè n^entehds paâ comprendre tdtites les Màtiërës rejetéeS pat* ^explosion éi^ vdleans, itiali sëùlemeiit celles qui dnt été produites ou dénaturées par Faction de leui*s fbdt. Va volcaii, datis tiné grârlde értltllloti ailhôticée par les lùoiivetnetis bdtltulsi» de la' terré, soulève, détaché 4. et lance au foin les rt>cherâ , les sàhleà , îél lerres , touteâ lé» ifràséès, en Un mot , i|Ul S*optioâënt 1 l^exercice de ses forces : rlefa ne pfeut résister à Télémeut terrible doht il est atiimé. L*oeéàn de feu qui lui âèrt de base agite et f^it trembler là terre avant dé J'ètitr'diitrlr ; leS résistances qu'on croiittit invincibles font fbr- (;jses de livrer passade i seâ fldti enfihmfnés ; i\$ enlèvent âvee edi teà b&nt*â entiers on en débris des pierreS les plus dUH», les plus pesantes, cdmine les coiirbes de terre les plus légères ; et , projetant le tout satiâ ordre et sans distinction, chaque volcatt fdrme au dessus et autdur de âà mdUfa^tie des coltlbetf de dccombrejt de cëâ niétneâ matière», qui faisoieot auparavant la partie lit plus solide et le massif dé sa base.

On retrouve dans ces amai immenses de pierres projetées leâ mêmes sortes de nieri'es vitreuses ou calcaire» , le» mêmes sanles et terres, dont les Une», n^ayaUt été que déplacées et lancée» , sont demeurées intactes, it n*ont reçu aucUne atteinte de Taction du eu; d'autres qiii en ont été sensiblement altérées , et d^autres enfin qui ont »nM une si forte impression du feU , et sonfRîrt dfl si grand changement, qu*elle» ont pour ainsi dire été transformée» , et semblent avoir pris

tntè aatare ikoavclle et différeato de ceHe de toutes Iw Biatièrafe qui aaistoieni auparatant.

Au»»i atons*noiis cm devoir disiinaoer dans là fliatière purement brute deu& elats dlrtéf^ns 4 M en faire deux classes séparées > ; le première composée des produits imaiiédiat» dn feu primitif , et la seconde despro* dults seeaiidaires de ees foyers particuliers de la iiattil« dans lesquels elle travaille en petit comme elle opéroit en grand dans le fbyer gèuéml de là vitrifiration dit globe ; et mêoM sas traf aux s'eaercent sur un plus ^dd iRNnbne de substances et sont pluft variés dan» l«i volcans ifn'ils ne pouiFoient l*être dans le feu primitif» parce que toutes les matières do seconde fimnation n'existoient pas encore « les argiles, la pierre ealeftire, la terre végétale, n'ayant été produites <|ue postérieurement par rintCrméde de feau; au lieu one le feu des volcans agit ior toutes lei substances ancionnes ou ooutelles^ pures on anclangées» éur celles qui ont été produites par le fitta primitif comme Sur «elles qUi ont été formées par les eauK , MIT les sobstances ei^anisées et sur les masses brutes ; en sorte que les matières volcaakfues se présentant sdUs des formes bien plu» ditersifiées que eeHès des asatières prilititi««s.

Noos avons reebrilli et rassemblé pour le Cabinet du Roi une grande quantité de ces productions de volcans ) nous avons profité de» reeherelies et des obiervatiens de plu-

t. Vajm le prMder arlitls es «flts htttuir* A» minéraux.

sieurs |»hysiciens qui , dans ces temps , ont soigneusement examiné les volcans actuellement agissans et les volcans éteints : mais, avec ces lumières acquises et réunies, je ne me flatte pas de donner ici la liste entière de toutes les matières produites par leurs feux , et encore moins de pouvoir présenter le tableau fidèle des opérations qui s'exécutent dans ces fournaises souterraines, tant pour la destruction des substances anciennes que pour la production ou la composition des matières nouvelles.

Je crois avoir bien compris, et j'ai tâché de faire entendre , (»Hnmeat se fait la vitrification des laves dans les monceaux immenses de terres brûlées, de cendres, et d'autres matières ardentes , projetées par l'explosion dans les éruptions du volcan ; comment la lave jaillit en s'ouvrant des issues au bas de ces monceaux ; comment elle roule en torrens, ou se répand comme un déluge de feu , portant partout la dévastation et la mort; comment cette même lave, gonflée par son feu intérieur, éclate à sa surface, et jaillit de nouveau pour former des éminences élevées au dessus de son niveau ; comment enfin , précipitant son cours du haut des cotes dans la mer, elle forme ces colonnes de basalte qui , par leur renflement et leur effet réciproque, prennent une figure prismatique , à plus ou moins de pans, suivant les différentes résistances, etc. Ces phénomènes généraux me paroissent clairement expliqués ; et quoique la plupart des effets plus particuliers en dépendent , combien n y a-t-il pas encore de choses importantes à observer sur la différente qualité de ces mêmes laves et basaltes , sur la nature des matières dont ils sont composés , sur les propnétés de celles qui résultent de leur décomposition ! Ces recherches supposent des études pénibles et suivies ; à peine sont-elles commencées : c'est pour ainsi dire une carrière nouvelle , trop vaste pour qu'un seul homme puisse la parcourir tout entière, mais dans laquelle on jugera que nous avons fait quelques pas , si l'on réunii ce que j'en ai dit précédemment à ce que je vais y ajouter'.

Il étoit déjà difficile de reconnoitre dans les premières matières celles qui ont été produites par le feu primitif, et celles qui n'ont été formées que par l'intermède de l'eau ; à plus forie raison aurons-nous peine à distinguer celles qui, étant également des produits du feu, ne diffèrent les unes des autres

T. Voyez l'article entier de» F'otewuy tome I , et les Époques de la Nature^ tome II.

MINERAUX, derniers

qu'en ce que les premières ii*ont été qu'une fois liquéfiées ou sublimées , et que les dernières ont subi une seconde et peut-être une troisième action du feu. En prenant donc en général toutes les matières rejetces par les volcans , il se trouvera dans leur quantité un certain nombre de substances qui n'ont pa? changé de nature : le quartz , les jaspes, et les micas doivent se rencontrer, dans les laves, sous leur forme propre ou peu altérée ; le feld-spath , le schori , les porphyres et granités , peuvent s'y trouver aussi, mais avec de plus grandes altérations, parce qu'ils sont plus fusibles ; les grès et les argiles %'y présenteront convertis en poudres et en verres; on y verra les matières calcaires calcinées ; le fer et les autres métaux sublimés en safran, en litharge; les acides et alcalis deveuus des sels concrets; les pyrites converties en soufres vifs ; les substances organisées , végétales on animales , réduites en cendres. Et toutes ces matières mélangées à différentes doses ont donné des substances nouvelles, et qui paroissent d'autant plus éloignées de leur première origine, quelles ont perdu plus de traits de leur ancienne forme.

Et si nous ajoutons à ces effets de la force du feu, qui par lui-même consume, disperse, et dénature, ceux de la puissance de l'eau, qui conserve , rapproche , et rétablit , nous trouverons encore dans les matières volcanisées des produits de ce second élément :

les bancs de basalte ou de laves auront leurs stalactites comme les bancs calcaires ou les masses de granités ; on y trouvera de même des concrétions, de? incrustations, des cristaux, des spaths, etc. Un volcan cîst à cet égard. un petit univers; il nous présentera plus de variétés dans le règne minéral que n'en offre le reste de la terre , dont les parties solides n'ayant souffert que l'action du premier feu, et ensuite le travail des eaux, ont conservé plus de simplicité. Les caractères imprimés par ces deux élémens , quoique difficiles à démêler , se présentent néanmoins avec des traits mieux prononcés; au lieu que , dans les matières volcaniques , la substance, la forme, la consistance, tout, jusqu'aux premiers linéamens de la figure, est enveloppé , ou mêlé , ou détruit ; et de là vient l'obscurité profonde où se trouve jusqu'à ce jour la minéralogie des volcans.

Pour en éclaircir les points principaux , il nous paroît nécessaire de rechercher d'abord quelles sont les matières qui peuvent produire et entretenir ce feu , tantôt violent, tantôt calme , et toujours si gn^nd , si cons-

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