VOLCANIQUES
l'eau dllsoat et dépose en fçrme de ramification^.
A l'égard de la figure prismatique que prennent les basaltes, notre observateur m'en a remis , pour le Cabinet du Roi , des triangulaires, c'est-à-dire à trois pans, qu'il dit être les plus rares , des quadrangulaires, des pentagones , des hexagones , des heptagones , et des octogones , tous en prismes bien formés ; et, après une infinité de recherches , il avoue n'avoir jamais trouvé de basalte à neuf pans, quoique Mulineux dise en avoir vu dans le comté d'Antrim.
Dans certaines laves que M. de Saint- Fond appelle basaltes irréguliers , il a reconnu de la zéolithe en noyau, avec du schori noir. Dans un autre basalte du Vivarais, il a vu un gros noyau de feid-spalh blanc à demi transparent, luisant, et ressemblant à du spath calcaire; et ce feldspath renfermoit lui-même une belle aiguille prismatique de schori noir. « Il y a de ces basaltes, dit-il , qui contiennent des noyaux de pierre calcaire et de pierre vitrifiabîe de la nature de la pieire à rasoir, et d'autres noyaux qui ressemblent à du tri poli. » Il a vu dans d'autres blocs de la chr}solithe verdâtre ; dans d'autres . du spath cah aire blanc, cristallisé et à demi transparent:
d'autres morceaux sont entremêlés de couches de basaltes et de petites couches de pierre calcaire; d'autres renferment des iragmens de granité blanc, mêlés de schori noir : il y en a même dont le granité est en plaques si intimement jointes et liées au basalte, que, malgré le poli, la ligne de jonction n'est pas sensible ; enfin dans la cavité d'un autre morceau de basalte , il a reconniPun dépôt ferrugineux sous la forme d'hématite, qui en tapisse tout Tintérieur, et qui est de coideur gorge de pigeon , trèschatoyante. On voit sur cette hématite quelques gros grains d'une espèce de calcédoine blanche et demi transparente; une des faces de ce même morceau est recouverte de dendrites ferrugineuses : et parmi les laves proprement dites, il en a remarqué plusieurs qui sont tendres , friables , et prennent peu à peu la nature d'une terre argileuse.
Il remarque avec raison que la pierre de galUnace , qu'on a nommée agate noire d'Islande, n'a aucim rapport avec les agates, et que ce n'est qu'un verre demi transparent , une sorte d'émail , qui se forme dans les volcans, et que nous pouvons même imiter en tenant de la lave à un feu violent et long-temps continué. On trouve de cette
3«i M|?rtRA|^
piimw d« galUn^ce nos f«i|t«Hifpt ^Uin^f, •nais dans les moniagries volcanique! dii Pérou. Lfsaiicieuf PéniTÎeitf la lr.«Yaiïloiefit pour en foire des miroirs t^ii ou a IroHvé»
dans leurs louil)«aus. Haift if ne i^ul pt^ confondre relie pieire de gallinace 4yec |a piètre k'i*u'as , oui est une niarrassile (font ils fîiisoieul aussi ()f« luii-oirs. i}n renr^r^tre dv même sur l'Etna et <iir le Vésuve (|Uf:|ques mon-eaux de gallinace, mais çn petjtç quantité, et M. de Sainl-Koud n'en a trpuvé qu'en un seul endroit (|u Vivarais, dans les environs dr Rwlieniaure. Ce morceau est toiil-à-fail semblable à la gaiiinace d'Islande; il est de même très-nuirrt d'unfî su|)$iî«npe dure donnant des étincelles ayee Taciff :
mais ou y voit des bulles de la grosseqr de la léte d'une épingle , (otites d*une t'pu(|eur exacte; ce qui paroil é|re une délpqpstratioii de plus de sa formation par le fep.
Indépendaunneiit de toiiies les variété; dont nous venons de faire mention, il sfi troiivf irès-fi-é(|iiemmeut dans li>« Iri'f^iqi voirai liftés des brechf. s et des poudiugnesqu^; M. de Sailli -Fond distingnt* aier rqis(|n i par 1(1 différence des niatiéi*es dont ils sqnl composés.
lA ]>oiiizolane nVst que le déirimeni de« malier»*s volcaniques; vue à |a loupe, elle pt■é.^ellle une multitude de gruins irrégujiers : on V voit aussi des points de srliorl noir c|é- •àciirs , el liTs-souvenl de petites pnrtipi(S (fe basahe pur ou allérr. (hi trouve c|e |a [ioii/zolane dans pi*e!Mpie (nus les cantons v(>iraiiiscs , particulièrement dans les environs dfs cratères; il y en a plu ifurs espèces et de dilTérenies coutciiis dan» |^ yi- Tarais, et en plus grande abondance dans (e Véiay.
El je crois qu'on ponrroil metlr^ fUt^f^i'fi an nuhibre des pouzzolanes ceMç'tn^ljcre d'un rouge ferrugineux qui se troiiy^ couvent enire fes cojicbfts des basaltes, qiioiqiiVlle lie présente comme une terre (iq(aire ^ni hap|ie'à \» kingiie et qui est grasse aq
t. C^» brA«-lieft 84* trouvent butiTetil en ^r^s* gniiitlr.^1 iiiaM«-s ; t'Qgli>r ewiluxtrulc e( \9 |)li>|)iir^ dr% insiisoiis (it* la ville dii Vny m Vélay ^V"* ^'"'' (trintp^ Um*'*' l'i'fclie y{»lcaiiM|tu' dnni il y a de ln*8-
E'rniifYs roclii-rs h l.i inon't»^iir ite t^aUK : cette rè«-|)e f%l queti|iieroîs en mas -es irrépilii^i'es : i|iaU ÎXMir l'xrflinirre elle es^ )i<tsée par c<)^(-^l-li Tort imisKes i|nî oui r|é |ir<KliiitfA uar les ('rii^>lifin.s de l'uiicien viiJi'Uii de f)aii)s. Il v :i i>rè^ du cb.ileàu dé HorhciiKiiiri' des niii^&fs enf»rlne<( a une aiitri- brèche ▼olc:i)ii<|ui' fnrînee \mt une iitultitlide de trè»'pei(l9 éclats irrrgulierv 4r basa|ie noir, dur «t sain , de qut'lque» grains de i»c|i<n-t uoir vitreux , lé tonlt cuiifondu çl nië^é de frusniens d'une 'pierre blan- ^itre , et tirant nrî peo sur là toaleor de rort
toucher, çn \^ rmf^mm^wffffU f^
y voit btr^MCPupdf p?illH(fi» de »rjio|-| ft^a», et .souvent même de^ pqrljpns de lay^ oui n'ouï pas encore ^tf déqa|||refs, e{ qui c^serveiit jgm^ les f?raj lere^ ^tj Iji ^\f; mus ce qui pi'Qitye sa fuQtprmit^ (|e f^inre. avep la puiizzo(aiie, fV^ qirçn prenanl dans cette malicre r^^uge c^jie qjij ^| |a plus liapte, la
{)liis p^teiisp, Q\\ en fait un çjinent avec de a cfi^ux vive, ft que, datis ce ciment , le liant (|e la |ei*re s'é\finou{(, et qiri) pren^ cQusi.s(ancç dans |'çau coqfim^ la plus eiçe]leiUe |)ou{zplaffe. -
\.çs poiizzoliines r^^ sont dofic pas des cendres, poi^unç tjuc|c|ur§ ailleurs roî»t*ecrit, m^iis de yji\\$ dèirimeps ^e§ l^iVes'et dès ^u- Irps nia|jei-(;ji yolcflui^cps. ^ij reste, if me paroit que potre sarani 9bser\aieur assure trop généraleinept qp'/V // j a point ait- vér^^bUs cendrçs d^i^ ies volçqns , cî qq^il n'jf e^i^t^ absolument ouç (a niatière d^ la lave cuite, recuite, calcinée, réduite ou eu scorie^ gr2)V(>lf!it9es op en poudre fine. D*a-
. da
bord il ipe seqible que . daps tout le cours dç son qpvrage , rautciir est dans ï idée que la lave se forme dans te goulfrè ou' fo}et même dq volcan, et qu'elle esi projetée hors dq craier^ soq^ sa forme it(|uulèei coulante, tjindJK qu'au cuntmire ta lave nie se fonne que dau9 les énijucnces ou monceaux ^e matières ardeiitfs rejelces et acrumiifêcs, aoit au dessus du cratère, epninie diuis le "V^éspvf , soit à qu<'l(|iie distaqcê dés boiicheï d-(>i'iip(io^. comme <|ans rKliia. la lavé n(^ $e ^)nne ôoiic que par uiievitrification pôs- Ifiieiire à* I éjection . et cette yitiifiçaîion ipe se tait que dans les niun^^e^iux de nialiçrès fi;ie(ées; ^-jle ne sort que du pipJ (je ces epiineuces ou inonceaux, A des lors fettp
3)(^licre Yilrjtiée pe cqniiçul eii effet point e ceiidi*es; mais les nu>n«eaux eiîx-iuénies çp coi^tenuienl en tf*ès-çiande (|uanti(é, et ce $n|i| ces cendres qui uni scr\i de; fondaut pour former le veri-e de (qijlé.s )e^ |a\e$.'^^ cendres sont laiicé**s (lois du gouffre ({es volcans, ei nrovi(rnii«'nl dt» siibsttinces com* |nisti|)|f^ qm scry^îiil d*aiimeii( à leurs feux; les p)riles, les l>i|iiiqt'S , et ^et^ ç|iarl)Q({S (|e teritï , tous les résidtts des végél<)ux et aui- (liiuix , étant (es seu.les malièfi s qui puisseul eolvêleiVir le Thu , il est de '""te ncces spe qu elles se reJuisent çu çepdres dans le foyer niètnp du volcan, et qu'elles sui\eat f^ torrent de ses projections : sitissi |)lusteur8 obscrv;t|eurs, iémpiiis qciiia/q-es'd^s A*uptiuns des volcans, ont très-|)ien reoonuM ]e.> cendres projetées, et quekniefois enipoitoes fort llmi pai'les vents; et sf, comme m dit M. de
DES MATIÀll^l^
a^i|i>ur 4ç!? ^«Çi?5"« vohaiis e^ciiUs, C. e$,i ^«fugi^eiii^ii; mrre (j'iVIlea o\\\ çliangé de iiaiure
5J9"S aj««terqii? çR^flre \c\ quelque^ qhsç^vî^^iqWS 4ç M. 4e SqiiH ^oi»^, q^i sujet de \^ ^n^iHtipi^ dc;^ l^qzzolritie^ tes |aves |>of/(Hises fvf fèdi^seiil en subie ç| ei^ pu^is^j^tv; les matières qtii qf^t %\iUi quç (orjç ç£|lriu^tioA saos se fondre deviennent friables, et forment une ex<-ellenle pouzzolane : la couleur en est jaunâtre , g;rise , noire o.u v^\\geâlre , en raison des différentes altérations qu a éprouvées la matière ferru}îin?use qu'elles contiennent; et il ajoute que c'est uniqiiemeul à la quantité du fer contenu dans les laves et basaltes qu'on doit attribuer leur fusibilité, dette dernIét-Q assp'^iou m^; parqi| trop exclusive : ce n'est p^s eu effet au fer, du luoin» au (îer seul , qu'on doit a(fv^>"*ir la fusibilité des laves : rVst diwsoiin cqnieMii da^is II s cendres rej^tées par le vo|oîinw(|u'^lr les ont dû leur première viiriiiri^tiou , ^t cVst au mélange des m'ilières vitreuses, ct)|« caires et salines, autant et plus qu'aux par-' lies Serrugiiteuses , qu'elles doivent la facilité de se foudre une seconde fois, ^.es bivea sfi fondent comme nos verres factices et connue toute autre matière vitreuse nicliuigée de parties calcaires ou salines : et en général tout mébugë et tonte composition produit la fusibilité; car l'on sait que plu.« les ma* tieres sont pures , et plus elles sont réfractairesau fen : le quartz, le jaspe, l'argile ef la craie pures y insistent également , tandis que (ouïes les' matières mixtes s'y tondent afisément: et cette épreuve sei'oit le meilleur moyen de distinguer les substances simples des matières couquisées, si la fusibilité ne dépendoit pas encore plus de la force à\i fen que du ntélange de^ 'matières; car, selon itioi, les subst nces les plus simples et les plus réfractatres ne i*ésisteroienl pas à celle action du feu si Ton pouvoit l'augmenler à un de^ré convenable.
En comparant toutes les observations que je viens de rappitrlrr, et donnuni même aux différentes opinions des observateurs toute la Videur qu'i;!les peuvent avoir, il me pa^ rôil que le feu de^ volcans peut piinbiiret des matières assez semblables aux porpliyres ef granités, et dans lesquelles le fèld spalh, le niica et le scboil se reconnoiisent sous leur forme propre; et ce fait seul une fois eonslaiè suffirofl pour qu'on di)i regarder comme ntus que vraisemblable la formation du porphyre «t du granité par le feu pri-
:ÇCIHX:ANTQtTES. ||p
mil if, et à plus forte raison celle des matiè-
■ • ' .. • '•, • '.■'4 7 1 • • » ■»♦■ *,i .tm-
res preu^ieres tiqnt tls sont C(mipo<^s.
iMais, dirà-t-on,' quelque sensibles que soient ces rap|)orls, quelque plciiisibles que paroisseht les cimséquenres »|Ue vous eu'tîh rez, n'avez-yôns pas annoncé que la figura^tiou dt' tous les minéraux n'est due lurâti travail des mo|ecuu;s organiiiiies. qui , ne pouyqni en pénétrer le foiiJ', i»ar la trop' gtant^e résistance d^ leur substance durepnt seulement tracé sur la sunerlieie les premiers linéainens de l'organisation, c^est-Àdire les irails de la figuration? Or il uV avoit point de corps organises dans ce premier temps où le feu primitif a réduit le globe en verre ; et même est-il croyable que daiis CQB f^iix de nos fourneaux ardens où Dous voyons se former des cristaux , il y ait deç niolécqlfts organique^ qui < qncuurent a la fornie régujièr** (|u'ils prennent ? ne suffîtil pas d'adnietire la puissance de rattraciioQ^ et l'exercicç de sa force par les lois i|e Taffinité, pour cono'vqir (|ue toutes les parliez hoinogctte^ se réunissant, cl es doivent |u*ef^ dre eu consc(|uence des figures i*cgiilierei^y et se préseiiter sous différentes forint^ relatives à leur dillérente nature, telles q(4e nous le^ vo)ons dans ces cristallisations?
IVla réponse à cette importante qiiestioti est qne , pour produire une forme régidierç) dans un solide , la puissance de raltrac|ioi| seuje ne sui'iit pas, et que l^flinité n étant que la même puissance d'aliranion, ses lois ne peuvent varier que par la diyersilé de figure des parti) nies sur lesquellts elle agit pour les réunir * ; sans cela loiite matière réduite à riiomogénéiié jirenilroji la forn^Q spliéricpie , comme la prennent les gonttei deuil, de mercure, et de tout au're iicpiid^ dans le temps de leur liipu'faction. Il fout donc nécessairement «pie lotis les corps qui ont des formes régulières avec des faces et des angles re(;oi\enl cette impression de figure de quelque autre cause que de lalTinité; il faut que cbaque atome soit déjà figuré avaiil d'être attiré et réuni par railinilé; et eomnie la figurai ion est le |u-einier Irait de rorgqnis<)liun , et qu a|Mes raltraclion il u*y a d'autre piiissiince aeii\e dans la nature que- celle de la clialeiir ei des mobVules or* ganiifiies qu'elle produit, il me semble qu*oo ne peut attribuer «pia ces mêmes élémeoi actifs le travail de la figurai mu.
L'existence des imiléctiles organiques a précédé celle des êtres organisés; elles son|
f. Vdjrx , dans Tbistnire naiur«tle dm quadrupèdes , l'article qui a pour Utr« de /« Haturt , té» eomde vu#.
MlNÉKÀtJX.
aussi anciennes que Vêlement du feu ; un atome de lumière ou de chaleur est par luimême une molécule active, qui devient organique dès qu'elle a pénétré un autre atome de matière. Ces molécules organiques une fois formées ne peuvent être détruites ; le feu le plus violent ne fait que les disperser sans les anéantir : nous avons prouvé que leur essence étoit inaltérable, leur existence perpétuelle, leur nombre infmi,. et qu'étant aussi universellement répandues que
les atomes de la lumière, tout concourt à démontriT qu'elles servent également à Vorganisation des animaux , des végétaux , et à la figuration des minéraux , puisqu*après avoir pris à la surface de la terre leur organisme tout entier dans Tauimal et le végétal , retombant ensuite dans la masse minérale , elles réunissent ions les êtres sous la même loi , et ne font qu'un seul empire de tons les règnes de la nature.
»^%%%v>%«%%»^^>%%%%%/»* ^ %%«>»<%w>iVfcv»%«>%%<«»<^<**v«io»»'<'*<«^'»^^*'»*w«^»^'»%<^<