DU SOUFRE
Deuses et minérales où Facide vitrioliqiie , te trouvant en quantité , a saisi ceC élément du feu , et le retiendroit à perpétuité si Taotioa des élémens humides ' ne survenoit pour le dégager et lui rendre sa lii}erté; rbumidité , en agissant sur la matière terreuse, et s'unissant en même temps à Facide, diminue sa force , relâche peu à peu les nœuds de son union avec le fèu, qui reprend sa libei té dès que ses liens sont brisés : dans cet incendie , le feu , devenu libre , emporte avec sa flamme une portion de Tacide auquel il étoit uni dans la pyrite; et cet acide pur et séparé de la terre , qui reste fixe , forme, avec la substance de la flamme, une nouvelle matière uniquement composée de feu fixé par Tacide, sans mélange de terre ni de fer, ni d'aucune autre matière.
Il y a donc une différence essentielle entre le soufre et la p) rite, quoique tous deux contiennent également la substance du feu saisie par Tacide, puisque le soufre n'est composé que de ces deux isubstances pures et simples , tandis qu'elles sont incorporées dans la pyrite avec une terre fixe de fer ou d'autres minéraux. Le mot de soufre minéral, dont on a tant abusé, devroit être banni de la physique , parce qu'il fait équivoque et présente une fausse idée ; car ce soufre minéral n'est pas du soufre , mais de la pyrite : et de même toutes les substances mé* talliques, qu'on dit être minéralisées par le soufre, ne sont que des pyrites qui contiennent, à la vérité, les principes du soufre, mais dans lesquelles il n'est pas formé. Les pyrites martiales et cuivreuses, la galène de plomb , etc. , sont autant de pyrites dans lesquelles la substance du feu et celle de l'acide se trouvent plus ou moins intimement unies aux parties fixes de ces métaux : ainsi les pyrites ont été formées par une grande opération de la nature , après la production de l'acide et des matières combustibles, remplies de la substance du feu; et le soufre ne s'esi formé que par une opération secondaire, accidentelle, et particulière, en se sublimant avec l'acide par l'action des feux souterrains. Les charbons de terre et les bitumes , qui, comme les pyrites , contiennent de l'acide , doivent par leur combustion produire de
I. L'eau seule ne décompose pas les pyrites : le long des falaises des côtes de Normandie, Ick bords de la mer sont jonchés de pyrites , que tes pécheurs ramafcsent pour en faire du vitriol.
La rivière de Marne , dans la partie de la Cham« pagne crayeuse qu'elle arrose . est jonchée de pyrites martiales qui restent intactes tant qu'elles sont dans l'eau, mais qui s'effleui-issent dès qu'elles sont exposées à l'air.
même une grande quantité de soufrer au5»i toutes les matières qui servent d'aliment au feu des volcans et à la chaleur des eatix ther« maies donnent également du soufre dès que, par les circonstances locales, l'acide et le leu qui laccom pagne et l'enlève peuvent être arrêtés et condensés par le refroidissement.
On abuse donc du nom de soufre, lorsqu'on à\\ que les métaux sont minéralisés par le soufre ; et comme les abus vont toujours en augmentant , on a aussi donné le même nom de soufre à tout ce qui peut brûler. Ces applications équivoques ou faus ses viennent de ce qu'il n*y avoit dans au* cune langue une expression qui pût désigner le feu dans son état fixe; le soufre des anciens chimistes représentoit cette idée ' , le phlogistique la représente dans la chimie récente ; et l'on n'a rien gagné à cette substitution de termes; elle n'a même fait qu'augmenter la confusion des idées , parce qu'on ne s'est pas borné à ne donner au phlogistique que les propriétés du feu fixe.
Ainsi le mot ancien de soufre , ou le mo^ nouveau de phlogistique, dans la langue des sciences, n'auroient pas fait de mal s'ils n'eussent exprimé que l'idée nette et claire du feu dans son état fixe : cependant feu fixe est aussi court, aussi aisé à prononcer, que phlogistique ; e\, feu fixe rappelle l'idée principale de l'élément du feu , et le représente tel qu'il existe dans les corps combustibles , au lieu que phlogistique, qu'on n'a jamais bien défini , qu'on a souvent mal appliqué, n'a fait que brouiller les idées, et rendre obscures les explications dès choses les plus claires. La réduction des chaux métalliques eh est un exemple frappant ; car elle s'explique , s'entend aussi clairement que la précipitation, sans qu'il soit nécessaire d'avoir recours , avec nos chimistes , à l'absence ou à la présence du phlogistique.
Dans la nature, et surtout dans la matière
I. Le soufre des philosophes hermétiques étoit un tout autre être que le soufre commun : ils le regardoient comme le principe de ta lumière, comme celui du développement des germes et do la nutrition des corps organises ; et sous ces rapports il paroit qu'ils considéroient particulièrement dans le soufre son feu fixe, indépendamment dt* l'acide dans lequel il se trouve engagé. Dans ce point d« vue, ce n'est plus du soufre qu'il s'af^it, mais du feu même , en tant que fixé dans les différens corps de la nature; il en fait l'activité, le développement, et la vie : et , en ce sens , le soufre des aldiimistea peut en effet être regardé comme te principe des phénomènes de la chaleur, de la lumière, du déveioppement , et de la nutrition des corps organisé?. (^Observation communiqué* par Mm l'abàîl Bason.)
Kit
MiN^i!^4IJX.
dans les animé' par
lorns; et ç'esl alors que ce feu . ir lâir deyienï pfiïo'cisfiaûe : or \t •»?•> *}vy^t '«"r *** '*^3M» p«*uveiit également i-qi) 4qW ï?J'il>"Kï^i'<|ii V^iW ^ ^*'V.'P Tl^'V? *.^ !'J>*^rté a»i féii fixe rôn(enii dans ftiiwM ff<5^ l*9H<^ Vfik ^\^^\ \W^ ''^'W' '^Vl*i*''!***^î V! 9»»'»^"^ ♦ ^u niorneuî mril èsï îment on s en est alistenu jiiscui ici. rfft H'î^^**» '« !«" reprend ^ vola(îli(ê, î! ehipoiie
3vec lui l'acide aq<|iieï il esCunij et rormè il soufre par la £»éuiQ condensation de cette vai)eur.
On i)cut faire du soufre par la fosion ou
par (à siimiriialion : H faut p6tir ce|a rhoi^ èïr' les nyriifS qu'on à nommées sutfureusei, et qui ooiifiçinneiit In nlu^ grande Quantité dç fèu fixe et tracîdV, avec îiî moindre
âuai'iiité (le fer, cuivre /qu cle idutè autre latièrè fixe; et seliin qii^oi^ veut extraire une ççaiidê bu nerité quantité de àbiifre , on eniplôje différens lAoyeris, qui néanmQiiisî Âe readisent tous a U9imer du soufre par fusion' on par subfiination.
fcelle snbsta^irè il fée des pyrites par notre art est dbsoinmeut senililahre à celle do soufre (itit^ ses feux suutt*
la iialure nrdîliiil paç l'actioii de DUttirains; sa coiilèitr est A\i^
^m^ il «'!« ^'¥m WhP' pçmùlifs quç fom}>ustiqn n'wl auç la misç en liberté, Iv^ 1IHi)(f¥ ^''fP!*'^^* cliapuu de r^s elemèus par le concours de I arr, au feu fixe conténd Vm\ *f tVPW»" w ufi éjat 4i%çn| \Ie luoil-
»<» «ftiiwM ^% \m^. \m M*e \ ms .'h-w
reiisement on s en est anstenu jiiscju ici. Î^J^e T^\\\A\ ^ qiiq{x ^ effet ^ÇMguçr n«r jine
}iH W.«\ pîirtic.u(i(T? Rjç^ q9 plus ret^^dq
fe prog^'C^s des |CJepcé$ q\^e (^ lo^çrpaçhie . el çetlç çrç^^icm" ç|«î çf^pjs nonv^a^^ à cUmt techniques^ ç, <^iui m^'f^phjsl(fu^.s , çt (mi dès Iftr^i qg rçpréjipplfiut ueHeqje^l \\\ VçÇf^f
Si la ça^^ : J ai n^^mç admii-é (a j«"SJ^s| e 4isçerfta<ïeqi d^^nrjeus; il§ ^\\t i\y\\dfi f{^^iÀçs (es maiièftiS wiafs^-i^M qm rqilji^n- ^9^^ ^n îll'fHdanç^ 1^ suj^tM.ncç du \ç\\ ; ^yons -^Qiif eu rai^qn dp §ulist^|pc;r ^ çf qq^ «miui de soufre, \^\\\^[\W (fil ïV.M^.Pf'i^ ^\^ ^9^i ^'fffe^ que des p>V^e ? F* H^ W'"lf? ï?* a^ciei^s cl)i(hislfs q«| enleqdn, pqr Ir V'}OÏ ^^soij/iuf |à çiuUi^çrç du fe^i cqulçipiè dipi» ies lyiile^, Jps fésineç, lt>5 ej^pv'ls àrqr'.Vt' i^ jjaivs (pus lf4 < ori)S (jr» m»i.',"UHX V' dé§ vé^ç- ^\^i m\ H"*- J'M»f !» §ul)S^qç^dr^ miiiè:
Ç4«ix ; fjY^»qii-nous |\ÛQ\ini hqi ri^i^on dç lui su (Ksijiufj celui de ^/<^^j>(<^/<*'.^ ^4; ïH'^'M^ fiu( eié de n'adopter qj 1 \m \\i l^M^rtî • «Ms$i M*^i-JP «fMI^'oj^ ^^aU"* ie g^qrç dj? çpi miyri^gç q^^ç rçxpr^s^ion i\efcuJiie ^u Ijçii q<i /^///.> i'>/W; » CQ\piMç jç nVnq»(oie \vt que çellq
Au feslQ,'j|) l'pn veuf dislingu^r j'idéq ^MlrM fi^e i Çfilif il\l |ilil«giî>li<iue, ij f^q-
l*i feu qn|, 4'a**«vd él^ipt lixê (jan^ le§ vi^yy^
n\ r.?> mv<»ç *^RMVi *!Mi?î»f r^f IVif n p^uï
dégager.
., ^^ fr|i fi^? ^ \m9}}^. «-OîPl^'Pf a^ec rair fixe, ei 'oii§ depx spui ^ |>»»H^ipe5 iiiflammabli'S de touiçs les siiUsIatiee^ euipbu-.tibles : cVst en raisofi de \h quantité de ^«^.ti^^l^H §^^4 cjuYIies soin pinson moins inUaiOH^aU'es. Le çftuÇrç, qu.^ qp§( compqsé que d'acide pur et de feu tixQ, brûlé en ^qiier et ne laisse aucun résidu f^pr<$ sqp |nilanimç^ii<)ii;ies autres s.bstan- <Mt qpj sont mélçef de ferres ou iile partiie^ fixes, laissent toutes des cendres 4)u de< ré-
sa saveiir n est Mi>ipide que parce que lé principe »q>ienx de son £^cide'y elanl absorbe par I excès du feu , n na aucune amnile a\ec la sîiUve, et quen gênerai il na pas plus d*aclion sur lejs ri»àtrei*es aqueuses ipielles n'en oiît sur lui ; sii densité «»l a n^u pr^s eç^Ie a celle de la nierre calcaire » ; il^ eî»r c^s>alit, »re.s<|ue friable, él se piîlvénsé aîscni'eût; i) n<| s altère iias par' Tîmpr(S»ion des elcmens iiurnidt's, et même laciiou dû feu ne le décompciie pas' fbràqn il esl en \aisscaux clos, erpiivc de \air iiéci'S^^ire à toute iiifl.ininialiôn. 11 se 'subi inie sùiis sa iiièiîip loi;iiie/a^ Yiaut du vaisseau clos, eH petits cfislanx |ûixquéls on a donne le liom àt Jteurs Jr soufre ; Celui ou on obtient par la fusion se cristallise de uieiiie en te biis^aiit refrgidir Iresciistanx sont ordinaih'menl
lèiitement
eu
ail
pres(pie fous les rniiiéîaux \ci{i le feîi fixe
«t l'acide §ç tvquyc^ij ^îjmlâqfji pii grande
leiiiemeni : ces cpsianx soni oruinairement eu ài!;i|iile.N; ei ceUe lorine aigu'iflée, propre au sôiilrê, se voit' dans lès*^pyrites i*t dàiis
iÉ[dus charbonneux après leur combustion;
quantité avec ie métal : i) sç cristfil^sjiî ^ussi en cMiaèdre dans les grands SQupiraïui des yojcans. ' '
I. Lç soufre vofatil pèse environ orat qaarantedfïùx (ivres Ve pied tube', H te ^ouFie en Vulidii leAI iircnte-neuf i cent quarenie liVres,
dre l(^ Miifra nr imITiI pa< m'" I ÇillI^'l'iu'T : il faur.iKi'ir qit'il t«lliiPiB. iw.yv df |g Hiiimiie I u wrt»rçi «l >|«>i]iri| (ir>p| fppi l'îiilUiiiqMiioii, il rpminiirn 44 W'^Mr- ^ BaniBie c*| t«E«r« « l>|r"*|i«, fl fif R|;h( Ù4iite roma)Ui|i[|urr r<"(hl!t»M|inn ^im g{J' Irra nwlièK* (iini)ll>ll|l>l||i lilif flli^îl^ «1 donne |>liu d'artnilé i l<| Fi)qi||iiWtfli| (|h •DiifrE en ■uinm<''<>t le <'*grà iv ffu : «luTf w BnqiiDe cfrïii-iit fiii» imùmm- «l'I» II»tcnw. ei piHil rql|4mni<T l« l!Hl<f>t4 »«*»
ei Gomliiiiiilili'f. (>Me fUniqiF ■'" fP'>lnii qiieli|iie inteiiu! qiiVlle puH^^rc, [(ïh vi\ JUS nioini pun; «itle »! vr|)«i||e d^iu |iHitç u iiib>iau<«; «l|^ n'ei' wpi'i'I^MI^ 4'fM' euite fimée, «i n« |H'0(j|ii| |M>i>i| île t<iip : mail elle i^i«nd une ta|i(«ir «iiffit^lite {|i|j ii'esl qiie rtlk de l'arldi nirarc con:bîiié avec Ik (pu Titt, ç
icmeiK «r> hit . . ,
peiirrsl wrw,nl«, Bl p1,u „ ,„.„„ ., . . ,,.,„,„,...,,,.,,.,...„,.,.,
eonlieal dfïipnl |i«iiFln|iiI : ç^^ . Mimm Ç¥ 'l"P "flj |'l'« n^pile* f!"!!!!»'-? ont !«-
r«n uii , ivec r*i iKÙp «)|ri|irui On'flB p|i|aii el «m Tl"'^'ilf!!t I
bkinrliillu>élurFrt, le| Hluwn, 1» leiibtr)^ |||ppt|trt1j|[(t« rt çeitqines ; f)
HibMnçet «oin..!^ qui !«=«.i|i ^'ftir tnsflliRffi.
LwiJi-quehirpiIlblVtnipflrte SI |'<h Jlilrf Rp miM OfHI ni) (pn*
lève avec lui i|H'4 M<>e BT|i""« Wuliiir ; l«|il J^I'liruHlT «W h Wit^
car dêi qu'il p(I n'ait]!* |igr l'Iinpiiilil j de è\\»nl liet tvf^ rfl^ (If ". <'''t!
fair, c|i>i H- roniliiiH- |v«f Iscidfi. 1|! fi^)! ad qH<>"i»<= BnUteiH"!! fP'!'!!™*
fcrcê de fiiif; il qiijrif ('wMf f\ «'«'"aif «1 H *•!•«■ p'«H fqli'îfHl |!J» (
tout srul : cri aeiilti (1^(1^ d^n( ^ f»<nt Ire minriu. imiuiui: l'eau, la .^ . ^. ^.
buiiion du wulre «il du (lur vid« ïllnpli- |F (TOfTi^l UH'| aW'* Tvid»! ïiîrto'iquf , "«
- ■ . 8i l'on leiit le nrne'llir >» moiaeiU ifif^ |f foi HiilHC ^ le ||)f uuj iyir I inler-
l« feu l'atHudon '«> il 9* («ut (|(!p jil^r- qi^e (le l'mr.
m rlii|iileiiM au (|e»H<f «ii" **«!■ S'W (*|
lidii^ «W
leur ilu dulHIeaii iine çsfUiHf li<<><!ldil^ fi;;! : Il nnnir Je Peau flia^ite; <|ii |niuvfrp 1!^ lu le reH|iiei)l «j'ulr av lire ^u c|ia|>i|tHM ni
Taride viirtulii|Mcn>iiiHpiH>i>l)|i'X)uidR^ff
Je -mlriiil, c'uîl-Ji-ilire uu itfùle |>ei| (îpu- ' niMîdnallIrnMni (fl"i(ili JW
■olxliki, l'élcTn I* prrmuTiii'
frji d'aride; (ilu* on rriln-* |a ilis|illiilJ0U , plu» it ja de dirlwl. niai* lu^ui plui l'actlje gui relie le coi>cenlre; el ra n'esl que |iar te inuj'ril qu'p" ["'u.' lui dàiiqtr loii|e u brcc el te lïuJi-e lout -i ■ iîijt pur ■. • Au nXe, on a imaginé drpuia peu le moyen tTdlertuer daiit dei «aiiseaux rku la eoia-
|ili^ qui al
ttH'l'<'*"l''ii>l<iieu.Hlpar k-uHirri>t|ti>iïl(U ■niiuHIrin.nl'ioi.* .^u ,!ni M dbù In •-irrtcou
iMçniUa 4i> Mirqtn- (JfM •W««if»^(r •■ ^
MINÉRATÎX.
même du soufre fixe Tair et Tabsorbc; et d*eau, puisque l*acidevitrioIique en contient, enfin le soufre , quoique contenant le feu . et quM) a même avec cet élément aisez d*af> fixe en plus grande quantité qi\e toutes les finité pour s*eii saisir avidement.
autres substances combustibles, ne peut s'enflammer comme elles et continuer à orù- 1er que par le concours de Tair.
En comparant la combustion du soufre à celle du phosphore , on voit que , dans le soufre, lair fixe prend la place du feu à mesure qu*il se dégage et s'exliale en flamme, et que , dans le phosphore , c'est l'air fixe qui se dégage le premier, et laisse le feu fixe i^prendre sa liberté : cet effet s'opère sans le secours extérieur du feu libre et par le seul conlaci de l'air ; et dans toute matière où iT se trouve des acides, l'air s'unit avec eux , et se fixe encore plus aisément que le feu même dans les substances les plus combustibles.
Dans les exi)lications chimiques on attribue tous les effets au phlogistique , c'est-àdire au feu fixe seul, tandis qu'il n'est jamais seul, et que l'air fixe est très -souvent la cause immédiate ou médiate de l'effet. Heureusement que, dans ces dernières années, d'habiles physiciens, ayant suivi les traces du docteur Haies, ont fait entrer cet élément dans Texplication de plusieurs phénomènes , et ont démontré que l'air se fixoit en s'unissant à tous les acides; en sorte qu'il contribue, presque aussi essentiellement que le feu , non seulement à toute combustion , mais même à toute calcination, soit à chaud, soit à froid.
J'ai démontré que la combustion et la calcination sont deux effets du même ord^e, deux produits des mêmes causes ; et lorsque la calcination se fait à froid , comme celle
L'eau , l'air , et le feu, peuvent également se fixer dans les corps, et Ton sera forcé,
Sour exposer au vrai leur composition , 'admet ti^ une eau fixe, comme l'on a été obligé d'admettre un air fixeaprès avoir admis le feu fixe , et de même on sera conduit, par des réflexions fondées , et par des observations ultérieures, à ne pas regarder l'élément de la terre comme absolument fixe, et on ne conclura pas , d'après l'idée que toute terre est JLce, qu'il n'existe point de terre dans le soufre, parce qu'il ne donne ni suie ni résidu après sa combustion : cela prouve seulement que la terre du soufre est volatile , comme celle du mercure, de l'arsenic, et de plusieurs autres substances.
Rien ne détourne plus de la route qu'on doit suivre dans la recherche de la vérité, que ces principes secondaires dont on JPait de petits axfomes absolus , par lesquels on donne l'exclusion à tout ce qui n'y est pas compris : assurer que le soufre ne contient que le feu fixe et l'acide vitriolique, ce n'est pas en exclure l'eau, l'air, et la terre, puisque, dans la réalité, ces trois élémens s'y trouvent comme celui du feu.
Après ces réflexions, qui serviront de préservatif contre l'extension qu'on pourroit donner à ce que nous avons dit et à ce que nous dirons encore sur la nature du soufre , nous pourrons suivre les travaux de nos savans chimistes , et présenter les découvertes qu'ils ont faites sur ses autres propriétés. Ils ont trouvé moyen de faire du soufre artificiel
de la céruse par l'acide de l'air, c'est que* semblable au soufre naturel, en combinant cet acide contient lui-même une assez grande l'acide vitrioli
grande
quantité de feu fixe pour produire une petite combustion intérieure, qui s'annonce par la calcination, de la même manière que la combustion intérieure des pyrites humectées se manifeste par l'inflammation.
On ne doit donc pas supposer , avec Stahl et tous les autres chimistes, que le soufre n'est composé que de phlogistique et d'acide, à moins qu'ils ne conviennent avec moi que lephlogistique n'est pas une substance simple, mais composée de feu et d'air , tous deux fixes ; que de plus ce phlogistique ne peut pas être identique et toujours le même , puis-
3 ne l'air et le feu s'y trouvent combines en ifférenles proportions et dans un état de fixité plus ou moins constant : et de même on ne doit pas prononcer dans un sens absolu que le soufre , uniquement composé d'acide et de phlogistique, ne contient point
vitriolique avec le phlogistique ou feu fixe animé par l'air ; ils ont observé que le soufre , qui dissout toutes les matières métalliques, à l'exception de l'or et du zinc, n'attaque point les pierres ni les autres matières terreuses , mais qu'étant uni à l'alcali, il devient, pour ainsi dire, le dissolvant général de toutes matières ; l'or même ne lui résiste pas ' ; le zinc seul se refuse à toute combinaison avec le foie de soufre.
Les acides n'ont sur le soufre guère plus d'action que leau ; mais tous les alcalis fixes ou volatils et les matières calcaires l'atta-
z. Selon Stabl, ce fat au moyen da foie de soufre que Mnîse réduisit en poudre le veau d'or, suivant les paroles de V Exode, cliap. ^a , rers. lo t «Tu lit Titulum qvfin fecerant, et combussit igné, eontrivitque donec in pulverem redegit ; posica sparsit in superficiem aqimrum , et potavit filîos Israël. » Voyez son Traité intrtalé^i/ulîtf aureiu igné combiistus.
DU SOUFIUS.
Suent, le dissolvent, et le rendeiit dissoluble ans Teau. On a donné le nom de foîe de soufre au coniposé artificiel du soufre et de l*alcali ; mais ici , comme en tout le reste , notre art se trouve non seulement devancé , mais surpassé par la nature. Le foie de soufre est en effet une de ces combinaisons générales qu'elle a produites et produit même le plus continuellement et le plus universellement ; car dans tous les \ïe\x\ où Tacide vitriolique se reuconire avec les détrimens des substances oreanisées, dont la putréfaction développe et fournit à la fois Talcali et le pblogisiique , il se forme du foie de soufre : on en trouve dans tous les cloaques , dans les terres des cimetières et des voiries, au fond des eaux croupies, dans les terres et pierres plâtreuses , etc. ; et la formation de ce composé des principes du soufre unis à Taicali nous oifre la production du soufre même sous un nouveau point de vue.
En effet , la nature le produit non seulement par le moyen du feu au sommet des volcans et des autres fournaises souterraines, mais elle en forme incessamment par les effervescences particulières de toutes les matières qui en contiennent les principes. L'humidité est la première cause de celte efîervescence : ainsi Peau contribue, quoique d'une manière moins apparente et plus sourde, plus que le feu peut-èire, à la production et au développement des principes du soufre; et ce soufre, produit par la voie humide, est de la même essence que le soufre produit par le feu des volcans, parce que la cause de leurs productions, quoique si différente en apparence, ne laisse pas d'être au fond la m^me. CVst toujours le feu qui s*unit à l'acide vitriolique , soit par l'inflamroalion des matières pyriteuses , sort par leur effervescence occasionnée par l'humidité; car cette effervescence n'a pour cause que le feu renfermé dans l'acide, dout l'action lente et continue équivaut ici à l'action vive et brusque de la combustion et de l'inflammation.
Ainsi le soufre se produit sous nos yeux en une infinité d'endroits où jamais les feux souterrains n'ont agi > ; et non seulement nous trouvons ce soufre tout formé partout où se sont décomposés les débrb des sub-
I. On troQTe en F^nch^Comté des géodes snl* farenses qui contiennent un soufre fout formé , et
S roduit, suivant tonte apparence, par l'efllorescetice es pyrites dans des lieux où elles auront en même temps éprouvé U chaleur de la patréfaction ou de la fermentation.
stances du i*ègne animal et végétal, mais nous sommes forcés d*en reconnoitre la présence dans tous les lieux où se manifeste celle du foie de soufre, c'est-à-dire dans une infinité de substances minérales qui ne portent aucune empreinte de l'action des feux souterrains.
Le foie de soufre répand une odeur trèsfétide, et par laquelle ou ne peut manquer de le reconnoitre ; son action n'est pas moins sensible sur une infinité de substances, et seul il fait autant e/ peut-être plus de dissolutions, de changemens , et d'altérations dans le règne minéral que tous les acides ensemble. C'est par ce foie de soufre naturel, c'est-àdire par le mélange de la décomposition des pyrites et des matières alcalines , que s'opère souvent la minéralisation des métaux. Il se mêle aussi aux substances terreuses et aux pierres calcaires : plusieurs de ces substances annoncent par leur odeur fétide la présence du foie de soufre ; cependant les chimistes ignorent encore comment il agit sur elles.
Le foie de soufre, ou sa seule vapeur, noircit et altère l'argent ; il précipite en noir tous les métaux blancs , il agit sur toutes les substances métalliques par la voie humide comme par la voie sèche; lorsqu'il est en liqueur et qu'on y plonge des lames d'argent, il les noircit d'abord et les rend bientôt aigres et cassantes; il convertit en un instant le mercure en éthiops , et la chaux de plomb en galène ; il ternit sensiblement l'étain , il rouille le fer. Mais on n'a pas assez suivi l'ordre de ses combinaisons , soit avec les métaux , soit avec les terres; on sait seulement qu'il attaque le cuivre, et l'on n'a {>oint examiné la composition qui résulte de eur union : on ne counoit pas mieux l'état dans lequel il réduit le fer par La voie sèche , on ignore quelle est son action sur les demimétaux , et quels peuvent être les résultats de son mélange avec les matières calcaires par la voie humide comme par la voie sèche:
néanmoins ces coniioissances , que la chimie auroit dû nous donner, seroient nécessaires pour reconnoitre clairement l'action du foie de soufre dans le sein de la terre , et ses différentes influences sur les substances tant métalliques que terreuses. On connoît mieux son action sur les substances animales et végétales ; il dissout le charbon même par la voie humide , et cette dissolution est de couleur verte.
La nature a de tout temps produit et produit encore tous les jours du foie de soufre par la voie humide : la seule chaleur de I^
teFrè ^ni (loiif i|Ue TeHil le fcorrom|ié, siii^ tmit TetfU qiii ^ tt*0tiire bbai-eéé d'acide vi-
vrai ruie db Soufre : toute antr( puii^Hictioii, SBIt dt4 animâuibudés «égfibiux, ddttnera de même du foie de soufre Jeà qUVltë se iMx'éti cbihhinée éveë tes Selâ vftriolîqii^s. Àitist fé fôied^ sbufrë est Uiie niciiiëliS pt^ësilt^édiiii^) CbHlHiiine riui* lë&ôufrë Aièniej ses elfelS ^il^ auisii pill:i rréqiikns, hlUA UoiHP Brelli titie bëui dti saulre, q'ui ue |)eiii âS itiêlër àti-c Peltu ^uiu itinjeii dePalcâlt, c*ë$i ft-dir^ *éit drveiiaîit foie de Soufra.
Ah reste, ctstleibu itère $e décompose àtt^ fôcilebî^'tk t\\M\é ée cbinppie, et loiit fàït de Hoiifre foiiriiirA du soufre eti le niélâlit avec Uh aride , qui . iVnipâraul deâ niaiièrël âlhalidei, ëti sl^paret^ te &dufrè et télâ âTerS ph^^rlhftt^r. Wà t .^euleHu-ui ir1i^r\e ()iiè r^ sbilf*i-e prif'bi(>iit^ nâr l'es ^v\ÛH liiiliorauk e^t blanc, el (|Ut; leliii qui éM prcciiûié pdr 1)^1 à'cidé'i v6i;ôiauk , v\ partirulîerHiieni \iii' Tacide du viu.iigre, est duu jaune presqUë oraiiji^. .
t^rt Âchât^ té àdtifi^ de touirs les ^ub^tafi-
éès iiiétaltiqueft et de iuiit^ teit hiatièrès jiV-^ riteuies oiir là kittipte tuhéJfhbtiOii : ràrii^iiiii et le hiehnre sont les seUU (|ui. étati) jitii^ VMatit.^ qu'e \k soiifrè , le ânbliiiifut aVefe Idi , A ue {teuVeiit eii être éepat-l^s iiar ci*tf^ opération ,qiril fÂUt ntôdifleiet faire âlofi en Vdi^i(*âui Hos âVeb dès précauiioiîs putliculièi*eà.
LMiuite (iarbU dtsiiondFe teâOittVe hotbnfé Teàu dissout li&âell; )tâ huiles grasse'â M par eiprcssidn agissent uiiik hhinipténiédl et plus piiissammenl ciue tés uniles essèi)j> tiélieS , qui île peuireiit le dikS4>lidrè qii'aveè le sei-ôilrs d Uiie rtialeur a^ez forte pbu^ té tondre j et ttialgré cette allinii'é iiés-aiipi'rente du kôufre avec les liuileS, t'ânalyâfe cliihnquea déiiioutré qiiit n*y a pbSrft d'Iuiltë danâ n sul)&lâiire du soufre, et é[»'e daiii aucune Kuitè V^gêiaté ou ânimatë il h*^ I |)ufiit d'acide vilrioliquë ; Uiaiâ lorsque rlîî âcidë Se mêle avec les tiuiles^ ilforute feà biiuniei; et comme les charbons de terre ëi tés bltuities t^i^ gériéral soiîl lés .priucii)alii àllHieus à\'h feux soùi'erraiiis, il est évidettt hu étant décomposés par l'énibraseniëùl prT$duit pli^ fes p)'riiêâ, Tacide vitribtique d'à bvHtes et dès bilumés s'unit à la suBstaHfëe du leu , et produit le suufre qui se sublini^, se condense, et s'attache ail hàiit de éA foVtniaises sutt'errainés.
Nous donnerons fci.û ne courte ItiSlcâiibii deà dilTérëus lieuk de la ierre où l'oii trouve
belle qudlitë K
L'Islande e&t pëiît-êlrë U boiit^ de l'utiiters où II y eh a le pUil. ^rce qiie iH*lteii( d*est t)oui- àluâi dire qU'iiti ^<lisl<ektî de vol- Ciittô. Le sbniVe des \b\tlAM de Kàiitisi«liatU; celui dtl Idboil, de Ceviârt, de tlîndanab, de j'ttë }e^à>^ , h rentrée dii gdlfê i^ehiicpie; el dans léilbéHbccSdentalëS «^ilill du bi'c-dë- Hénéillië, de ^aim-bbhiin|tië. etc., soth également côHrftis des voVâgèiii-à, tl se Iriiuvë ii.'^i beaucbub db sbufl-ë* âU hbili . et encore
S tus dans lès nibnl.1ghe& dli ^«Tôii » ebhiniê ahâ jii-e.<quH toilivs le^i rhontignës I loIratS. Lb Sbuft é !)^ biiiid et celui de ta buddetou|% pâs.<erti jioiir lire les biné jiiirâ, et ) brt ett rôit dç.4 li)oH*eïtiit si llëaili et si Irànsiiaréiis
leil, rë-
Htënl jVur. il cil t^i de iiiéhië M soutH- qlîë certaines eaux ihermales, connue celle» d' \\ï' la-rliaiiV*M* «'I d^ ptiikiéuri^ soblnli ëil t*i>lo- ^lîe , (léiu^feint eri îis;îez cfli'iitlV* buaitiîlîp : Il f3iftJ(iiH)ier tbli^ heA Sbiirr(^4. hill ^t\\ ihè^ tàii^B dé bdhll'i; hM^h)^('nKii[, en te,<fal>atli fbil'di-è et .<!iibliiiier l^bbl- tes aét^i-èl* de tbot de qu'it.< but d'Iihpnr.
t^ês(|u^ ionï ffe soufre tiiii ësi ddHs tl ëbmuje^cë Hfen't des crticdiis. di»i Soiftidré?. et duii-és cdverines ëi ^i-btits ijtit §¥• tfbîiVt'M BH Si> àbiit tfodvce's ..h dcSsil) deâ fViii sbtl^ tërraibs \ tit éë n*e&t ^irëHe qilë danS cA lieux (|iîë të sbufre 5ë j^r^serire N àlîondancè et td'tit forbte ; Ihâts sek jpt'iticljie^ existent ëH i>lëh it'atitl-ëj eiidf'otls: ël t'oi! jiëilt méhi^
siihstànceS'OrgaiiiScëâ, A'ktidisi ëi sutrliar-gé
^^ liiiï- lëli n é, et n'alli'iid qll'Uué dfei-i^ièrt
ion de ëei étcibëlit poiit' àè deàd^ër d^
de d'ci
tfciion de (rei eTcmeiit poiir se aegag^.r d»
liiâi^ës tërrëdJieà bii iiiétalli(tlfë!t ilMii Va-
qliellès » iè trbUvë codltiié ënâevëll et ëift
qll
uns
X. I> passage suivant de Pline inoiqae (jiipinaeih .js des lifux d'»à les ancii'ns tirnirlit If soulVI, é1 pr<>nk¥ qUè ii» Uttt le rf»'rrltnlh* de élaplfé rtoit tout vokaiM<|iif, <t Mira, (fil-il. siilphAriS na|l>r».* « qpo pluriinM dôin{«ntur : nascitur iii uisuliii ÀoliU « iiitfr Siciliain et Itaiiaui ,' uuas ardere oixiinus ;
W sed hHbilIbtîiipiii iA AM IKliiU. tii tlMii (|trtl}ite
é iiiirpn1t«kr, tîk NeapfflttaiM» rjAH()felimqd^ »|ré , Ml- « lil>us qui vficatitur Lmeogœi. Ibi è cuniculis cf- ■ fossum uerficitur ifui. Généra quatuor *• tivuib , « qiiofi uj'Kci mpjnut tocani ,^ naMitur TOiiaiim. hoc « èsi ^TélM ... TiVùïn eltmiitùr, ir^Miueemur* i ct w virpt. Uniéruiiî eepti* SpiM*itSiît gwÊmtk » ftittonu^ « taniMOi omciiiiii raiuiiiMr&... ^ifif' ^ôbMit noc «> çenus. Quarlô Autem ad eltyctinia maxifie ionn> « deuda. »
i)ÉS
pri9onne. Ce^t ainsi que les principes du .souFre existent dans les pyrites, él tjiie fe somVe se forine par leur coiuluisiion; et j)«Vrtoiit où II I a des pyrites oii peut f iriner du soufré ; mais ce a est qu.e daiii lé> contrées où tes matières combiislihles, boi$ ou charbon^ de |errt>,, sont a1)ondantes(pron trouve quelque béi)éfice à lim* le so'ifi'é des pyrites. ( )n ne Tiiit ce travail en ^rÂiid que dabs Quelques endroits de i Àllëuiagne et de la Suéde, ou les miiiesde cuivre se présentent sous la forme de pv rites; oh est l'orcé cle les griller plusieurs fois pour eu faire exliaïer lé sonfiè qu«j loti recueille comme le premier produit de ces .îiunes. l.e point eiseutiel de cette partie de rexpKnialion des mines de cuivre est dVm^pèclier riuQammalion du soi lire en même temps qu'on détermine son écoiilemeul datis les bassins j)O(i)' ry recueillir; eepeiidaiit il est encore alors impur et mélange, et ce u'esl i\ue du iiou/re hrut qu'il faut piuiûer ru le séparant des parties terreuses ou métalliques qui lui res-
tent unies. On prôcèoe a>cetie puriiïcâtiob en faisant fondre ce soufre brut dans db grands vases à un feu niodéré; lëis partiis»
terreuses se précipitent, et lé soufré pur surnage : alors on le verse dans des hioules bu lingoiières, dans lesquelles il prend la forme dé canons ou de pains, sous laquelle on le counoit dans le cbmniercê; mais çë soufre, (|uoiqnedéjà séparé de làpliis graiidç partie ae ses impuretés, li'est ni transparent ni aussi piir que eeliii tpii se trouve formé èh eri>iaiix sur ^ plupart des volcans. Ce soufr^ cristallisé doit sa transparence ël sa grande pureté à la sublimation qui s'bn esl faite dans ces volcans; et, par la liiénie raison , le soufre artiiîciel le plus pur , on ce que Ton Bi\t^A\v Jlfiir Je soufre , liVsl autre c)iose que un soufré sublimé en vàissèaûi ctos , et qui se pi-ésenle en poudré bu fleiifr très - pure, qui est un amas d^e ))'e)il& cr)|-
{anx aiguillés et très-Giks, qnérœil, aidé al a lo(q>e , y distingue.
DES SELâ.
tM iiiatièréâ àalinéà soAt celles qot biit d^ lu saveiil*. Maiâ d où leur vient cbtle pré-
firiété qui nous est si Sensible, et qui atlebte es &ens du goAi ; de Todorat , et même celui du lôiicl'ier? quel est ce principe Sidih^ comment et qiialid a-l-îlétl^ forVné? H étnil ceHHiikeméni honlenu él rel'égné dans Talmosphèi'e, avec toutes tes àuti^ matiiè e& Volatiles, dans fe temps dtî rincandest>encfe du globe ; Wiais , après ta cbute des eaui éi la dépuration de latmosplière, ta première combinaison (|Vii S*est faite dans celte lipbère encore ardeiite a été celle de Tunlbn de VaH* et du feu ; cette «inlon a produit Tacide primitif : toutes les matière aipienses', terreuses , on iliétalliqi'ies, avec les(|iielles cet àddto a pu se combnier, sont de\enues des substances satines ; et comme cet acide s*e^ forilfié par 1% seule union del^air avec lei^â, î! me paroft que ce premier acide, le plul simple et le j)h'is piir de tons , est Tacide aérien, auquel \ek chimistes irécens onttionn'é fè nom d'ùciéfr tnéphithjite , qui n*est (|û'é de V^ fi&e, c'e&i-à-dbé dé l*àir fixé |(tàV Te fett
Oéi acide pHmhif est fe premier prtndpfe ^i^; fl i produit tous les autres acides él âttràti ; il ii'â pu ^ eoHibiiier d'abord qu'a-
Vec lé« Veitiâ j^riîHliiTs, )Stii!tt|ue teft âtiu^ matièr»! nVilsioiéHt )MS ei^c^Hî; )MI* MA àuion avec cette IVile vilHfilfe il i pris |^a de liîàsse et acmiis ]Hiis de i)uià<iatlhe , et v est devenu acîae vitrioiufitè, qui , étattl j^lltt fiJte et pinà fort , fttist h^rorpôré avec toutes ie& substances qiril a pu péilétre^. L»rti|tt âéi*iéil, plus \-ôlàiil, se trouve U>iiveHellé'> nifent ré|>âiidit, et TacSde vttrîolii^nte réii«fe principalement daiis les arj^ifes et autre* tlé- Irimeiis des verrez ^Vrimitifs; il s'y iManifesll sôus la forme d'alun : ce ieeontl acide % aussi Àafii dan* (|ue1qu)M lieux le* ilibnlUftcél calcaires, et à féi-nié les gvpseï*; il a saisi fii plupart desminéraut méi&lliqUeSi et teurià causé de grandes altérations; ii en a pOlii* ainsi dire eoiH^rti (^nelqtreit-lEiDs dam sa \iftjfpHî snijtlahbe, en teikr donimlit la ftMiuedb vitriol.
En sebortd liéta, l'atidle fr'nhitif; qi^ je désignerai dôréitavant ][)ar le nom d*à€V^ àérîe», *'e*l uiii avéb lèa matièrtt métafllqu'èsqHi, hoihttié le* plils |)etant(é, sdilt tombée» les premières int* te globe vitrifié^ et en agissant sitr ces mlite^^is nvetattiiiiiai^ il a formé facidé arsenical ùa t'amsiiic , qèi^ ayant encore plus de hiaste que le vitrto*> Mqutfe, aaiilii flûs de (brete-, et di tMta «t
MINÉRAUX
le plus corrosif; il se présente dans la plupart des mines dont il a minéralisé et corrompu les substances.
Ensuite, mais plusieurs siècles après, cet acide primitif, en s'niiissant à la matière calcaire, a formé Yacîde marin ^ qui est moins fixe et plus léger que Tacide vitriolique, et qui, par celte raison, s^est plus aniversellement répandu , et se présente sous la forme de sel gemme dans le sein de la terre, et sous celle de sel marin dans Teau de toutes les mers : cet acide marin n'a pu se former qu'après la naissance des coquillages, puisque la matière calcaire n'existoit pas auparavant.
Peu de temps après, ce même acide aérien et primitif est entré dans la composition de tous les corps organisés ; et se combinant avec leurs priucipes, il a formé, par la fermentation, tes acides animaux et végétaux, et \acidf nîtreux par la putréfaction de leurs détrimens ; car il est certain que cet acide aérien existe dans toutes les substances animales ou végétales, puisqu'il s'y manifeste sous sa forme primitive d'air fixe; et comme on p«Mt le retirer sous cette même forme tant ae Tacide nitreux que des acides vitriolique et marin , et même de l'arsenic, on ne peut douter qu'il ne fasse partie constituante de tous ces acides , qui ne sont que secondaires, et qui, comme Ton voit, ne sont pas simples , mais composés de cet acide
1>rimitif différemment combiné , tant avec B'tnatière brute qu'avec les substances organisées.
Cet acide primitif réside dans l'atmosphère et y réside en grande quantité sous sa forme active; ii istle principe et la cause de toutes les impressions qu'on attiibue aux élémens humides r il produit la rouille du fer, le vert-de-gris du cuivre, la céruse du plomb, etc. , par l'action qu'il donne à Thumidité de l'air : mêlé avec les eaux pures, U les rend acides ou acidulés; il aigrit les liaueurs fermeniées; avec lu vin il forme le vinaigre : enfin il me paroit être le seul et Vrai prinrâpe non seulement de tous les acides, mais de tous les alcalis, tant minéraux que végétaux et animaux.
On peut le retirer du natron, ou alcali qu^'on appelle minéral^ ainsi que de l'alcali fixe végétal, et encore plus abondamment de l'alcali volatil, en sorte (|u'on doit réduire tous les acides et tous les alcalis à un seul principe salin; et oe principe est l'acide aérien, qui a été le premier formé, et qui est le plus simple , le plus pur de tolis , et © plus universellement répandu : cela me
paroit d'autant plus vrai que nous ponyons, par notre art , rappeler à cet acide tous les autres acides, ou du moins les rapprocher de sa nature , en les dépouillant , par des opérations appropriées, de toutes les matières étrangères avec lesquelles ils se trouvent combinés dans ces sels ; et que de même il n'est pas impossible de ramener les alcalis à l'état d'acide en les séparant des substances animales et végétales, avec lesquelles tout alcali se trouve toujours uni; car quoique la chimie ne soit pas encore parvenue à faire cette conversion ou ces réductions, elle en a asse? fait pour qu'on puisse juger par analogie de leur possibilité. Le plus ingénieux des chimistes, le célèbre Stahl, a regardé l'acide vitriolique comme l'acide universel, et comme le seul principe salin; c'est la première idée d'après laquelle il a voulu établir sa théorie des seLs : il a jugé que quoique la chimie n'ait pu jusqu'à ce jour ramener démonstrativemeiit les alcalis à l'acide, c'est-à-dire résoudre ce que la nature a combiné, il ne fallait s'en prendre qu'à l'impuissance de nos moyens. Rien n'est mieux vu ; «» grand chimiste à ici consulté la simplicité de la nature : il a senti qu'il n'y avoit qu'un principe salin; et comme l'.icide vitriolique est le plus puissant des acides, il s'est cru fondé à le regarder comme l'acide primitif. C'étoit ce qu'il pouvoit penser de mieux dans un temps où on n'avoit que das idées confuses de l'acide aérien , qui est non seulement plus simple , mais plus universel que l'acide vitriolique; niak lorsque cet habile homme a prétendu que son acide uuivei-sel et primitif n'est composé que de terre et (CeaUy il n'a fait que mettre en avant une supposition dénuée de preuves et contraire à tous les phénomèn&s, puisque de fait l'air et le feu entrent peut-être plus que la ten-c et l'eau dans la substance ae tout acide, et que CCS deux élémens constituent seuls l'essence de l'acide primitif.
Des quatre élémens qui sont les vrais principes de tous les corps, le feu est seul actif; et lorsque l'air, la terre et l'eau, exercent quelque impression, ils n'agissent que par le feu qu'ils renferment, et qui seul peut leur donner une puissance active : l'air surtout, dont l'essence e^ plus voisine de celle du feu que celle des deux derniers éiémens, est aussi plus actif. L'atmosphère est le réceptacle général de toutes les matières volatiles ; c'est aussi le grand magasin de l'ucide primitif; et d'ailleurs tout acide considéré en lui-mcme, surtout lorsqti'il est concentré, c'csi-à-tiirc séjiaré^ autant qu'il est possible,
DES
de Véan et de la terre, nous présente les propriétés du feu animé par Tair : la corrosion par les acides minéraux n'est'^Ile pas une espèce de brûlure? la saveur acide, amère ou acre de tous les sels , n'est-elle
}>as un indice certain de la présence et de 'action d'un feu qui se développe dès qu'il peut, avec l'air, se dégager de la base aqueuse ou terreuse à laquelle il est uni? et cette saveur, qui n'est que la mise en liberté de l'air et du feu, ne s'opère-t-elle que par le contact de l'eau et de toute matière aqueuse, telle que la salive, et même par l'humidité de la peau? Les sels ne sont donc corrosifs, et même sapides , que par le feu et l'air qu'ils contiennent. Cette vérité peut se démontrer encore par la grande- chaleur que produisent tous les acides minéraux dans leur mélange avec l'eau , ' ainsi que par leur résistance à l'action de la forte gelée. La présence du feu et de l'air dans le. principe salin me paroit donc très-évidemment démontrée par les effets , quand même on regarderoit avec Slahl l'acide vitriolique comme l'acide primitif et le premier principe salin; car l'air s'en dégage en mém^ temps que le feu par l'intermède de l'eau , comme dans la pyrite, et cette action de Thumidité produit non seulement de la chaleur, mais une espèce de flamme intérieure et de feu réellement actif, qui brûle en corrodant toutes les substances auxquelles Tadde peut s'unir; et ce n'est que par le moyen de l'air que le feu contracte cette union avec l'eau.
L'acide aérien altère aussi tous les sues extraits des végétaux ; il produit le vinaigre et le tartre ; il forme dans les animaux l'acide auquel on a donné le nom diacide phosphorique. Ces acides des végétaux et des animaux, ainsi que tous ceux qu'on pourroit regarder comme intermédiaires, tels que l'acide des citrons, des grenades, de l'oseille, et ceux des fourmis, de la moutarde, etc., tirent également leur origine de l'acide aérien modifié dans chacune de ces substances par la fermentation , ou par le mélange d'une plus ou moins grande quantité d'huile; et même les substances dont la saveur est douce , telles que le sucre , le miel, le lait, etc., ne diffèrent de celles qui sont aigres et piquantes, comme les âtrons, le vinaigre, etc., que par la quantité et la qualité du fmucilage et de Thuile qui enveloppe l'acide ; car leur principe salin est le même ; et toutes leurs saveurs, quoique si différentes, doivent se rapporter à l'acide primitif, et à son union avec l'eau, l'huile, et la terre muciligi- . neuse des substances animales et végétales.
• BuFroN. n.
SEiiâ. .369
On adoucit tous les iatides , et même Tacide vitriolique , en les mêlant aux substances huileuses , et partieulièremeni à l'esprit de- vin; et c'est dans cet état huileux, mueilâgineux, et doux, que l'acide aérien se trouve dans plusieurs substances végétales , . et dans les fruits dont l'acidité ou la saveur plus douce ne dépend qae de la quantité d'eau , d'huile et de terre attennée et mudlagineuse dans lesquelles cet acide se trouve combiné. L*acide animal appartient aux végétaux comme aux animaux; car on le tire de la moutarde et ,de plusieurs autres plantes , aussi bien que des insectes et aatrei animaux : on doit donc en inférer que les acides animaux et les acides végétaux sont les mêmes , et qu'ils ne difl%rent que par la quantité et la qualité des matières avec lesquelles ils sont mêlés ; et en les examinant en particulier, on verra bien que le vinaigre , par exemple , et le tartre étant tous deux des produits du vin, leurs acides ne peuvent dinérer essentiellement ; la fer|aenlation a seulement plus développé celui du vinaigre , et l'a même rendu volatil et presque spiritueux. Ainsi tous les acides des animaux ou des végétaux , et même les acerbes , qui ne sont que des acides mêlés d'une huile amère , tirent leur première origine de l'acide aérien.
Les acides minéraux sont beaucoup plus forts que les acides animaux et végétaux, « Ces derniers acides, dit M. Macquer, retiennent toujours de l'huile , au lieu que les acides minéraux nen contiennent point du tout, M II me semble que cette dernière assertion doit être interprétée; car il faut reconnoitre que si les acides minéraux , dans leur état de pureté, ne contiennent aucune huile , ils peuvent , en passant à l'état de sel, par leur union avec diverses terres, se charger en même temps de parties huilea ses ; et en effet la matière grasse des sels dans les eaux-mères paroit être une substadee huileuse, puisqu'elle se réduit à l'état charbonneux par la combustion. Les sels minéraux contiennent donc une huile qui paroit leur être essentielle ; et celle qui se trouve de plus dans les acides tirés des animaux et des végétaux ne leur est qu'accessoire. Ceft probablement par l'afBnité de cette matière grasse avec les huiles végétales et les graisses animales , que l'acide minéral peut se combiner dans les végétaux et dans les ani« maux.
Les acides et les alcalis sont des principes siÂins , mais ne sont pas des sels : on ne les trouve nulle part dans leur état pur
MIÏinèRAUX.
«t simple, et ee n'est ^ quand ils sont unis à quelque matière qui puisse leur servir de hase, qu'ils preimeut la forme de sel, et qu'ils doivent en porter le nom ; cependant les chimistes les ont appelés iels simples , et ils ont nommé sek neutres les vrais sels. Je n*ai pas cru devoir employer cette dénominal ion, parce qu'elle n'est ni néoe^aaire ni précise ; car si l'on appelle sel neutre tout sel dont U hase est une et simple « il faudra donner le nom i'hépçr aux sels dont la hase n'est pas simple, mais cQptpoaée do deia matières différentes, et donner un troisième, quatrième, cinquième nom, etc., à oeux dont la base est composée de deux, trois, quatre, etc., matières différentes' C'est là le défaut de toutes les nomenclatures méthodiques ; elles sont forcées de disparaître dès que l'on veut les appliquer anx phjets réels de la nature.
Noua donnerons donc le pom de sel à toutes les matières dans lesquelles le principe salin est entré, et qui ont une saveur aeusible; et nous ne présenterons d'abord que les sels qui sont formés par la nature , aoil en masses solides dans le sein de la terre, soit en dissolution dans Tair et dans Teau.
On peut appeler sels fossiles ceux qu'on tire de la terre : les vitriols , l'alun , la sélénite, le natron , l'alcali fixe végétal, le sel marin, te nitre , le sel ammoniac, |e borax , et même le soufre et l'arsenic, sont tous des sels formés par la nature. Nous tâchercms de reconnottre leur ^origine et d'expliquer leur formation , en nous aidant des lumières que la chimie a répandues sur cet objet plus que aur aucun autre , et les réunissant aux faiis de l'histoire naturelle qu'on ne doit jamais en séparer.
La nature nous offre en stalactites les vitriols du fer, du cuivre et du zinc; l'alun en lilets cristallisés; la sélénite eu gypse aussi cristallisé ; le natron en masse solide et pure , OU simplement mêlé de terre ; le sel marin en cristaux cubiques et en masses immenses ; le nitre en efflorescences cristallisées ; le sel ammpniac en poudre sublimée par les feux souterrains ; le borax en eau gélatineuse , et l'arsenic en terre métallique. Elle a d'abord formé l'acide aérien par la seule et simple combinaison de Tair et du feu : cet acide primitif s'étani ensuite combiné avec toutes les matières terreuses et métalliques a produit Taeide vitrioliqne avec la terre vitrifiable, l'arsenic avec les matières métalliques, Vacide marin avec les substances calcau'es, l'acide nitreux avec les détrimens putréliés 4e| eorps organisés ; il a de même produit
les alcalis par la végétation , Taeide du tartre et du vinaigre par la fermentation ; enfin il est entré sous sa propre forme dans tous les corps organisés. L'air fixe que l'on tire des matières calcaires , celui qui s'élève par la première fermentation de tous les végétaux, pu qui se forme par la respiration des animaux » n'est que ce même acide aérien qui se manifeste aussi par sa saveur dans les eaux acidulés, ^aus les, fruits, les légumes, et les herbes : il a donc produit toutes les substances salines; il s'est étendu sur tous les règnes de la nature; il est le premier principe de toute saveur , et , relativement à nous, il est pour l'organe du goût ce que la lumière et les couleurs sqnt pour le sens de la vue.
Et les odeurs, qui ne sont que des saveurs plus fines , et qui agissent sur l'odorat, qui n'est qu'un sens de goût plus délicat , proviennent aussi de ce premier principe salin, qui s'exhale en parfums agréables dans la plupart des végétaux , et en mauvaise odeur dans certaines plantes et dans presque tous les animaux ; il s'y combine avec leurs huiles grossières pu volatiles; U s'unit à leur graisse , à leurs mucilages ; il s'élabore avec leur sève et leur sang; il se transforme en acides aigres , acerbes ou doux , en alcalis fixes ou volatils, par le travail de l'organisation auquel il a grande part ; car c'est , après le feu , le seul agent de la nature, puisque c'est par ce principe salin que tous les corps acquièrent leurs propriétés actives , non seulement sur uos sens vivans du goût et de l'odorat, mais encore sur les matières brutes et mortes , qui ne
Î>euvent être attaquées et dissoutes que par e feu ou par ce principe salin. C est le ministre secondaire de ce grand et premier agent qui , par sa puissance sans bornes , brûle , fond et vitrifie toutes les substances passives , que le principe salin , plus foible et moins puissant , ne peut qu'attaquer , entamer , et dissoudre , et cela parce que le feu y est tempéré par l'air auquel il est uni , et que quand il produit de la chaleur ou d'autres effets semblables a ceux du feu , c'est qu'on fépare cet élément de la base passive dans laquelle il étoit renfermé.
Tous les sels dissous dans l'eau se cristallisent en forme assez régulière , par une évaporatipn lente et tranquille ; mais lorsque l'évaporation de l'eau &é fait trop ,promptement, ou qu'elle est troublée par quelque mouvement extérieur, les cristaux salins ne se forment qu'imparfaitement et se groupent confusément. Les différens sels donnent des cristaux de figures différentes;
DES
ils- se produiieiit principalement à la surface du liquide, à mesure qu'il s'évapore ; ce qui prouve que Tair contribue à leur formation, et qu'elle ne dépend pa$ uniquement du rapprochement de» parties salines qui s'unissent à la vérité par leur attraction mutuelle, mais qui ont besoin pour cela d'être mises en liberté parfaite ; or elles n'obtiennent cetle liberté entière qu'à la surface du liquide, parce que sa résistance au§fmente avec -sa densité par l'évaporation , en sorte que les parties salines se trouvent k la vérité plus voisines par la diminution du volume du liquide , mais elles ont en même temps plus de peine à vaincre sa résistance , qui augmente dans la même proportion que ce volume diminue ; et c'est par cette raison que toutes les cristallisations des sels s'opèrent plus efficacement et plus abondamment à la surface qu'à r intérieur du liquide en évaporation.
Lorsque l'on a tiré par ce moyen tout le sel en cristaux que le liquide chargé de sel peut fournir , il en reste encore dans Veaumère; mais ce sel y est si fort engagé avec la matière grasse , qu'il n'est pins susceptible de rapprochement de cristallisation; et même si cette matière grasse est -en trèsgrande quantité, l'eau ne peul plus en dissoudre le spl ; cela prouve que la solubilité dans l'eau n'est pas une propriété inhérente et essentielle aux substances salines.
Il en est du caractère de la cristallisation comme de celui de la solubilité : la propriété de se cristalliser n'est pas plus essentielle aux sels que celle de se dissoudre dans l'eau ; et l'un de nos plus judicieux physiciens, M. de Morveau , a eq raison de dire « que la saveur est le seul caractère distinctif des sels, et que les autres propriétés qu'on a voulu ajouter à celle-ci, pour perfectionner leur définition, n'ont servi qu*à rendre plus incertaines les limites que l'on vouloit fixer .... , la solubilité par l'eau ne convenai)t pas plus aux sels qu'à la gomme et à d'autres matières. Il en est de même de la cristallisation, puisque tous les corps sont susceptibles de se cristalliser en passant de l'état liquide à l'état solide; il en çst encore de même, ajoute-t-il, de la qualité qu'on suppose aux sels de n'être point combustibles par eux-mêmes ; car dans ce cas le nitre ammoniacal ne seroit plus un sel,»
Nos définitions , qui pèchent si souvent par défaut , pèchent aussi , comme l'on voit, quelquefois par excès ; Tun nuit an complément, et Vautre à la précision de l'idée que représente la chose; et les énuméra-
8ELS. S7t
tions qu'on ^ permet de iaire en conséquence de cette extension des définitions nuisent encore plus à la netteté de nos vues, et s'opposent au )ibre exercice de l'esprit, en le surchargeant de petites idées particulières, souvent précaires, en lui présentant des méthodes arbitraires qui l'éloignent de l'ordre réel des choses, et enfin en l'empêchant de s'élever au point de pouvoir généraliser les rapports que l'on doit en tirer. Quoiqu'on puisse donc réduire tous les sels de la nature à un seuU principe salin , et que ce principe primitif soit, selon moi, l'acide aérien, la nombreuse énumération qu'on a faite des sels sous diffé^rens noms ne pouvoit manquer de s'opposer à cette vue générale ; on a cru jusqu'au temps de Slahl , et plusieurs chimistes croient encore, que les principes salins dans l'acide nitreux et dans l'acide ma* rin sont très-différens de l'acide vitriolique, et que ces mêmes principes sont non-seulement différens , mais opposés et contraires dans les acides et dans les acalis; or n'est-ce
Sas admettre autant de causes qu*il y a d'effets ans un même ordre de clboses ? c'est donner la nomenclature pour la science , et substituer la méthode au génie.
De la même manière qu'on a fait et compté trois sortes d'acides relativement aux trois règnes, les acides minéraux, vé^ gétaux, et animaux, on compte aussi troi; sortes d'alcalis, le minéral, le végétal, et l'animal; et néanmoins ces trois alcalis doivent se réduire à un seul , et même l'alcali peut aussi se ramener à l'acide, quoiqu'ih
Î)aroissent opposés, et qu'ils agissent vioemment l'un contre l'autre.
Nous ne suivrons donc pas, «i traitant des sels, l'énumération très-nombreuse qu'on en a faite en chimie , d'autant que chaque jour ce nombre peut augmenter , et que les combinaisons qui n'ont pas encore été tenh tées pourroient donner de nouveaux résultalts salins dont la formation , comme cerfe de la plupart des autres sels, ne seroit due qu'à notre art; nous nous contentèrent de présenter les divisions générales, en ncHii attachant particulièrement aux sels qi^e nous offre la nature , soit dans le sein et à la surface de la terre , soit au sommet de ses volcans >.
I. Si l'on veat se satisfairo à eet égard, on Mot consnlter la table ci-jointe, que mon illastre ami, M. de Moryeau, vient de pnblier. Cette nomenclature, quoique très-abrégée, paroltra néanipoins encore assez nombreuse.
MINÉRAUX
Nous venons de voir que la première division des acides et des alcalis en minéraux , végétaux , et animaux , esl .plutôt mie jiartition nominale qu'une division réelle , puis-
Tabi^av de nomtnclaturig chimique, contenant lés principales dénominations analogiques , et des exemples de formation des noms composés.
BÈGNES.