‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémensChapitre 128 sur 161 · SELS · texte numérisé non relu

SELS

la terre vitrifiée, produire l'acide vitriolique qui n'a plus d'action sur cette même terre , parce qu'il en contient et qu'elle lui sert de base : dès lors cet acide , le plus fort et le plus puissant de tous , n'est néanmoins ni le plus simple de tous ni le premier formé; il est le second dans l'ordre de formation, l'arsenic est le troisième, l'acide marin le quatrième, etc., parce. (||ue l'acide primitif aérien n'a d'abord pu saisir que la terre vitrifiée , ensuite la terre métallique ',

{^uis la terre calcaire , etc., à mesure et dans e même ordre que ces matières se sont établies sur la masse du globe vitrifié : je dis à mesure et dans le même ordre , parce que les matières métalliques sont tombées les premières de l'atmosphère où elles et oient l'eléguées et étendues en vapeurs ; elles ont rempli les interstices et les fentes du quartz et des autres verres primitifs , où l'acide aérien les ayant saisies a produit l'acide ar-^ senical ; ensuite , après la production et la multiplication dès coquillages , les matières' calcaires formées de leurs débris se sont établies, et l'acide aérien les ayant pénétrées a produit l'acide marin , et successivement les autres acides et les alcalis après là naissance des animaux e;t des .végétaux; enfin la, production des acides et des alcalis a nécessairement précédé la formation des sels, qui tous supposent la combinaison de ces mêofies acicles. ou -alcalis . avec une matière terreuse ou, méf^llique, laquelle leur sert de base et contient, toujours une certaine quantité d'eau qui, entre dans la cristallisation de tous les sels ; en sorte qu'ils sont beaucoup moins simples que les acides ou alcalis, qui seuls sont les principes' dé leur essence saline, i ■ ■ Ceci étoit, écrit, ainsi, que la suite de eette histoire naturelle des sels, et j'étois sur le point de livrer eette partie de mon ouvrage à l'impression, lorsque j'ai reçu (au mois de juillet de eette année 1782), de la part de M. le chevalier Marsilio Lan driani , de Milan , le troisième volume de ses opuscules physico-chimiques , dans lequel j'ai vu , avec toute satisfaction , que cet jillustre et savant physicien a pensé comme moi . sur l'acide primitif : il dit expressément « que l'acide universel , élémentaire -y primitif, dans lequel^ peuvent se résoudre tous les acides 'connus jusqu'à' ce jour, ^e&t Vacide méphitique J cet acide qui étant eombiné avec la chaux vive l'adoucit et la neti-

I. Les mines spathiqaes et les malachites contiennent notamment nne très-grande quantité d'l(cide aérien» '

tralîse^ qui mêlé avec les eaux les rend acidulés et pétillantes; c'est iWry^tf de Black, le gaz méphitique de Macquer, Vacide at" mosphétique de fiergraan. »

M. le cIieTalier Landriani pfoute son aâsci'tloil par des expériences ingénieuses; il a. pehse avec notre savant académicien, M. Lavoisier, que l'air fixe, ou Tacide méphitique, se forme par la combinaison de l'air et du feu , el il conclut par dire : « Il me parolthors de doute i" que Vaîr déphloglstiqué, au moment qu'il s élève des cofps capables de le produire, se chan[;e en air fixe, s'il est surpris par le plilogislique dans le moment de sa formation ;

«» 2° Que comme il résulte des expériences que les acides nitreux, vitrioliqne, marin, phosphorique , arsenical, unis à certaines terres, peuvent se changer eft air déphlogistiqué , lequel de son côté peut aisément se convertir en air fixe; et comme d'autre part l'acide du sucre , celui de la crème de tartre, celui du vinaigre, celui des fourmis, etc., peuvent aussi aisément se convertir eh air fixe par le moyen de la chaleur, il est assez démontré que tous les acides peuvent être convertis en air fixe, et que cet air fixe est peut-être l'acide universel , comme étant le plus commun et se ^entont^anl le plus fréquemment dans iës diverses productions de la nature. »

Je suis stir tout cèfa du même avis que M. le chevalier Landriani , et je n'ai d'autre lûérite ici que d'avoir reconnu , d'après mon système général sur la formation du globe , ^ue le plus pur et le plus simple des acides àvoit dise former le premier par la combinai* sofa de l'air et du feu, et que par conséquent on devoit le regarder comme l'acide primitif dont tous les autres ont tiré leur origine :

mais je n'étois pas en état de démontrer par les faits , cotnme ce savant physicien

MmÉRAUX.

vient de le foire, que tous les acides, de quelque espèce qu'il soient, peuvent étse convertis en cet acide primitif, ce qui confirme victorieusement mon opinion; car cfettc conversion des acides doit être réciproque et commune, en sorte que tous les acides ont pti être formés par l'acide aérien, puisque tous peuvent être ramenés à la nature de cet acide.

Il me paroit donc plus certain que jamais, tant par ma théorie que par les expériences de M. Landriani , que l'acide aérien , c'està-dire l'air fixe ou fixé par le feu , est vraimeut l'acide primitif, et le premier principe satin dont tous les autres acides et alcalis tirent leur origine ; et cet acide, uniquement composé d'air et de feu ^ n'a pu former les autres substances salines qu'en se combinant avec la terre et l'eau : aussi tous les autres acides contiennent de la terre et de l'eau ; et la quantité de ces deux élémens est plus grande dans tous les sels que celle* de l'air et du feu ; ils prennent différentes formes selon les doses respectives di» quatre élémens , et selon la nature de la terre qui leur sert de base ; et comme la proportion de la quantité des quatre élémens dans les principes salins , et la qualité différente de la terre qui sert de base à chaque sel , peuvent toutes se combiner les unes avec left autres , le nombre des substances salines est si grand , qu'il ne seroit guère possible d'en faire une exacte énumération : d'ailleurs toutes les combinaisous salines faites par l'art de la chimie ne doivent pas être mises sur le compte de la natnre; nos premières considérations doivent donc tomber sur les sels qui se forment nafurellemeot soit à la surface, soit â l'intérieur de la terre : nous les examinerons séparémem, et les présenterons successivement en eotnmMçant par les sels vitrioliques.

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