X. C'est la pratique commnne en pluiitMnni pro
I titiees de la Crande-Breta|tne, où l'on fond et ennlt
I de cette manière les plus belles fonl^ meolMs » et
des muses de plusieurs milliers eu f rot cylindrfll
et sutres foraes. Nous pimrrtoiis de oMême faire
tMSfe 4t «as fMOQMu daM laaliéiB«è lé
on eronloie te c)iaiboii de terre plwi ou moins épuré. Comme- ce combustible donne une chaleur beaucoup plus forte que celle du charbon de bois, la mine se fond et coule dans ces fourneaux aussi promptement et en plus grand ; quantité que dans nos hauts fourneaux , et on a l'avantage dé
Îtouvoir placer ces fourneaux partout, au ieu qu'on ne peut établir que sur des couraus d'eau nos grands fourneaux & soufflets : mais cette fonte faite au charbon de terre dans ces fourneaux de réverbère lie doniie pas de bon fer , et les Auglois , tout industrieux qu'ils sont , n'ont pu jusqu'ici parvenir à fabriquer des fers de qualité même médiocre avec ces fontes, qoi vraisemblablement ne s'épurent pas assez dans ces fourneaux ; et cependant j'ai vu et éprouvé moi-même qu'il étoit possible, quoique assez difficile, de faire de bon fer avec de la fbnté fondue au charl)on de terre dans nos hauts fourneaux à soufflets, parce qu'elle s'y épiu^ davantage que dans ceux de réverbère.
Celte fonte faiie dans des fouriteaux de réverbère petit utilement être employée ank ouvriiges moulés : mats comme elle n'étt pas assez épurée, on ne doit pas s'en serv{jr pour les canons d'artillerie; il faut, au c6atraire, la fonte la plus pure, et j'ai dit ailleurs > qu'avec des précautions et une bonne conduite au fourneavi on pouvoit épurer la fonte au point que les pièces de canon, au lieu de crever en éclats meurtriers , ne ferpient que se fendre par l'effet d'une trop forte charge , et dès lors résisteroienl sans peine et sans altération à la force de ia poudre aux charges ordinaires.
Cet objet, étant de grande importance, mérite âne attention particulière. Il faut d'abord bannir le préjugé où l'on éUMt,
Îiu'il n'est pas |ioS8it)1e de tenir la fonte dé er en fusion |)endant plus de quinze où vingt heures , qu'en la gninlani plus longtemps eHe se briile, qu'elle petit atissi foire
bon de terre est i pnrtée. M. le inarquis de Lnchet n'a écrit «pi'il avoii foil essai de ceUe wétboja dans les proviiic*« du comié de Nassau, v J'ai iiiis^, dit-il, dans un fountcau conslruil selon la ui^tbcH^ •ngloise cinq qniutaux de niiue de fer. et au bput de huit heures la mine étoit fondue. » Je suis co^* vatitMi de la vérité de ce fait , que M. de LucbetoppoKoit à un fait ^aleuienl vrai , et que j'ai rap*
E>rté» o'esl que la mine de fer ne se fond polat ins nus fourneaux de réverbère, même les plus pubsaas , tels que ceux de nos rerreries et f la> ceri^s ; la difTérenoe vient de ce qu'on la dbau^ avec du Ihms , 4lont la chaleur n*est pas , à beapconp prk , aussi foriu quia oeUe du clwffawi fu
faire a. Vojes le dixiima M énoire, Vumà 1 , p^tt 4f3
«Éw- «t amvwtfst.
MiisiîKAûï:
explosion , qu*on ne peut donner ftti creuset du fourneau uue assez grande capacité pour contenir dix ou douze milliers de fonte, que ce^ trop grandes dimensions du creuset et de la cuve du fourneau en altéreroient CD même en empéciieroient le travail, etc.; toutes ces idées, quoique très -peu fondées, et pour la plupart fausses, ont été adoptées: on a cru qu'il failoit deux et même trois hauts fourneaux pour pouvoir couler une pièce de trente-six et même de vin^^t-quatre, afin de partager en deux ou même en trois creusets la quantité de foute nécessaire, et de ne la tenir eu fusion que dix - huit ou vingt heures. Mais, indépendamment des mauvais effets de cette méthode dispendieuse et mal conçue, je puis assurer que j ai tenu
Sendant quarante-huit heures sept milliers e foute eu fusion dans mon fourneau, sans qu^il soil arrivé le moindre inronvénie it, sans quVIle ait bouillonné plus qu'à l'ordinaire, sans qu*elie se soit brûlée, etc. ', et
X. Ayant fait part de mes obsenrationa h M- le vicomte de Morogues, «>t lai ayaiii demandé le véaullat drs expérieitcps faites à la fonderie de Ruelle en- Ati^oumois, voici l'extrait des rrpoiises qu'il eut la bouté de me faire.
«c Ou a fondu à Ruelle des canons de vingt*qaatre à an seul fourneau ; le creuset deroit cuntenir sept mille cinq cents ou huit mille de mutiiTe : la fusion de la fonte ne peut pas être égale dans deux fouf' neaui différens, et c'est ce qui doit déterminer k ne couler qu'à un 8«-nl fourneaa.
M On emploie environ quarante-huit heures pour la fusion de sept mille cinq cents ou hait mille de mat)4^rn pour un canon de vingt-quatre; et l'on emploie vingt- trois à vingt-qaatre heures pour la fosion d« trois mille cinq cents pour un canon de huit : ainsi la foute du gros canon ayant été le double du temps dans le creuset , il est évident qu'elle a dû se purifier davantage.
« Il n'est pas à craindre que la fonte se brûle lorsqu'elle est une fois en bain dans le creuset. A la vérité, lorsqu'il y a trop de charbon, et par conséquent trop de feu et trop peu de mine dans le fourneau , elle se brûle en partie au lieu de fondre en entier ; la fonte qui en résulte est brune , porease, et bourrue, et n'a pas la consistance ni la dureté d'une bonne fonte : seulement il faut avoir attention que la fonte dans le bain soit toujours couverte d'une certaine quantité de laitier. Cette fonte bourrue dont nous venons de parler est douce et se forme aisément; mais, comme elle a pea de densité et par conséquent de résistance , elle n'est pas bonne pour les canons.
« La fonte grise à petits grains doit être préférée h la fonte trop brune qui est trop tendre, ft à la fonte blanche i gros grains qui est tro[» dure et trop impure.
w II faut laisser le canon refroidir lentement dans son moule, pnua^viter la sorte de trempe qui ne peut que donner de l'aigreur à la matière du canon : oien des gens croient néanmoins que cette surface extérieure, qui est ia plus dure, donne beaucoup ^e force au canon.
«Il n'y a pas long-temps que l'on tourne les
qne j'ai vu (clairement que si la capacité an creuset , qui s*étoit fort augmentée par un feu de six mois, eût été plus grande. j*aurois pu y amasser encore antant de milliers de matière en fusion, qui n^auroit rien souffert en la laissant loujonrs surmontée du laitier nécessaire pour la défendre de la trop grande action du feu et du Gontact de l'air : celle fonte, au contraire, tenue peiH dant quarante-huit hetires dans le creu.set , n'en étoit qne meilleure et plus épurée; elle pesoit cinq cent douze livres le pied cube, tandis que les fontes grises ordinaires qu'on travailloit alors à mes forges ne pesoient que quatre cent qiiaire-vingt quinze litTcs, et que les fontes blanches ne pesoient que quatre cent soixante - douze livres le pied cube *. U peut donc y avoir une diffé-
f>i^ces de canon , et qu'on les coule pleines peur es forer ensuite. L'avantage, en les coulant pleines, est d'éviter les chambres qui se forment dans tous les canons coulés à noyau. L'avantage de tes tourner consiste en ce qu'elles seront parfaitemrat cun* centrées et d'une épaisseur égale dans toutes les parties correspondantes : le seul inconvénient da luur est que les pièc«*s sont plus sujettes à la rouilte que celles dont on.n'ti |>as enlatné ia surface.
« La plus grande diflicutlé est d'empêcher le canon de s'arquer dans le moule; or te tour remédie à ce défaut et à tous ceux qui proviennent des petites im|>erfection8 du moule.
« La première couche qui se dordt dans la fonte d'un canon est la plus extérieure ; l'humidiié et la fraicbeur du moule lui donnent une trempe qvi pénètre à une ligne ou une ligne et demie dans les pièces de gros calibre, et davantage dans ceux de petit calibre, parce que leur surface est proportionnellement plus grande relativement à leur masse : or cette enveloppe trempée est plus cassante ; quoique plus dure que le reMe de la matière, elle ne lui est pas aussi bien intimement unie, et semble faire un cercle concentrique assez distinct du reste de ia pièce ; elle ne doit donc pas augmenter la résistance de la pièce. Mais si I on craint encore de diminuer ta résistance du canon en enlevant l'écorce par le tour, il n'y aura qu'à compenser cette diminution en donnant deox ou trois lignes de plus d'épaisseur au canon.,
« On a observé que la matière est meilleure dans la culasse des pièces que dans les volées , et cette matière de la culasse est celle qui a coulé la première et qui est sortie du fond du creuset , et qui , par conséquent, a été tenue le plus longtemps en fusion ; au contraire, la masselotte du canon , qoi est la matière qui coule la dernière, est d'une mauvaise qualité, et remplie de scories.
«« On doit observer que si l'on veut fondre du canon de vingt-quatre à un seul fourneau , il seroit mieux de commencer par ne donner au creuset que les dimensions nécessaires pour couler du dix-huit, et laisser agrandir le creuset par l'action du feu avant de couler du vingt -quatre ; et par la même raison on fera l'ouvrage pour couler du vingtquatre, qu'on laisser^ ensuite agrandir pour couler du trente- six.
' a. J'ai fait' ces épreuves à nne très-bonne e* grande bulaiice hydrostatique sur des morceaux