‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémensChapitre 148 sur 161 · FEE · texte numérisé non relu

FEE

de recourir à la cémentation; car, an lieu d*empIoyer du fer forgé, on obtiendra de l'acier comme on obtient du fer avec là seule fonte, et seulement en variant les procédés dt^ travail , et les multipliant à l'afnnerie ei an marteair.

On doit donc distinguer de$ adéars dé deux sortes : le premier qui 9e fiiif avec la fonte de fer ou avec le fer ipême , et sans cémentation; le second que l'on Ikit avec le fer, en employant un cément t tous deuiç se détériorent également et perdent leur qjbaiité par des chaudes réitérées; et la pratimie par laquelle on a cru femédiei* I ce deiaut, en donnant & chaque morceau dé fer la forme de la pièce qn'on veut convertir en acier, a elle-même son inconvénient, car celles de ces pièces , comme sabres, couteaux, rasoirs, etc., qui sont plus ddnces dans le tranchant que dans le qos.

seront trop acier jdans la partie mince, el trop fer dans Paiitre ; et d ailleurs les petites ooursouflures qui s'^élèvent à l^ur surface rendroient ces pièces défectueuses. Il faut de plus que l'acier cémenté soit corroyé.

saé, et soudé, pour avoir de la force et dti corps; en sorte que be procédé, de forger les pièces avant Je les mettre dans le cément , ne peut convenir qiie pour les morceaux épais dont on ne veut convertir que la surface en acier.

Pour (aire de l'ader avec la fonte de fer, il font commencer par rendre cette fonte aussi pure qu'il es^possible avant de la tirer dufourneaudefbslon; etjfK>urcela,8il'0nn)et huit mesures de mine pour faire delà fonte ordinaire , il n'en fiaudrâ mettre que six par charge sur la même quantité de charbon , afin que la fonte en devienne meilleure. On

gourra atissi la tenir plus long-temps en ain dans le creuset, c'est-à-dire quinze où seize heures au lieu de douze ; elle achëi^a pendant ce temps de s'épurer : ensuite on la coulera en petites gueuses ou lingots ; et pour la dépurer ehcore davantage, on fréra fondre une seconde fois ce lingot dans lé feu dé l'affinerié : cette seconde fusion lui donnera la quaUté néèésjsdiré pour devenir du bon ader au moyeh dn travail siii vant

On remettra an feo de l'af&nerie eettç fonte épurée , pour en ilaire une Idnpe qu'on portera sous le marteau lorsqu'elle Sera rougie à blanc ; on la traitera comme le fer ordinaire , mais seulement sous un plus petit qiarteau , parce qu'il faut aussi que la loupe soit assez petite, c*^trà-dire de vii)gtToinqà trente livres seulement ; on en fera ua bw^

MINERAUX

reau carré de dix ou onie li|iies au plus ; et lorM|u*il sera forgé et refroidi , on le casfera en morceaux longs d'environ un pied , que Ton remettra au feu de l'affinerie , en Ici arrangeant en forme de grille , les uns sur les autres : ces petits barreaux se ramolliront par Faction du feu, et se souderont ensemble; l'on en fera une nouvelle loupe , que Ton travaillera comme la première, et qtt*on portera de même sous le marteau pour en feire un nouveau barreau qui sera peutêtre déjà de bon acier; et même, si la fonte a été bien épurée , on aura de l*acier assez bon dès la première fois : mais supposé que cette seconde fois Ton n'ait encore que du fer, ou du fer mêlé d'ader, il fendra casser de nouveau le barreau en morceaux , et en former une loupe au feu de raffinerie, pour la porter ensuite au marteau , et obtenir enfin une barre de bon acier. On sent bien 3 ne le déchet doit être très-considérable, et 'ailleurs cette méthode de faire de l'acier ne réussit pas toujours ; car il arrive assex souvent quen chauffent plusieurs fois ces petites barres on n'obtient pas de l'acier , mais seulement du fer nerveux : ainsi je ne conseiUerois pas cette pratique, quoiqu'elle m'ait réussi, vu qu'elle doit être conduite fort délicatement, et qu'elle expose à des pertes. Gdle que l'on suit en Carinthie, pour faire de même de l'acier par la seule dépuration de la fonte, est plus pure et même plus simple. On observe aabord de faire une première tonte, la meilleure et la plus pure qu'il se peut : cette fonte est coulée en fiou , c'està-dire en gâteaux d'ei^viron six pieds de long sur un pied de large, et trois à quatre pouces d'épaisseur. Cette floss est portée et présentée par le bout à un feu animé par des soufflets, qui la fait fondre une seconde fois , et couler dans un creuset placé sous le foyer. Tout le fond de ce creuset est rempli de poudre de charbon bien battue; on en garnit de même les parois , et par dessus la fonte l'on jette du charbon et du laitier pour la couvrir. Après six heures de séiour dans le creuset ' , la fonte étant bien épurée de son laitier, on en prend une loupe d'environ cent quarante à cent cinquante livres , que l'on porte sous le marteau pour être divisée eu deux ou trois màssets , qui sont ensuite rhauffés et e/iréf en barres , qui, quoique brutes , sont de bon acier , et qu'il ne feut qua porter à la batterie pour y recevoir des cliaudes successives , et être mises sous le

I. six pour la première Icup*» et seoleraent cioq oa quatre po«r tes •aiTa»tc«, le ereuaet étant plue emlirasé^ .

martinet oui leur donne la forme. H me parolt que le succès de cette opératioii tient essentiellement à ce que la fonte soit environnée d'une épaisseur de poudre de charbon, qui, de cette manière, produit une sorte de cémentation de la fonte, et la sature de feu fixe , tout comme les bandes de fer forgé en sont saturées dans la cémentation proprement dite , dont nous allons exposer les procédés.

Cette conversion du fer en ader au moyeo de la cémentation a été tentée par nombre d'artistes , et réussit assez facilement daos de petits fourneaux de chimie ; mais elle présente plusieurs difficultés lorsqu'on veut travaille!, en grand, et je ne sache pas que nous ayons en France d'autres fourneaux que celui de Néronville en Gâtinois, où l'on convertisse à la fois jusqu'à soixante-quinze et quatre-vingts milliers de fer en acier ; et encore cet ader n'est peut-être pas aussi parfait que celui qu'on fait en Angleterre : c'est ce qui a déterminé le gouvernement à chaîner M. de Grignon de feire, dans mes forges et au fourneau de Néronville, des essais en grand, afin de connaître quelles sont les provinces du royaume dont les f cars sont les plus propres pour être convertis en acier par la voie de la cémentation. Les résultats de ces expériences ont été imprimés dans k Journal de Physique du mois de septembre 178a ; on en peut voir l'extrait dans la note ci-dessous * : et voici ce que ma propre ex-

a. Eb 1780, M. de OrigDon fmt duu>gé par !• gouvernement de faire des expériences en çrand pour déterminer quelles sont les provinces da royaume qai produisent les fers les plus propres i être convertis en ader par la cëmentatioa. M. is comte de Snffen offrit ses forges et le gruod four* neau qu'il avoit fait construire pour lea mêinei opérations , et en y fit arriver des fers da comfé de Foix , du Roussillon , du Daupbiné « de l'Alsace, d« la F^nche - Comté , des Trois • Évédtés , de Champagne, deBerri» de Suède* de Rassi«, et d'Espagne.

Tous ces fers furent réduits au même écfaantiHoo, et placés dans la caisse de cémentation ; leur poids toûd étoit de quarante mille sept cent deux lrvi«s , et on les enveloppa de vingt^quatre pieds cubes de poudre de cémentation : on mit ensuite le feu au fourneau, et on le sontint pendant cent du* quante-sept heures consécutives , dont trenie>sept heures de petit feu , vingtqnatre de feu médiocre , et quatre'vugt-seiae heures d'un feu si actif , qu'il fondit les briques du revêtement du fourneau , da diaphragme, des arceaux, et de la voûte supérieure où sont les tuyaux aspiratoires....

Lorsque le fourneau fut refroidi , et que le fer fut retiré de la caisse , on en constata le poids » qui se trooTa augmenté de soixante • une livres : mais une partie de cette augmentation de poids provient de quelques paredles de matières du cé>' ment, qui restant attachées A la snrAwe des barres.

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