‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémensChapitre 154 sur 161 · I. Voy« 1m Mémoires sor les Miroirs ardens · texte numérisé non relu

I. Voy« 1m Mémoires sor les Miroirs ardens

que Tor est absolument ûxt au feu de nos iourneaux.

L'opacité est encore une de ces qualités

au'on donne à l'or par excellence au dessus e toute autre matière; elle dépend, dit-on, de la grande densîié de ce ntéUti : la feitiile d'or la pltts mince ne laisse passer de l» lumière que par les gerçures accid^telles qui s'y trouvent. Si cela étoit, les matières les plus denses seroient tonjours les jdus opaques ; mais souvent on observe le contraire, et Ton connoit des matières très-légères qui sont entièrement opaques, et des matières pesantes qui sc»nt transparentes. D'ailleurs tes feuilles de l'or battu laissent non seulement passer de la lumière par leurs gerçures accidentelles, mais à travers leurs pores; et Boyie a , ce me semble , observé le pre* mier que cette lumière qui traverse l'or est bleue : or les rayons bleus «ont les plus petits atomes de la lumière solaire; ceux des rayons rouges et jaunes sont les plus gros; et c'est peut-être par cette raison que les bleus peuvent passer à travers l'or réduit en feuilles, tandis que les autres, qui sont plus

Sros, ne sont point admis ou sont tous rééchis; et cette lumière bleue étant uniformément apparente sur toute rétendue de la feuille, on ne peut douter qu'elle n'ait passé par ses pores et non par les gerçtnres. Ged n'a rapport qu'à l'effet ; mais pour la cause, si l'opacité, qui est le contraire de la transparence , ne dépendoit que de la deusité , l'or seroit certainement le corps le plus opaque, comme l'air est le plus transparent : mais combien n'y a-t-il pas d'etemples du contraire? Le cristal de roche, si transparent, n'est-tl pas plus dense que la plu|Mirt des terres ou pierres opaques? et si l'ou attribue la transparence à l'honiogéhéité, l'or, dont les parties paroissent être homogènes , ne devroit-if pas être très-transparent? Il me semble doue que l'opacité ne défWDd ni de la densité de ta mtftière ni de l'homogénéité de ses parties, et que la première cause de la transparence est la disposition régulière des parties constituantes et des por<â; que quand ces mêmes parties se trouvent disposées en formes régulières, et posées de manière à laisser eutre elles des vides situés dans la même direction ,falors la matière doit ètra transparente, et qu'elle est au contraire nécessairement opaque dès que les poi^s ne sont pas situés dans des directions correspondantes.

El cette disposition qui fait la transparence s'oppose à la ténacité : aussi les corps transparens sont en général plus friables qoe

DE

les corps opaques; et Vor« dunt les. parties sont fort homogènes et la téuacitétrès>grande, n*a pas ses parties ainsi disposées : on voit en le rompant qu'elles sont pour ainsi dire engrenées les unt» dans les autres; elles présentent au microscope de petits anglea-prisr matiqnes, «aillans et rentrans. C'est donc de cette disposition de ses parties constituantes que l'or tient sa grande opacité, qui du reste ne paroit en enet si grande que parce que sa densité permet d'étendre en une sur- ^ face immense une très-petiie masse, et que la feuille d'or, quelque mince qu'elle soit, est toujours plus dense que toute autre matière. Cependant cette disposition des vides on pores dans les corps n'est pas la seule cause qui puisse produire la transparence; le corps transparent n'est, dans ce premier cas, qu'un crible par lequel peut passer la lumière : mais lorsque les vides sont trèspetits, la lumière est quelquefois repoussée au lieu d'être admise; il faut qu'il y ait at« traction entre les parties de la matière et les atomes de la lumière pour qu'ils la pénètrent, car Ion ne doit pas considérer ici les pores comme des gerçures otf des trous , mais comme des interstices d'autant plus petits et plus serrés que la matière est plus dense; or si les rayons de lumière n'ont point d'affinité avec le corps sur lequel ils tombent , ils seront réfléchis et ne le pénétreront pas. L'hiiile dont on humecte le papier pour le rendre transparent en remplit et bouche en même temps les pores : elle ne produit donc la transparence que parce qu'elle donne au papier plus d'affinité qu'il n'en avoit avec la lumière,. et l'on pourroit démontrer par plusieurs autres exemples l'effet de cette attraction de transmission de la lumière , ou des autres fluides, dans les corps solides; et peut-être l'or, dont la feuille mince laisse passer les rayons .bleus de la lumière à l'exclusion de tous les autres rayons , a-t il plus d'affinité avec ces rayons bleus , qui dès lors sont admis , tandis que les autres sont tous repoussés.

Toutes les restrictions qiie nous venons de faire sur la fixité, la ductilité, et l'opacité de l'or, qu'on a regardées comme des propriétés trop absolues , n'empêchent pas qu'il n'ait au plus haut degré toutes les qualités qui caractérisent la noble substance du plus parfait métal ; car il faut encore ajouter à sa prééminence en densité et en ténacité celle d'une essence indestructible et d'une durée presque éternelle. Il est inaltérable, ou du moins plus durable, plus impassible qu'aucune autre substance ; il oppose une

résistance invincible à l'action des élémens humides, a celle du soufre et des acides les plus puissans, et des sels les plus corrosifs : néanmoins nous avons trouve par notre art non seulement les moyens de le dissoudre , mais encore ceux de le dépouiller de la plupart de ses qualités; et si la nature n'en a pas fait autant, c'est que la main de l'homme, C4)nduite par l'esprit, a souvent plus fait qu'elle : et sans sortir de notre sujet , nous verrons que l'or dissous, l'or précipité, l'or ftilminant, etc., ne se trouvant pas dans la nature, ce sont autant de combinaisons nou Telles , toutes résultant de notre intelligence. CC' n'est pas qu'il soit physiquement impossible qu'il y ait dans le sein de la terre (te For dessous , précipité , et minéralisé , puisque nous pouvons le dissoudre et le précir Jûter de sa dissolution , et puisque dans cet !tat de précipité il peui être saisi par les acides simples comme les autres métaux, ef se montrer par conséquent sous une formç minéralisée; mais comme cette dissolution suppose la réuuion de deux acides ,' et que ce précipité ne peut s'opérer que par une troisième combinaison, il n'est pas étonr nant qu'on ne trouve que peu ou point d'or minéralisé dans le sein de la terre >, tandis que tous les autres métaux se présentent presque toujours sous cette-fdf me , qu'ils reçoivent d'autant plus ai^ément qu'ils sont 51) ts susceptibles d'être attaqués par les sels e la terre et par les impressions des élémens humides.

On n'a jamais trouvé de précipités d'or; ni d'or fulminant , dans le sein de la terre : la raison en deviendra sensible si l'on considère en particulier chacune des combinaisons nécessaires pour produire ces précipités : d'abord on ne peut dissoudre l'or que par deux puissances réunies et combinées , l'acide nitreux avec l'acide marin , ou le soufre avec l'alcali ; et la réunion de ces deux substances actives doit être très-rare dans la nature , puisque les acides et les alcalis , tels que nous leS employons , sont euxmêmes des produits de notre art , et que le soufre natif n'est aussi qu'un produit des volcans. Ces raisons sont les mêmes et encore plus fortes pour les précipités d'or; car il faut une troisième combinaison pour le tirer de sa dissolution , au moyen du mé-

X. L'or est minéralisé « dit-on, dans la mine de Jfajac ; on prétend aussi que le sinopei ou sinopl0 provient de la d^^vomposition de l'or fariie par h nature , «oim la forme d'une terre ou chaax couleur de pourpre : mais je doKle qii^ ces faits soient bien constate».

fMixuLbu.

%xt^ àé \}jaM^û% afaire. âétrère àypc \k- Quelle lë flissolvânt ait plu^ a afiinhé ^u^ \et for ; et ensuite, pour que oe précipité

fcisse acqtiéi-îr là propf ière Ailiiiinànte , il .Il en' brc riioisir une maiière entre touiïi 1b au 1res qui peuvent également préripitef for dé sa dissolution : cette nialièrc est l'alcati Tolatil, sans lecjuel il ne peut devenli* fulminant; cet alcali volaiil est le seul int'ér- Inède qui dégage subitement l*air et cause là Iblmination ; car s il ii*esi point entré d*altàli Tolaiil dans la disssolution de for, et d[U*on le précipite avec l'alcali fixe ou toute abtre mailère, H ne sera pas l'ulnùnanl : en- Kd il ^ut encore t^ommiuiiquer une a«sei Ib'rte chaleur pour qu'il ej^ei ce rette action fblminaute : or toutes ces condiiSoi»s réu-

8~'ies ne peuvent se rencontrer dans le sein e ta terre, et des lors U est sûr qu'on n*j trouvera jamais d6 lor fulminant. CTn sait

bue 1 explosion 4e cet or fulminant est hcaiicoup |Jhs violente que celle de la poudre à banon , et quVIle pourroit produire des effets encore plus tei ribtes , et même s'exercer H*uu.^ manière jilus insidieuse « parce qu'il né Huit ni teu ni même une éiinrelle, et que la èhaleur seule produiie par un frottement Issez l^er sufnt pour causer une explosion tubite et fou([ro^ante.

.On a, ce me semblé, vainement tenté TexpUcatiôa de ce })héiiomène prodigieux ; 'bependant, eu faisant attention  toutes les drconstancei, et eh comparant leurs rapports , il me semble qu'on |)eut au moins eh lirer des raisons satisfaisantes et trèsp-lausiblt'S sut* la cause de cet effet : si dans l'eau régaie, dont on se sert pour là dissolution de Tôr, il n'est poiut entré d'alcali volatil, soil sous sa forme propre, soit sous celle du sel aniUioniac, de quelque manière et avec quelque intermède qu'on précipite ce itnétat , il ne sera ni ne deviendra fulminant, à moins qu'on ne se serve de Talcali tolaiil pour celte précipiiaiion ; lorst^i'au contraire la dissolutiou sera faite avec le sçl ^mmoniac , qui toujours coutient de Talcaii Volatil , de quelque manière et avec quelque intermède que l'on fasse la précipitation, ]^or devieudrà toujours fidminant. H est qonc assez' clair (que cette qualité fulminante ue lui vient que de Faction ou du niêlange de Talcali volatil, et Ton ne doit pas être incertain sur ce point, puisque ce précipité fulminant pè^ un quart de plua quie IW dont il est le produit ; dos Son ce quart en sus de matière étraogère qui s'est alliée avee l'or dans ce précipité n'est autre chose , du moins en grande par-

ti^, t}b< de ràleân Volaiil : mais bel âMli contient ,' indépeiidamfnent dé son sel , une ^nde quantité dair inflammable, c*est-à- ^ire d*àir élasticioe , inêlé de feu ; dès lors il h*est pas stii*prenant ()be ce feu oii cet air fnQâmmable contenu dans l'alcali volatil, oui se trouve pour un quart incorporé avec 4 Dr, ne s'enflamme en (flët par là cbaleur, et ne produise une explosion d'autant plus violente que les molèculeé de l'or dans lesquelles il est engagé sont plus massives et ^lus résistantes à l'action de cet élément incoercible, et dont les eflVïts sont d'autant pins vidiens que les résistances sont plus erandes. C'est par cette même raison de ràir inflammable contenu dans l'or fulminant, que celte qualité fulminante est détruite par le soufre mfik avec ce précipité ; car le soufre , qui n'est que là matière dh Teti fixée par l'aCide, a la plus grande affinité avec cette même matière du feu contenu dans l'alcali volatil : il doit donc lui enlever ce feu , et dés lors fa cause de l'explosion est ou diminuée ou même anéantie juir ce méfénge du soufre avec l'or fulminant.

Au. reste, l'or fulmine, avant d'è\vc chautîé jusqu'au rouge, dans les vaisseaux clos comme en plein air : mais , quoique cette cbaleur nécessaii-e pour produire la élimination ne soit pas très-grande, il est certain qu'il n'y a nulle part, dans le sein de fa terre , un tel degré de cbaleur , à l'exception des lieux voisins des feux souten-ains, et que par conséquent îl ne peut se trouver d'or fulminant que dans les volcans , dont il est possible qu'il ait quelquefois auginenté les terribles effets ; mais par son exblosion même , cet or fulminant se trouve tout à coup anéanti, ou du moins jierdu el dispeHé en atomes infiniment .petits '. Il n'est donc pas étonnant qu'on n'ait jamais trouvé d'or fulminant dans la nature , puisque , d'une part , le feu ou la cbaleur le dé-

u li. liaoqiMr» apaès «voir dié qnviqtMS exemples funestes des accidens arrivés par la fulmination de l'or à des chimistes peu attentifs ou trop courageux , dit qu'ayunt fait fulminer daos anf jurande cloche dft verre ane quantité de ee précipité •htm petit* pour n'en àvAÎr rien à «raindrti , un a |roavé, après la détouatioa » abr jes parois de la cloche, l'or en nature que cette détonation n'avoit poiut altéré. Comme cela pourruit induire en erreur, fe crois devoir observer qnn cette matière qui avoit frappé contre les parois da vaii>arau el s'y fiUAi a.tacliée n'étoit pas, otHome il le dit, de l'ot tn natun, mais de l'or précipité; ce qui est fort dilTéreot, puisque celui ci a perdu la principale propriété de sa natuiv, qui est d'étee inaltérable , mdissoluhle par les «cUIm siiapln , et que tons les Açjdes peuvent au cootrair* altérer at même dissoudre ce pr«*cîpité.

DE VOK.

pan, $1 lie ))oUrrait exercer cptle Action ftblttillianfe daiii riniérieur de la tcrrfe , »" degré de sa température actuel^. An ritte , on ite doit pas oublier qu'en générai les précipités d'or, loi'sqtrils sont réduits, sont, à la vérilé, loiijoiirè de l'or î mais que dans leur état de précipité, et avant la réduction, ils ne sont pas, comme l'or même, Inalrérâblés, indestruclibles , etc. Leur essence n'esl donc plus la même que celte de l'or de nature : tous les acides minérnuiou végétaux', et même les simples acerbes « tels (jue U noix de galle , agissent sur ces précipités et peuvent Tes dissoudre , tandis qne l'or en ihéial n'en éprouve aucune aiiératiou ; lek précipités de Tor ressemblent donc, à cet egarcf, aux métaux imparfaits, et pem'ent par conséquent être altérés de même et minéralisés. Mais nous vtMions de prouver que les combinaisons nécessaires pour faire des précipités d'or n'ont guère pu se trouvadans la nature , et c'est sans doute par cette k*aison qu*îl n'existe réellement que peu ou point d'or minéralisé dans le sein de la terre; et s'il en existoit, cet or mméralisé seroit en effet très-diflërent de l'autre : on pourrolt le dissoudre avec tous le^ acides, puisqu'ils çtissoUeut les précipités dont se serait formé cet or minéralisé.

Il ne faut qu'une petite quantité d'acide iparin mêlée à l'acide nitreux pour dissoudre l'or; mais la meilleure jnoporlion est de quatre parties d'acide nitreux et une partie de sel ammoniac. Cette diasolution est d'une belle couleur jaune; el lorsque ces dissolvans sont pleinement saturés, elle devient elaireei inusparente; dans tout éiat elle teint en violet plus ou moins foncé toutes les substances animales : si on la fait évaporer , elle donne, en se refroidissant, des cristaux d'un beau jaune transparent; et si l'on pousse plus loin l'évaporation au moyen de la chaleur, les cristaux disparoisfient, et il ne reste qu'une poudre j.iime et très-fine qui n'a pas le brillant métallique.

Qu'on puisse précipiter l'or dissous dans l'eau régale avec tous les autres métaux, avec les alcalis, .les terres calcaires, etc., c'est l'alcali volatil qui, de toutes les matières connues, est la plus propre à cet effel; iJ réduit l'or plus promptemeut que les aldalis fixes ou les métaux : ceux-ci changent la couleur du précipité; par exemple, L'élain lui donne la belle couleur pourpre qu'pu einploie sur nos porcelaines.

L'or pur ti peu d'éclat et sa couleur jaune est assez mate ; le mélange de l'argent le blan-

ehit, celui du eaiinre lé rougit; le fisrkii coBimunique sa couleur; une paitie d'açtiçr fondue avec cinq parties d'or {»<ir lui doniie ta couteipir du fer puli. Les biioutiersi se servent avec avantage de ces mélanges pour l^s ouvrages où ils ont l)esoin d'or de différentes couleurs. L'on connoît en chimie des procédés par lesquels ou f>etll donner sutx précipités de l'or les plus belles couleurti , poui^re, rdul^e^ verte; etc.; ces couleurs sont fixes et peuvent s'employer dans les émaux ; le bérax blanchit i'or phis que tout autre mélange , et le nitre lui rend la couleur jaune^ que le borax avoii fait disparoltt-e.

Quoique l'or soit le pltis compacte et le plus tenace des métaux , il ii'cst néanmoins que peu élastique et peu sonoh» : il est trèsflexible, et plus mou que l'argent , le cuivre, et le fer, qui de tous est le plus dur; il n'y a que le plomb et l'étatu qui aient plus de mollesse r^ue l'or , et qui soient moins élastiques; mais quelque flexible qu'il soit, on a beaucoup de peine à le rom|)re. Les \oj^ ^eurs disent que \\.t de Malaca , qu'où croit Aenir de Madagascar , et qui est prestfue tout blanc , se fond ausâ promplemeni que du plomb. On assure aussi qu'on trouve daits tes sables de quelques rivières de ces contrées des grains d'or que l'on |)eut couper au couteau , et que même cet or est si mou qu'il peut recevoir aisément l'empreinte d'^n cachet; il se fond à peu près comme du plomb , et l'un prétend que cet or est le plus pur de tons : ce qu'il y a de certain , c'est (|ue plus ce métal est pur et moins il est dur; il n*a dans cet état de pureté Qî odeur ni saveur sensible , même après avoir été fortement frotté ou chauPlé. Malgré sa mollesse , il est cependant susceptible d'un assez grand degi*é de dui-eté par l'écrouissement , c'est-à-dire par la percussion souveAt réitérée du marteau , ou par la compressiou successive et forcée de la filière ; il perd même alors une grande partie de sa ductihté , et devient assez cassant. Tous les métayx acquièrent dé même un excès de dureté riarl'écrouissement : mais ou |^ut toujours détruire cet effet en' les faisant recuire au feu , et l'or , qui est le plus doux , le plus ductile de tous> ne laisse pas de per dre sa ductilité par une forie et longue percussion ; il devient non seulement plus dur, plus élastique, plus sonore « mais même il se gerce sur ses bords lorsqu'on lui fait subir une extension forcée sous les rouleaux du laminoir : néanmoins il perd |)ar le recuit ce fort écrouissement plus aisément

MINÉRAUX

qu'aucun autre métal; il ne faut pour cela que le chauffer, pas même jusqu'au rouge, au heu que le cuivre et le fer doivent être pénétrés de feu pour po'dre leur écrouissement.

Après avoir exposé les principales propriétés deTor, nous devons indiquer aussi ■H moyens dont on se sert pour le séparer des antres métaux ou des matières hétérogènes avec lesquelles il se trouve souvent mêlé. Dans les travaux en grand on ne se sert que du plomb, qui, par la fusion, sépare de Tor toutes ces matières éti'angères en les soorifiaut ; on emploie aussi le mercure, qui, par amalgame, en fait pour ainsi dire l'extrait, en s'y attachant depréf^noe. Dans les travaux chimiques, on fait plus souvent usage des acides. « Pour séparer l'or de toute autre maliô'e métallique, on le traite, dit mon savant ami M. de Morveau, soit avec des sels qui attaquent les métaux imparfaits à Taide d'une chaleur Yioleute, et qui s'approprient même l'argent qui pourroit lui être allié, tels que le vitriol, le nitre, et le sel marin; soit par le soufre ou par l'antimoine qui en contient abondamment; soit enfin par la coupellatioD , qui consiste à mêler l'or avec le double de son poids environ de plomb , qui , en se vitrifiant, entraine avec lui et scorifie tous les autres métaux, imparfaits; de sorte que le bouton de fin reste seul sur la coupelle, qui absorbe daus ses pores la litharge oe plomb et les autres matières qu'elle a scorifiées. » La coupellation laisse donc l'or encore allié d'argent : mais on peut les séparer par le moyen des acides qui n'attaquent que l'un ou l'autre de ces métaux ; et comme For ne se laisse dissoudre par aucun acide simple ni par le soufre , et que tous

Kuvent dissoudre l'argent, on a, comme n voit , plusieurs moyens pour faire la séparation ou le départ de ces deux métaux.

On emploie ordinairement l'acide nitreux; il faut qu'il soit pur, mais non pas trop fort ou concentré : c'est de tous les acides celui qui dissout l'argent avec plus d'énergie et sans aide de la chaleur, ou tout au phis avec une petîKe chaleur pour commencer la dissolution.

£ii général , pour que toute dissolution s'opèi'e, il faut non seulement qu il y ait une grande affinité entre le dissolvant el la matière à dissoudre, mais encore que l'une de ces deux matières soit fluide pour pouvoir pénétrer .l'autre , en remplir tous les pores, et détruire par la force d'affinité celle de la cohérence des parties de la ma-

tière solide. Le mercure , par sa flaîdité et

par sa très-grande affinité avec Tor, doit être regardé comme l'un de ces dissolvans ; car il le pénètre et semble le diviser dans toutes ses parties: cependant ce n'est qu'une union, une espèce d'alliage, et non pas une dissolution; et l'on a eu raison de donner à cet alliage le nom d'amalgame, parce que l'amalgame se détruit par la seule évaporatioQ du mercure, et que d ailleurs tous les vrais alliages ne peuvent se faire que par le feu, tandis que l'amalgame peut se faire à froid , et qu'il ne produit qu'une union partîcu* Hère , qui est moins intime que celle des alliages naturels ou faits par la fusion : et en effet, cet amalgame ne prend jamais d'autre solidité que celle d'une pâte assez molle , toujours participant de la fluidité du mercure, avec quelque métal qu'on puisse l'unir ou le mêler. Cependant ranialgame se fait encore mieux à chaud qu'à froid : le mercure, quoique du nombre des liquides, n'a ))as la propriété de mouiller les matières terreuses , lû même les chaux métalliques ; il ne contracte d'union qu'avec les métaux qui sont sous leur forme de métal; une assez petite quantité de mercure sut&l. pour les rendre friablQs, en sorte qu'on peut dans cet état les réduire en poudre par une simple trituration, et avec une plus grande quantité de mercure on en fait une pâte, mais qui lî'a ni cohérence ni ductilité: c'est de cette manière très - simple qu'on peut amalgamer l'or, qui , de tous les métaux , a la plus grande affinité avec le mercure; elle est si^ puissante , qu'on la prendroit pour une espèce de magnétisme. L'or blanchit dés qu'il est louché par le merciu%, pour peu même qu'il en reçoive les émanations ; mais dans les métaux qui ne s'unissent avec lui que difficilement , il faut^ pour le succès de l'amalgame , employer le secours du feu , en réduisant d'abord le métal en poudre très-fine^ et faisant ensuite chauffer le mercure à peu près au point oh il commence à se volatiliser : on fait eo même temps et séparément rougir la poudre du métal , et tout de suite on la trkure avec le mercure chaud. C'est de cette manière qu'on l'amalgame avec le cuivre ; mais Ton ne connoit aucun moyeu de lui foire conli-acter union avec le fer.

Le vrai dissolvant de l'or est, comme nous l'avons dit , l'eau régale composée de deux acides, le nitreux et le marin; et comme s'il falloit toujours deux puissances réunies pour dompter ce métal , on peut encore le dissoudre par le foie d^ soufre,

DE L'oa.

qui est un composé de soufre et d'alcali fixe. Cependant cette dernière dissolution a besoin d'être aidée, et ne se fait que par le moyen du feu. On met Tor en poudre très< fine ou en feuilles brisées dans un creuset , avec du foie de soufre ; on les fait fondre ensemble , et For disparoit dans le produit de cette fusion : mais en faisant dissoudre dans Teau ce même produit, Tor y reste en parfaite dissolution , il est aisé de le tirer par précipitation.

Les alliages de Tor avec Targent et le cuivre sont fort en usage pour lés monnoies et pour les ouvrages d'orfèvrerie ; on peut de même l'allier avec tous les autres métaux :

mais tout alliage lui fait perdre plus ou moins de sa ductilité; et la plus petite auantilâ;d'étain, oU même la seule vapeur de ce métal , suiHt pour le rendre aigre et cassant : l'argent est celui de tous qui diminue Je moins sa trop grande ductilité.

L'or naturel et natif est presque toujours allié d'argent en plus ou moins grande proportion ;* cet alliage lui donne de la fermeté et pâlit sa couleur : mais le mélange de cuivre l'exalte, la rend d'un jaune plus rouge,' et donne à l'or un assez grand degré de dureté ; c'est par cette dernière raison que quoique cet alliage du cuivre avec l'or en diminue la densité au delà des proportions du mélange , il est néanmoins fort en usage pour les monnoies , qui ne doivent ni se plier, ni s'effacer, ni s'étendre, et qui auroient tous ces iuconvéniens si elles etoient fabriquées d'or pur.

Suivant M. Geliert, l'alliage de l'or avec le plomb devient spécifiquement plus pesant et il y a péuélration entre ces deux métaux; tandis que le contraire arrive dans l'alliage de l'or et de l'étain , dont la pesanteur spécifique est moindre : l'alliage de l'or avec le fer devient aussi spécifiquement plqs léger ; il n'y a donc nulle pénétration entre ces deux métaux , mais une simple union de leurs parties, qui augmente le volume de' la masse , au lieu de le diminuer, comme le fait la pénétration. Cependant ces deux métaux, dont les parties constituantes ne paroissent pas se réunir d'assez près dans .la fusion , ne laissent pas d'avoir ensemble une grande affinité ; car l'or se trouve souvent , dans la nature , mêlé avec le fer, et de plus il facilite au feu la fusion de ce métal. Nos habiles artistes devroient donc mettre à profit celle propriété de l'or, et le préférer au cuivre , pour souder les petits ouvrages d'acier qui demandent le plus grand soin et )a plus grande solidité ; et ce qui me semble

prouver encore la grande affinité de l'or avec le fer, c'est que, quand ces deux métaux se trouvent alliés, on ne peut les séparer en entier par le moyen du plomb ; et il en est de même de l'argent allie au fer, on est obligé d'y ajouter du bismutb pour achever de les purifier.

L'alliage de l'or avec le zinc produit un composé dont la masse est spécifiquement plus pesante que la somme des pesanteurs spécifiques de ces deux matières composantes; il y a donc pénétration dans le mélange de ce métal avec ce demi-métal , puisque le volume en devient phis petit : on a observé la même chose dans l'alliage de l'or et du bismutb. Au reste , on a fait un nombre prodigieux d'essais du mélange de l'or avec toutes les autres matières métalliques,

3ue je ne pourrois rapporter ici sans tomber ans une trop grande prolixité.

Les'^cbimistes ont recherché avec soin les affinités de te métal , tant avec les substances naturelles qu'avec celles qui ne sont que le produit de nos arts ; et il s'est trouvé que ces affinités étoient dans l'ordre suivant : i" l'eau régale, a** le foie de soufre, 3® le mercure, 4® l'éther, 5" l'argent, 6® le fer, 7® le plomb. L'or a aussi beaucoup d'affinité avec les sub^ances huileuses , volatiles et atténuées , telles que les huiles essentielles des plantes aromatiques , l'espritde-vin, et surtout l'éther; il en a aussi avec les bitumes liquides, tels que le naphte et le pétrole : d'où l'on peut conclure qu'en général c'est avec les matières qui contiennent le plus de principes inflammables et volatils que l'or a le plus d'allUnité ; et dès lors on n'est pas en droit de regarder comme une chimère absurde l'idée que l'or rendu potable peut produire quelque effet dans les corps organisés, qui, de tous les êtres, sont ceux dont la substauce contient la plus grande quantité de matière inflammahle et volatile, et que, par conséquent, For extrêmement divisé puisse y produire de bous ou de mauvais effets , suivant les circonstances et les difTérens états où se trouvent ces mêmes corps organisés. Il mesemUe donc qu'on peut se tromper en prononçant affirmativement sur la nullité des effets de l'or pris intérieurement, comme remède, dans certaines maladies , parce que le médecin ni personne ne peut connoitre tous las rapports que ce métal très-atténué peut avoir avec le feu qui nous anime.

Il en est de même de celte fameuse re cherche appelée le grand œuvre, qu'on doit rejeter en bonne morale, mais qu'en saiiie

tn

MIÎfÉRÀUX.

physique Ton ne peut pas frftit# cPiinpt»»- 81 me. On fait bien de dégot^ter ceux qui voudroient se livrer à ee travail pénible et ruineux, qui , même f\ikt-il suivi du succès , ^e seroit Utile en rien à la société : mais pourquoi prononcer d'une manière décidée que la transmutation des métaux jioii abso-^ lument impossible, puisque nous ne pouvons douter que toutes Içs matières terrestres , et même les élémens , ne soient to«4 convertibles; qu'indépendamment de cette vue spéculative, nous connoissons plusieurs alliages dans lesquels la matière des métaux se pénètre et augmente de densité? L'essence de Tor consiste dans la prééminence de celte qualité ; et toute matière qui par le mélange obtiendroit le même degré de den $ité ne seroit-elle pas de l'or? Oes métaux mélangés, que Palliage rend spécifiquement plus pesans par leur pénétration réciproque, ne semblent-ils pas nous indiquer qu'il poit y avoir d'autres combinaisons où cette

Sénétration étant encore plus intime, là ensilé deviendroîl plus grande ?

Ou ne coimoissoit cî-devanl rien de plus dense que le mercnre après l'or, mais on a l'écemmeut découvert la platine: ce minéral Qous présente Tune de ces combinaisons où 1^ den&îlé se trouve prodii^ieusement aiiginentée, et plus que moyeniie entre celle du percure et relie de l'or. Mais nous n'avons 9ucua exemple qui puisse nous mettre en ^oil de prononcer qu'il y ait dans la nalurë dei substances plus denses que rur» ni des paqyens d'en former par notre art : notre |»Jus grand chef - d'œuvt*e seroit en effet i^'atigmenter la densité de la matière, au |)oint de lui donner ta pesanteur de ce inc- (Uii; peut-être ce chef-d'œuvre n'est -il pas impossible, et peut-être même y esi-on parvenu ; car, dans le grand nombre des faits exagérés ou faux qui nous ont été transmis AU sujet du grand œuvre, il y en a quelques-uns dont il me parait as&z difficile de douter : mais cela ne nous empêche pas de ■Qiéprisei' et même de condamner tons ceux qui, par cupidité, se livrent à celte rerherâie , souvent même sans avoir les connoîs- •tancèsi néoe.^aire$. pour se conduire dans leurs travaux; car ill'aut avouer qu'on ne peut ri«n lireT des livres d'alchimie^ ni la Table hernttitùftte, ni la Tourbe des philosophes, ni Philàlèttte, et quelques autres que j'ai pris la peine de lire S et même d'étudier,

X. Je puis même dire que j^ai va nn bon nombre çle ces messieurs tideples , dont quelgues-uii» sont Tenus de fort loin poar me cousulter, disaient- ils , et roe faire part de leurs travaux ; mais tous ont

ne m'ont pt^senté que ilet obscurités , des procédés inintelligibles, où je n'ai rien aperçu, et dont je n'ai pu rien conclure, sinon que tous ces chercheurs dîe pierre philosophale ont regardé le hiercure comme lu base commune des métaux , et surtout de l'or et de Tai'geni. Bêcher, avec sa tcrrt mercurielle^ ne s'éloigne pas beaucoup de tïette opinion ; il prétend même avoir trouvé le moyen de fixer cette base ronimnne des métaux. Mais s'il est vrai que le mercure ne se fixe en eftèt que par un froid extrême, il n'y a guère d'appaiience que le feu des fotirneaux de tous ces dâmistes ait produit le même effet : rependat;t on auroit tort denier absolument la possibilité de ce ^hangemeni d elai dans le mercure, puisque malgré la fluidité qui lui paroi trtreesseniàil le il est dans le cinabre sous une forme solide, et que nous ne savons pas si sa sulistanoe ou sa va))eur, mêlée avéC quelque autre matière que le sou Ire, "ne ptendtx>it pas une forme encore |)lu8 solide, plus concrète et phis dense. Le projet de la transmutation des métaux et ceîul de ta fixation dn mercure doivent donc être rejeiés,non comme des idées dnméHqnes ni des absurdités, mais comme des entreprises téméraires, dont le succès est plus que douteux. Nous sommes encore si loin de connoîlre tous les effets des puissances de la nature, que nous ne devons pas les juger exclusivement par celles qui nous sont connues, d'autant que touteâ les combinaisons possibles ne^oût pas, à beaucoup près, épuisées, et qu'il noiis reste sans doute plus de choses à découvrir que nous n'en connoissons.

En attendant que nous puissions pénétrer |)1ns profondément 9ans le sein de cette nature inépuisable, bornons-nous à lacomtempler et à la décrire par les faces qu'elle nous présente : chaque sujet, même le plus simple, ne laisse pas d'offrir un si grand nombre de rapports , que l'ensemble en est encore très-dilïicile à saisir. Ce que nous avons dit jusqu'ici sur l'or n'est pas, à beaucoup près , tout ce qu'on poinroit en dire :

ne négligeous , s'il est possible , aucune observation, aucun fait remarquable sur ses mines, sur la manière de les'lravailler, et sur les lieux où on les trouve. L'or, dans ses mines primitives, est ordinairement en filets , en rameaux , en feuilles , et quelquefois cristaIJisé eu très-petits grains de forme octaèdre. Cette cristallisation, ainsi que toutes ces ramifications, n'ont pas été produites

bientdt étfi dégoûtés de peu d'enthoQsiasme.

«la eonverMlion pe

r mon

pht IHntëriMdlé de l'ëatit miis fM IWtoti dii feii priihitif qui tfenOit encore ce iliél»! éb Aision : il a pris tô^ites ces fortneft dans 1^ fentes du quarts, qnelcjUe temps après sa «énsolidatinn. Souvent ce qUUrtc est niano, et qtielfjuefois ît est teint d'utî jiilHe couleur tte corne; ce qui à fait dire à quelques ^itié^alO0istes dQ'on troùvoit IV dans là pierre de cohilê boMniè dàiis h quarti t mais l'a vraie pierre dé corne étant d'une formation postérieure a celle du quarts, For qui pôurroit s'jr trouver ne sferdll luiihème que de seconde formation î For prtniordiai ^oiidu ou subHiilé par le fëU primitif s'i'st logé dans les fentes que le quartz } déjà décrépite par les agpns extérîetirs , lui ofîtroit de toutes parts, et communément il è*y trouve allié d'arg.nt ,. parce cjiril ne faut qiï'à peu près lé même degré de fcliéleur ftour fondre et sublimer ces deux métaux.

Ainsi For et l'argent ont occupe e\\ rtiême temps \fs fentes perpendiculaires de fa *o« ché qiiartzeuse, et ils ont en coHrimuh ibrmé tes mines primordiales de ces fnéiauk : \6a* tes les mines secotid.u'res en oiii successive^ aient tiré leur origine quand les eàùk soiit Venues dans la suite attatpiel* ces niinés prU îÉlitives, et en détacher les grains et lés partelles qu'elles ont entraînés et déposés dan§ le lit des rivières et dans lés terres adjacentes , et ces débris métalliques , rapprorliéb Il rassemblés, ont quelquefois formé des agrégats qu'on reeonuoit être des ouvrages de Teau, soit par leur structuré, suit pab !eur position danè les terres et les sables.

tl n'y a doue point de mines dont l'or soit absolument pur; il est toujours allié d'argent: mais cet alliage Varie eu difféi-entès proportions, suivant les différentes mitles ' \ et dans la plupart il y a beaucoup

f>lus d'argent que d'or; car comme la quanité de l'argcni s'est trouvée surpasser de beaucoup celle de Tor, les alliages naturels résulia&s de leur mélange sont presque tous composés d'une bien plus grande quantité d'argent que d'oi*.

tie métal mîxie de première formation est , comme nous l'avons ait , engagé dans un roc quartzeux auquel il est étroitemetit uni ; pour^'eû tirer , il faut donc conimencer par broyer la pierre» en laver la poudre pour en séparer les parties moins pesantes que celles du métal , et achever cette séparation par le moyen du mercure , qui , s'a-

T. Pline parte d'an or des Gaules qni ne contfenoit qu'un trent€-sixièmt d'argent. Bn admettant le fait, cet or séroit le plus pur qu'on eût jamais trouTé.

nalganiajDt avec les pertirules métalliques^ laissé à part le restant de la matière pierreuse : ou enlève ensuite le mercure en donnant à celle masse amalgamée un degré de chaleur sufiisant pour le volai iliser; après quoi il ne ifste plus que la portion meial- Ûque, t»mposée d'or ei d'argeut : on sépare enfin ces deux, métaux , autant qu'il est pos< sible, par les 0péralions du dépait, qui cependant ne laissent jamais For parfai.lement pur * , comme s'il était impossible à notre art de séparer en entier ce que la nalure a réuni; car de quelque manière que l'on procède à cette^séparation de l'or et de Targent, qui, dans la nature, ne sont le plus séuvent qti'nne masse commune, ils restent toujours mêlés d'une petite portion du métal qu'on tâche d'en séparer 3, de sone que ni l'cr ni l'argent ne sont jamais dans im état de pureté absolue.

Cette opération du départ, ou séjiaratiQtt de l'or et de rai<geut, suppose d'abord qiie la masse d'alliage ait été purifiée |)ar le plomb, et qu'elle ne contienne auctmc autre tiiaiiëre méiallique, sinon de l'or ei de 1 afo giRt. On peut y procéder de trois manières dilféreuiea, en se servaiU des substancjss qui, soit à chaud, soit à froid, n'attaquant

Ks l'or , et peuvent néanmoins dissoudre rgent. x" L'acide niireux n'attaque pas l'or et dissout l'argent; l'or resie donc seul après la dissolution de l'aident, a^ L'aci4<@ marin, comme l'acide nitreux, a la verUj de dissoudre l'argent sans attaquer l'or, et par cunsé(pient la puissance de les séparer : Biais le départ par l'acide nitreux est plus complet et bien plus facile ; il se fait (lar la voie humide et à l'aide d'une très - petite ehaleur , au lieu que le départ par l'acide ikiarin, qu'on apjielle départ concentré y ne peut se faire que par une suite de procédés assez difficiles. 3° Le soufre a aussi lii

t. Je crois cependant qu'il n'est pas impoafrtble de sépajrer absolument l'or et l'argent l'un de l'autre en maltipliant les opérations et les moyens, el qn'an moins on arriveroit à une approximation li grande , qu'on pôurroit regarder comme nulle la jportion presque infiniment jietite qui resttdroit coalenne dans l'autre.

3. M. CrtfKier, dans sa Doaîmas*0f assure que si le dëpart se fait par l'eau-forte, il reste toujours Une petite |)brtion d'argent unie à l'or i et de même qne quand on fait le <^ipart par l'eau régale , il reste toujours une petite portion d'or unie à .i'ar* gent) et il estime cette proportion depifis un deuxoentitnne jusqu'à un cent^cinqoantièine.

M. Tillet observe au'il est très-vrai qu'on n'obtient pas de l'or parfaitement pur par la yoie du départ , mais que cependant il est possible de ]>ar- Tenir à ce but par la . dissçlation de l'or fin dans l'eau régale , ou par des cémentations réitérétt«

MINiEA.inL.

même propriété dé dissoudre l'ai^gent sans too^dier à for , mais ce n'est qu'à l'aide de la fusioD, c'est-à-dire d'une chaleiir violente; et comme le soufre est très- inflammable , et qu'il se bràie «t se volatilise en grande partie en se mêlant au métal fondu, on préfère rantimoine pour faire cette espèce de départ sec, parce que le soufre étant nui oans rantimoine aux parties régulines de ce demi-métal , il résiste plus à l'action do feu, et pénètre le métal en fusion, dans lequel il soorifie l'argent et laisse Yor au dessous. De ces trois agens, l'acide nitreux est celui qu'on doit préférer ' , la manipulation des deux autres étant plus difficile, et la purification plus incomplète que par le premier.

On doit observer que pour faire par l'acide nitreux le départ avec succès , il ne faut pas que la quantité d'or contenue dans l'argent soit de plus de deux cinquièmes; ear alors eet acide ne pourroit dissoudre les

Sarties d'argent , qui , dans ce cas, seroient éfendnes et trop couvertes par celles de Tor pour être attaquées et saisies. S'il se trouve donc plus de deux cinquièmes d'or dans la masse dout on veut faire le dé|iart, on est obligé de la foire fondre, et d*y ajouter autant d'argent qu'il en faut pour qu'il n^ ait en effet que deux cinquièmes d'or daus cette nouvelle masse : ainsi l'on s'assurera d'abord de cette proportion, et il me semble que cela seroit facile par la balance hydrostatique , et que ce moyen seroit bien plus sûr que la pierre de touche et les aiguilles alliées d'or et d'argent à différentes closes, dont se servent les essayeurs pour reconnoilre cette qirantilé dans la masse de ces métaux alliés. On a donc eu raison de proscrire cette pratique dans les rotmnoies de

I. MM. Brandt , Schœffer, Bergman , et d'aatres» ayant avaucé que l'acide nitreux, quoique trèspur, ponvoit dissoudre une certaine quantité d'or, et' cet effet paroissant devoir influer sur la sàreté d« l'importante opération du départ» les chimistes de notre Académie des Sciences ont été charjjés de faire des expériences à ce sujet; et ces expériences ont prouvé que l'acide nitreux n'attaque point ou très-ppu l'or, puisqu'après en avoir séparé l'argent qui y éloit allié , et dont on connoissoit la proportion, on a toujours retrouvé juste la même quantité d'or. Cependant ils ajoutent, dans le rapport de leurs épreuves, «qu'il ne faut pas cvnclore que, dans aucun cas, l'acide^ nitreux ne puisse faire éprouver à l'or quelque très-foible décbet. L'acide nitreux Ie)>]us pur se charge de quelques particules d'or : mais nous pouvons assurer que les circonstances nécessaires à la production de cet effet sont alwolnmcnt étrangères au départ d'essai ; que dans ce dernier, lorsqu'on le pratique suivant les règles et L'usage reçu , il ne peut jamais y avoir le moiudre déchet sur l'or. »

France*; otr ce B*est an vrai qu'un titounement dout il ne peut r&ulter qu'une estimation incertaine, tandis que par la différente pesanteur spécifiqtie de ces ' deux métaux on auroit un résultat précis de la mroportion de la quantité de chacun dans la masse alliée dont on veut faire le départ. Quoi qu'il en soit^ lorsqu'on s'est à peu près assuré de cette proportion » et que l'or n'y est que pour un quart ou au dessous, on doit employer de l'eau - forte ou acide nitreux bien pur, c'est-à-dire exempt de tout autre acide , et surtout du vitriolique et du marin ; on verse cetie eau - forte siur le métal réduit en grenailles ou en lames très - minces : il en faut un tiers de plus qu'il n'y a d'argent dans l'alliage. On aide la dissolu tioD par un peu de chaleur, et on la rend complète en renouvelant deux ou trois fois l'eau-forte, qu'on fait même bouillir avant de la séparer de l'or , qui reste seul au fond du vaisseau , et qui n'a besoin que d'être bien lavé dans l'eau chaude pour achever de se nettoyer des petites parties de la dissolution d'argent atfacbées à sa surface; et lorsqu'on a obtenu For, on retire ensuite l'argent de la dissolution, so'il en \e faisant précipiter , soli en disliUant Veauforte pour la faire servir une seconde fois.

Toute masse dont on veut faire le départ par cette voie ne doit donc contenir que deux cinquièmes d'or au plus sur trois cinquièmes d'argent ; et , dans cet état , la couleur de ces deux métaux alliés est presque aussi blanche que l'argent pur; et loin qu'une plus grande quantité de ce dernier métal nuisit à l'effet du départ, il est au contraire d'aiJtant plus aisé à faire , que la proportion de l'argent à l'or est plus grande. Ce n'est que quand il y a environ moitié d'or dans l'alliage, qu'on s'en aperçoit à sa couleur, qui commence à preudre un œil de jaune foible.

Pour reconnoitre au juste l'aloi ou le titre de l'or , il faut donc faire deux opérations : d'abord le purger, au moyen du I>lomb , de tout mélange étranger, à l'exception de l'argent , qui lui reste uni , |)arce que le plomb ne les aliaque ni l'un ni l'autre; et ensuite il faut faire le départ par le

a. M. Tillet m'écrit, à ce sujet, qu'on ne fait point usage des toacàmtx pour le travail des monnoies de France ; ie -titre des espèces n'y est constaté que par l'opération de l'essai nu du départ. Les orfèvres empl«.ient, il est vrai , le toucbau dans leur maison commune ; tuais ce n'est que pour les menus ouvrages en si petit volume, qu'ils offrent à peine la matière de l'essai en règle, cl qu'ils sont incapables de supporter le poinçon de marquç.

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