‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémensChapitre 24 sur 161 · SECOND MÉMOIRE · texte numérisé non relu

SECOND MÉMOIRE

Fondemens des rechertfies précédentes sur là tempéruhre des planètes.

L^branme nouveau n^a pu voir, et l'homme ignorant ne voit encore aujourd'hui la nature et l'étendue cie l'univers que par b simple rapport de 9e$ yeux ; -k terre est pour bii un solide d'uh vbluihe sans bome& , d'aile étendue sans limites , dont 11 ne peut qu'avec peine parcourir de petits espaces super^ ficiels , tamis que le soleil , les plahèfes , et Pimmensilé dés déni ne h!i présentent que des points lumineux, dont le soleil et la lune lui ])aroissent être les seuls objets dignes de fixer ses regards. A cette fatisse idée sur rétendtie de la nature et sur les proportions de Punivers s'est bientôt joint le sentiment encore plus disproportionné de la prétention. L'homme, en se comparant aux autres êtres tetrestres, s'est trouvé te premier : dès lors il a cru que tous êtoieiit faits pour lui; que la terre même u'avoii été créée que pour lui servir de domicile ^ et le ciel de spectMde; qu'enfin l'anivers entier devoit se rapporter à ses besoins , et même à ses plaisirs. Mais , à mesure qu il a fait usage de cette lumière divine qui seola ennoblit son être, à mesure que l' homme s*est instruit , il a été forcé de rabattre de plus en plus de ses prétentions ; il s'est vu rapetisser en même raison que l'univers s'agrandissoit, et il lui est aujourd'hui bien évidemment démontré que cette terre qui

fait tout son domaine, et sur laquelle il ne peut malheureuseraeut subsister sans querelie et sans trouble, est à proportion tout aussi petite, pour l'univers aue lui - même Test pour le Créateur. En enel il n'est plus possible de douier que cette même terré , si grande et si vaste pour nous, ne soit une tissez médiocre planète, une petite masse de matière qui circule avec les autres autour du soleil; que cet astre de lumière et de feu ne soit plus de douze «ent mille fois plus gros que le globe de la terre, et que sa puissance ne s'étende à tous les corps qu'il fléchit autour de lui ; en sorte que notre globe en étant éloigné de trente-trois millions, de lieues au moins , la planète de Saturne se trouve à plus de trois cent treize millions des mêmes lieues : d'où Ton ne peut s'empêcher de conclure que l'étendue de l'empire du soleil , ce roi de la nature , ne soit une sphère dont le diamètre est de six cent vingt-sejpt millions de lieues, tandis que celui de là terre n'est que de deux mille; huit cent soi.\ahte-cinq ; et si l'on

S rend le cube de ces deux nombres , on se émonirera que la terre est plus petite, relativement à cet espace) qu'un grain de sable ne Test relativement au volume entier du globe.

^Néanmoins la planète de Saturne, quoi»

16 MINÉRAUX. mTRODUCnON.

que la plus éloignée do soleil, n'est pas en- les comètes dont la période est la plus lon-

core à beaucoup près sur les confins de son gue. Supposant donc qu'il ait été départi à

empire. Les limites en sont beaucoup plus Sirius un espace égal à celui qui appartient

i^ulées, puisque les comètes parcourent, à noire soleil, on voit qu'il faut encore re-

BU delà de cette distance, des espaces en- culer les limites de notre système solaire de

core plus grands, que Ton peut estimer par 74a fois plus qu'il ne l'est déjà jusqu'à l'a-

la période du temps de leurs révolutions, phélie de la comète, dont Ténorine distance

Une comète qui, comme celle de l'année au soleil n'est néanmoius qu'une unité sur

x68o, circule autour du soleil en 575 ans, 742 du demi - diamètre total de la sphère

s'éloigne de cet astre i5 fois plus qiie Sa- entière du système solaire ».

tume n en est distant; car le grand axe de miUions de lieues,

son orbite est i38 fois plus grand que la i. pist. de la terre au soleil. 33

distance de la terre au soleil. Dès lors on Distance de Saturne au soleil.. 3x3

doit ...gme..t« encore Téteudue de ta pui.- «>'-- f Jj.'lt':: ."Î! I' T. 4.554

sance solaire de i5 fois la disUnce du so- Distance de sinus au soleil.... 6,771,770

leil à Saturne , en sorte que tout l'espace Distance de sirius au point de

dans lequel sont comprises les planètes n'est l'apliéiie de la compte , en qu'une petite pn,vince du domaine de cet »PPJ»H« Jl.":^.^^:^! astre, dont les bornes doivent être posées directement rers sirius (supau moins à x38 fois la distance du soleil à position qui diminue la disla terre, c'est-à-dire à i38 fois 33 ou 34 ««ne» «««*»»* q^'" "* P"" -

maiionsdelieues.^ Moti'ilV|-adi;unced;àiriu; '''''•"'

Quelle immensité d espace! et quelle «u soleil , ou profondeur du

quantité de malien* ! car , indépendamment système solaire et du système

des planètes , il existe probablement quatre «rien 3,385,885

ou cinq cenis comètes, peut-être plus grosses ^/^.^^t' coÎTét^";!" '! 3.38x,33.

que la terre, qui parcourent en tous sens ^equi étant divisé par la dis-

les différentes régions de cette vaste sphère, tance de l'aphélie de la co-

dont le globe terrestre ne fail qu'un point , mite donne 74» t/a en^ir.

Uneunilésur f9I,îlOi,6ia,985,5l4,î»72»000, On peut encore d'une autre manière se former

OUantité que ces nombres représentent, «"^ *dée de cette distance immense de Sinus i

" . ',,. ... ■ »»»^:«j.,i nous, en se rappelant que le disque du soleil forme

mais que l'imagination ne peut atteindre ^ ^^^ ^^^ un angle de 3a minutes, tandis que

ni saisir. N'en voilà-t-il pas assez pour nous ceiui de Sirius n'en fait pas un d'une seconde ; e(

rendre , nous, les nôtres, et notre grand do- Sirius étant un soleil comme le nôtre , que nous

micile, plus petits que des atomes ? supposerons d'une égale grandeur, puis«,u-il n'y a

I, ' ij / .^ *» ^ A»«« J„- ««**^ P»» P'"» <1« raison de le supposer plofc grand que

Cependant cette énorme étendue , cette ^^^ ^^.^ ., „^„, paroîtroii aïssi grand que le so-

Sphère si vaste, n'est encore qu un treS-petlt Jeil g-JI n'étoil qu'à la même distance. Prenant donc espace dans l'immensité des cieux^ chaque deux nombres proportionneU au carré de 3a miétoile fixe est un soleil, un centre d'une nutesetaacarré d'une seconde, on aura 3,686.400 -, ^ , . ^.^ . .^^^^ ^« «« pour la distance de la terre i Sinus , et 1 pour sa sphère tout aussi vaste; et comme on en 5i,»a„ceau soleil 1 et comme cette nnité.iaut 33 compte plus de deux mille qu on aperçoit millions de lieues, on voit à combieii de milliards à la vue simple , et qu'avec des lunettes on de'lieues Sirius est loin de nous, puisqu'il faut mul-

en découvre un nombre d'autant plus grand *•?'.'«' c" 33 millions par 3,686.400; et si nous

. , .' V divisons I espace entre ces deux soleils voisins ,

que ces mslrumens sont plus puiSSans , 1 e- q^^^„ç .j f^^ éloignés, nous yerrons que les ce-

tendue de l'univers entier paroit être sans mètes pourroient s'éloigner à une distance dix-huit

IjOrnes, et le système solaire ne fail plus cent mille fois plus grande que celle de la terreau

qu'une province de l'empire universel du soleil . sans sortir des limites de l'univers solaire,

jt , "* ^ . 1 , . et sans subir par conséquent d'autres lois que celle

Créateur , empila infini comme lui. ^ ^^^^ ^^^K^^. ^ jTJj, ^„ ^^^ conclure que le

Sirius, étoile fixe la plus brillante, et que système solaire a pour diamètre une étendue qui ,

par celte raison nous pouvons regarder quoique prodigieuse, ne fait néanmoins qu'une trèscomme le soif il le plus voisin du nôtre, ne PftUe portion des cieux : et l'on en doit inférer une Y'"'"i«> t^ <>»« , ^ . i^V^ vérité peu connue . c'est que de tous les points de

donnant a nos yeux quune seconde de pa- y^^^^^ planétaire, c'est-à-dire que du soleil, de

rallaxe annuelle sur le diamètre entier de i, terre, et de toutes les autres planètes, le ciel

l'orbe de la terre, est à 677 70 millions de doit paroître le uiéme.

lieues de distance de nous , c'est -à -dire à L«r«^q»f «'«f .""« belle nuit l'on considère tous

An c Ml- j - r.«:»«o A., c.,ciAr«o. ces f«wx dont bn Ile la voûte céleste, oniœagineroit

6767216 millions des limites du sysleme t,„'e„ se transportant dans une autre plau^ plus

solaire, telles que nous les avons assig^nees éloignée du soleil que ne l'est la terre, on verroit

d'après la profondeur à laquelle s'enfoncent ces astres élincelans grandir et répandre une lu-

Ainsi , quand même il existeroit des co* metes dont la période de révolution seroit double, triple, et même décuple de la période de 575 ans, la plus longue qui nous soit connue; quand les comètes en conséquence pourroient s'enfoncer à une profondeur dix fois plus grande, il y aurait encore un espace 74 ou 7 5 fois plus profond pour arriver aux. derniers confins tant du système solaire que du système sirien ; en sorte qu'en donnant à Sirius autant de grandeur et de puissance qu'en a notre soleil , et supposant dans son système autant ou plus de corps cométaires qu'il n'existe de comètes dans le système solaire, Sirins les régira comme le soleil régit les siens, et il restera de même un intervalle immense entre les confins des deux empires, intervalle qui ne pareît être qu'un désert dans l'espace, et qui doit faire soupçonner qu'il existe des corps cométaires dont les périodes sout plus longues et qui parviennent à une beaucoup

Elus grande distance que nous ne pouvons i déterminer par nos connoissances actuelles. Il se pourroit aussi que Sirius fÙt un soleil beaucoup plus grand et plus puissant que le nôtre; et si cela étoit, il faudrait reculer d'autant les bornes de son domaine en les rapprochant de nous, et rétrécir en même raison la circonférence de celui du soleil.

On ne peut s'empêcher de présumer en effet que, dans ce très-grand nombre d'étoiles fixes qui toutes sont autant de soleils, il n'y en ait de plus grands et de plus petits que le nôtre, d autres plus ou moins lumineux, quelques-uns plus voisins qui nous sont représentés par ces astres que les astronomes appellent étoiles de la première grandeur, et beaucoup d'auires plus éloignés qui, par cette raison, nous paroissent plus petits : les étoiles qu'ils appellent nébuleuses semblent manquer de lumière et de feu , et n'être, pour ainsi dire, allumées qu'à demi; celles qui paroissent alternativement sont peut-être d'une forme aplatie par la violence de la force centrifuge dans leur mouvement de rotation : on voit ces soleils lorsqu'ils montrent leur grande face, et ik dis-

mière plus vive, puisqu'on tes verroit de plus pr^. Néanmoins l'espèce de calcul que nous venons de faire démontre que quand nous serions placés dans Saturne, c'est-à-dire neuf ou dix fois plus loin de notre soleil . et 3oo millions de lieues plus près de Sirius , il ne nous parottroit pins gros que d'une 194021* partie , augmentation qui seroit absolument insensible : d*où Ton doit conclure que le ciel • , pour toutes les |rfanètes , le même aspeift que pour la terre. ■"

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