‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémensChapitre 25 sur 161 · PARTIE HYPOTHÉTIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE HYPOTHÉTIQUE

Saroissent tontes les fna qu'ils se pr éa é nteB t e côté. Il y a dans ce grand (mire de dn>ses, et dans la nature des astres, les mêmes variétés, les mêmes differenees en iiombre, grandeur, espace, mouvement, forme, et durée ; les mêmes rapports , . les mêmes degrés, les mêmes nuances qui se trouvent dans tous les autres ordres de la, création.

Chacun de ces soleils étant doué comme le nôfre, et comme toute matière l'est, d'une puissance attractive qui s'étend à une dislance indéfinie, et decroit comme l'espace augmente , l'analogie nous conduit i croire qu'il existe dans la sphère de chacun de ces astres lumineux un grand nom-»

bre de corps opaques, planètes ou comètes, qui circulent autour d'eux , mais que nous n'apercevons jamais que par TcBil de l'esprit, puisqu'étant obscurs et beaucoup plus petits que les soleils qui leur servent de foyer , ils sont hors de la portée de notre vue , et même de tous les arts qui peavent l'étendre ou la {lerfectionner.

On pourroit donc imaginer qu'il passe qiielquefois des comètes d'un système dans l'autre . et que , s'il s'en trouve sur les confins des detix empires , elles seront ^saisies par la puissance prépondérante . et forcées d'obéir aux lois d un nouveau maître. Mais, par l'immensité de l'espace qui se trouve au delà de l'aphélie de nos comètes , il parolt que le souverain ordonnateur a sépare chaque système par des déserts mille et miHe fois plus vastes que tonte l'étendtie des espaces fréquentés. Ces déserts , dont les nombres peuvent à peine sonder la profondeur, sont les barrières étemelles, invincibles, que toutes les forces de la nature créée ne peuvent franchir ni surmonter. Il feudroit , pour qu'H y eût cmnmunication d'im système à l'autre , et pour que les sujets d'un empire pussent passer dans un autre, que le siège ou trône ne fât pas immobile ; car l'étoile fixe , ou plutôt le soleil , le roi de ce système, changeant de lieu, entralneroit à sa suite tous les corps qui dépendent de lui , et pourroit dès lors s'approcher et même s'emparer du domaine d Un autre.

Si sa marche se trouvoit~ dirigée vers un astre plus foible , il commencerait par lui enlever lés sujets de ses provinces les plus éloignées , ensuite «eux des provinces intérieures; il les forceroit tous à augmenter son cortège en circulant autour de lui; ei son voisin, dès lors dénué de ses sujets, n'ayant plus ni planètes ni comètes, per* droit en même temps sa lumière et son feu , que leur mouvement seul peot exeiter

MUfÉRÂiTx.. ntrRODUdtoN.

: dès Imv œC astre iMi»« ii*é« tant plfas lÉamténii dans sa place jfar ('équilibra dea forces , seroit contraint de changer de lien eii changeant de natune, et, de- Venu eorps oiiacar, obéiroit ooHBme ks an»

très à la {Hiissance dn coaf^iténnt , dont te fen augmenteroit à proportiOB dn nombre de ses cenqnêtas.

Car que peMt-on dire sur la oatnre du s^teil , siBOn que c'est un corps d'un pro« digieox ^uRie , vue Masse énorme de ouhtiière pénétrée de feu , ^tii paroit subsister sans aliment comme dans nn métal fondv , oa dans un corps solide en incandescence ?

et d'où pe«t venir cet état constant d'inoendesceace, cette production toujours renotifdéé d\itt (en dont la consommation ne pie roit entretenue par aucun aliment, et dont la déperdition est nulle ou in moins insensiblct qooiqne constante depuis un ai grand Bombre de tiècies? T a-t-il, peut-il niémé y avoir une antre cause de la production et du maintien de ce fen permanent , sinon le monTement rapide de la, forte pression de tons les corps qui circulent autour de ce fiayer commun , qui réchauffent et Tembrasent , comme une roue rapidement tournée embrase son essievi? La pression qu'ils exercent en tertu de leur pesanteur équivaut au frottement , et même est plus puissante , panse que cette pression est une force pénétrante qui frotte non seulement la surface eltérieure , mais toutes les parties intérieures de la masse; la rapidité de leur mouvement est si grande , que le frotteinent aoqniert unb force presque infinie, et met néoessairemChit toute la maésse de lessieii dAns un état d'itioandésœnce, de lumière, de chaleur, et de feu, qui dès lors n'a pas besoin d'aliment pour être entretenu, et qui, malgré la déperdition qui s'en fait cha-

3ue jour par l'émission de la lumière, peut urer des siècles lie siècles sans atténuation sensible , les autres soleils rendant au nôtre autant de lumière qu'il leur en envoie, ^ le {dus petit atome de feu ou d'une matière quelconque ne pouvant se perdre nulle part dans un système où tout s'attii^.

Si de cette esquisse du grand tableau des cieux, que je n'ai tâché de tracer que pour me représenter la proportion des espaces et celle du mouvement des corps qui les parcourent; si de ce point de vue auquel je ne me suis élevé que pour voir plus clairement combien la nature doit être multipliée dans les différentes régions de Tunivecs, nous descendons à cette portion de |t«s|Nioe qui nous est mieiix eonwie, et dan*

laquelle le soléH elierce sa puissance , hous rèconnoitrons que, quoiqu'il rqgbse par s« force tons les corps c|ai s'y trouvent, il n'a pas néanmoins la puissance de les vivifier, ni même cette d'y eatreleoir la végétatioi»

et là vie.

Mercure, qui, de tous les corps circuiant autour du soleil , en est le plus voisin, n'en reçoit néanmoins qu'une chaleur 5o/8 fois plus grande que cette que la tterre en reçoit, et cette chalettr ScjS fois plus ^«nde que la chaleur envoyée du soleil a la terre, bien.Ioin d'être bràlante conuM on Fa toujotirs cru , ne seroit pas aaseï gl'ande pour maintenir la pleine vigueur de ia nature vivante ; car la chaleur actuelle du soleil sur la terre B-étant que i/So dé celle de la chaleur propre du globe terrestre , celle du soleil sur Mercure est par conséquent 5o/4oo ou i/8 de la chaleur actuelle de la terre. Or, si Ton diminuoit des trois quarts et demi la chaleur qui fait aujourd'hui la température de la terre, il est sûr que la nature vivante seroit au moins bien engourdie, supposé qu'elle ne fût pas éteinte. Et puisque le feu du soleil ne peut pas seul maintenir la nature organisée dans la planète la plus voisine , eombien, à plus forte raison, ne s'en faut-il pas qu'il puisse vivifier celles qui en sont plus éloignées ! Il n'envoie à Ténus qu'une

5o chaleur — p fois plus grande que celle

qu'il envoie à là terre; et cette dialeur <— ^ fois plus grande que celle du soleil sur

la terre , bien loin d'être assez forte pour maintenir la nature vivante, ne sufnroit certainement pas pour entretenir la liquidité des eaux, ni peut-être même la fluidité de l'air, puisque notre température actuelle se

trouveroit refroidie à 2/49 ou à -*-; ; ce qui

est tout près du terme i/iS , que nous avons donné comme la limite extrême de la plus petite chaleur, relativement à la nature vivante. Et à l'égard de Mars, de Jupiter, de Saturne , et de tous leurs satellites , la quantité de dialeur qae le soleil leur euvoie est si petite en comparaison de celle qui est nécessaire au maintien de la nature , qu'on pourroit la regarder comme de nul effet, surtout dans les deux plus grosses planètes, qui néanmoins paroissent être les objets essentiels du système solaire.

Toutes les planètes, sans même en excepter Mercure , seroient donc et auraient toujours été des volumes aussi grands qu'inutiles d'une

PARUS UyPOTHiTIQra*

matièpe plus <|ai lurutc, profondément gelée, et par conséquent des lieux inhabités de tous les temp» inhabitables à jamais, li elles lie renfermoieut pas au dedans d'elles-mêmes des trésors d'un feu bien supérieur à celui qu'elles reçoivent du soleiL Cette quantité de chaleur que notre globe possède en propre et qui est 5o Cois plus gitmde que la chaleur qui lui vient du soleil, est en effet le trésor de la nature, le vrai fonds du feu qui nous anime » ainsi que tous les êtres :

c'est cette chaleur intérieure de la terre qui fait tout germer, tout éclore ; c'est elle <|ui constitue l'élément du feu proprement dit»

élément qui seul donne le mouvement aux autres élémens, et qui, s'il étoit réduit à i/So, ne pourroit vaincre leur résistaoce, et tomberoît lui-même (jUns llnertie. Or cet élément, le seul actif, le seul qui puisse rendre l'air Ûnide, l'eau liquide, et la terre pénétrable , n'auroit-il été donné qu'au seul globe terrestre ? L'analogie nous permet-elle de douter que les autres planètes ne contiennent de même une quantité de chaleur qui lui appartient en propre, et qui doit les rendre capables de recevoir et de maintenir la nature= vivante ? I^ï'esi-il pas plus grand, plus digne de l'idée que nous deVons avoir du Créateur, de penser que partout il existe des êtres qui peuvent le connoîlre et célébrer sa gloire, que de dépeupler l'univers , à l'exception de la terre, et de le dépouiller de tous êtres sensibles , en le réduisant à. une profonde solitude, où l'on ne trouveroit que le désert de l'espaoe , et les épouvantables masses d'une matière entière* ment inanimée?

Il est donc nécessaire, puisque la chaleur .

du soleil est si petite sur la terre et sur ïes autres planètes, que toutes possèdent une chaleur qui leur appartienne en propre ; et nous devons rechercher d'où provient cette chaleur qui seule peut constituer l'élément du feu dans chacune des planètes* Or où pourrons-nous puiser cette grande quantité de chaleur, si ce n'e»t dans la source même de toute chaleur, dans le soleil seul , de la matière duquel les planètes ayant été formées, et projetées par une seule et même impulsion, auront toutes conservé leur mouveiBent dans le même sens, et leur chaleur à proportion de leur grosseur et de lein* densité? Quiconque pèsera la valeur de ces analogies et sentira la force de leurs rapports ne pourra guère douter que les planète» ne soient issues et sorties du soleil par le choc d'ime comète , parce qu'il n'y a dan« le système solaire que les comètei qui sqient

des corps asieç puivanietenaiMs frend mouvement pour pouvoir communiquer une pareille impulsion aux masses de matière qui composent les planètes. Si Ton réunit à tons les faits sur lesquels j'ai fondé cette hypo*< thèse *■ le .nouveau tait de la chaleur propre de la terre et de l'insufiisance du soleil poui^ maintenir la nature, on demeurera persuada comme je le suis, qa»» dans le temps de leor formation , les. planètes et ,1a terre étoient dans un état de liquéfactien, ensuite dans un état d'incandescenee «.et enfin dans un état successif de chaleur toujours décrois^ santé depuis lincandesçence jusqu'à la tem^ p^ature actueiie.

Car y a-t-il moyen de concevoir autre-, ment l'origine et la durée de cette chaleur propre de la terre? Comment iras^ner que le feu qu'on appelle central piiit subsister en effet, au fond du globe, sans air, c'est*, à-dire sans son premier aliment? et d'où viendroit ce feu qu'on suppose renfermé dans le centre du globe? Quelle source t quelle origine pourroit-on lui trouver? Descartes avoit déjà pensé que la terre et les planètes n'étoient qne de petits soleils en* cruiités, c'est-à-dire éteints; Leibnite n'a pas hésité à prononcer que le globe terrestre devoit sa forme et la consistance de ses màr tières à l'élémeat du feu ; et néanmmns ces' deux grands philosophes n'avoient pas , à beaucoup près, autant de faits, autant d'ob* servations qu'on en a rassemblé et acquis de nos jours : ces faits sont actuellement en si grand nombre et si bien constatés , qu'il me paroit pins oue probable que la terre* ainsi que les planètes, ont été projetées hors du soleil , et par conséquent composées de la même matière , qui d'abord étant en liqué-^ faction, a obéi à la force, centrifuge, en même temps qu'elle se rassembloit par celle de l'attraction ; ce qui a donné à toutes les planètes la forme renflée sous l'équateur, et aplatie sous les pôles, en raison de la vitesse de Leur rotation ; qu'ensuite œ grand feu s'étant pe^ à peu dissipé „ l'état d'une température bénigne et convenable à la nature organisée a succédé ou plus tôt ou plus . tard dans les différentes planètes, suivant la différence de leur épaisseur et de leur densité. Et quand même il y auroit, pour la terre et pour les planètes, d'autres causes particulières de chaleur qui se combineroient avec celles dont nous avons calculé les effets, • nos résultats n'en sont pas moins curieux»

X. Toyez,âfmsle premier vôKame et oet ««vnge, t'aftide qui a po«r titrei 09 U fm Mt im s

ibipMiif* .. . >

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MINÉRAUX. INTRODUCTION

et n'en seront (|tie plus utiles à Tavaneement des sciences. Nous parlerons ailleurs de ces causes particulières de chaleur; tout ce que nous en pouvons dire ici ; pour ue pas compliquer les objets , c'est que ces causes partictilières pourront prolonger encore le temps du refroidissement du globe et la diiree de la nature vivante au delà des termes que nous avons indiqués.

Mab , me dira-t-on , votre théorie est-elle également bien fondée dans tous les points qui lui servent de base? Il est vrai, d après vos expériences , qu'un globe gros comme la terre et composé des mêmes matières ne pourroit se refroidir, depuis l'incandescence î la température actuelle, qu'en 74 mille ans, et que pour l'échauffer jusqu'à Tincandeacence il laudroit la quinzième partie de ce temps, c'est-à-dire environ cinq mille ans; et encore faudroit-il que ce globe fût environné pendant tout ce temps du feu le plus violent : dès lors il y a , comme vous le dites , de fortes . présomptions que cette grande chaleur de la terre n'a pu lui être communiquée de loin ; et que par conséquent la matière terrestre a fait autrefois partie de la masse du soleil ; mais il ne paroit pas également prouvé que Ja chaleur de cet astre sur la terre ne soit aujourd'hui que i/5o de la chaieiir propre du globe. Le témoignage de nos sens semble se refuser à cette opiuion qm vous donnez comme une vérité constante; et quoiqu'on ne puisse pas douter que la terre n*ait une chaleur propre qui nous est démontrée par sa température toujours égale dans tous les lieux profonds où le froid de l'air ne peut communiquer, en résulte-t-il que cette chaleur, qui ne nous paroit être qu'une température médiocre, soit néanmoins cinquante fois plus grande q^e la chaleur du soleil , qui semble nous brûler ?

Je puis satisïaire pleinement à ces objections ; mais il faut auparavant réfléchir avec moi sur la nature de nos sensations. Une différence très-légère et souvent imperceptible , dans la réalité ou dans la mesure des causes qui nous affectent, en produit une pit>digieuse dans leurs effets. T a-t-il rien de plus voisin du très-grand plaisir que la douleur? et qni peut assigner la distance entre le chatouillement vif qui nous remue délicieusement et le frottement qui nous blesse , entre le feu qui nous réchauffe et celui qui nous brûle , entre la lumière qui réjouit nos yeux et celle qui les offusque, «atre la Mveur qui flatte notre goût et celle ^ui nma déplaît , entre J'odeur dont une

petite dose nous affecte agréablement d'abord , et bientôt nous donne des nausées?

On doit donc ceisser d'être étonné qu'une petite augmentation de chaleur telle que i/5o puisse nous paroitre si sensible, et que les limites do plus grand chaud de Tété au plus grand froid de l'hiver soient entre 7 et 8, comme l'a dit M. Amontons, ou même entre 3i et 3a, comme M. de Mairan la trouvé en prenant tous les résultats des observations faites sur cela pendant cinquante^ six années consécutives.

Mais il faut avouer que si Ton vouloit juger de la chaleur réelle du globe d'après les rapports que ce dernier auteur nous a donnés des émanations ^e la chaleur terrestre aux accessions de la chaleur solaire dans ce climat , il se trouveroit que leurs rapports étant à peu près ; : ag : i en été , et :: 471 ou même ;; 491 en hiver : i; il se trouveroit, dis-je. en joignant ces deux rapports, que la chaleur solaire ne seroit à la cnaleur terrestre que II i/5oo ; a , ou :: i/a5o ; I. Mais celte estimation seroit fautive , et l'erreur deviendroit d'autant plus grande que les clljnats seraient plus Iroids. Il n'y a donc que celui de l'équateur jusqu'aux tropiques où , la chaleur étant en toutes saisons, presque égale , on puisise établir avec fondement la proportion entre la chaleur des émanations de la terre et des accessions de la chaleur solaire. Or ce rapport, dans tout ce vaste climat, où les étés et les hivers sont presque égaux, est à trèspeu près ;: 5o : i. Cest par cette raison que j'ai adopté cette proportion, et que j en ai fiiit la base du calcul de mes re< cherches.

Néanmoins je ne prétends pas assurer af firmativement que la chaletir propre de la terre soit réellemeiit cinquante fois plus grande que celle qui lui vient du soleil ; comme cette chaleur du globe appartient à toute la matière terrestre, dont nous faisons partie , nous n'avons point de mesure que nous ptiissions en séparer, ni par conséquent d'unité sensible et réelle à laquelle nous puissions la rapporter. Mais, quand même on voudroil cfiie la chaleur solaire fût plus grande ou plus petite que nous ne l'avons supposée relativement à la chaleur terrestre, notre théorie ne changeroit que par la proportion des résultats.

Par exemple, si nous renfermons toute l'étendue de nos sensations du plus grand' chaud au plus grand froid dans les limites données' par les observations de M. Amontons, c'est-à-dire .entre 7 «t 8 ou dans x/8 ,

PAKnÈ ATPOTRÉTIQOE.

«t an*«a mûne temi» nous supposions qiie la oialeiirdu soleil peut produire seule cette difiérence de nos sensations, on aura dès lors la proportion de 8 à i de la chaleur |Hvpre du globe terrestre à celle qui lui vient du soleil, et par conséquent la compensation que fait actuellement sur la terre cette chaleur du soleil seroit de i/8 , et la compensation qu'elle a faite dans le temps de Tincandescence aura été x/200. Ajoutant ces deux termes, on a 16/900, qui multipliés par .13 i/a, moitié ae la somme de tous les termes de la diminution de la chaleur, donnent 3a5/aoo où i 5/8 pour la compétition totale qu'a faite la chaleur du soleil pendant la période de 74047 ans du refroidissement de la terre à la température ac" tuelle; et comme la perte totale de la cha- 'eur propre est à la compensation totale en même raison que le temps de la période est a celui du refroidissement , on. aura a5 l t 5/S II 74047 : 4813 i/a5; en sorte que le refroidissement du globe de la terre, au lieu de n'avoir été prolongé que de 770 ans, l'auroit été de 481 3 i/a5 ans; oe qui, joint an prolongement plus long que produiroit aussi la chaleur de la lune dans cette supposition , donneroit plus de 5ooo ans , dont il faudroii encore reculer la date de la formation des planètes.

Si l'on adopte les limites données par AI. de Mairan, qui sont de 3i à 3a, et qu'on suppose oue la chaleur solaire n'est que 1/33 de celle de la lenre, on n'aura que le <|uart de ce prolongeinent, c'est-à-dire environ laSo ans, au lieu de 770 que donne la supposition de i/5o que nous avons adoptée.

Mais au contraire, si Von supposoit que la chaleur du soleil n'est que i/i5o de celle de la terre , comme cela paroit résulter des observations faites au climat de Paris,, on auroit pour la compensation dans le temps de l'incandescence iJôtïSo et 6r6/a5o pour la compensation à la fin de b période de 74047 ans du refroidissement du globe terrestre à la température actuelle, et l'on trouveroit x3/a5o pour la compensation totale faite par la chaleur du soleil pendant cette période ; ce qui ne donneroit que i54 ans , c'est-àdire le cinquième de 770 pour le temps du prolongement du refroidissement Et de même, si, au lieu de i/5o, nous supposions que la chaleur solaire fût i/ 10 de la chaleur terresirey nous trouverions que le temps du prolongement seroit cinq rois plus long, c'est-à-diré de 385o ans; en sorte que plus «B vottdni augmenter la cbalelir qui août

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vient du soleil, relativement à celle qui émane de la terre , et plus on étendra li durée de la nature, et l'on reculera le tenue de l'antiquité du monde : car, en supposant que celte chaleur du soleil sur la terre fAl égale à la chaleur propre du globe , on trouveroit que le temps du prolongement seroit de 385o4 ans; ce qui par conséquent don-* lieroit à la terre 39 mille ans d'ancienneté de plus.

Si Ton jette les yeux sur la tible qua M. de Mairan a dressée avec grande esuictitttde, et dans laquelle il donne la pro|)ortion de la chaleur qui nous vient du soleil à ceHe qui émane de la terre dans tous les climats , on y reconnoitra d'abord un Uai bien avéré , c'est que dans tous les climats où l'on a fait des observations, les élés sont égaux , tandis que les hivers sont prodigieusement inégaux. Ce savant physicien attribue cette égalité constante de rmtensiié de la chaleur pendant l'été, dans tous les climats* 4 la compensation réciproque de la chaleur solaire , et de la chaleur des émanations du fen central : « Ce n'est donc pas ici (dit-il , page a53) une affairé de choix, de système ou de convenance, que cette marche alternativement décroissante et croissante des émanations centrales en inverse des étés solaires; c'est le fait même, etc. » En sorte 3ue, selon lui, les émanations de la chaleur e la terre croissent ou décroissent précsiÀ* ment dans la même raison que l'actioa de la chaleur du soleil croit et décroit dans les différons climats; et comme cette proportion d'accroissement et de décroisseœnt entre la chaleur terrestre et la chaleur solaire lui paroît, avec raison , très-étonnante suivant sa théorie , et qu'en même temps il ne peut pas douter du fait , il tâche de l'expliquer en disant que «< le globe terrestre étant d'abord une pâte molle de terre et d'eau « veiMpt à tourner sur son axe, et continuel lement exposée aux rayons du soleil , seloi tous les aspects annuels des climats , s'y sert durci vers la surface, et d'autant plus profondément que ses parties y seront plus exactement exposées. Et si un terrain piqk dUr, plus compacte, plus épais, et en général plus difficile a jiénelrer, devient dains ces mêmes rapports un obstacle d'autant plu* grand aux émanations du feu intérieur de k terre , comme U est évident que cela tloU arriver, ne voilà*t-il pas dès lors ces obstacles en riiison directe des différentes chaleurs de l'été solaire, et les émanations centrales en inverse de ces mêmes chaleun t £t qu'est-ce alors autre cfaose que l'égattlé'

MlNlâlAUX. mTRODUCriOïf.

îiiiiT«0lQUe des étés? car suppoç^nt ces o\h slacl^ ou ces retrancbemens ae chaleur faits i rémanation constante et primitive, ex>

Cimes par les valeurs mêmes des étés soires, c'est-à-dire daos la plus parfaite et la plus viçible de toutes les proportionnalilés» régalité, il est clair qu'on ne retraiicbe d'im côté à la même grandeur que ce qu'on y ajoute de l'autre, et que par conséquent les sommes ou les étés en seront toujours et partout les ttèines. Voilà <lonc, iiyMite-t-il , cette égalité surprenante de& étés , dans tous les climats de la terre , ramenée à un fM'incipe intelligible; soit que la terre , d'abord fluide , ait été durcie ensuite par l'action du soleil , du moins vers les dernières coucbes qui la composent ; soit que Dieu l'ait créée tout d'un coup dans l'état QÙ les caases physiques et les lois du mouvement Vauroient amenée. » Il me semble que l'auteur auroit mieux fait de s'en tenir bonnement à cette dernière cause, qui -dispense de toute re-> Perche et de toutes spéculations^ que de donner une explication qui pèche non seulement dans le principe, mais dans pi^esque tous les points des conséquences qu'on eu pipurroit tirer.

Car y a - 1 - il rien de plus indépendant rjua de Taulre que la chaleur qui appartient en pro)ire à la terre, et celle qui bli \ient du ddunrs? Est- il naturel, esl-il même raisonnable d'imaginer qu'il existe réellement daps la naiui*e une loi de cal* eid par laquelle les émanations de cette d^leiur intérieure du globe suivroient exactement l'inverse des accessions de la chakur du soleil sur la terre , et cela dans une proportion si précise, que l'augmentation des unes oompenseroit exactement la dimi* Btttion des autres? £1 ne faut qu'un peu de réflexion pour se convainc-re que ce rapport purement idéal n'est nullement fondé, et que par conséquent le fait très-réel d% Té* galite des étés, ou de l'égale intensité de chaleur en été, dans tous les climats, ne dérive pas de cette combinaison précaire iont ce physicien fait un principe^ mais l'une cause toute différente que nous allons exposer.

Pourquoi dans tous les climats delà terre •« Von a fait des observations suivies avec des thermomètres comparablea, se trouvebi\ que les étés ( e'est-à-dire l'intensité de la dMleor en été) sont égaux, tandis que lea hinrers ( c*est-à->dire l'inlensîté de la (^leiip en biecr) sont prodigteusement différemiret d'entant plus ioésaux qu'on s^vance plus i ks zoaçs fiifoidesP Voilà la question* La

fait est vrai ; mais l'explication ^'endoiiMB l'habile «physicien que je viens de ester me paroît i)lus que gratuite ; elle xkoiis reavoie directement aux causes Anales qu'il croyoit éviter : car n'est-ce pas nous dire , pour toute explication , que le soleil et la terre ont d'abord été dans un état tel , que la chaleur de l'un pouvoit cuire les coucUes extérieures de l'autre, et les durcir précisément à un tfil degré , que les émanations de la chaleur terrestre trouverôient toujourt des obstacles à leur sortie, qui seroient exactement en proportion des Ékcilités avec lesquelles la chaleiur du soleil urrive à chaque climat; et que de cette admirable ooot^xtiure des couches de k terre, cfui pei^ mettent plus ou moins l'issue de& émanations du feu central , il résulte sur la stir§Boe de la terre une compenaatioja exacte de la chaleur claire et de la chaleur terrestre , ce qui néanmoins rendoit le&hivers égaux partout aussi bien que les étçs ; mais que dans la réalité, comme il n'y a que les étés d'égaux dans tous les climats, et que les hivers y sont, au contraire, prodigieusement inégaux , il faut bien que ces obstacles mis à la liberté des émanations centrales soient encore plus grands qu'on ne vient de les supposer, tl qu'ils soient en eftet-^t très-réellement dans la proportion qu'exige rinégalité des hivers des diflérans climats? Or qui ne voit que ces petites combiuaisons ne sont point entrées dans le plan du souverain Etre, mais seulement dans la tète du physicien , qui , ne pouvant expliquer celte égalité des étés et cette in^atité des hivers , a eu recours à deux supposiuons qui n'ont aucuu fondement, et à des combinaisons qui n'ont pu même , à ses yeux , avoir d'autre mérite que celui de s'accommoder à sa théorie , et de rauiener , comme il le dit , cette inégalité awtpremamte des étés à un priacipe iatelltgUle? Mais ce principe une fois entendu n'est qu'une combinaison de deu^ suppositions qui toutes deux sont de l'ordre de celles qui sendroient possible l'impossible , et dès lors ]^ésenteroient en effet l'absurde comme inteîbgible.

Tous les physiciens qui se sont occupés de cet objet eonviei^eBt avec ntoi que le globe terrestre possède en propre une chaleur indépendante de celle qui lui tient du soleil : des lors n'est-il pas- évident que eette chaleur propre seroit égale sou» tous les ]^Bis de h. surface du gtobe , abstraclion faite de celle du soleil, et qu-il n'y aurort d'autre différence à cet égard que celle qiu doit résulter du renfleiiMBl d| la terre à V^

PA^TïïÈ HTPotmrnQiiiL es

f^oateiis, et as aoa apkatisseiaent sous les simple, et qui iw«Bimoin*a cohAppié & tosis

pâles ? différence qui, «tant en même rai&on apeu près que les4eux diamètres, n*excède pas x/a3o; en sorle que la chaleur propre du sphéroïde terrestre doit être de i/23o

{>)us grande sous Téquateur que sous les pôes. La déperdition qui s'en est faite et le temps du refroidissement doit donc avoir été plus prompt dans les climats septentrionaux., où l'épaisseur du globe est moins grande que dans les climats du midi ; mais cette différence de i/a3o ne peut pas produire celle de rinégalité des émauations centrales , dont le rapport à la chaleur du soleil en hiver, étant : : 5o : i dans les climats voisins de l'équateur , se trouve déjà double au 27* degré, triple au 35* , quadruple au 40*, décuple au 49*^, et 55 fois plus grand au 60^ degré de latitudeT Cette cause qui se présente la première, contribue au froid des cliniats aeptentrionaiix ; mais elle est insuffisante pour feffet de Vinégalité des hivers , puisque cet effet serait 35 fois phis grand que sa cause au 60* degré , plus grand encore et même excessif dans les cUmats plus voisins du pôle , el qu'en même temps il ne seroit nulle part proportionnel à cette même cause.

D'autre côté, ce seroit sans aucun fondement qu'on voudroit soutenir que dans un globe qui a reçu ou qui possède un certain degré de chaleur, il pourroit y avoir des parties beaucoup moins chaudes les unes que les autres. Nous connoissous assez le progrès de la chaleur et les phénomènes de sa communication pour être assurés qu'elle se distribue toujours également , paisqu'en appliquant i^n corps, mèoàç froid , sur un corps chaud , celui-ci communiquera nécessairement à l'autre assez de dialeur pour que tous deux soient bientôt au même degré de température. L*oa ne doit donc pas supposer qu'il y ait , yen le climat des pôles , des couches de macères moins chaudes, moins perméables à la cl^deur, que dans les autres çhmats ; car , de quelque nature

3u*OB les voulût supposer, l'expérience nous râio M qa^ un très-petit temps dUœ seroienl devenues aussi chaudes que les autres.

Les grands froids du nord n« viennent donc pas de ces prétendus obstacles qui s'opposeroient à la sortie de la^ chaleur , ni de la petite différence que doit prodtnre ce^e des diaa^tres du sphéroïde terrestre, et il m'a paru , après y avoûr réfléchi , qu'on devoit attribuer Kégahlé des étés et la grande iaégaliké dw hiver» à un» eause bien plus

les physiciens.

Il e&t certain que, comme la chaleur propre de la - terre est beaucoup plus grande 2ue celle qui lui vient du soleil, les étés oivent paroilre à très-peu près égaux partout, parcjB que celte même 'chaleur du soleil ne fait qu'une petite augmentation au fond réel de la chaleur propre, et que par oonséquent, si cette chaleur envoyée du soleil n'est que t/5o de la chaleur propre du globe, le plus ou moins de séjour de cet astre sur l'horizon, sa {dus grande ou sa moindre obliquité sur le climat, et même son absence totale ne produiroit que i/âo de différence sur la température du climat, et que dès lors les étés doivent paroitre et sont en effet à très-peu près égaux dans tous les climats de la terre. Mais ce qui fait que les hivers sont si fort inc^ux, c'est que les émanations de cette chaleur intérieure du globe se trouvent en très-grande partie supprimées dès que le froid et la gelée resserrent et consolident la surface de la terre et des eaux. Comme cette chaleur qui sort du globe décroit dans les airs à mesure et en même raison que l'espace augmente , elle a déjà beaucoup perdu à une demi-lieue ou une lieue de hauteur ; la seule condensation de l'air par cette cause suffit pour produire des vents froids qui , se rabattant sur la surface de la terre, la resserrent et la gèlent >. Tant que dure ce resserrement de la couche, extérieure de la terre , les émanations de la* chaleur intérieure sont retenues, et le froid paroit et est en effet trèsrconsidérablement augmenté par œtte suppression d'une partie de cette chaleur : mais dès que l'air devient plus doux , et que la couche superficielle du globe perd sa rigidité, la chateur retenue pendant tout le temps de la gelée sort en plus grande abondance que dans les climats où il ne gèle pas , en sorte que la somme des émanations de la chaleur dievient égale et la m^me partout ; et c'est par cette raison que les plantes végètent plus vite et que les récoltes se font en beaucoup moins de temps dans les pays dq nord ; c'est par la même raison qu'on y ressent souvent , au commencement de l'été, des chaleurs insoutenahles, etc« Si Fon voukit douter de la suppression

I. On s'aperçoit de cet vents rabattus toutes le» Ibift qu'il doit geler o« tomber de la oolf e ; le vest, «anà même être très- violent, se rabat par les cbe* mioées, et chasse dans la chambre les cendres Un foyer : cela ne manque jamais d'arriver, surtout pendant la nuit, l9rsqatt la fra tUHàiA ou «oavift*

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des ènanatioiift é&U. cbaTeur intérieure par Feffet de la gelée, il ne faut, pour s*en con- ▼aincre, que se rappeler des faits connus de tout le inonde. Qu'après une gelée il tombe de la neige , on la verra se fondre sur tous les puits, les aqueducs , les citernes, les ciels de carrière , les voûtes des fosses souterraines ou des galeries des mines, lors même que ces profondeurs, ces puits ou ces citernes ne contienneut point d*eau. Les émanations de la terre ayant leur libre issue par ces espèces de cheminées, le terrain qui en recouvre le sommet n'est jamais gelé au même degré que la terre pleine ; il permet aux émanations leur cours ordinaire^ et leur chaleur suffit pour fondre la neige sur tous ces endroits creux , tandis qu'elle subsiste et demeure sur tout le reste de la surface où la terre n'est point excavée.

Cette suppression des émanations de la chaleur propre de la terre se fait non seulement par la gelée , mais encore par le sim^ pie resserrement de la terre , souvent occasioné par un moindre degré de froid que celui qui est nécessaire pour en geler la surface. Il y a très-peu de pays où il gèle dans les plaines au delà du 35^ degré de latitude, surtout dans l'hémisphère boréal; il semble donc que, depuis Téqtialeur jusqu'au 35* degré , les émanations de la chaleur ter^ restre ayant toujours leur libre issue , il ne devroit y avoir presque aucune différence de l'hiver à Tété, puisque cette différence ne pourroit provenir que de deux causes, toutes deux trop petites pour produire un résultat sensible. La première ae ces causes est la différence de l'action solaire : mais comme cette action elle-même est beaucoup

1)1 us petite que celle de la chaleur terrestre, eur difTéreiice devient dès lors si peu considérable, qu'on peut la regarder comme nulle. La seconde cause est lepaisseur du globe, qui, ^'ers le 35*^ degré, est à peu près de i/5oo moindre qu'à l'équateur :

mais cette différence ne peut encore produire qu'un très-petit effet « qui n'est nullement proportionnel à celui que nous indiquent les observations ; puisqu'à 35 degrés le rapport des émanations de la chaleur terrestre à la chaleur solaire est en été de 33 à I , et en hiver de i53 à i ; ce qui • donnerait x86 à a, ou 93 à i. Ce ne peut donc être qu'au resserrement de la terre occasiofié par le froid , ou même au froid produit par les pluies durables qui tombent dans ces climats, qu'on pnut attribuer cette différence de l'hiver à l'été : le resserremenl de ia'ierre par le froid supprime une partie des émaïui-

tions de la chaleur intérieure^ et le froid, toujours renouvelé par la chute des pluies , diminue l'tutensité de cette même chaleur; ces deux causes produisent donc ensemble la différence de l'hiver à l'été.

D'après cet exposé, il me semble que l'on est maintenant eu étal d'entendre pourquoi les hivers semblent être si différeos.

Ce point de physique générale n'avait jamais été discute; personne, avant M. de Mairau, n'avoit même cherché les moyens de l'expliquer, et nous avons démontré précédemment l'insuffisance de l'explication qu'il en donne : la mienne, au contraire, me paroit si simple et si bien fondée, que je ne doute pas qu'elle ne soit entendue par tous les bous esprits.

Après avoir prouvé que la chaleur qui nous vient du soleil est fort inférieure à la chaleur propre de notre globe; après avoir exposé qu'en ne la supposant que de i/5o le refroidissement du globe à la température actuelle n'a pu se faire qu'eu 7433a ans ; après avoir montré que le temps de ce refroidissement seroit encore plus long, si la chaleur envoyée par le soleil à la terre étoit dans un rapport plus grand , c'est-à-dire de i/a5 ou de i/io au lieu de i/5o, on ne pourra pas nous blâmer d^avoir adopté la proportion qui nous parOit la plus plausible par les raisons physiques , et en même temps la phn concevable, pour ne pas trop étendre et reculer trop loin les temps du commencement de la nature, que nous avons fixé à 3 7. ou 38 mille ans, à dater en arrière de ce jour.

J'avoue néanmoins que ce temps , tout considéi^ble qu'il est, ne meparoît pas encore assez grand, assez long pour certains changemens, certaines altérations successives que l'histoire naturelle nous démontre, et qui semblent avoir exigé une suite de siècles encore plus longue : je serois donc trèsporté à croire que , dans le réel, les temps ci-devant indiqués pour la durée de la nature doivent être augmentés peut-être du double, si l'on veut se trouver à l'aise pour l'explication de tous les phénomènes. Mais , je le répète, je m'en suis tenu aux moindres termes, et j'ai restreint les limites du temps autant qu'il étoit possible de le faire sans contredire les faits et les expériences.

On pourra peut-être chicaner ma théorie par une autre objection qu'il est bon de prévenir. On me diira que j'ai supposé, d'après Newton , la chaleur de Teau bouillante trois fois plus grande que celle du soleil detéy et la chaleur du fer rouge Jhuit fois

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