PARTIE HYPOTHÉTIQUE
pour produire siir la terre i qui âert' d'essieu ou de pivot à ce mouvement , une chaleur considérable par le frottement qui résulte de la charge et de la vitesse de cette planète ; mais il ne nous est pas possible d'é« valuer celte quantité de chaleur produite par cette caase extérieure, parce que nous n'avons rien jusqu'ici qui puisse nous servir d*unité ou de terme de comparaison : mais si Ton parvient jamais à connoître le nombre, la grandeur, et la vitesse de toutes les comètes , comme nous connoissons le nombre , la grandeur , et la vitesse de toutes les planètes qui circulent autour du soleil , on pourra juger alors de la quantité de chaleur que la lune peut donner à la terre , par la quantité beaucoup plus grande de feu que tous ces vastes corps excitent dans le soleil ; et je serois fort porté à croire que la chaleur
Êroduite par cette cause dans le globe de L terre ne laisse pas de faire une partie
assez cousidérable de sa chaleur^ropre , et qu'en conséquence il faut encore étendre les limites des temps pour la durée de la nature. Mais revenons à notre principal objet.
Nous avons yu que les étés sont à trèspeu près égaux dans tous les climats de la terre, et que cette vérité est appuyée sur des faits incontestal>les : .mais il n'en est pas de même des hivers; ils sont très-inégaux, et d'autant plus inégaux dans les diflerens climats, qu'on s'éloigne plus de celui de réquateur , où la chaleur en hiver et en^té est à peu près la même. Je a*ois en avoir donné la raison dans le cours de ce mémoire, et avoir expliqué d'une manière satisfaisante la cause de cette inégalité par la suppression des émanations delà chaleur. terrestre. Cette suppression est , comme je l'ai dit , occasionée par les vents froids qui se rabattent du haut de l'air , resserrent les terres , glacent les eaux , et renferment les émanations de la dialeur terrestre pendant tout le temps que dure -la gelée, en sorte qu'il n'est pas étonnant que le froid des hivers soit eu effet d'autant plus grand que l'on avance davantage vers les climats où la masse de l'air recevant plus obliquement les rayons du soleil est, par cette raison, la plus froide.
JMais il y a pour le froid comme pour le chaud quelques contrées sur la terre qui font une exception à la règle générale. Au Sénégal , en Guinée , à Angole , et probablement dans tous les pays où l'on trouve l'espèce humaine teinte de noir, comme en Nubie, à la terre des Papous, dans la Nouvelle-Guinée, etc., il est certain que la cha-
leur est plus grande que dans tout le reste de la terre ; mais c'est par des causes locales, dont nous avons donné l'explication dans le premier volume de cet ouvrage '.
Ainsi , dans ces climais particuliers où le vent d'est règne pendant toute l'année, et passe, avant d'arriver, sur une étendue de terre très-considérable où il prend une cha leur brûlante, il n'est pas étonnant que la chaleur se trouve plus grande de 5 , 6 , et même 7 degrés, qu'elle ne l'est pai-tout ailleurs ; et de même les froids excessifs de la Sibérie ne prouvent rien autre chose, sinon que cettir partie de la surface du globe est beaucoup plus élevée que toutes les terres adjacentes, k Les pays asiatiques septentrionaux , dit le baron de Strahlenberg , sont considérablement plus élevés que les européens : ils le sont comme une table Test eu comparaison du plancher sur lequel elle est posée; car, lorsqu'en venant de l'ouest et sortant de la Russie on passe à l'est par les monts Riphées et Rymniques pour entrer en Sibérie , on avance toujours plus en montant qu'en descendant. » « Il y a bien des plaines en Sibérie, dit M. Gmelin, qui ne sont pas moins élevées au dessus du reste de la terre, ni moins éloignées de son centime , que ne le sont d'assez hautes montagnes en plusieurs autres régions. » Ces plaines de Sibérie paroissent être en effet tout aussi hautes que le sommet des monts Riphées , sur lequel la glace et la neige ne fondent pas entièrement pendant l'été ; et si ce même effet n'arrive pas dans les plaines de Sibérie, c'est parce qu'elles sont moins isolées,, car cette circonstance locale fait encore beaucoup à la durée et à l'intensité du froid ou du chaud. Une vaste plaine une fois échauffée conservera sa chaleur plus long- temps qu'une montagne isolée, quoique toutes deux également élevées, et, par cette même raison , la montagne une fois refroidie conservera sa neige ou sa glace plus long-temps que la plaine.
Mais , si l'on compare l'excès du chaud à l'excès du froid produit par ces causes particulières et locales , on sera peut-être surpris de voir que dans les pays tels que le Sénégal , où la chaleur est la plus grande , elle 'n'excède néanmoins que de 7 degrés la plus grande chaleur générale , qui est de 26 degrés au dessus de la congélation , et que la plus grande hauteur à laquelle s'élève la liqueur du thermomètre n'est tout au plus que de 33 degrés au dessus de ce même
I. Voyez l'Histoire naturelle , article Far/eVer de l'espèce humaine.
point, tandis que les grands froids 4« Sibérie vont quelquefois jusqu'à 60 et 70 degrés au dessous de ce même point de la congélation, et qu'à Pétersbourg, à Upsal, etc. , sous la même latiiude de ]a Sibérie, les plus grands froids ne font descendre la liqueur qu'à 25 ou 36 degrés au dessous de la con-:
gélation. Ainsi l'excès de chaleur produit par les causes locales n'étant que de 6 ou 7 degrés au de'ssus de la plus grande chaleur du reste de la zone lorride , et l'excès, du froid produit de même par les causes locales étant de plus de 40 degrés au dessus du plus grand rroid sous la même latitude, on doit en conclure que ces mêmes causes locales ont bien plus d'induence dans les dimais froids que dans les climats chauds, quoiqu'on ne voie pas d'abord ce qui peut produire cette grande différence dans Texcès du froid et du chaud. Cependant, en y ré?
fléchissant , il me semble qu'on peut concevoir aisément la raison de cette différence. L'augmentation de la chaleur d'un climat tel que le Sénégal ne peut venir que de .Inaction de l'air, de la nature du terroir, et de la dépression du terrain : cette contrée, presque au niveau de la mer , est en grande partie couverte de sables arides ; un vent d'est constant , au lieu d'y rafraîchir l'air ,
le rend brûlant , parce que ce vent traverse, avant que d'arriver. , plus de deux mille lieues ae terre sur laquelle il s'échauffe tou« jours de plus en plus; et néanmoins toutes ces causes réunies ne produisent quHin ^o ces de 6 ou 7 degrés au dessus de 96 , qui est le terme de la plus grande chaleur de tous les autres climats : mais dans une contrée telle que la Sibérie , où les plaines sont élevées copime les sommets des montagnes le sont au dessus du niveau du reste de la terre , celte seule différence d'élévation doit produire un effet proportionnellement beau-
MmÉRAUX. INTRODVCTION.
cûup plut grand q^e la dqa^ssioB du terrain du Sénégal , qu'on ne peut pas supposer plus grande que celle au niveau cle la mer ; cai' si les plaines de Sibérie sont seulement élevées de quatre ou cinq cents toises au dessus du niveau d'Upsal ou de Péters ■ bourg , on doit cesser a être étonné que rexcès du froid y soit si grand , puis(|ue la clkalçur qui émane de la terre décroissant à chaque point comme Tespace augmeute, cette seule cause de l'élévation du terrain suffit; pour expliquer celte grande différence du froid sous la même latitude.
Il ne reste sur cela qu'une question asse?
intéressante. Les hommes , les animaux , el les plantes , peuvent supporter pendant quelque temps la rigueur de ce froid extrême , qui est de 60 degrés au dessous de la congélation : pourroient-ils également supporter une chaleur qui seroit de 60 degrés au dessus? Oui , si l'on pouvoit se précaulionner et se mettre à l'abri contre le chaud conitne on sait le faire contre le froid, si d'ail lèuis cette chaleur excessive ne duroit , comme l^ froid excessif, que j endant un petit temps > et si l'air pouvoit pendant le reste de l'anaé^^ rafraîchir la terre de la u^fin^ n^anière que les émanations de la clialeur di^ globe réchauffent l'air dans les pays froids. On con-* noit des plantes , des insectes , et des poissons qui croissent et vivent dans des eauf thermales dont la chaleur est de 45, 5o\^ et jusqu'à 60 degrés : il y a donc des espè-. ces dans la nature vivaute qui peuvent supporter ce degré de chaleur ', et comme le^ nègres sont dans le genre humain ceux qu^ la grande chaleur incommode le moins, ne devoit-on pas ou conclure avec assez de vraisemblance que, dans notre hypothèse, leur race pourvoit âtre plu& ancienne que celle des hommes blanc» i^
DE LA NATURE
%» % i>nr»» w »>W*-'
DE LA NATURE
' Gomme , dans Thistoire civile , on consulte les titres , on recherche les médailles , on déchiffre les inscriptions antiques , pour déterminer les époques des révolutions humaines, et constater les dates des événemens moraux; de même, dans Thistoire naturelle, il faut fouiller les archives du monde , tirer des entrailles de la terre les vieux monumens , recueillir leurs débris , et rassembler en un corps de preuves tous les mdices des changemens physiques qui peuvent nous faire remonter aux différens âges de la nature. C'est le seul moyen de fixer quelques points dans Timmensilé de l'espace, et de placer un certain nombre de pierres numéraires sur la route étemelle du temps. Le Sassé est comme* la distance; notre vue y écroît , et s'y perdroit de même , si l'histoire et la chronologie n'eussent placé des fanaux, des flambeaux , aux points les plus obscurs : mais, malgré ces lumières de la tradition écrite, si Ton remonte à quelques siècles, que d'incertitudes dans les faits ! que d'erreurs sur les causes des événemens ! et cpielle obscurité profonde n'environne pas les temps antérieurs à cette tradition! D'ailleurs elle ne nous a transmis que les gestes de quelques nations, c'est-à-du% les actes d'une très-petite partie du genre humain; tout le reste des hommes est demeuré nul pour nous, nul pour la postérité ; ils ne sont sortis de leur néant que pour passer comme des ombres qui ne laissent point de traces :
et plût au ciel que le nombre de tous ces prétendus héros dont on a célébré les crimes ou la gloire sanguinaire fût également enseveli dans la nuit de Toubli!
Ainsi l'histoire civile , bornée d'un côté par les ténèbres d'un temps assez voisin du nôtre, ne s'étend de l'autre qu'aux petites portions de terre qu'ont occupées successivement les jpeuples soigneux de leur mémoire; au lieu que l'histoire naturelle embrasse également tous les espaces, tous, les temps, et n'a d'autres limites que celles de l'nniven.
La nature étant contemporaine de la matière , de res|)ace , et du temps , son histoire est celle de toutes les substances, de tous les lieux , de tous les âges ; et quoiqu'il paroisse à la première vue que ses grands ouvrages ne s'altèrent ni ne changent , et que dans ses productions , même les plus fragiles et les plus passagères, elle se montre toujours et constamment la même , puisqu'à chaque instant ses premiers modèles reparoissent à nos yeux sous de nouvelles représentations, cependant, en l'observant de près, on s'apercevra que son cours n'est pas absolument uniforme : on reconnoitra qu'elle admet des variations sensibles, qu'elle reçoit des altérations successives, qu'elle se prête même à des combinaisons nouvelles, à des mutations de matière et de forme; qu'enfin autant elle paroît fixe dans son tout, autant elle est variable dans chacune de ses parties ; et si nous l'embrassons dans toute son étendue, nous ne pourrons douter qu'elle ne soit aujourd'hui très-différente de ce qu'elle étoit au commencement et de ce qu'elle est devenue dans la succession des temps : ce sont ces changemens divers que nous appelons ses époques. La nature s'est trouvée dans différens étals ; la surface de la terre a pris successivement des formes différentes; les cieux mêmes ont varié , et toutes les choses de l'univers physique sont, comme celles du monde moral , dans un mouvement continuel de variations successives. Par exemple , l'état dans lequel nous voyons aujourd hui la nature est autant notre ouvrage que le sien ; nous avons su la tempérer , la modifier , la plier à nos besoins , à nos désirs; nous avons sondé, cultivé, fécondé la terre : l'aspect sous lequel elle se présente est donc bien différent de celui des temps antérieurs à l'invention des arts. L'âge d'or de la morale , ou plutôt de la fable , n'étoit que l'âee de fer de la physique et de la venté. L'homme de ce temps, encore à demi sauvage , dispersé , peu nombreux , ne sentoit pas sa puissance, ne oonnoissoit pas sa
14 DES ÉPOQUES DE la: KJLTCEBi
vraie richesse; le trésor de ses lumières étoit enfoui ; il ignoroii la force des volontés unies, et ne se doutoit pas que, pw la foei^é ei par des travaux suivis et concartés, il vieil?
P&XMXSR VÀZT.
àroit à bout d'imprimer ses idées sur la surface entière de 1 univers.
Aussi faut-il aller o|ierçl|er et voif la ^ture dans ces régions nouvellement découvertes, dans ces contrées de tout temps inhabitées , pour se former une idée ae soi état ancien; et cet ancien état est encore bien moderne en comparaison de celui où 90$ contiaep terr^tres étaient couverte par 1^ e^ux , où les poissoMS h^bitqiept $ur QQi plaines, où nos montagnes formoient Iç$ ecueils des mçrs : combien de cbangeinens fX de différens états ont dû se succéder depuis ces temps anti(|nes (qui cependant n'étoient pas les premiers ) jusqu'aux âge§ de rbistoire ! quQ de choses ensevelies ! çom" bien d'événemens entièrement oubliés ! que de révolutions antérieures à 1^ mémoire de9 hommes ! l\ a fallu une tiès-longue suite çl'observations, il a fallu ti-eute sièclçç de culture à Tesprit humain, seuleoient ponr feconnoitre Tétat présent des choses. 1a tçrre n'est pas encore entièrement découverte j ce n*est que depuis peu qu'on a déterminé jia iipirp ; c^ n'est que de no? joupç (]u'Qn s'ç9t élevé k 1% théorie de sa forn^ intérieure, et qu'on a démontré l'ordre et la 4i9pQsition des matières dont elle est coin-
f)oséç ; ce n'est doue ^ue de cet instant où 'on peut commencer k comparer la naturç avec elle-même , et remonter de son état actuel et connu à quel(jne5 époques d'un état plus ancien.
Mais comme il s'agit ici de percer la nuit des temps , de reçonnoître par l'inspection de^ choses actuelles Tancienne existence des choses anéanties , et de remonter j^ar la seule force des faits subsistaos à la vémé historié que des faitç ensevelis i comme il s'agit , ei^ un mot» de juger not^ seulement le passç moderne, ma^ le passe le plus ancien, pj^ le seul prés^t, et que, pour nous élevçr jusqu'à ce point 4e vue, nous ayons besoin 4e toutes ttÇis forces véunie&, nous emploierons trois grands moyen» ; i" les faits qui peuvent nous rapprocher de Tprigine de la nature ; *** les monumens qu'on doit regarder çoi^me les témoins de ses premiers âges ; 3° les traditions qui peuvent nous donner quelque idée des âges subséquens : après quoi nous tâcherons de lier le tout par des analogies, çt de fbrmer une chaîne qui, du spmnEjet de l'échelle 4u temps^ descendra
I#i terr^ 9b\ çl^ée sur l'équateur et abaictétÊ ious les p4le( t dans la proportion qu'exigent les lois de la pesanteur et de la force centrifuge.
sEcqiqp f Air.
Le globe terrestre a une chaleur intérieure
r* lui est propre , et qui est indépendante celle que les rayons du soleil peuvent lui communiquer.
îia chaleur que le soleil envole à la terre e$t assez petite en comparaison de ta chaleur propre du ^lobe terrestre j et cette chaleur envoyée par le soleU ne seroit pas seule suffisante pour maintenir la nature vivante.
Les matières qui composent le globe dq la terre sont en général de is^ nature di) verre , çt peuyent ' être toutes réduite;^ en verre. - .
GI^QUIEDIX ISAIT.
On trouve sur toute 1^ surfaee 4e 1% tem^ et même sur les montagnes, jusqu'à quinze cents et deux mille toises ae, hauteur, une immense «quantité de coquilles et d'autrçs débris des productions de la iner.
Examinons d'abord si , dans ces faits que |e veux employer, il n'y a ri^n qu'on puisse raisonnablement contester. Voyons si tous sont prouva, ou du moins peuvent l'être} ap;>ès quoi nous passerons aux Inductions que l'on doit en tirer.
Le premier fait du renflement de la tçrrç i l'équateur et de son aplatissement aux pôles , est mathématiquement démontré et physiquement prouvé par la théorie de la gravitation et. par les expériences du pei^dulç. Lé glohe terrestre a précisément la ugurè que prendroit un globe fluide qui toumeroil sur lui-même ave^ la vitesse que nous connoissons au globe de la terre. Ainsi ta première conséquence qui so^t de ce fait incontestable c'est que la matière dont notre terre est composée étoit dans un état de fluidité au moment qu'elle a pris sa forme , et cf moment est celui o^ eUea oommencé à tourner sur elle-même : car sf |a terre n'eût pa^ été fluide, et qu'elle eût eu la même consistance qîie BOUS lui voyons aujourd'hui, 9
PJE8 ÉPOQUES
est érideat que celte matière eoasistante el «olide n'aiiroit pai obéi à la loi de la foroe centrifuge >» et que par cDQaéqueot, malgré la rapicUié de sou mouvement de rotatiau^ la terre, au lieu d'être un sphéroïde renflé sur réquateur et aplati sous lea pôles, aerott au eontraire une sphère exacte, et qu'elle n'auroit jamais pu prendre d'autre figure que celle d'un globe parfait, en vertu de Vat"^ traction mutuelle de toutes les parties de la matière dont elle est composée.
Or , quoiqu'on général toute fluidité ait la chaleur pour cause, puisque l'eau même, sans la chaleur, ne formeroit qu'une sub«> stance solide, nous avons deux manières différentes de concevoir la possibilité de cet état primitif de fluidité dans le globe terrestre, ^paroe qu'il semble d'abord que la nature ait deux moyens pour l'opérer. Le premier est la dissolution ou même le déh laiement des matières terrestres dans l'eau; et le second , leur liquélMtion par le feu.
Mais l'on sait que le plus grand nombre des matières solides qui composent le globe terrestre ne sont pas dissolubles dans l*eau ; et en même temps l'on voit que la ouantité d'eau est si petite en . comparaison ae celle de la matière aride , qu'il n'est pas possible que l'une ait jamais été délayée dans i^autre. Ainsi ,' cet état de fluidité dans lequel s'est trouvée la masse eniière de la terre n'ayant
Su 8*opérer ni par la dissolution ni par lé élaiement dans Veau , il est nécessaire que celte fluidité ait été une liquéfaction causée par le feu.
Cette juste conséquence , déjà très-vraisembiable par elle-même, prend un nouveau degré de probabilité par le second fait , et devient une certitude par le troisième fait.
La chaleur intérieure du globe , encore actuellement subsistante, et beaucoup plus grande que celle qui nous vient du soleil, nous démontre que cet ancien feu qu'a éprouvé le globe, n'est pas encore, à beaucoup près, entièrement dissipé : la surface de la terre est plus refroidie que son intérieur. Des expériences certaines et réitérées nous assurent que la masse entière du globe a ime chaleur propre et touUà-lait indépendante de celle du soleil : cette chaleur nous est démontrée par la comparaison de nos hivers à nos étés'; et on ^ reconnoit d'une manière encore plus palpable dès qu'on pénètre au dedans de A terre; elle est eoi|stante en tous lieux pour ctwiqqe profondei^,
X. Voyez, dans cet oayr«|fe, Vfirtlcle qui a pour iWrc. Des Él^ens, et paftiçullàrerrtent Içs gecbc vaêrnoitti sur la température^ dtt pianèit»;^
PI tA lïAïim.
fit «Ito parojt augai«At«r % wimà cpM Fan descend *. Mais que sont ne» travaux en tomparaisoQ de ceux ^u'il faudroit faire pour reeonnoitre les degrés suoceaai& de celte ebaleur intérieure dans les profondeurs du globft? Noua avons fauillé les montagnes à quelques œntaines de toises pour en tiref tes métaux ; nous avons fait dans les plaines des puits de quelques centaines de pieds ; ce sont là nos plus grandes excavations , ou plutôt nos fouiUes les plus profondes; elles èffleu|«nt à peine la première éeorce du globe, et néanmoins la chaleur intérieure y est déjà plus sensible qu'à la surface : oâ doit donc présumer que si l'on pénétroit plus avant, cette elialeur seroit plus grande, et que les parties voisines du centre de la terre sont plus chaudes que celles qui en sont éloignées, comme l'on voit dans un boulet rougi au feu l'incandeseence se conserver dans ks parties vqisines du centre long* temps après que la surface a perdu cet état d'incandescence et de rougeur. Ce feu ou plutôt cette chaleur intérieure de la terre est encore indiquée par les effets de Tâectricité, qui convertit en éclairs lumineux cette chaleup obscure; elle nous est démontrée par la température de l'eau de la mer, laquelle, aux mêmes profondeurs , est à (leu près égale à celle de Tmiérieur de la terre 3. D'ailleurs il est aisé de prouver que la liquidité de$ eaux de la mer en général ne doit point être attribuée à la puissance des rayons solaires , puisqu*il est démontré , par l'expérience, que la lumière du soleil ne pénètre qu^ six cents pieds à travers l'eau la plus limpide 4 , et que par conséquent sa chaleur n'arrive peut-être pas au quart de cette épaisseur j c'est-à-dire à cent cinquante pieds s. Ainsi toutes les eaux qui sont àù