‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémensChapitre 26 sur 161 · PARTIE HÏPOTHÉTIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE HÏPOTHÉTIQUE

plus grande que celle de Teaa bouillante, c'est-à-dire vingt-quatre ou vingt-cinq fois plus grande que celle de la température actuelle de la terre , et qu'il entre de Thypothéiique dans cette supposition , sur laquelle j*ai néanmoins fondé la seconde base de mes calculs ,' dont les résultats seroient sans doute fort différens , si cette cbaleur du fer rouge ou du verre en incandescence , au lieu d'être en effet vingt-cinq foLs plus grande que la chaleur actuelle du globe, n'éloit, par exemple , que cinq ou six fois aussi grande.

Pour sentir la valeur de cette objection , faisons d'abord le calcul du refroidissement de la terre , dans cette supposition qu'elle n'étoit dans le temps de Tincandèscence que cinq fois plus chaude qu'elle ne l'est aujourd'hui, en supposant, comme dans les autres calculs, que la chaleur solaire n'est que i/5o de la chaleur terrestre. Cette chaleur solaire, qui fait aujourd'hui compensation de i/5o , n'auroil fait compensation que de ij^So dans le temps de l'incandescence. Ces deux termes ajoutés donnent 6/a5o, qui multipliés par 11 i/a, moitié de la somme de tous les termes de la diminution de la chaleur, donnent iS/iSo pour la compensation totale qu'a faite la chaleur du soleil nendant la période entière de la déperdition de la chaleur propre du globe, qui est de 74047 ans. Ainsi l'on aura 5 : i5/25o ;; 74047 : 888 14/25 ; d'où l'on voit que le prolongement du refroidissement, qui, par une chaleur vingtcinq fois plus grande que la température actuelle, n'a été que de 770 ans, auroit été de 888 i4/a5 dans la supposition que cette première chaleur n'aïu^it été que cinq fois plus grande que cette même température actuelle. Cela seul nous fait voir que, quand même on voudroil supposer cette chaleur primitive fort au dessous de vingt-cinq , il n'en résulteroit qu'un prolongement plus long pour le refroidissement du globe, et cela seul me paroit suffire aussi pour satisfaire à l'objection.

Enfin , me dira-t-on, vous avez calculé la durée du refroidissement des planètes, non seulement par la raison inverse de leurs diamètres , mais encore par la raison inverse de leur densité; cela seroit fondé si l'onpouvoit imaginer qu'il existe en effet des matières dont la densité seroit aussi différente de celle de notre globe; mais en existe-t-il? quelle sera , par exemple , la matière dont vous composerez Saturne, puisque sa densité est plus de cinq fois moindre que celle de la terre ?

A cela je réponds qu'il seroit aisé 4€ trou-». ' *^ 1000

, BUFFOK. II.

ver , dans le genre végétal , des matières cinq ou six fois moins denses qu'une masse de fer, de marbre blanc, de grès, de marbre commun , et de pierre calcaire dure , dont nous savons que la terre est principalement composée ; mais sans sortir du règne minéral , et considérant la densité de ces cinq matières , on a pour celle du fer ai 10/72 , pour celle du marbre blanc 8 25/72 , pour celle du grès 7 24/72, pouf celle du marbre commun et de la pierre calcaire dure 7 20/72, prenant le terme moyen des densités de ces cinq matières, dout le globe terrestre est principalem.ent composé, on trouve que sa densité est 10 3/i8. Il s'agit donc de trouver

une matière dont la densité soit i

xooo

ce

qui est le même rapport de 184, densité de Saturne, à 1000, densité de la terre. Or celle matière »eroit une espèce de pierre ponce un peu moins dense (jue la pierre ponce ordinaire , dont la densité relative est ici de I 69/72 ; il paroît donc que Saturne c^t principalement composé d'une matière l^ère semblable à la pierre ponce.

De même , la densité de la terre étant à celle de Jupiter :: 1000 : 202, ou :: 10

V^8 • ^ ïôoÔ* ^^ ^^^ croire que Jupiter est composé d'une matière plus dense que la pierre ponce, et moins dense que la craie.

La densité de la terre étant à celle de la

lune ;: 1000 : 702, ou ::*io5/i8 : 7-^^^

cette planète secondaire est composée d'une* matière dont la densité n'est pas tout-à-fait si grande que celle de la pierre calcaire dure , mais plus grande que celle de la pierre calcaire tendre.

La densité de la terre étant à celle de

Mars :: 1000 : 780, ou ;: 10 5/18 : 7

, on doit croire que cîette planète est

composée d'une matière dont la densité est

un peu plus grande que celle du grès , et

moins grande que celle du marbre blanc.

Mais la densité de la terre étant à celle

de Yénus :: looo : 1270, ou :: 10 5/i8

: i3 — ^ , on peut croire que cette planète

est principalement composée d'une matière plus dense que l'émeril , et moins dense que le zinc.

Enfin la densité de la terre étant à celle de Mercure ;: looo : 2040, on :: io5/i8

ao -—T t on doit croire, que cette planète

Mâ^Aut:. iMliobtjGtîbN.

e Watière un peu i&oîns lorsque t*eati Se èlSh|ëlè, ^ë èdÉlihe i nft-

est coînposèe (Puni

dense que le fer, mais plus dense (Jue Tètaîn.

Hé! comment, dira -t- on, la nature vivante que vous supposez établie partout peut -eue exister sur des planèlès de fer, aémeril, ou dé pierre ponce? Par les mêmes causes, répondrai -je, et par les mêines moyens qu elle existe sur le globe terrestre, quoique composé de pierre , de grès , de marbre, de fer, et de verre. H en est des autres planètes comme de notre globe : leur fonds priucîpal est une des matières qde nous venons d'indiquer; mais lés causes ëxtêiienres auront bientôt altéré la couche superOcielle de cette matière , et , selon les différens degrés de chaleur ou de froid, de sécheresse ou d'humidité , elles auront converti en assez peu de temps cette matière, de quelque nature qu'on la suppose, en une terre féconde et propre à recevoir les germes de la naiure tsrganisée, qui tous n'ont besoin que de chaleur et d'humidité pour se développer.

Après atoir satisfait aux objections qui paroissent se présenter les |»feiaaières , il est nécessaire d'éx^osèr lei faits , et les obser- Tations par lesqueUes mi s'est assuré ^e la chaleur du soleil n'est qu'un accessoire , tin petit ebmptéMehi à la chaleur réelle qui émaue continuellement du globe de la terre; et il sera bon de faire voir en méfne temps comment les thermomètres comparables nous ont appris ^ d^ne manière c^taine , que le chaud de l'été est égal dans tous les dimats de la terre, à l'exception de quelques endroits , comme le Sénégal , et de Quelques autres parties de l'A^ique où la iialeur est plus grande qu'ailleurs , par des raisons, particulières dont nous parlerons lorsqu'il s'agira d'examiner Jes exceptions à cette règle générale.

Oh peut déaiotiti'er fut des évaluations incontestables, que la lumière, et par tonséquent là chaleur envoyée du Soiètl à la terre en été , est tirès-grartdfe en comparaison dé la chaleur envoyée pàf ce ïiièttie astre en hiver , é\ que néanmoins , par des observations ti"ès-éxattes ël trèâ-fèitérèës, k différeiace de lit chaleur réelle de l'été à celle de l'hiver est fort petite. Gela seul seroit suffisant pour, prouver qu'il: existe dans h globe terrestre une très -grande chalekir, dont celle du soleil ne fait que le comptément ; 081*, en recevant ]u& rayofis du toleil sur le même thermjomètre .en été et eu hiver, 1V[. Amontons a le premier ôbtervé que •les plus ^ndfcs chaheoù^ dé i'éjié . daùs aotre climat, ne diffèrent du froid de Thiver,

fère de 6, tandis qU'ôti peut démontrer ùûe l'action du soleil eh été est entifou M Uns plus grande que celle du Sôléil ètt hiver:

on tiè peut donc paé doutëf- qu^i n'v dit Un fonds de très-gi-andè chaléuf danà ré globe terrestre, sur leqUel, comme baSé, &*4retënt les degrés de là chaléUr qui fiôuà tient du soleil , et que les êlhânatiôûs de ce fotids de chaleUr à la surfticè du Mobé ne nous donnent une quaiitite dé chaleur beaucoup plus grande que ceÙè qui noUs àrHve du soleil.

Si l'on demande ëomdîeht ôfi â pVî â^aàisurer que la thàleur envoyée par le soleil eh été est 66 fois plUi grande que la chaleur envoyée par de même astre en hiver dans notre climat, je he puiâ mieux répondre gu'en renvoyant aux Méfnoif'es donnés par feu M. de Mairah fett 1710, 17^2, et 1765, et insérés dâfiiS ceux dé FAcadêmie, ou il examine avec une attention sci-Upuleuse les causes dé là vicissitude des saisons dans lès différens climats. Ces causés peuvent se réduire à quatre principales, Savoii^ : i*' l'inclinaison sous laquelle tombe la lumière du soleil suivant les diltefenles hauteurs de èet astre sur l'horizon; a** l'intensité de la lumière , plus ou moins grande à mesure qUe sOn passage dans ^atmosphè^e est plus ou moins oblique: 3** la dij^érènte distance de la terré au soleil en été et en hiver : 4* ^inégalité de la fongueur des jours dans les climats différens. Et en partant du principe que la quantité de là chaleur est proportionnelle à Taction de la lumière , on se démontrera aisément à soi-même que ces quatre causes réunies , combinées , et comparées , diminuent pour notre climat cette action.de la chaleur du soleil dans un rapport d'environ 66 à i du solstice d'été au solstice d'hiver. Et en supposant raffoiblissèment de l'action de ta lumière par ces quatre causes , c^est-à-dire, 1° par la moindre ascension ou élévation du soleil à midi du solstice d'hiver, en comparaison de son ascension à midi dii solstice d^été; à^ par la diminution de l'intensité de la lumière, qui traverse plus obliquement Tâtmosphère au solstice d^hiver qu^au solstice d'été, Jo par la plus grande proximité de Fa terre au soleil en hiver qu''en été ; 4^ par la diminution de la continuité de là chaleur produite par la moindre durée du jour ou par b plus longue absence du soleil au solstice d'iiivér, qui, dans nUtre climat, est à peu p^ès double de celle du solstice d été, on ne .pourra pas douter que la différeiice ne soi»

PARUS ntPOT^T|Q¥Ii

en effet. trèftfrai|(lef etf^tinliiie'Oâf li-i dans notre climat ; et cette tériié de théorie peut être regardée cem|oe aussi certaine que ia seconde vérité r qui est d'^xpérië/ice, et qui nous démontre, par les observations du tkermomètre exppsé immédiatenient a\\x rayons du spleÛ en^ hiver et en été, que la différence dé îa chaleur réelle» dans ç<s deux, h^mps, n'est néanmoins tout au plus f me de 7 à 6. Je dis tout au plus ; car cette < létermination donnée par Mv Amontons l'est pas» à beaucoup près, aussi exacte que ;eUe qui â été faite par M. de Mairan, d'après un giand nombre d'observations uUérieureSf par lesquelles il prouve que ce rapport est CI 32 : iik Que doit donc indiquer cette prodigieuse inégalité entre ces deux rapports de l'action de la chaleur solaire en été et en hiver ^ qui est de 66 à i, et de celui dj^ ia chaleur i^éelie, qui n*est que de 32 ià 3i de Tété à l'hiver? N'esl^il pab évident que la chaleur p^opre du globe de la teVre est nombre de fois plus grande que celle qui lui vieftt du sbieil ? Il paroit eil eff^ que^ danb le climat de Paris ^ cette chaleur oie la terre est ag fois plus grande en été , et 491 fois plus grande en hiver que celle du soleil 4 Cbmme Ta déterminé Ma de Mairaui Mais j'ai déjà averti qu'on ne devoit pas conclure, de ces deux rapports combinés , le rapport réel de la cbialeur du globe de ia terre à celle qui lui vient du soleil , et j'ai donné les raisods qui iri'ont décidé à supposer qu'on peut estimer eette chaleur du soleil citiquanté fois moitidre que la dialeur qui eniàne de la teife.

Il nous reste maintenant à rendre compte des observations faites avec les thermomèli-fes. On a recueilli, depuis l'aiinée 1710 jusqu'en f '756 intlusivèment i le degré du plus grand chàiid et celui dii plus grand froid cpii s'est fait à Paris chaque année :

m en a fait une somme ; et Ton a trouvé ine ; année cômmmie , tdus les thermoiiières réduits à la divisioil de Héauniur ont tonné Z026 pour la grande chaleur de Télé, iest'Kà-dire 26 degrés au dessus du point de la corigéiation de l'eau ; on a trouvé de inème que lé degré coitiman du plus grand froid de l'hiver a été, pendant ces cinquantesix années, de 994 , ou de 6 degrés eu dessous de la éongéiatiod de l'eau : d'bù Fan a concih , avec raiscto , €jae le phis grand chaud de nos étés à ï^arîs ne diffère du plus grand froid de nos hivers tiuer de ï/^à, puisque ^4 : ÏO26 :: 3i rSa. c'est sur ce fondement qtfe nobs avons dit que le rapport du plus grand chaud ati plus grand froid

n'étoit que {: 3a : 3 x; Mais onp^eut (^ jécter contre la précision de cçtlè evàtùàtien le défaut. dei consirûction du therihomètre, division de Réaumur , auquel on réduit ici réchelle de tous les autres; et ce 4èfauttest de ne partir que de mille degrés au dessous de ia giat-jç, comme ^ si ce. ,millièfaie oegré étoit en effet celui du. froid absdlu , tandis que le froid absolu n'ekisie point dans la nature \ et que celuji de la plus petite chçiieur devroit être supposé de dix mi)le au iiéu de mille ^ ce qui Ghange>Qit la ^radiifition du thermomètre. On p<îut encore ^Ife qu'à la vérité il n'est pas impossible qye toutes nos sensations entre le plus grand chaud et le plus grand froid soient comprises dans un aussi petit intervalle que celui d'une )inilé sur 32 de chaleur, mais que la voix du sentiment semble s'élever contre cette opinion ^ et nous dire que. cette limite est trop étroite , et que c'est, biei^ assez réduire cet int^vallë que de lui donner un huitième ou un septième au fîeu d'un treiitedeuxième.

Mais quoi qu'il en soit de cette évaluation^ qui se trouvera p^ut-êlfe eucore trop forte lorsqu'on aura des thermomètres mieux construits j pu Ue peut pas douter que la chaleui* de la terre , qui. sert de base à la chaleur réelle que nous éprouvons, ne soit très-considérablement plus grande que celle qui nous vieUt du soleil , et que .cette dernière d'en soit qu'un petit complément. Pe même, quoique les thermomètres dont on s*est servi pèchent par le principe d^ leur construction et par quelques autres défauts daiis leur graduation i on ne peut pas douter de là vérité des faits compati que nous ont appris les obsarvatioiis faites en différons pa^s avec ces inénies thermomètres cofistruits et gradués de la .même .façon, parce qu'il uë s'agit ici que de vérités relatives et de résultats com|)arés^ et iioli pas de vérités absolues;

Or, de la méibe mabière qu'on à trouvé, par l'observation de cinquahte-âix années successives , la chaleur de l'été à Paris de i0b6 ou de a^ degrés au dessus de la con-

Séiation, on a aussi trouvé aVec leâ mêmes lermomètres ^ue cette chaleur de Teté étoit 1026 dans tous les autres cliirïats de la terre, depuis l'équateUr jusque vers le joercle polaire ; à Madagascar , aux iles de France et de Bourbon, à Tile Rodrigue, à Siam, aux Indes orientales, à Alger^ h Malte, à Cadix , à Montpellier, à Lfon ^ à Amsterdam ^ à TÂ'Sovie, à tJpsal^ à PéterSDOurg, et jusqifen Laponie près du cercle polaire;

MUrtRÀtHl. liî^TAODUCTION.

à Cayetine, an t^érou, à la Martinique, à Carthagène en Amérique, et à Panama; enfin , dans tous les climats des deux hémisphères et des deux cootinens où ron a pu faire des obserTations , on a constammeut .

trouvé que la liqueur du thermomètre s'élevoit également à aS , a6 , ou 27 degrés dans les jours les plus chauds de Tété ; et de là résulte le fait incontestable de Tégalité de la chaleur en été dans tous les climats de la terre. Il n'y a sur cela d'autres exceptions que celle du Sénégal et de quelques autres endroits où le thermomètre s'élève 5 ou 6 degrés de plus, c'est-à-dire à 3i ou 32 degrés ; mais c'est par des causes accidentelles et locales , qui n'altèrent point la vérité des observations ni la certitude de ce fait général, lequel seul pourroit encore nous démontrer qu'il existe réellement uue trèsgrande chaleur dans le globe terres» re, dont l'effet ou les émanations sont à \)e\i près égales dans tous les points de sa surface, et que le soleil, bien loin d'être la sphère unique de la chaleur qui anime la nature, n'en est tout au plus que le régulateur.

Ce fait important, que nous consignons à la postérité , lui fera recounoitre la progression réelle de la diminution de la chaleur du globe terrestre, que nous n'avons pu déterminer que d'une manière hypothétique : on verra , dans quelques siècles , que la plus grande chaleur de l'été, au lieu d'élever la liqueur du thermomètre à 26, ne rélèvera plus qu'à 25 , à 24 ou au dessous , et on jugera par cet effet, qui est le résultat de toutes les causes combinées , de la valeur de chacune des causi's particulières qui produisent l'effet total de la chaleur à la surface du globe; car, indépendamment de la chaleur qui appartient en propre à la terre et qu'elle possède dès le temps de l'incandescence, chaleur dont la quantité est très-considérablement diminuée et continuera de diminuer dans la succession des temps , indépendamment de la chaleur qui nous vient du soleil , qu'on peut regarder comme constante , et qui par conséquent fera dans la suite uue plus grande compensation qu'aujourd'hui à la perte de cette chaleur propre du globe , il y a encore deux autres causes particulières qui peuvent ajouter une quantité considérable de chaleur à l'effet des deux premières, qui sont les seules dont nous ayons fait jusqu'ici l'évaluation.

L'uue de ces causes particulières provient en quelque façon de la première cause générale , et peut y ajouter quelque chose. Il est certain que dans le temps de l'incandes-

oence, et dang tous les siècles subséqueiis, jtUqq'à celui du refroidissement de la terre au point de pouvoir la toucher , toutes les matières volatiles ne pouvoient résider à la surface ni même dans l'intérieur du globe ; eUes éloient élevées et répandues eu forme de vapeurs, et n'ont pu se déposer que successivement à mesure qu'il se refroidissoit. Ces matières ont pénétré par les fentes et les crevasses de la terre à d'assez grandes

{ïrofondeurs en une infinité d'endroits : c'est à le fonds primitif des volcans, qui, comme Ton sait , se trouvent tous dans les hautes montagnes , où les j'entes de la- terre sont d'auiant plus grandes, que ces pointes du globe sont plus avancées , plus isolées. Ce dépôt des matières volatiles du premier âge aura été prodigieusement augmenté par l'addition de toutes les matières combustibles, dont la formation est des âges subséquens. Les pyrites, les soufres, les charbons de terre, les bitumes, etc., ont pénétré dans les cavités de la terre , et ont produit presque partout de grands amas de matières inflammables , et souvent des incendies qui se manifestent par des tremblemens de terre, par l'éruption des volcans , et par les sources chaudes qui découlent des montagnes ou sourdent à l'intérieur dans les cavités de la terre. On peut donc présumer que ces feux souterrains, dont les uns brûlent, pour ainsi dire , sourdement et sans explosion , et dont les autres éciatent avec tant de violence, augmentent un peu l'effet de la chaleur générale du globe : néanmoins cette addition de chaleur ne peut être que trèspetite, car on a observé qu'il fait à très-peu près aussi froid au dessus des volcans qu'au dessus des autres montagnes à la même hauteur, à l'exception des temps où le volcan travaille et jette au dehors des vapeurs enflammées ou des matières brûlantes. Cette cause particulière de chaleur ne me paroît donc cas mériter autant de considération que lui en ont donné quelques physiciens.

Il n'en est pas de même d'une seconde cause à laquelle il semble qu'on n'a pas pensé , c'est le mouvement de la lune autour de la terre. Cette planète secondaire fait sa révolution autour de nous'en 27 jours un tiers environ, et, étant éloignée à 85 mille 325 lieues, elle parcourt une circonférence de 536 mille 329 lieues dans cet espace de temps, ce qui fait un mouvement de 817 lieues par heure, ou de i3 à 14 lieues par minute. Quoique cette march :

soit peut-être la plus leute de tous les corp s célestes^ elle ne laisse pas d'être assez rapid

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