‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémensChapitre 43 sur 161 · I. Voyez tome I, Tbëprie dp I« terre, articU Géographie · texte numérisé non relu

I. Voyez tome I, Tbëprie dp I« terre, articU Géographie

TROlStÈME ÉPOQUE.

meures confinés; qu'ils n*ont pu franchir les hautes montagnes qui sont au sud de risthme de Panama, et qu'ils n*ont jamais pénétré dans les vastes contrées de L'Amérique méridionale : mais il est encore plus certain que les mers qui séparent l'Afrique et TAmérique existoieot avant la naissance des éléphans en Afrique; car si ces deux coniiuens eussent été contigus , les animaux de Guinée se trouveroient au Brésil, et Foii eût trouvé des dépouilles de ces animaux dans l'Amérique méridionale , comme Ton en trouve dans les terres de l'Amérique septentrionale.

Ainsi , dès l'origine et dans le commencement de la nature vivante , les terres les plus élevées du globe et les parties de notre nord ont été les premières peuplées par les espèces d'animaux terrestres auxquels la grande chaleur convient le mieux : le^ régions de réquateur sont demeurées long-temps désertes, et même arides et sans mers. Les terres élevées de la Sibérie , de la Tarrarie, et de plusieurs autres endroits de l'Asie , toutes celles de l'Europe qui forment la chaîne des montagnes de Galice , des Pyrénées , de l'Auvergne, des Alpes, des Apennins, de Sicile , de la Grèce , et de la Macédoine , ainsi que les monts Riphées, Rymniqnes, etc., ont été les premières contrées habitées, même pendant plusieurs siècles , tandis que toutes les terres moins élevées étoient enr core couvertes par les eaux.

Pendant ce long espace de durée (]ue la mer a séjourné sur nos terres , les sédimens et les dépôts des eaux ont formé les couches horixontales de la terre, les inférietn^s d'ar* giles, et les supérieures de pierres calcaires. C'est dans la mer même que s'est opérée la pétrification des marbres et des pierres : d'ai)ord ces matières étoient molles, ayant été successivement déposées les unes sur les autres, à mesure que les eaux les amenoient et les laissoient tomber en forme de sédiment; ensuite elles se sont peu à peu durcies par la force de l'affinité de leurs parties constituantes , et enfin elles ont formé toutes les masses des rochers calcaires , qui sont composées de couches horizontales ou également indinéies, comme le sont toutes les autres matières déposées par les eaux.

C'est dès les premiers temps de cette même période de durée que se sont déposées les argiles où se trouvent les débris des anciens coquillages ; et ces animaux à coquilles n'étoient pas les seuls alors existans dans la mer; car, mdépendamment des coquilles, on trouve des dâiris de cnistaoés , des pointes

d'oursins , des vertébrés d'étoiles , dans ces mêmes argiles; et dans les ardoises, qui ne sont que des argiles durcies et mêlées d*UD 'peu de bitume, on trouve, ainsi que dans les schistes , des impressions entières et trè»bien conservées de plantes , de crustacés , et de poissons de différentes grandeurs : enfin , dans les minières de charbon de terre, la masse entière de charbon ne paroit composée que de débris de végétaux. Ce sont là tes plus anciens monumens de la nature vivante , et les premières productions organisées tant de la mer que de la terre.

Les régions septentrionales , et les partiel les plus élevées du globe , et surtout les sommets des montagnes dont nous avons fait l'énumération, et qui, pour la plupart, ne présentent aujourd'hui que des faces sèches et des sommets stériles , ont donc autrefois été des terres fécondes , et les premières oi la nature se soit manifestée , parce que ces pirties du globe a\ant été bien plus tôt refroidies que les terres plus basses ou plus voisines de l'équateur, elles auront les premières reçu les eaux de l'atmosphère et toutes les autres matières qui pou voient ctm*^ , tribuer à la fécondation. Ainsi Ton peut présumer qu'avant l'établissement fixe des mers toutes les parties de la terre qui se trouvoient supérieures aux eaux ont été fécon dées , et qu'elles ont dû , dès lors et dans ce temps, produire les plantes dont nous retrouvons aujourd'hui les impressions dans les ardoises, et toutes les substances végétales qui composent les charbons de terre.

Dans ce même temps où nos terres étoient couvertes par la mer , et tandis que les banes calcaires de uos collines se formoient des détrimens de ses productions, plusieurs monumens nous indiquent qu'il se détachoit du sommet des montagnes primitives, et des autres parties découvertes du globe, une grande quantité de substances vitrescibles , lesquelles sont venues par alluvion , c'est-ih dire par le transport des eaux, remplir les fentes et les autres intervalles que les masses calcaires laissoient entre elles. Ces fentes perpendiculaires, ou légèrement inclinées dans les bancs calcaires , se sont formées par le resserrement de ces matières calcaires, lorsqu'elles se sont séchées et endurcies, de la même manière que s'étoient faites précédemment les premières fentes perpendicii* kires dans les montagnes vitrescibles produites par le feu , loraque ces matières se sont resserrées par leur consolidation. Les plaies, les vents, et ks autres ageos extérieurs y avoient déjà détaché de tes ma^es

iz% BBS lâppoms

rittwàl^ Wi r*»^ goantité de petits fragmeos que le» eaux transportoient en 4iHérep» endroits. En cherchant des mines de fer daqs des colline» de pierres calcaires, j*ai trouv^ plusieurs ffsntes et cavités reinplies de mines de fer en grains , mêlées de >able v}tr(B$f;ll)Te et éie petili cailloux arronflis. Cfs* sacs ou nids de mine de fer pe s'étendent p^s horizontalement , mai? descepdent presque perpendiculairement, et ils 9QDt tous situés suf la o^te I4 plu» élevée des collines calcaires '. Tai reconnu plus d'une centaine dp ces sacs , et j'en ai trpuvp ))uit pHocipau]^ et très-considérables 4^ns la seul^ étendue de terraip qui avoi^iine mes forges , à une qu deux lieues de dislance :

toutes ces mine» étoient en grains assez menus^et plu9 ou moins mélangées de sable yitrescible (X ^p petits cailloux. Tai fait e^i^ploiter cinq de pes mines poiir Tusage 4^ mes fpumeaux : pn a fouille les unes à pior quante qu soixante pieds > et les autres jus-

3u'à cent soixante<|uinze pieds de profon* eur : elles sont toutes également situées dafp le» fentes (jes rochers calcaires ; et il .a'^ a dans cette contrée ni roc vilrescible, Qi quartz , ni grès , ni caillou^ • ni granité» ; eq sorte que ces mineti de fer ^ qut sont en grains plus ou moÎQ^ gros , et qui 9ont toutes plu» ou moins n^élaugée» de sable vitrescible et de petit» cailloux , n'ppt pu se fermer daus les matière» calcaire» où elles sont renfermées de tous oôté» oomme entre dei^L murailles , et par con»équfint elles v opt ét(é amenée» de loip par le mo^yemept clés eaux, qui les j auront déposée» en o^ême t^ps

Qu'elle» déppsoient ailleurs des glaises et 'autres sedlmeps j car ces sacs de mine$ d^ Ur en graips spnt t<QU» surmontés ou laté»

paiement accompagnés d'une espèce ie terre limoneuse rpugeâtre , plu» pétrissable, plus pure , et plu» une qne V^rg'I^ commune, p paroît même que cette terre limoneuse» plu» ou moin» colorée de I4 teinture rouge que le fer donne à la terre , est l'ancienne matfice de ce» mine^ ^e fer» et que ceat dans celte même terre que les gr^n» méta{r liqùe» ont dû «e fprmer avi^nt leur trao^pprt. Ce» pûne», quoique situées dans dç» colUnes entièrement calcaire», pe contienneot (kucua gravier de cette même nature; il «e trouve seulemei^t» ^ mesure qu'on descend, .quelque» masse» isolée» de pierres calc^es,

%. ^9 px^f ^ncor» citer ici }çi ^lines de f«f <p pierre qui se trouTent en Ghâinpag;ae , et qui sont 9^imeA é ê t entre les rbcli«r« calcaire* , àun àtê ^* mii»na CI dn mcUMiad» ëUlérwiM , peipcMlkq-

autour desquelles tomnent ks llBÎne» de la mine, toujours accompagnée» de la terre rouge, qui souvent traverse le» veines de la Biine ou bien est appliquée contre le» parois des rochers calcaires qui la renferment. Et ce qui prouve d*une manière évidente que ce» dépôts de mines se sont faits par le mouyement de» eaux, c'est qu'après avoir yidé les fentes et cavité» qui fe^ cpntiennent » on yoit, à ne poiiyoir s'y tromper^ que les parois de ces fente» ont été usée» et même polie» par Peau, et que. ]jar conséquent, elle le» a remplie» et baîgpee» pendant up assez long temps , avant dV avoir déposé la mioe^ de fer, les petit» cailloux, le sable vitrescible , et la terre Umoneuse dpnt ces fentes spnt actuellement remplies ; et l'on ne peut pas se prêter à croire que le» grains de ler se soieut formés dans cette terre lin^pneuse depuis qu'elle a été déposée dan» oes fentes de rochers -, car tpe chose tout aussi évidente que la première $*pppose à cette idée • c'est que la quantité ^e mipes de fer paraît surpasser ie (beaucoup cette dp la terre limoneuse. ^ grain» de cette su^ 9tance métallique ont, à Iji vérité | tpu» été formés dans cette même lern», qu^ n'a ^U^ même été produite que par le rpsidu ^^s matières ammales et végétales, dan» lequel nous démontrerons la prpduptlqn du fec ep grains ; mais cela s'e^t fait av^nf lepr ^ap»port et Ipur dépôt dan3 )es fenle» de» f pchei^. La terre limoneuse, les gfains'de (er, le saisie yitresci))le et (es petite caiUoqj^, oqt été tri|n»ppriés et 4èj>Q»^ enseiufile ; el »i depuis u »'est fpr<pe (Ws cette p^ême t^ne des grajp» ^p fer, ce ne pept ^tpç fm'^ii pe^îe quantité* J'ai tiré de cfi^cune de c^ mines plusieur» millier» ^ti tpppeap;^ ; e^ sa^s^voir piesuré ej^actefp^t la ^ifjint^tp ne t^ar^ limoneuse c|[u'op a lai$see dap» pe» poém^ cavités . j'a) yu qu'elle étoit bien PHÙn» ppp- ^dérable que 1^ quaptité de minç de (^ dans Crh^oune.

JbA^k ce qui prpuye epçoi^ qM« ces ipioe» de fer en grain» ont pié twte» afppnée»

par le mpuvement des çaui^, c'est que» d^^p»

ce m^e ci|ntop, à trois lieUe» de tU^tancp, il j a upp as»ef gciiude étepdue de lerram formant upp espèce de petite plaine au d^ sus des cplUae» calcaire^, et fkussi élevép q^ celle» dont je viep» 4e parler » et qu'on trppve dipi» ce terrain pne grfuide c|uantité 4e mine de f^r ep ff*aiu| qui e$t tres-diiïArpmmept mélangéft et aptranoent »ituée ; car» au lipM i'fiçfxiffif k^ fepted pprpeodipplaire» ^ \^ cavités fntMf^ttPiM 4w JFOch^n

ca]i69arf»«4M im d# i^rm^ m 9« iii«m«w

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sacs perpendicwliA««, «^«fl «»»* ^^^

au conlrtiirë déposée «i nappé, o^eal44ipè par couches horiiontale» , 4swiin« tou» tes autres sédimcns des eaux; au lieu de d«^' cendre prdfondémcût e^itane kê jpre mièww »

elle s'éfend presque à Hi é«It*«è «du ttvnHl sur une épalteeur de quelques pieds ; «u Mtn 3'être mélangée de càMloux et de SfiA» ntresciWe, elle n'est, au ctotttralre, mêlée partout que de graners et de sables calcai' res. Elle présente de plus an {AtéDomène ft^ marquable : c*esl un nombre {>rodigleux d« cornes d*ammon et d'autres aneièitetîoqullhé ges, pu sorte qu'a semble que la inlnte eih* tière en soH composée , tatidis que* dafts les huit autres mines dont fai parlé cÎMlessttft,' il n'existe pas le moindre vesti^ de cô-

3uill^, ^ même aucun fragment , aucun ittice du genre éalcaire , quofiqu'eHes Aolent enfermées entre des masses de pierres entièremept calcaires. Cette antre mtee ,^ qui contient uïi nom{)re sî nrodîgieux àe débris 4e coquilles marines, même des plus anàen-»

nés, aùr^ donc été transportée avec tous ces débris de coquilles par le mouvemeht des eaux , et déposée en forme de sédiment par couches hônzoï^^ales; et Içs grains de fer qu'elle contient, et qui sont encore M«lî plus petits que ceux des preÉnières mfties.

mêlées de cailloux , auront été amenés aveiç les coquilles mêmes. Ainsi le transport d\Ç Routes ces matières et le dépôt de toutes ces mineç de fer en grains se sont faits par 'alT luvion à peu près dans le même temps', c'est* à-dire lorsque les mers couvroient encori nos collines calcaires.

£^ )e sommet de toutes ces t'otlines, ni les collines elles-mêmes , ne nous représeï^tent plus à beaucoup près le même aspect qu^eiies avpient lorsque les eaux les ^ ont abandonnée?. A peine leur forme primitive s'est- elle maintenue ; leurs angles saillans et centrales spni devenus plus obtus, leurs pentes moins rapides , leurs sommets moins élevés et plus chenus; les pluies en ont détaché et entraîné les terres : les collines se sont donc ^-abaissées neii à peu, et, les vallons se sont en même temps remplie de ces terres entraînées p^v les eaHx pluviales ou courantes. Qu'on se figure ce que devoit être autrefois la fqrme 4h iprraifl ^ jP^s el aux «DvirpQS : d'une part sur les cofl mes de Yaijgirard jusqu'à Sèvr^ç , çx^ voit dès carrièrp^ de pierres (ficaires remplies (|e poquillf^ pflt|i(iées ;r de l'autre fpié, Y^rs lilontmartre, des collines de plâtre et de matières argîleusefs *t ces çpîURes , è pfH( p^p^ également élevées au dessus ae la Semé, ne sont au-

^aî

jenfd'but c{iif) d'uni fanvtcn» w-pp Pif.wu».y, mais au fomï des puits qii« l'on % faiu à Bir eètre et 4 l*Wl6 militaire on % trouvé dm bois- travaillés de vain d'homme àsQi;^^!^ qtriaSEe pieds 4e profMdwr. ^m&i Ton a^ j^at douter que calte vallée de l^ %ine.ne le aaii nnnphe de plus du «Qixante-quUKe pieds, seuionent aeptiis qji^ les kommt»

etistent : tkqm sait de ooiiîhien }m eoUino^ adjacentes- ont dimiwiifr dans le même tempe par rèffel des piuies, et quelle étoit l'^ai^ •eur de terre doi^t elles étoiei4 autrefois re» véién? Il ea cet de même 4e toutes les au«tres collines et de touies Ue antres vallées ( ellei 'étoieot peulH&tre du double plus éi»

tées et du double plus profondes dana» le temps que les eaum de ia mer les oni Haieiées à déoeviTert. On est mène assuré qup les montagnes s'abaissent enoore tous itt Jours et que lès vallées se remplissent à pem j^rès dans la même proportion; seideeeimpt oette ^imàuition de ia hauteur des nukita»gees, ^i ne se foit auôooed'lius qtm d'oee mifnièl^ presque iottenable, s'est faite 'boai^ coup plus vite dans les prenieri temps « «à raison -de la plus grande rapidité de toipr pente, et il fendra mainteBnniplBaieaiff miU tiers d'années pour 4|ne lei «égaliiée d» k surface de la 9éifm se rédaisent encot^ «i>> tant qu'cUto font ftiit «n pa» de sièeles daàs tes p^iÉîers âgws. » ' -

Hais tieVedens à eetfs épocpw entétwvrt) bùles eaïut , après être antvéea des t^ciife polairas, ont gagné «elles de- l^èquatené.

C'est dans ces terres dé k tene tenride ùû se sont farts les plus grands l^oakwersemetia^e pour en être çon vaincs , il ne k«t (fue jêt^r les yeux sur un gWbe géogrsfph&qnerefi reconnoStra que presque tout l'èspeoe tiâiApris entre les eerbles de eette aone ne pr^ Sente que les débris 4e «enilnens boolev^^ et d'une teire ruinée.- L^iminense qnanfifé dîles, dé détèôits, *e hauts et de basfonds, de bras de mer eï 4e «erre «ntrecd»pés, prouve les nombreux effeissemens qui se soni faits dans cette Vaîftè partie du monde. Les montagnes y iont iplus élevées, les mers plus profondes, ipie- Ans tout le reste de k terre; et c'est sans douté lor*iue ces grandi affaissemjens se sont faits dans les contrées de réquateur que les eaux qui couvroient pos continens se sont abaissées et retirét^ en coulant à grands flots Ters ceç terrés du midi , dont elles ont rempli lés profbndeufs fia laissant à découvert d*abord les partes les plus élevées des terres, ensuite toutJB la surface de i^qs continens.

Qu*on se représenté ^flmmeiise quantité

des «Mtièret de toute tlfpèc% qui oot alon été transpeiiées par le» eans : combien de tédimens de différente nature n'ont-dies pas déposés les uns sur les antres, et eooibien, par conséquent, la première Isee de b terre n'a-t-eiie pas cluingé par ces révolutions!

D*une part, le flux et le reflux donoment max eaux un mouvement constant d*orient en occident; d*autre part, les allnvions venant des pMes croisoient ce mouv4*menl , et détermiiioient la efforts de la mer autant et peut-être plus vers Téqualeur que vers l'occident. Combien d'irmpiious parlicu« lières se sont faites alors de tous côtés ! A mesure que quelque grand afEsissement préaentoit une nouvelle profondeur, la mer s^abaissoit et les eaux couraient pour la remplir; et quoiqu'il paroisse aujourdliui que l'équilibre des mers soit à peu près établi , et que toute leur action se réduise à gaçner quelque terrain vers Toecident et en laisser à découvert vers Torient, il est néanmoins très-certain qu^en général les mers baissent Ions les jours de plus en plus, et qu'elles liaisserottt enrore à mesure qu'il se fera ouelque nouvel affaissement, soit par reflet nés volcans et des tremblemens de terre , ioit par des causes dIus constantes et plus •impies : car toutes les parties caverueuses de rintérieur du globe ne sont pas encore affaissées ; les volcans et les secousses des trembkmens de terre en sont une preuve démonstrative. Les eaux mineront peu à peu (es voûtes et les remparts de ces cavernes souterraines ; et lorsqu'il s'en écroulera quelquefr4ines, la surface de la terre, se dé^ primant dans ces endroits, formera de nou- • velles vallées dont la mer viendra s*emparer. Néanmoins, cmnme ces événemens, qui, dans les coromencemens, dévoient être très- Aéquens, sont actuellement assez rares , on peut croire que la terre est à peu près parvenue à un elat assex tranquille pour que ses babitans n'aient plus à redouter les dé- Jastreux effets de ces grandes convulsions.

L'établissement de toutes li*s matières métalliques et minérales a suivi d'assez près l'établissement des eaux ; celui des matières argileuses et calcaires a précédé leur retraite; la formation, la situation, la position de toutes ces dernières matières, datent du temps où la mer couvrait les uontinens. Mais nous devons oluervcr que le mouvement

Enéral des mers ayant commencé de se ire alors comme il se fait encore aujourd'bui d'orient en occident, elles ont travaillé b surface de la terre dans ce sens d'orient (fn occident autant et peut-être plus qu'elles

DES ÉPOQUES DE LA NATURE

ne Tavoîent fait précédemment dans le sens du midi au nord. L'on n'en doutera pas si l'on fait altenlion à un £ait très-général et très* vrai : .c'est que, dans tous les cootinens du monde, la pente des trrres , à la prendre dû sommet des montagnes, est toujours beaucoup plus rapide du côté de l'occident que du o6té de l'orient * ; cela est évident dans le continent entier de l'Amérique, où les sommets de la chaîne des Cordillères sont très-voisins partout des mers de l'uuest, et sont très-éloignés de la mer de Test. La chaîne qui sépare TAfrique dans sa longueur, et qui s'étend depuis le cap de Bonne - Espérance jusqu'aux monts de la Lune, est aussi plus voisine des mers à l'ouest qu'à l'est. Il en est de même des montagnes qui s'étendent depuis le cap Comorin dans la presqu'île de l'Inde; elles sont bien plus près de la mer à l'orient qu'à l'occident ; et si nous considérons les presqu'îles, les promontoires, les îles, et toutes les terres envirounées de la mer, nous reoonnoîtroDs partout que les pentes sont courtes et rapides vers l'oocideut, et qu'elles sont douces et longues vers l'orieut : les revers de toutes les montagnes sont de même plus escarpés à l'ouest qu'à Test , parce cjue le mouvement général des mers s'est toujours bit d'orient en occident , et qu'à mesure que les eaux se sont abaissées elles ont détruit les terres et dépouillé les revers des montagnes dani le sens de leur chute, comme l'on voit dans une cataracte les rochers dépouillés et les terres creusées par b chute continuelle de Teau. Ainsi tous les contiiiens terrestres ont été d'abord aiguisés en pointe vers le midi par les eaux qui sont venues du pôle austral plus abondamment que du pôle boréal ; et ensuite ils ont été tous escarpés en pente plus rapide à l'occident qu'à Torient, dans le temps subséquent où ces mêmes eaux ont obéi au seul mouvement général qui les porte constamment d'orient en occident.

ADDITIONS DE BUFFON

On voit plusieurs exemples de plantes qui croissent oaus les eaux thermales les plus chaudes , et M. Sonnerat a trouvé des poissons dans une eau dont b chaleur étoit si active, qu'il ne pouvoit y plonger la main.

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