‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémensChapitre 42 sur 161 · X. Voyez les AdtUtions de Buffon, page ia · texte numérisé non relu

X. Voyez les AdtUtions de Buffon, page ia

•• Voye» les Additions de Buffon, page ia7.

. . posent poiqr,

la terre sont aussi oertains, et semblent nous démontrer que ces espèces aucieunes daas , les aiiimaox marins et. dans les vég^tati^ terrestres se aoat anéanties , ou plutôt ont cessé de se nultipiier, dès que la terre et la mer ont perdu la grande chaleur nécessaire à Teffet de leur propagation.

Les coquiUageà ainsi que les végétaux, de ce premier temps s'étant prodigieusemeat multiplies pendant ce long espace de vingt mille aiu, et la durée de leur tie n'étant que de peu d'années , les animaux à coquilles , les polypes des coraux , des madrépores , des astroïtes , et tous les petite animaux qui convertissent l'eau de la mef en pierre, ont, à mesure qu'ils périssoieat»

abandonné leurs dépouilles et leurs ouvrages aux caprices des eaux relies auroat transporté, iM'isé, ^ déposé ces dépouilles en mille et mille endroits; car c'est dans os même temps que les mouvcmeas des marén et des vents réglés ont commencé de former les couches horizontales de k surface de la teire par les sédimens et le dépôt des eaux ; ensuite les courans ont donné k tou tes les collines et À toutes les montagnes dt médiocre hauteur des direction» correspondantes ; en sorte que leurs angles saillans sont toujours opposés à des angles rentrans.

Nous ne répéterons pas ici ce que nous avons dit à ce sujet dans notre Théorie dû la terre , et nous nous contenterons d'assurer que cette disposition générale de la surface du globe par angles correspoodans , ainsi que sa composition par ooudies horizontales , ou également et parallèlement inclinées , démontrent évidemment que la structure et la forme de la surtace actuelle de la terre ont été disposées par les eaux, et produites par leurs sédimens. Il n'v a ea que les crêtes et les pics des plus nautta montagnes qui peut-être se sont trouvés hors d'atteinte aux eaux, ou n'en ont été surmontés que pendant un petit temps , et Sur lesquels par conséquent la mer n'a point laissé d'empreintes : mais , ne pouvant les attaquer par leur sommet , elle les a prises par la base; ëHe a recouvert ou miné les parties inférieures de ces montagnes primi-< tives; elle les a environnées de nouveHes matières , ou bien elle a percé les voûtes qui les soutenoient ; souvent elles les a feit pencher; enfin elle a transporté dans leurs cavités intérieures les matières combustiblbs provenant du détriment des végétaux, ainsi que les matières pyriteuses, bitumineuses,

ti6 DES ÉPOQUES

et minérales, ptires ou mêlées de terres et de aédiiDens de toute espèce.

La production des argiles paroit avoir précédé celle des coquillages ; car la première opération de l'eau a été de transformer les scories et les poudres de v«rre en argiles :

aussi les lits d'argiles se sont formés quelque lemps avant les bancs de pierres calcaires; et l'on voit que ces dép6ts de matières argileuses ont précédé ceux des matières calcaires» car presque partout les rochers cal»

caires sont posés sur des glaises qui leur servent de base. Je n'avance rien ici qui ne soit démontré par l'expérience , ou coi^rmé par les observations ; tout le monde pourra s'assurer par des procédés aûés à répéter, que le verre et le grès en poudre se convertissent en peu de temps en argile, seulement en séjournant dans l'eau '; c'est d'après celte connoissance que j'ai dit, dans ma Théorie de la terre , que les argiles n'étoienl que des sables vitrescibles décomposés et pourris. J'ajoute ici que c'est probablement a cette d( composition du sable vitrescible dans l'eau qu'on doit attribuer l'origine de l'acide ; car le principe acide qui se trouve dans l'ai^ile peut être regardé comme une combinaison de terre vitrescible avec le feu, l'air, et l'eau; et c'est ce même principe acide qui est la première cause de la ductilité de l'argile et de toutes les autres matières , sans même en excepter les bitumes , les huiles , et les graisses , qui ne sont ductiles et ne communiquent de la ductilité aux autres matières que parce qu'elles contiennent des acides.

Après la chute et l'établissement des eaux bouillantes sur la surface du globe, la plus grande partie des scories de veire qui la eouvroient en entier ont donc été converties en assez peu de. temps en argiles : tous les mouvemens de la mer ont contribué à la prompte formation de ces mêmes ai^iles, en remuant et transportant les scories et les poudres de verre , et les forçant de se présenter à l'action de Teau dans tous les sens ; et, peu de temps après , tes agiles formées par l'intermède et l'impression de l'eau ont successivement été transportées et déposées au dessus de la roche primitive du globe, c'est-à-dire au dessus de la masse solide de matières vitrescibles qui en fait le fond, et qui, par sa ferme consistance et sa dureté, avoit résisté à celte même action des eaux. .

La décomposition des poudres et des sables vitrescibles , et la produciiou des argi-

t, VoyoB les Add:iion!t irV R ffn r

DE LÀ NATURE

les , se sont faites en d'autant moins dé tem^t que l'eau étoit plus chaude : cette décomposition a continué de se faire et se fait encore tous les jours , mais plus lentement et en bien moindre quantité; car, quoique les argiles se présentent presque partout comme enveloppant le globe , quoique sonvent ces couches d'argiles aient q&lï et deux cents pieds d'épaisseur, quoique les rochers de pierres calcaires et toutes les collines composées de ces pierres soient ordinairement appuyés sur des couches argileuses, on trouve quelquefois au dessous de ces mêmes couches des sables vitrescibles qui n'ont pas été convertis et qui conservent le caractère de leur première origine. Il y a aussi des sables vitrescibles à la supei'ficie de la terre et sur celle du fond des mers : mais la formation de ces sables vitrescibles qui se présentent à l'extérieur est d'un temps bien postérieur à la formation des autres sables de même naiure qui se trouvent à de grandes profondeurs sous les argiles; car ces sables qui se présentent à la superficie de la terre ne sont oue les détrimens des granités, . des grès, et Je la roche vitreuse, dont les masses forment les noyaux et les sommets des montagnes, desquelles les pluies, la gelée , et les autres agens extérieurs , ont détaché et détachent encore tous les jours de petites parties , qui sont ensuife entraînées et déposées par les eaux courantes sur la surface de la terre : on doit donc regarder comme très-récente, en com|)araison de l'autre , cette production des sables vitrescibles qui se présentent sur le fond de la mer ou à la superficie de la terre.

Ainsi les argiles et l'acide qu'elles contiennent ont été produits très-peu de temps après l'établissement des eaux , et peu de temps avant la naissance des coquillages; car nous trouvons dans ces mêmes argiles une infinité de bélemnites , de pierres lenticulaires , de cornes d'ammon , . et d'autres échantillons de ces espèces perdues dont on ne trouve nulle part les analogues vivans.

J'ai trouvé moi-même dans une fouille que j'ai fait creuser à cinquante pieds de pro fondeur , au plus bas d'un petit vallon * tout composé d'argile , et dont les collines voisines étoient aussi d'argile jusqu'à quatrevingts pieds de hauteur; j'ai trouvé, dis-je, des bélemnites qui a voient huit pouces de long sur près d'un pouce de diamètre, et dont quelques-unes etoient attachées à une partie plate et mince comme l'est le têt des

3. Ce petit vallon est tout Toisin de la ville de Montb.ird, au uiidi.

T&OISliME

cniataeés. Tj ai trtmvi de même un grand nombre de cornes d'ammon pyriteuses et broi^ées, et des milliers de pierres leuliculaires. Ces andennes dépouilles étoient , comme l'on voit, enfouies dans l'argile à cent trente pieds de profondeur ; car , quoi*

3u*on n*eûl. creusé ^u'à cinquante, pieds ans cette argile au milieu du vallon , il est certain que répaisseur de cette argile étoit originairement de cent trente pieds, puisque les couches eu sont élevées des deux côtés à quatre-vingts pieds de hauteur au dessus :

cela me fut aemoiitré.par la correspondance de ces couches et par celle des bancs de pierres calcaires qui les surmontent de chaque côté du vallon. Ces bancs calcaires ont cinquante-quatre pieds d'épaisseur, et leurs différens lits se trouvent correspondans et posés borisontalement à la même hauteur au dessus de la couche immense d'argile qui leur sert de base et s'éteud sous les collines calcaires de toute cette contrée.

Le tem^ de la formation des argiles a donc immédiatement suivi celui de rétablissement des eaux; le temps de la formation des . premiers coquillages doit être placé quelques siècles après; et le temps du transport de leurs dépouilles a suivi presque immédiatement : il n'y a eu .d'intervalle qu'autant que la nature en a mis entre la nais* sance et la mort de ces animaux à coquilles.

Comme l'impression de l'eau convertissoit chaque jour les sables vitresdbles en argiles, et que son mouvement les transporloit de place en place, eUe entrainoit en même temps les coquilles et les autres dépouilles et débris des productions marines, et déposant le tout comme des sédimens , elle a formé dès lors les couches d'argile où nous trouvons aujourd'hui ces monumens , les

1>lus anciens de la nature organisée, dont es modèles ne subsistent plus. Ce n'est pas qu'il n'y ait aussi dans les argiles des coquiV fes dont Torigine est moins ancienne , et même quelques espèces que l'on peut comparer avec celles de nos mers , et mieux encore avec celles des mers méridionales; mais cela n'ajoute aucune difficulté à nos explications , car l'eau n'a pas cessé de convertir en areiles toutes les scories de verre et tous les sables vitresdbleâ qui se sont présentés a son action : elle a donc formé des ari;iles en grande quantité dès qu'elle s^est emparée de la surface de la terre : elle a continué et continue encore de produire le même effet; car la mer transporte aujourd bui ces vases Hvec les dépouilles des coquillages actuelle- ■lens vivans , comme ellç ^ acitrefois trans-

ÉPOQUE. xt9

porté ces mêmes vases avec les dépouilles des co(|uillages alors existans.

La formation des schistes, des ardoises, des charbons de terre, et des matières bitumineuses , date à peu près du même temps :

ces matières se trouvent ordinairement dans les argiles à d'assez grandes profondeurs; elles paroissent même avoir précédé l'établissement locjal des dernières couches d'argile , car au dessous de cent trente pieds d'argile dont les lits contenoient des beîemnites, des cornes d'ammoii , et d'autres débris des plus anciennes coquilles, j'ai trouvé des matières charbonneuses et inflammables ; et l'on saii que la plupart des niiues de charbon de terre sont plus ou moins surmontées par des couches de terres ai^leuses. Je crois même pouvoir avancer que c'est dans ces terres qu'il faut chercher les veines de charbon , desquelles la formation est un peu plus ancienne que celle des couches extérieures des terres argileuses qui les surmontent :

ce qui le prouve, c'est que les veines de ces charbons de terre sont presque toujours inclinées, tandis que celles des argiles, ainsi que toutes les autres couches extérieures du globe , sont ordinairement horizontales. Ces dernières ont donc été formées par le sédiment des eaux qui s'est déposé de niveau sur une base horizontale , tandis que les autres , puisqu'elles sont inclinées , semblent avoir été amenées par un courant sur .un terrain en pente. Ces veines de charbon,

3ui toutes sont composées de végétaux mêlés e plus ou moins de bitume, doivent leur origine aux premiers végétaux que la terre a formés : toutes les parties du globe qui se trouvoient élevées au dessus des eaux produisirent, dès les premiers temps, une infinité de plantes ei d'arbres de toute espèce, lesquels oientôt tombant de vétusté furent entraînés par les eaux, et formèrent des dépôts de matières végétales en une infinité d'endroits; et comme les bitumes et les autres huiles terrestres paroissent provenir des substances vé^^étales et animales , qu'en même temps l'acide provient de la décomposition du sable vitrescible par le feu, l'air, et l'eau, et qu'enfin il entre de Tadde dans la composition des bitumes , pnisqu'avec une huile végétale et de l'acide ou peut faire du bitume, il paroît que les eaux se sont dès lors mêlées avec ces bitumes et s'en sont imprégnées pour toujours ; et comme elles transportoient incessamment les arbres et les autres matières végétales descendues des hauteurs de la terre, ces matières végétales ont cpntinué de se mêler av«c leç bitumes

iiS DES ÉFOQTTCS

déjà formés des r^dns des premiers tégé* ta^J(; et la mer, par son mouvement et par

^ ses çourans, les a remuées, transportées et déposées sur les éminences d'argile qu*elle âToit formées précédemment.

Lfis couches d*ardoises, qoi contiennent aussi des végétaux et même des poissons, ont été formées de la même manière , et Ton peut en donner des exemples qui sont, pour ainsi dire , sous nos yeux. Ainsi les ardoisières et les mines de chaibon ont ensuite été recouvertes par d'autres couches de terres

' argileuses que fa mer a déposées dans des temps postérieurs : il y a même eu des intervalles considérables et des alternatives de mouvement eulre rétablissement des difFé»

rentes couches de charbon dans le même terrain; car on trouve souvent au dessous de la première couche de charbon une veine ^argile ou d'autre terre qui suit la même inclinaison, ei ensuite on trouve assez cominunément une seconde couche de charbon yiclioée comme la première, et souvent une troisième « égalemeut séparées Tune de l'autre par des veines de terje, et quelquefois même par des bancs de pierre calcaire , comme dans les mines de charbon du Hai^ JlAut. L'on ne peut donc pas douter que les couches les plus basses de charbon n'aient f^é produites, les premières, par le transport des n^ltièr^ végétales amenées par les eaux; et lotrsque \p premier dépôr d'où la mer enlevoit ces matières végétales se trouvent é|misé| le mouvement des eaux conti- 4iuoil de transporter au même lieu les terres ou le^ autres matières qui environnoient ce 4épôt : ce sont ces terres qui forment aujpurdbui la veine intermédiaire entre les deux roHches de charbon; ce qui suppose

3ue l'ej|u amenoit ensuite, de quelqu autre épot» des matières végétales pour former )a seconde couche de charbon. J'entends ici par couches la veiqe entière de charbon prise dans toute so^ épaisseur, et non pas {es petites couches ou feuillets dont la sub- Ml^W» nièmt: du charbon est composée, et qui soi^vept sont extrêmement minces : ce «ont ces mêmes feuillets, toujours parallèles entre eux, qui démontrent que ces masses 4p charbon ont été formées et déposées par 11) sédiment et même par la slillation des §ai|x imprégnées de bitume; et celte même .&vme de feuillets se trouve dans les iiouveauj^ charl^n» dont les couches se forment par stillatioq, aux dépens des couches les

Slvts ajQciennes. Ainsi les feuillets du charbon fi te^ffe ont pf is \^ur formé par deux causes combinées : la première est le dépôt ton*

BB lA NÀTUHE.

jours horizontal de Yma; et Itieoondto, la disposition des matières Tégétales, qui tes* dent à- faire d^ feuilleta'. Au aurplus, ce sont les morceaux de boit , souvent entiers»

et les détrimens très-recoUBoissables d'autres végétaux, qui prouvent évidemnteiit que la subslaaoe de ces cbarbona de tèn^ n'est qu'un assemblage de débris de végé* taux liés ensemble par des bitumes.

La seule chose qui pourroit élve difficile à concevoir, c'est Timmease quantité dé débris de végétaux que la composiiioii de ces mines de charbon suppose ; car elles sont très-épaisses , très-étendues , et se trouvent en une infinité d'endroits : mais si l'on fiiif attention k la production peut-être eacone

£lus immense de végùlaux qui s'est ftiite pen^ ant vingt ou vingt-cinq mille ans, et si Ton pense en même temps' que l'homme n'étanf pas encore créé, il n y avoit aucune destrao tion des végétaux par le feu , on sentira qu'ils ne pouvoieni manquer d'être emportés par les eaux , et de former en mikk endroits différens des couches très-éteadues de mâ«tière\égéUle. On peut se fiiire use idée ea petit de ce qui est olora arrivé en grand :

quelle énorme quantité de gros arbres certains Oeuvfs, comme le Mississipi, n'entrainent-ils pas dans la mer! le mmibre de ces arbres est si prodigieux , qu'il empêche, dans certaines saisons, la navigation de ce large fleuve : il en est de même sur la rivière des Amazones, et sur la plupart des grands fleuves des oontinens déserts ou mal peuplés. Ou peut donc penser, pm* oettp comparaison , que toutes les terres él^ées au dessus des eaux étant dans le commence»

tnént couvertes d'arbres et d'autres végétauit que r4en ne détruisoit que leur vétusté, il -s'est fait, dans cette longue période de ■lemps , des transports successifs de tous cqs végétaux et de leurs détrimens, entraînés par les eaux courantes du haut des moiitfH gnes jusqu'aux mers. Les mêmes oostréès Inhabirées de l'Amérique nous en fournissent un exemple frappant : on voit à ia Ottîaiie des forêts de palmiers lataniers 6i^ plusieurs lieues d'étendue, qui croissent dans les espèces de marais qu'on appelle des savanes noyées , qui ne sont que des.appendices de la mer; ces arbres, après avoir vécu leur âge, tombent de vétusté; et sont emportés par le mou^rement des eaux. Li^ forêts plus éloignées de la mer et qui oeuvrent toutes les hauteurs de l'intérieur du pays ,

I. Voyex l'ejipérieqce dp M. fie Moryeau »qr .up« CODÇcétioa blanche qj^i est devenue da charbon do terre noir et feuilleté. '"" '

rpux que jonchées dVbr^ décrépiU et à demi pourris. Les voyageurs qui «pat obligés de passer la nuit dans ces bois ont soin d'examiner le lieu qu'ils choisissent pour gîte, afin de recouuoitre s'il n'est envirpané que d'arbres solides , et s'ils ne courent pas n^que d'être écrasés pendant leur soouneil par la chute de quelques arbres pourris sur pied ; el la chute de ces arbres en graqd noml^re est très-fréquente : un seul coup de vent fiiit souvent un abatis si cousidérable qu'on en entend le bruit à de très-grande* distances. Ces arbres , roulant du haut des montagnes, en renversent quantité d'autres, et ils arrivent ensemble dan^ les lieux lei plus bas , ou ifs achèvent de nourrir, (tour former de nouvelles couches oe terre végétale; ou bien ils sont entraiués par les eaux courantes dans les mers voisines, pour a}ier former au loin de nouvelles couches de cl^arbon fossile.

Les détrimens des substances végétales soof donc le premier fppds des mines de charbon; ce sont des. trésors que la nature semble avoir accumulés d'avance pour les besoin»

à venir des grandes populations, {^ius lep hommes se multiplieront > {>lus les forêts diminueront ^ les bois ne pouvant plus suffire à leur consommation, ils auront recours à ces immenses dépôts de matières combus<tibles , dont l'qsage leur deviendra d'autaut plus nécessaire que le globe se refroidir^ aavant£tge ; néanmoins ils ne les épuiseront jamais , car uue seule de ces mines de charbon contient peut-être plus de matière combustible que toutes les forets d'une vaste contrée.

L'ardoise» qu'on doit regarder comme uQfi argile durcie» est formée par couches qui contiennent de même du bitume et des végéiaux, mais en bien plus petite quantité; et en même temps elles renterment souvent des coquilles , des crustacés, e( des p^issouni qu'on ne peut rapporter À aucune espèce connue, ^losi l'origine des charbot^s et des ardoises date du même temps ; la seule dif-< fërence qu'il y ait entre ces deu;^ sortes 4^ matières , c'est que les végétaux composent la majeure partie de la siibstance des charbons de terre , au lieu nue le fonds de \f^ substance de l'ardoise est le ;nême que c^l^i de l'argile , et que les végétaux , ainsi q\^ les poissons^ ne paroissent s'y trouver qu^^ ciden tellement et en assez petit qombre ; mais toutes deux contienneat du bitume, tt\ sont foimées par feuillets ou par couches trèt-minoes, toujours parallèles entre elles ;

M qui denoaire dûtennil oa'cUei ont égtlemeot été produites |»ar le^ sèdimeos suoce»fijEai d'une eau tranquille, et dont les oscillations étoient parfaitement réglées, teil«B que sont celles de nos marées ordinaires oa ie$ courans oonstans des eaux.

^«prenant doqc pour un instant tiNit 08 que je viens d'exposer, la masse du glob« terrestre* composée de verra en fusion, n^ pésentoit d'atrârd que les l)OurBouflures et les cavités irrégulières qui se forment à la superficie de toute matière liquéfiée par le feu et dont le refiroidissement resserre les parties. Pendant œ temps et dans le progrès du refroidissement, les élémens se sont séparés, les liquations et les sublimations des substances métalliques et minérales se sont faites, elles ont occupé les cavités des terres élevées et les fentes perpendiculaires des montagnes; car ces pointes avancées au dessus de la surface du globe s'élant refroidies les premières , elles ont aussi présenté aux élémens extérieurs les premières fentes produites par le resserrement de la metière qui se refroidissoit. Les métaux et les miné^ raux ont été pousséf par la sublîmaliun, ou déposés par les eaux, dans toutes ces fentes, et c'est par cette raison qu'on les trouve presque toutes dans les hautes mon* tagnes , et qu'on ne rencontre dans les terres plus basses que des mines de nouvelle for»

matioiè : peu de temps après, Ifs argiles se sont formées, les premiers coquillages et les premiers véeéiaux ont pris naissance ; et , à mesure qu'Us ont péri , leurs dépouilles et leurs déirimeos ont fait les pierres calcaires, et ceux des végé.aux ont produit les bitumes et les charbons ; et en même temps les eaux, par leur mouvement el par leurs sédimens, ont com{)osé l'organisation de la surface de la terre par couches horizontales; ensuite les courans de ces mômes eaux lui ont donné sa forme extérieure par angles saiHans et rentrans; et ce n'est pas trop étendre le temps nécessaire pour toutes ces grandes opérations et ces immenses constructions de la nature , que de compter vingt mille ans depuis la naissance des premiers coquillages et des premiers végétaux : il» étoient dieià très-mjuitipliés, très-nombreux, à la(|atede quarante-cinq mille ans.de la formation de la terre; et comme les eaux, qui d'aliord étoient &ï prodigieusement éJevéos , s'abais» sèrent successivement el abandonnèrept les terres qu'elles surmontoient auparavant, ces terres présentèrent dès l^rs une surface tonte jonchée de productions marines.

La durée du temps pendant lequel les

xso I>BS "ÈSOÇ/OtS

coinrrai«Dtiio6 continou a été très4o]i|;iie; l'on n'en peut pas douter en oonâdmint rimmense quantité de productions marines

Î|ui se trouTeat Jusqu'à d'assez grandes uroondeors et à de très-grandes hauteurs dans toutes les parties de la terre : et combien ne devon»-noas pas eucore ajouter de durée i ce temps déjà si long, pour que ces mêmes productions marines aient été brisées , réduites en poudre, et transportées par le monvement des eaux , pour former ensuite les marbres, les pierres calcaires, et les craies} Cette longue suite de siècles, cette durée de vingt mille ans , me paroit encore trop courte pour la succession des effets que tous oes monumens nous démontrent.

Car il fout se représenter ici la marche de la nalure, même se rappeler l'idée de ses mojeus. jues molécules oi^aniques vivantes ont existé dès que les élémens d'une chaleur douce ont pu s'incorporer avec les substances qui composent les corps ui^ani- •és ; elles ont produit sur les partiel élevées du glolie une infinité de végétaux, et dans les eauK un nombre immense de coquillages, de crustacés, et de poissons, qui se sont bientôt multipliés par la voie de la génération. Cette multiplication des végétaux et des coquillages, quelque rapide qu'on puisse la supposer, n*a pu se faire que dans un grand nombre de siècles, puisqu'elle a produit des volumes aussi prodigieux que le sont ceux de l<Hirs détriroens. En effet, pour juger de ee qui s*est passé, il faut considérer . ce qui se passe : or ne faut-il pas bien des années pour que des huiires qui s'amoncèlent dans quelques endroits de la mer s y multiplient en assez grande quantité pour former une es|)èce de rocher? Et cgnibien n'a-t-il pas fallu de siècles pour que toute la matière calcaire*, de la surface du globe ait été produite? Et n'est-on pas forcé d'admettre non seulement des siècles, mais des siècles de siècles, pour que ces productions marines aient été non seulement réduites en poudre , mais transportées et déposées par les eaux , de manière à pouvoir former les craies , les marnes, les marbres, et les pierres calcaires? Et combien de siècles encore ne faut-il pas admettre pour que ces mêmes matières calcaires, nouvfllement déposées par les eaux , se soient purgées de leur humidité superflue, puis seehees et durcies aji point qu'elles le sont aujourd'hui et depuis si long-temps?

Comme le globe terrestre n'est pas une sphère parfaite, qu'il est plus épais sous réquateur que sous les pôles, et que l'action

SB UL NÀTUKE.

du soleil est aussi bien plos grande dans les climats méridionaux, il en^ résulte que les contrées polaires ont été refroidies plus tôt que celles de Téquateur. Ces parties polaires de la terre ont donc reçu les premières les eaux et les matières volatiles qui sont tombées de l'atmosphère : le reste de ces eaux a dû tomber ensuite sur les climats que nous appelons lempéréj , et ceux de l'équateur auront été les derniers abreuvés. Il s'est passé bien des siècles avant que tes parties de réquateur aient été assez attiédies pour admettre les eaux ; l'équilibre et même l'occupation des mers a donc été long- temps à se former et à s'établir, et les pr^nières inondations ont dû venir des deux pôles.

Mais nous avons remarqué < que tous les continens terrestres finissent en pointe vers les régions australes : ainsi les eaux sont venues en plus grande quantité du pôle austral que du pôle boréal , d'où elles ne pouvoient que refluer et non pas arriver, -du moins avec autant de force; sans quoi les continens auroient pris une forme toute différente de celle qu'ils nous présentent ; ils se seraient élargis vers les plages australes , au lieu de se rétrécir. En effet, les contrées du pôle austral ont dû se refi^idir plus vite que celles du pôle boréal, et par conséquent recevoir plus tôt les eaux de l'atmosphère , >arce que le soleil fait un peu moins de sé- , our sur cet hémisphère austral que sur le >oréal ; et cette cause me paraît suffi&ante pour avoir déterminé le premier mouvement des eaux, et le perpétuer ensuite assez longtemps pour avoir aiguisé les pointes de tous les continens terrestres.

D'ailleurs il est certain que les deux continens n'étoient pas encore séparés vers notre nord, et que même leur séparation ne s'est faite que long-temps après rétablissement de la nature vivante dans nos climats septentrionaux, puisque les éléphans ont en même temps exbté en Sibérie et au Canada; ce qui prouve invinciblement la continuité de l'Asie ou de l'Europe avec l'Amérique, tandis qu'au contraire il paroît également certain que FAfrique étoit , dès les premiers temps , séparée de l'Amérique méridionale, puisquon n'a pas trouvé dans cette partie du If ouveau- Monde un seul des animaux de l'ancien continent, ni aucune dépouille qui puisse indiquer qu'ik y aient autrefois existé. Il paroit que les éléphans dont on trouve les ossemens dans l'Amérique septentrionale y sont de-

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