‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémensChapitre 45 sur 161 · Dtmmotêritpugittmtrf · texte numérisé non relu

Dtmmotêritpugittmtrf

se'. Noua aurions pu» dit judicieiisement M. Siimaier, juger ae même des dents qu'on a tiréef «bsk terre auprès de Canfurbery, si Ton D'eikt pas trouvé avec ces mêmes dents des os qui ne pouvoient être des os d'homme ; quelques personnes qui les ont vues ont jugé que les os et les dents étoieot d^in hippopotame. Deux de c^ dents sont gra- Tées dans une planche qui est à la téie du no a7si des Transactions phiiost^hiijiues ,

On peut conclure de ces faits que la fin-

part des grands os trouvés dans le sein de Ja terre sont des os d'éléphans et d'hippopotames ; mais il ma paroit oertaii» » par la comparaison immédiate des énormes dents à pointes mousses avec les dénis de l'éléphant et de rhippopotame , qu'elles ont appartenu à un animal beaucoup plus gros que ruu et l'autre, et que l'espèce de ce prodigieux animal ne subsiste plus aujourd'hui.

Dans les éléphans actuellement existans > il est exirêmement rare d'en trouver dont les défenses aient six pieds de longueur. Les plus grandes sont .oommunémeot de cinq pieds à cinq pieds et demi , et par conséquent l'ancien éléphant auquel a appartenu, là défense de dix pieds de longueur, dont nous avons les fragmens, ^it un géant dans cette espèce, aussi bien que celui doitt nous avons un fémur d'un tien plus gros et plus grand que les fémurs des éléphans ordinaires.

Il en est de même dans l'espèee de l'hippopotame ; j'ai fait arracher les deux plus grosses dents molaires de la plus grande tête d'hippopotame que nous ayons au Cabinet du Roi : l'une de ces dents pèse lo onces, et l'autre 9 onces ifa» J'ai p^ ensuite deux dents, l'une trouvée en Sibérie, et l'autre au Canada; la première pèse a livres la on* ees « et la seconde a livres % onces. Ces vaciens hippopotames étoient , comme Toti voit, hien gigantesques eu comparaison é»

ceux qui existent aujourd'hui.

L'exemple que nous avons cité de l'énorme tète de bœuf pétrifiée trouvée aux environs de Rome prouve aussi qu'il y a eu de prodir gieux géans dans eette espèce , et nous pouvons le démontrer par plusieurs autres monumens. Nous avons au Cabinet du Roi :

i^ Une corne d'une belle couleur verdàlre, tf^liase et bien contournée , qui est évir demment une corne de bœuf; elle porte a5 pouces de circonférence à la base , et sa longueur est de 4a pouces; sa cavité contient

II pintes j/4 de Vw\ ^"^ V^^w»^ViaX^ .

rieur de la i;ome d'un boeuf, du poidâ de 7 livres ; tandis que le plus grand os de nos . bœa&,qui soutient Ja conie,.nf pèse qu'uue livi^. Cet os. a été donpé pour le Cabinet du Roi par M. le comte de ÎYessan, qui joint ^ au goût et aux talens beaucoup de connoîs*-.

sances en Insloire naturelle. 3" Deux os de l'intérieur des cornes d'un bœuf réunis par , uti morceau du.cràiie, qui ont été trouvé^ à^ a^ pieds de profondeur dans les couches de tourbe, entre Atpiens et Abb^viile, et qui .

m'ont été envoyés puor le Cabinet du Roi:

ce morceau pèse 17 livres; ainsi chaque os de ia corne , étant séparé de la po.rtiou du , crâne, pèse au moins 7 livres i/a. J'ai corn-, paré les dimensions comme les poids, de ces différons os : celui du plus gros bœuf qu'on a pu trouver à la boucherie de Paris n'avoft que i3 pouces de. longueur sur 7 pouce^ de circonférence à la base, tandis que des deux autres tirés du sein de la terre , l'un a ;i4 pouces de longqeur sur la pou<:es. de circonfér^cê à la ba^e, et. l'autre 27 pouces, de longueur sur i3 de çircooféreoce. En voilà plus qu'il n'en faïut pour démontrer que, dans Tespèce du bœuf, comme dans celles de l'biji^opotame et de l'éléphant, il y a eu de prodigieux géaDs.

ÇSur la jmgB itB.)

Sur ceh nous observerons, avec M. Leh* mân, qu'on ne trouve guère des empreintes de plantes dans les mines d'ardoise , à l*ex-< eeption de celles qui accompagnent les mi?

nea de charbon de terre} et qu'au contraire on ne trouve ordinairement les empreintea de poissons qije dans les ardoises cuivreuses.

. On a remarqué que les bancs d'ardoise chargés de poissons pétrifiés , dans le comté de Mansfeld , sont surmontés d'un banc de pierres appelées pnoauss c'est nue espèce d'ardoise grise, qui a tiré son origine d'une eau croupissante, dans laquelle les poissons avoientpmuri avant de se pétrifier. {L^èeh ro^, Journai économique, }u\\\»t f] Sa ^) .^

.M* Hoffman, en parlant des ardoises, dit que non seulement ïe& poissons que l'on y trouve pétrifiés ont été des créatures vivantes, mais que les couches d'ardoises n'nni été que le dépôt d'une eau fangeuse, qui, api'ès avoir fermenté et s'être pétrifiée, s'é* toit précipitée par couches très-minces.

« Les ardoises d'Angers , dit M. Guettard, présentent quelquefois des empreintes de plantes et de poissons qui méritent d'autant plus d'attention, que k» plantes auxquellâs

1>ES ÉPÔOtJES BÈ LA KATCJRE.

ces empreiatefl sont dues éioîent des fucus de mer , et qne celles des poissons représentent différens crustacés ou animaux de la elasse des écrevisses, dont les empreintes aont plus rares que celles des poissons et des coquillages. Il ajoute qu'après avoir consulté plusieurs auteurs qui ont écrit sur les poissons , les écrevisses , et les crabes , il n'a rien trouvé de ressemblant aux empreintes en question, si ce n*est le pou de mer, qui y a quelques rapports, mais qui en diflërt néanmoins par le nombre de ses anneaux ,qui sont au nombre de treize ; au lieu que loi anneaux ne sont qu'au nombre de sept ou huit dans les empreintes de Tardoise : les empreintes de poissons se trouvent communément parsemées de matière pyriteuse et blanchâtre. Une singularité , qui ne regarde pas plus les ardoises d'Angers que celles des autres pays, tombe sur la fréquence desem-

1>reintes de poissons et la rareté des coquilages dans les ardoises , tandis qu'elles sont si communes dans les pierres à chaux ordinaires. M ( Mémoires de F Académie des Sciences, année 1757, page 5a.)

On peut donner des preuves démonstratives que tous les charbons de terre ne sont composés que de débris de végétaux, mêlés avec du bitume et du soufre, ou plutôt de l'acide vitriolique, qui se fait sentir dans la combustion : on reconnoît les végétaux souvent en grand volume dans les couches su- , périeures des veines de charbon de terre; et, a mesure que Ton descend, on voit les nuances de la décomposition de ces mêmes végétaux. Il y a des espèces de charbon de terre qui ne sont que cies bois fossiles : celui qui se ti'ouve à Sainte Agnès , près Lons-le- Sauoier, ressemble parfaitement à des bûches ou trônons de sapins ; on y remarque très-distinctement les veines de chaque crue annuelle , ainsi que le cœur : ces tronçons ne diffèrent des sapins ordinaires qu'en ce qu'ils scmt ovales sur la longueur, el que leurs veines forment autant d'eUipses concentriques. Ces bûches n'ont guère qu'environ un pied de tour, et leur écorce est très-épaisse et fort crevassée, comme celle des vieux sapins; au lieu que les sapins ordinaires de pareille grosseur ont toujours une écorce assez lisse.

« J'ai trouvé , dit M. de Gensanne , plU' sieurs filons de ce même charbon dans le diocèse de Montpellier : ici les tronçons sont très-gros, leur tissu est très-semblable à celui des châtaigniers de trois à quatre pieds de tour. Ces sortes de fossiles ne donnent au feu qu'une légère odeur d'asphalte; ils brû-

lent , donnent de la flamme et de la braise comme le bois ; c'est ce qu'on appelle communément en France de la homtle ; elle se trouve fort près de la swfoce du terrain :

ces houilles annoncent, pour l'ordioaire, du véritable charbon de terre à de plus grandes profondeurs. {Histoire natunue du Languie, par M. de Gensanne, tome I,page ao. )

Ces charbons ligneux doivent être regardés comme des bois déposés dans une terre bitumineuse à laquelle est due leur qualité de charbons fossiles : on ne les trouve jamais que dani ces sortes de terres, et toujours assez près de la surface du terrain ; il n'est pas même rare qu'ils forment la tête des veines d'un véritable charbon; il y en a qui, n'ayant reçu que peu de substance bitumineuse , ont conservé leurs nuances de couleur de bois. « J'en ai trouvé de cette espèce, dit M. de Gensanue, aux Cazarets, près de Saint- Jean ^le-Cuciil, à quatre lieues de Montpellier ; mais pour l'ordinaire la fracture de ce fossile présente une surface lisse, entièrement semblable à celle dujayel. Il y a dans le même canton, près d'Aseras, du bois fossile qui est en partie changé en une vraie pyrite blanche ferrugineuse. La matière minérale y occupe le cœiir du bois, et on y remarque très-distinctement la substance ligneuse, rongée en quelque sorte et dissoute par Tacide minéraliseur. » {Histoire naturelle du Languedoc, tome I, page 54.)

J'avoue que je suis surpris de voir qu'après de pareilles preuves rapportées par M. de Gensanne lui-même j qui d'ailleurs est bon minéralogiste , il attribue néanmoins l'origine du charl>oii de terre à l'argile plus ou moins imprégnée de bitume : non seulement les faits que je viens de citer d'après lui démentent cette opinion , mais on verra , par ceux qne je vais rapporter , qu'où ne doit attribuer qu'aux détrimensdes v^étaux mêlés de bitumes la masse entière de toutes les espèces de charbons de torre.

Je sens bien <|ue M. de Gensanne ne regarde pas ces bois fossiles , non plus que la tourbe et même la houille , comme de véritables charbons de terre entièrement formés; et en cela je suis de son avis. Celui qu'on trouve auprès de Lons'le-Sannier a été examiné nouvellement par M. le président de Ruffey , savant académicien de Dijon. Il dit que ce bois fossile s'approche beaucoup de la nature des charbons de terre , mais qu'on le trouve à deux ou trois pieds de la surface . de la terre dans une étendue de deux lieues

tROISIÈME

sur trois à quatre pieds d'épaisseur , et que Toa recoonoît encore fecilement les espèces de bois de chêne, charme, hêtre, tremble ; qu'il y a du bois de corde et du fagotaçe ; que l'ecorce des bûches est bien conservée i qu'on y distingue les cercles des sè?es et les coups de hache , et qu'à différentes distances on voit des amas de copeaux ; qu'au reste ce charbon dans lequel le bois s'est changé est excellent pour souder le fer; que néan-

« Près du village nommé Beichlitz , à une lieue environ de la ville de Halle , on exploite deux couches com|)OSces d'une terre bitumineuse et de bois fo.^sile C il y a plusieurs mines de celte espèce dans le pa^s de Hesse) , et celui-ci est semblable à celui que l'on trouve dans le village de Sainte-Agnès en Franche-Comté , à deux lieues de Lonsle-Saunier. Cette miiie est dans le terrain de Saxe ; la première couche est à trois toises et demie de profondeur perpendiculaire, et de 8 à 9 pieds d e|>aisseur : pour y parvenir on traverse un sable blanc, ensuite une argile blanche et grise qui sert de toit, et qui a trois pieds d'épaisseur ; on rencontre encore au dessous une bonne épaisseur tant de sable que d argile qui recouvi*e la seconde couche, épaisse seulement de 3 i/a à 4 pieds: ou a soudé beaucoup plus bas sans en trouver d'autres.

«c Ces couches sont horizontales; mais elles plongent ou remontent à peu près comme les autres couches <-ounues. Elles consistent en une terre brune , bitumineuse , qui est friable lursqu'tlle est sèche , ei ressemble à du bois pourri. Il s'y trouve des pièces de buis de toute grosseur, qu'il faut couper à coups de hache , lorsqu'on les retire de la mine où elles sont encore mouillées. Ce bois étant sec se casse très facilement. Il est luisant dans sa cassure (>omme le bitume; mais on y reconnoit toute l'organisation du bois. Il est moins abondant que la terre; les ouvriers le mettent à part pour leur usage.

€c Un boisseau ou deux quintaux de terre bitumineuse se vend dix-huit à vingt sous de France. Il y a des pyrites dans ces couches ; la matière en est vitriolique ; elle refleurit et blanchit à l'air : mais la matière bitumineuse n'est pas d'un grand débit, elle ne donne qu'une chaleur fuible. » {Voyages métallurgiques de M, Jars, pages 3 ao et suivantes.)

■ BovFOv. n.

ÉPOQtJK. ,a^

Tout ceci prouveroit qu^en effet cette eg.

pèce de mine de bois fossile , qui se trouv« si près de la surface de la tore, serokbieii plus nouvelle que les mines de charbon de terre ordinaire, qui presque toutes s'enfoncent profondément : mais cela n'empêche pas que les anciennes mines de charbon n'aient été formées des débris des végétaux^ pubque, daus les plus profondes, on rec<Hinoit la substance ligneuse et plusieurs autres caractères qui n'appartiennent qu'aux végétaux ; d'ailleurs on a quelques exemples de bois fossiles trouvés en grandes masses et en lits fort étendus sous des bancs de grès et sous des rochers calcaires Voyez ce que j'en ai dit à l'article des additions sur les bois souterrains. Il n'y a donc d'autre difiérence entre le vrai charbon de teire et ces bois chàrboniiiés , que le plus ou moins de décomposition, et aussi le plus ou moins d'imprégnation par les bitumes ; mais le fonds de leur substance est le mêmej et tous doivent également leur origine aux détrimens des végétaux.

M. Le Monnier, premier médecin ordinaire du roi, et savant botaniste, a trouvé dans le schiste ou fausse ardoise qui traverse une masse de charbon de terre en Auvergne les impressions de plusieurs espèces de fougères qui lui étoieut presque toutes inconnues ; il croit seulement avoir remarqué l'impression des feuilles de l'osmonde royale, dont il dit n'avoir jamais vu qu'un seul pied dans toute l'Auvergne. {Observations alds" toire naturelle par M. Le Monnier; Paris» 1739. pape 193.)

Il seroit à désirer que nos botanistes fissent des observations exactes sur les impressions des niantes qui se trouvent dans les charbons de terre , dans les ardoises, et dans les schistes : il faudroit même dessiner et graver ces impressions de plantes aussi bien que celles des crustacés, ^es coquilles, et des poissons , que ces .mines . renferment ; car ce ne sera qu'après ce travail qu'on pourra prononcer sur l 'existence actuelle ou passée de toutes ces espèces, et même sur leur ancienneté relative. Tout ce que nous en savons aujourd'hui c'est qu'il y en a plus d'inconnues que d'autres, et que, dans celles qu'on a voulu rapporter à des espèces bien connues, l'on a toujours trouvé des, différences assez grandes pour n'être pas pleinement satisfait de la comparaison.

{Sur la page xx6.)

« J'ai mis dans un vaisseau de faïence deos

ijo DES EPOQUES

lifr68 de Érés ott pciudre, dit M. Nadault$ jW rempli le raisseàu d*eail de foQt&inê distillée, Je Ib^d ^*eUe sumagtoit le grès d'eàvîron ttOÊê ou quatre doigte de hauteur; J*ài ensuite agité ce grès pendant l'espace de quelques minutes , et i*ai exposé le vaisseau CD plein air. Quelques, jours affres ^ je me aois aper^i qu'il s'était fortné Éuv ce grès me couché de plus d'od quart de pouce d'épaisseur d'une terre jaiinàtre très-fine^ très-grasse , et très-duciile : j'ai Tétsé alors ^•r inclinaison l'eau qui sumagebit, dani «n autre vaisseau, et cette terre, plus légère que le grés , s'en est séparée sans qu'il s'y soit mêlé. La quantité que j'en ai retirée par celte premièi^ lotion étoit trop considérable pour pouvoir penser que , dans un eipaœ de temps aoftsi court; il eût pu se fru-e une assee grànde décomposition de grès pour avoir produit autant de terre : j'ai donc jugé qu'il fàlloit que cette terre Mt déjà dani le grès dans le même état que je l'en avois retirée, et qu'il se faisoit peut-être ainsi continuelleinenl une décomposition dti grès dans éa propre mine. J'ai rempli ensuite le vâis^ •eau de nouvelle eau distillée; j'ai agité lé grès pendant quelques instans , etj trois jours après, j'ai encore trouvé sur ce gréé Hne couche de terre de la nfémé i]ualitéque k première, mats plus milice de moitié.

Ayant mis à part ces espèces de sécrétipns ; J'ai continué, pendant le cours de plus d'une année , cette méiftë opération et ces expériences que j'avois bommencées dalis le mois d'avril ; et la quantité de terre que m'a produite be grès a diminué peu h pén, jusqu'à oe qu'au bout de deux moii, en transvidant Teau du vaisseau qui le contenoit, je de trouvai plus sur le grès t{u'une pellicule tei*reuse qui ii'avdit pas une ligné d'épaisseur ; mais aussi pendant tout le r^gte de Tannée, et tant que le grès a été dans l'eau, celte pellicule n^ jaitiais manqué de se forrtier dans l'e^acè de deux ou trois jours, sans «ognAenter ni diniiniier en épaisseur, à Vexceptioh du temps où j'ai été obligé , par rapport à la gelée , de mettre lé vai'jiseau à ccttvert, qti'it m'a pahi qde la décomposition ■du gines se faisoit un pëli plus lentement.

Quelque Ifnips après avoir luis ce grés dans l'eau, j'y ai aperçt) une grande quantité de paiileites brillâmes et «rgenléfS , comhië Ife sout celles du talc, qui n'y étoient paà auparavant, et j'ai jugé que c'étoit là sou premier étal de décomposition; que ses molécules, tonnées de plusieurs petites couches, 1l|eifolioient , comme j'ai obsené qu'il arrivoit au verre dans ceitaines circonstances,

paru qù'

une odetlr sulfureuse : mais ce qui m'a surpris davantage; c'est qu'à proportion qii'elLe ^'e^t dessécliée là couleur noire s'est un peu effacée, et elle est deveuue atissi blanche que l'argile la plus blanche ; d'où dn peut conjecturer que è'éibit pair conséquent une mdtière volatile qui lui commdniquoit cette couleur brune : les esprits acides n'ont fiiit aucune impression sur cette terre; et loi ayant fait éprouver un degré de chaleur aise2 violent, elle n'a point itiugi comme Targiie grise, tifais elle a bouservé sa blancheur; de sorte qu'il me paroit évident* que tetle matière que m'a produite ie grèSy e« s'atté*

DE LA NATtJRË.

et q^e cet ^ paillettei f 'atténueieut ensuit* peu à peu dans l'ean , jusqu'à ei» qnef devenues Si petites qu'elles n'avofent plus tf^ei de sqrîace pottf réfléchir hi lumière i elles •equéroient la fortne et les propr^és d'une ' véritable terre ! i'afi donc .amasaé et mis à f part tontes les sécrétions terrefisès que les deux livréâ de gfâl m'ont prodtiiles peddant le dDurs de |dii8 d'unb aîmee ; et lorsque cette terre a été bien Sèche, elle peleit environ oio^ ùnbes. J'ai aussi pbsè le grès t^rè» l'avoir fait sécher , et il avbit dioàinue en pesanteur dans la même proportion , de sorte qu'il s'eii étbit décompose ttn peu plus dé la sixième partie. Toute cette terre, etoit att reste de la même qualité , et les dernières sébrétions étoient aussi grasses, aussi ductiles , ^ue les premières , et toiijours d'un jaune tirant sur l'orangé : mais comme j'^ apercevois encore quelques paillettes brillantes i quelques molécules de grès qui n'é- ' toient pas entièremen t décomposées, j'ai remis '\ cette terre avec de l'eau dans un vaisseau de i terre, et je l'ai laissée exposée à l'air, sans la remuer j pendant tout un été, àjoutàiit de temps en temps de lioovblie eau à mesure qu'elle s*évaporciit; Un mois après, cettb eâu a commence à se corrompre , et elle est de- Venue verdâtre et de mauvaise odeur : ht terre paroissoit être ausài dafas un état de fermentation et de putréfaction ^ car il s'en élevoit une grande quantité de bulles d'air; et quoiqu'elle eût conservé à ja Superficie aa couleur jaunâtre, celle qui éteit ail fend du vaisseaii étolt brune, et cette coulemr s'étendbit de jour en jour; et paroiâoit plus foncée, de sorte qu'à h fiu de l'été cette terre étoit détenue àbsoluihent noire. J'ai •laissé évjiporer l'eau sans en. I^mettre de hoiivelle dans le vailsedu-; et en a^ant tiré la ten'e , qui ressembloit assez à de l'argile

mat

mOlSIÈME éPOQtJÉ.

huaDt et en se décomposant dans Peau, est une véritable argile blanettet.»» (Kdtë.cdtnmuniqtiée à M. de Buffon par M. Nadault , eoiTteâbdàat 4^ 1* A^ëéfflie des Sqieoœsj ancieù avocat - général de la châàkbre des comptes de Dijon. )

(Sur la jM^ x%A')

Cite en étident dans lé craitincnt de rjknflH^àe ^ édnf iw pentes sont extrêmement rti^idés irerft let mers dé Towest s et éeitt toutes les terrèi détendent en pente donce et iboatJflseM fa^uë toutes à dé fraude»

ptoilùés dii c6té de ta mer à Forient. En Eal'ope) ta iî^ dfl sommet de h Grande-Bré- 1li|[ne> qui s'éfend du nord àil tud, est bien pins proche du bord occidental (|ue de Tov rlenlld de l'OcéAn; et par la même raison^ Ifel ^ters (|ui sont à T^ccident de Tlrlande ef de l'Angleterre sont plus profondes que fai m» é^xA dléfMre l'AngleteiTe et la Uollaiide. Lfi ligne do sommet 4le ta Norwège est bien plus (idDëliê de rodxn que de la mer Sal- #E{tÉe. Lés ditmtagaes tda lommet générai de PÉiltopè sont ^ieii plus Hautes vers i'ocei* ktfA tfuls 9ërfe 4'brietit; et si Ton prend une ptinie de «e sommet depuis ta Suisse ^* ^tl*êti SibéHë , W est bien plus près de U ffief Bàttiqâe et de ta mer Btandie t|n*îl ùe i*ë9t de ta nt«r Non« «i de U méi* Ca^ieànét Lés Alpes (A rApeilîiiB règheiit bten plus fjHii de ta SIéditerranée ^oe de ta me^ &drtatlGMe. La diatfiie de montagnes cjui v(^ àk TfK)l^ et ^ai s'éterid en Dalnntie et Jtis^îi'à fa pbinle de ta ^forée, côtoie, pour âiti»! dife» là mer Adriatique, tandis que les éôlès orietitaleB jqtti leiir tont opposées 8<»tit pAus bÀKfts. ât. Ton suit en Asie ta èbàlntè <^Ui l'éteftd depuis les Dardanelles ftfài^'im détroit de Babel-Mafidd, on trouve ë lès sofiMiEièti dn ibént Taurus , da Liban, de «Wte rik»idJie; câtoiëntla Sféditer-

fi

ranée et la mer Rougd , et qu'à l'orient ce iëht.ttè ^stës contirtens où coulent des fleuves d'un long cours , qui vont se jeter dans le ^olfe Persique. Le sommet cbes feuneuses montagnes de (battes s'approche ^Kià dés mers occidentales que des mers orientales.

Le sommet qui s'étend depuis les frontières occidentales de la Chine jusqu'à ta pointe de Mala^ est ene0l% plus près de ta m^ d'Occid«tit que de la mer d Orient. £n Afrique, ta èhjftlBe du lAont Atlas. en^'oie dans ta mer des Canaries des fleuves m^ioa longs que ceux qu'eue eitvoie dans l'intérieur du qontineilt» et qui vont sç perdre ai^ loin dani des tacs et de grands marais. Lès li^autes montagnes qui isdnt à l'occideut vers le ^ Tert et dUis toute ta Guinée, iesquelles^ ^ès avoir tourné autour dé Conga, von| gaglier leii monts.de ta Lunei ei s'allongent jusqu'au cap de Bonné-£sjpérance,,^cupettt assez régaiièrement le nuUeu de l'A^-ique, On reconpoitra iiéaun^oins ,. en considéranl ja mer à l'orient et à Toeçidehl « qiie celle ^ i'orienl est. peu. profonde^ avec ,un grand nombre d'ik'S , tandis ^u'à f occident eîta a piUi db pfQfondk^ur Qt très-peu. d'ij^; en 8orte.querfendi'oit le plus ^food de ta mer ûccidetiiale est bi^n plus près de ce4t» chaîne «lue le plus prolond des mets orientales et des Iridf», ... . .

. On voit donc généraleln^iit v. daps tous lès continens, que les points Àt partage «ont toujours beaucoup phis près des meiv de l'outoi qtie des ifiers de l'est ; <{ue les re- 4rers de ces cbmioeas «ont tous aJUong es teiv 4'est , et toigours recçnwircis à l'oued ; que taâ m^s des rives ticciclentalês sont plus p^ londes et bien moitis semées d'îles que les oiwntales ; et inèine l'on reeonno^tra que , ■dans toutes ces teier^ , les côtes des i}es sont fiMijottrs.pltts fasu^e» fet taft me^ qui îei baignent p}us profondes à l'orient qu'à l'oeadeiit.

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QUATRIEME ÉPOQUE

Lorsque les eaux se sont retirées, et que les volcans ont commencé cTttgir.

On vient de voir que les élémens de l*air et de Teaii se sont établis par le refroidissemenl , et que les eaux , d'abord reléguées dans Tatmosphère par la force expansive de la chaleur, sont ensuite lombées sur les parties du globe qui éloient assez attiédies pour ne les pas rejeter en vapeurs ; et ces {larties sont les régions polaires et toutes les montagnes. Il y a donc eu, a l'époque de tivnte - cinq mille ans , une vaste mer aux environs de chaque pôle , et quelques lacs ou grandes mares sur les montagnes et les terres élevées qui , se trouvant refroidies au même degré que celles des pôles, pouvoient également rerevoir et conserver les eaux; ensuite, à mesure que le globe se refroid issoit, les mers des pôles, toujours alimentées et fournies par la chute des eaux de l'atmosphère , se répandoient plus loin ; et les lacs ou grandes mares, également fournis par cette pluie continuelle d'autant plus abondante que Taltiédissement étoit plus grand, s'étéudoient eu tous sens, et l'ormoient des bassins et de peûtes mers intérieures dans les parties du globe auxquelles les grandes mers des deux pôles n'avoient point encore atteint : ensuite les eaux continuant à tomber toujours avec plus d'abondance jusqu'à rentière dépuration de l'atmosphère, elles ont gagné successivement du terrain, et sont airivées aux ci^ntrées de lequateur; et enfin elles out couvert toute la surface du globe à deux mille toises de hauteur au dessus du niveau de nos mers actuelles. La terre entière étoit alors sous l'empire de la mer, à l'exception peutêtre du sommet des montagnes primitives , qui n'ont été pour ainsi dire que lavées et baignées pendant le premier temps de la chute des eaux , lesquelles se sont écoulées de ces lieux élevés pour occuper les terrains inférieurs dès qu'ils se sont trouvés assez refroidis pour les admettre sans les rejeter en vapeurs.

Il s*est donc formé successivement une mer universelle, qui n^éioit inttTrompue et surmontée que par les sommets des montagnes d'où les premières eaux s'éloient déjà retirées eu s'ccoulunt dans les lieux

plus bas. Ces terres élevées, ayant été tra* Taillées les premières par le séjour et le mouvement des eaux , auront aussi été fécondées les premières; et tandis que toute la surface du globe n'étoit pour ainsi dire qu'un archipel général, la nature oi^anisée s'établissoit sur ces montagnes : elle s'y déployoit même avec une grande énei^ie; car la chaleur et Thumidité, ces deux princi|)es de toute fécondation s'y trouvoient réunis et combinés à un plus haut degré qu'ils ne le sont aujourd'hui dans aucun climat de la terre.

Or , dans ce même temps , où les terres élevées au dessus des eaux se couvruient de grands arbres et de végétaux de toute espèce , la mer générale se peuploit partout de poissons et de coquillages; elle étoit aussi le réceptacle universel de tout ce qui se détachoit des terres qui la surmontoient.

Les scories du verre primitif et les matières végétales ont été entraînées des éminences de la terre dans les profondeurs de la mer, sur le fond de laquelle elles ont formé les premières couches de sable vitrescible, d'argile, de schiste, et d'ardoise, ainsi que les minières de charbon, de sel, et de bitumes, qui dès lors ont imprégné toute la masse des mers. La quantité de végétaux produits et détruits dans ces premières terres est trop immense pour ; qu'on puisse se la représenter; car, quand nous réduirions la superficie de toutes les terres élevées alors au dessus des eaux à la ceulième ou même à la deux c.entième partie de la surface du globe, c'est-à-dire à cent trente mille lieues carrées , il est aisé de sentir combien ce vaste terrain de cent trente mille lieues superficielles a produit d'arbres et de plantes {>endant quel(|ues milliers d'années, combien eurs détrimens se sont accumulés , et dans quelle énorme quantité ils ont été entraînés et déposés sous les eaux , où ils ont formé le fonds du voltime tout aussi grand des mines de charbon qui se trouvent en tant de lieux. Il en est de même des mines de sel, de celles de fer en grains, de pyrites , et de toutes les autres substances dans la composition desquelles il entre des acides,

et dont la pKmière fonoation n*a pu s'opérer qu'après la chute des eaux : ces matières auront été entraînées el déposées dans les lieux bas et daos les fentes de la roche du globe, où trouvant déjà les substances minérales sublimées par la grande chaleur de la terre , elles auront formé le premier fonds de Taliment .des volcans à venir : je dis à venir, car il n'existoit aucun volcan en action avant rétablissement des eaux, et ils n'ont conunencé d*agir , ou plutôt ils n'ont pu prendre une action permanente, qu'après leur abaissement : car l'on doit distinguer les volcans terrestres des volcans marins ; ceux-ci ne . peuvent faire que des explosions, pour ainsi dire, momentanées, parce qu'à l'instant que leur feu s'allume par l'effervescence des matières pyriteuses et combustibles, il est immédiatemeut éteint par l'eau qui les couvre et se précipite à flots jusque dans leur foyer par toutes les routes que le feu s'ouvre pour en sortir.

Les volcans de la terre ont au contraire une action durable et proportionnée à la quantité de matières qu'ils, contiennent : ces matières ont besoin d'une. certaine quantité d'eau pour entrer en effervescence; et ce n'est ensuite que par le choc : d'un grand volume de feu contre un grand volume d'eau , que peuvent se produire leurs violentes éruputions; et de même qu'un volcan sous-marin ne peut agir que par instans , un volcan terrestre ne peut durer qu'autant qu'il est voisin des eaux. C'est par cette raison que tous les volcans actuellement agissans sont dans les iles ou près des cotes de la mer , et qu'on pourroit en compter cent fois plus d'éteints que d'agis^ns; car à mesure que les eaux, en se retirant, se sont trop éloignées du pied de ces volcans, leurs éruptions ont diminué par degrés, et enfin ont entièrement cessé , et les légères effervescences que l'eau pluviale aura pu causer dans leur ancien ioyer n'auront produit d'effet sensible que par des circonstances particulières et très-rares.

Les observations confirment parfaitement ce que je dis ici de l'action des volcans :

tous ceux qui sont maintenant en travail sont situés près des mers ; tous ceux qui sont éteints, et dont le nombre est bien plus grand , sont placés dans le milieu des terres, ou tout au moins à quelque distauce de la mer ; et , quoique la plupart des volcans qui subsistent parois>ent appartenir aux plus hautes montagnes , il en a existé beaucoup d'autres dans les éminences de médiocre hauteur. La date de l'âge des vol-

DE LA. NATURE. ,33

cans n'est donc pas partout la même : d'abord il est sûr que les premiers, c'est-à-dire les plus anciens , n'ont pu acquérir une action permanente qu'après l'abaissement des eaux qui couvroient leur sommet; et ensuite il paroit qu'ils ont cessé d'agir dès

3 ne ces mêmes eaux se sont trop éloignées e leur voisinage : car , je le répète , nulle puissance, à l'exception de celle d'une grande masse d eau choquée contre un grand volume de feu , ne peut produire des mouvemens aussi prodigieux que ceux de l'éruption des volcans.

Il est vrai que nous ne voyons pas d'assez près la composition intérieure de ces terribles bouches à feu , pour pouvoir prononcer sur leurs effets en parfaite connoissance de cause ; nous savons seulement que souvent il y a des communications souterraines de volcan à volcan ; nous savons aussi que, quoique le foyer de leur embrasement ne soit peut-être pas à une grande distance de leur sommet, il y a néanmoins des cavités qui descendent beaucoup plus bas , et que ces cavités, dont la profondeur et l'étendue nous sont inconnues, peuvent être, en tout ou en partie, remplies des mêmes matières que celles qui sont actuellement embrasées.

D'autre part, l'électriciié me paroU jouei un très-grand rôle dans les tremblemens de terre et dans les éruptions des volcans ; je me suis convaincu par des raisons très-solides, et par la comparaison ntie j'ai faite des expériences sur l'électricité , que ie fonds de la matière électrique est la citaleur propre du globe terrestre : les émanations continueikis de cette chaleur, quoique sensibles, ne sont pas visibles, et restent sous la forme de clialeur obscure, tant qu'elles ont leur mouvement libre et direct; mais elles produisent un feu très-vif et de fortes ex-

{)lusions, dès qu'elles sont détournées de eur direction , ou bien accumulées par le frottement des corps. Les cavités intérieures de la terre contenant du feu , de l'air , et de l'eau, l'action de ce premier élément doit y produire des vens impétueux , des orages bruyans, et des tonnerres souterrains , dont les effets peuvent être comparés à ceux de la foudre des airs : ces effets doiveut même être plus violens et plus durables par la forte résistance que la solidité de la terre oppose de tous côtés à la force . électrique de ces loniierres souterrains. Le ressort d'uu air mêlé de vapeurs denses et enflammées par l'éleciricité, l'effort de l'eau réduite en vapeurs élastiques par le feu,

l34 DES ÉPOQUES

toutes les, autres impalMons de cette puissance (flçdriqqe, sotilè^eit , entr'duvre&t (& surfficede liai terre, pu du moii» ragitent

S' âf des treq^bleniens, dont les secousws ne ureiit pas plus lon^-ieiiips que le coup de U foudre intérieure qt|i res produit; et ces iècoussès se renouvellent fusqu^à ce que les vapeurs ex'pânsjv^ se soieut' htt une issue par <|uefquie ouverture à It surfoce de la terre ^ ou dans te sein des ipers. Aussi lei éruptioûs dés vofcans et les tremblemeos de terre sont précédés et acpomp^gnés d'un bruit s6ui*d et roulant , qui ue 'diffère de cel||i du tonnerre que par le ton sépulcral et prqroHd.qué fe son m*end nécessairement èji traversant une gràqde épafsseur de matîere solide, lorsqu'il s*y trinive renfermé.

Cette é|ectricilé soifterraîne , ropibinée comme causé ^énérafe avec les causes par* jicuriere» de feux âftnfnés jïar Pçffen'esccnce ges matières pvnteûsêset combustibles que la té ire recèle en tàiît d'endroits, suffît à

maisTorR(;e est au dessous. Un volcan n'est quun vasfe fofirneau, dont les soumets, ou plutôt lés ventflatéurs , sont placés dans tes caxilés inférieures, à côté et au dessous du foyer. Ce sont ces méme§ cavités, lorsqu'elles s'étendent jusqii'â ta ioer, qiii servieni de tuyaux |d*ii)s|){ratîon pour' porter en haut iipn seulerhent les vapeurs, mais les masses mêmes de tVau et de Tair; c'est dans ce iranspprt q«e se proâ^iiit la foudre souter« raine , quj s'apnonce par des mugissemens, et D*éct'ate que p9r raffreux vomissement des matières qu*el le à frappées, brûlées et calcinées : des tourbillons 'épais d'une noire ifuméc ou d'une flamme lugubfe , des nuages ma^vsifs de cendres et de pierres , des lorrens bouillqnnans de lave jen fusion , roulant au loin leurs (lots brôinns et destructeurs, manifestent au dehors le mouyemeat cpnvulsjf des entraides de la terre.

tes tempêtes ^fntestiues sont d'aiitant [Ans violentes qu'elles sqqt pliis yolsines des niontag^nes a volcâpi et (}es eaux de la mer, âont le sel et les huiles grasses augmentent encore I*actiyifé du fen'; les terres situées çntré le vplran et la iqer pe peqvent nian-

moire d'hpmme, qnelques tremblemens, quelque trépidation , çfiUsés par ces mouveqiéps iqléfieurs de la ^erre ? Us sont, à la Yéritéy moins violenç et bien plus rares d^ns

DE LA. NATURE

le milieu des continens éloienés des volcans et des mers ; aMls «• éont-ib pas des effets dépeadans àa anèmes causes F Poiin|«M doiie se font' ils ressentir où ces caosea n'existent pas, c*est<à-dirc daas la lieux oà Il n'y a ni mér ni vofteansB La réponse e«t aisée : c^ 4|Q'il 7 a eu des mers partout et des volcans prasque nariogt, et ^uo, quoique leurs éruptions aient cessé lonqoo tes niers s'en sont éloignées , lenr feu subsiste, et nous est déméntré par les sources é» hpiles tenrestres, par les fomaioes cha»des et suliiireiues qui se trouvent ihéq'ucaar ÉÎieRt au pied des montagnes, jusque diu|s le flâtlieu des plus gmnds continens. Gns feux des anciens volcans, deivenus plus tranquilles depuis la retraite des c^uz , suffisant néanmoins pour exciter de temps en lemM des mouvemeos intérieurs , et produire S^ légères secousses doiit les oscillatioos sont âirigées dans le sens des «avités de la terv% et |>6iit-étre ^ans la diveolion dcf eaux oa de^ veines des métaux, comme caiyluoleun de cette électricité souterraine.

On pourra me demander encooe pomv quoi totas les volcan^ sont situés dans 1^ montagnes? pourquoi poroissent- ils àtre d'autant plus ardéns que les monfagiyes sont plus hautes ? quelle est la cause qui a pu disposer ces énormes clieminées dans Tmtérjeur des mûrs Ips plus solides e| les plus élevés du glolie? Si l'on a foiêu pomprik t»

que j'ai dit au fujet des inégalités produites par le premier refrpidissement , lorsque les matières en ftisiou se sont consolidées', qn sentira que les chaînes des hautes a^ntar cnes nous repcéiientent les plus grandes boursouflures qui se sont feites à la airface du globe dans le temps 4|u*il a pris sf consistance. I.a plupart des montagnes sont donc situées sur des cavités, auxquelles aboutissent les fentes perpendiculaire^ qui les tranchcut du haut en bas : ces cavernes et ces fentes contiennent des matières qui s'enflamment par la seule eiServescence, ou qui sont allumées par les étincelles éfecfriques de la chaleur intérieure du globe. Dfs f^ue le feu commence à se lame seniir, l'air tfttiré par la raréfaction en augmente U fovœ et produit bientôt un grand incendie , dont rettet est de produire à son tpur les moaveniens et les orages intestins, les tonnerres souterrains, et toutes |es impulsions, Ifs bruits et les secousses qui précèdent et accompagneut l'éruption des volcans. On doit donc cesser d'être étonné que les Tolcans soient tous situés dans les hautes iponta-

QUATRIÈME ÉPOQUE

Troïts de la terre où les caTÎtés intéi-ieures •e soient maîitténuès , les seuh où ces cxj^- TÎtés conamuniquent de bas en haut par des

fentes qui ne sont pas encore comblées ^ et enfin tes seuls où 1*esp:ice vide étoit assez Taste pour contenir la très-^ande quaniitè de matières qui servent d^alimjetnt au fea des volcaps permanens et encore subsisians.

Au reste, ils s'éteindront comme les autres dans la suite des siècles; leurs éruptions cesseront : oserai-je même dire que les hom« mes pourroient y contribuer? En coûlerottil alitant pour conper la communication d^in volcan ^vec la mer voisine quMl en a co^ié pour construire les pyramides dH^ eypte? Ces monumens inutiles d'une gloire Kitisite et v^ii)e nous apprennent au moins qu'en employant le^ m'émes forces pour des ihonumeirs de sagesse, nous pourrions faire de très-grandes chnses , et peut-^tre maitri> ser la nature au point de Taire cesser, ou du ipoins de diriger Iq^ ravages du feu ^ comme nous savons déjà, par notre artj diriger et rompre les efforts de Peau.

Jusqu'au temps de l'action des volcans il nVxistpit syr le globe que trois sortes de matière^ : !• les yitrescibles produites par le fep primitif; 2® les calcaii*es formées par rjnteiTtiède de Veau ; '3« toutes les substances produites nar le détriment des animaux et dos végétaux : mais le feu des volcans ai donné naissance à des matière; d* une quatrième sorte, qui souvent participent de I9 natiire des trois aulreç. La première classe repFermp pqn senleinent les matières premières solides et vitrescjbles dont la natnre n^a point été altérée, et auj forment le fond du globe , ainsi que le noyau de toutes les montagnes primordiales , ' mais encore les sabtj^s, le$ schistes, les ardoises, les argiles, et toutes les matipres vitrescibles décomposées pt ^apspiortées par \es eaux. La seconde classe contjénl toutes les matières calcaires, c'est-à-dire toutes les substances produites par les coquillages e^ autres animaux de la mer : elles s'étendent su]p des provinces entières, et couvrent même d'assez vastes contrées ; elles §e trouvent aussi à des profondeurs asse^ considérables , et elles environneni Içs bases des montagnes les plus élevées jusqu'à une très-grande faauleur. La tro^siêmp classe comprend tontes les substances qui doivent leur origine aux matières animales et végétales, et ces substances sont ca très-grand nombre; leur quantité paro!t iipmense , c^r ^Iles recouvrent toute la saperficie de la ter]*e. Enfin la ouatrième classe est ceHe deç matières soulevées et rejetçes

par les volcans, dont quelques-unes paroiséent être uo mélange des pM^emîères,' et d'autres, pures de tout mélange^ ont subi un»

seconde action du feu qui leur a donné un nouveau caractère. Soâs rapportons à oe»

quatre cjasses toutes les substances minéraies, parce qu'en les examinant on peut toujouris reconnoitre à laquelle de ces dasaeselles appartiennent , et par conséquent pro^ noncer sur leur origine': ce qui suffit pour nous indiquer à peu près le temps de leur formation ; car, comme nous venons de l'exposer, il parott clairement que toutes les matières vitrescibles solides j et qui n'ont pas changé de nature ni de situation, ontb été produites par le feu primitif, et que leur formation appartient au temps de notre seconde époque, tandis gue la formation des matières çalcfaires, ainsi que celle des argiles', des charbons , etc., n'a eu lieu que dans dei temps subséquent, et doit être rapportée à nptrè troisième époque. Et comme dans les matières rejetées par les volcans on trouve quelquefois des sunslances calcaires, et spu; Vent aes soufre^ et des bitumes , on ne peut guère doulef que |a formation de ces itubâances rcyetées par les volcans ne soit encpre postérieure a la formation de toutes ces matières, et i^'apparlienne à notse quatrième époque.

Quoique la quantité des matières rejètées par les volcans soit très-petite en comparaison de la quantité de Inalières calcliires, elles ne laissent pas d'occupar d'assez grands espaces sur la sdrface des terres situées aux environs de ces montagnes ardentes et de celles dont les feux sont' éteints et assoupis. Par leurs éruptians réitérées elles ont comblé les vallées, couvert les plaines, et même produit d'autres montagne^. Ensuite, lorsque les éruptions ont cessé, la plupart des Volcans ont' continué de brûler, mais d'un feu paisible et qui ne produit aucune explosion violente, parce qu'étant éloignés des mers il n'y a plus de ehoe de l'eau contre le fou : les matières en effervescence et les substances combustibles anciennement enflammées continuent de brûler^ et c'est eé qui fait aujourd'hui la chaleur de toutes, nos cfaux thermales : elles passent sur ks (oyen de ce fou souterrain, ^ sortent très-chaud<y du sein de la terre. H y a aussi quek|ues exemples de mines de charbon qui braient de temps immémorial, et qui se sont allumées par la foudne souterraine ou par le fon tranqiiille d^un virican dont les ervptions ont cessé. Ces eaux thermales et ces mines idlumées se trouvent souvent, comme h^

xié DES ÉPOQUES

volcaiis éteinto, dans les terres éloifnées de la mer.

La surface delà terre nous présente en mille endroits les. vestiges et les preuves de Texistenoe de ces volcans éteints : dans la France seule nous connoissons les vieux volcans de l'Auvergne, du Yelay, du Yivarais, de la Provence, et du l^nguedoc. En Italie,

Sresque toute la terre est formée de débris e matières volcanisées; et il en est de même de plusieurs autres contrées. Mais pour réunir l«s objets sous un point de vue général > et concevoir neitement l'ordre des oouleversemens que les volcans ont produits à la surface du globe, il faut reprendre notre troisième époque à cette date où la mer étoit universelle et couvroit toute la surface du globe, à l'exception des lieux élevés sur lesquels s'étoit fait le premier mélange des scories vitrées de la masse terrestre avec les eaux : c'est à cette même date que les végétaux ont pris naissance et qu'ils se sont mul* tipliés sur les terres que la mer venoit d'abandonner. Les volcans n'existoient pas encore ; car les matières qui sei*vent d'aliment à leur feu, c'est-à-dire les bitumes, les charbons de terre, les pyrites, et même les acides, ne pouyoient s être formés précédemment, puisque leur composition suppose l'intermède de l'eau et la destruction des végétaux.

Ainsi les premiers volcans ont existé dans les terres élevées du milieu des coiitinens ; et à mesure que les mers , en s'abaissant, se sont éloignées de leur pied , leurs feux se sont assoupis et ont cessé de produire ces éruptions violeutes qui ne peuvent s'opérer que par le conflit d'une grande masse d'eau contre un grand volume de feu. Or il a fallu vingt mille ans pour < et abaissement successif des ineis, et pour la formation de toutes nos colliues calcaires; et comme le^amas des matières combustibles et minérales qui servent d'aliment aux volcans n'ont pu se déposer que successivement, et qu'il a dû s'écouler beaucoup de temps avant qu'elles se soient mises eu action, ce n'est guère que sur la fin de cette période, c'est-à-dire à cinquante mille ans de la formation du globe, que les volcans ont commencé à ravager la terre. Comme les environs de tous les lieux découverts étoie it encore baignés des eaux, il y a eu des volcans presque partout, et il s'est fait de fréquentes et prodigieuses éruptions qui n'ont cessé qu'après la retraite des mers; mais cette retraite ne pouvant se faire que par rafKûssemenl des boursouflui*es du globe, il est souvent arrivé que l'eau venant

DE LA NATURE

à flots remplir la profondeur de ces terres affaissées, elle a mis en action les volcans sous-marins, qui, par leur explosion, ont soulevé une partie de ces terres nouvellement affaissées, et les ont quelquefois poussées au dessus du niveau de la mer, où elles ont formé des îles nouvelles . comme nous l'avons vu dans la petite ile formée auprès de celle de Santorin : néanmoins ces elfets sont rares, et l'action des volcans sous-niarins n*esl ni permanente ni assez puissante pour élever un grand espace de terre au dessus de la surface des mers. Les volcans terrestres , par la coutiuuité de leurs éruptions , ont au contraire couvert de leurs déblais tous les terrains qui les euviionnoient; ils ont, par le dépôt successif de leurs laves, formé de nouvelles courbes; ces laves devenues fécondes avec le temps sont une preuve invincible que la surface | rimitive de la ten'e, d'abord en fusion, puis consolidée, a pu de même devenir féconde : enfin les volcans ont aussi produit ces montes ou tertres qui se voient dans toutes les montagnes à volcan, et ils ont élevé ces remparts de basalte qui servent de côtes aux mei's dont ils sont voisins. Ainsi api-ès que l'eau, par des mouvemens uniformes et constans , eut achevé la coastruction horizontale des couches de la terre, le feu des volcans, par des explosions subites, a bouleversé, tranché, et couvert plusieurs de ces couches ; et l'on ne doit pas être étonné de voir sortir du sein des volcans des matières de toute espèce, des cendres, des pierres calcinées, des terres bnllées , ni de trouver ces matières mélangées des substances calcaires et vitrescibles dont ces mêmes couches sont composées.

Les tremblemens de terre ont dû se faire sentir long-temps avant l'éruption de& volcans : des les premiers momens de l'affaissement des cavernes il s'est fait de violentes secousses qui ont produit des effets tout aussi violens et bien plus étendus que ceux des volcans. Pour s'en former l'idée, supposons qu'une caverne soutenant un terrain de cent lieues carrées , ce qui ne feroit qu'une des petites boursouflures du globe, se soit tout à coup écroulée : cet écroulement n'aura-t-il pas été nécessairement suivi d'une commotion qui se sera communiquée et fnit sentir très-loin par un tremblement plus ou moins violent? Quoique cent lieues carrées ne fassent que la deux cent soixante miU lième pariie de la surface de la terre, la chute de cette masse n'a pu manquer d'ébranler toutes les terres adjacentes, et

QUATRIÈME ÉPOQUE. i3^

de faire peut-être écrouler en même temps de temps. La première a commencé après les cavernes voisines : il ne s'est donc fait rétablissement de la mer universelle, c est-

aucun affaissement un peu considérable qui n'ait élé accompagné de violentes secousses de tremblement de terre, dont le mouvement s'est communiqué par la force du ressort dont toute matière est douée , et qui a dû se propager quelquefois très loin par les routes que peuvent offrir Ip-s vides de la terre dans lesquels les vents souterrains, excités par ces commotions , auront peut-être allumé les feux des volcans ; en sorte que d'une seule cause, cesi-à-dire de l'affaisse* ment d'une caverne, il a pu résulter plusieurs effets, tous grands et la plupart terribles : d'abord l'abaissement de la mer, forcée de courir à grands flots pour remplir cette nouvelle profondeur, et laisser pnr conséquent à aécouvert de nouveaux terrains; 2* l'ébranlement des terres voisines par la commotion de la chute des matières solides qui furmoient les voûtes de la caverne, et cet ébranlement fait pencher les montagnes, les fend vers le sommet , et en détache des masses qui roulent jusqu'à leur base ; 3° le même mouvement produit par la commotion, et propagé par les vents et les feux souterrains, soulève au loin la teiTc et les eaux , élève des tertres et des mornes , forme des gouffres et des crevasses, change le cours des rivières , tarit les ancietmes sources, en produit de nouvelles, et ravage en moins de temps que je ne puis le dire tout ce qui se trouve dans sa direction. Nous devons donc cesser d'être surpris de voir en tant de lieux l'uniformité de 1 ouvrage horizontal des eaux détruite et tranchée pnr des fentes inclinées, des éboulemens irréguliers, et souvent cachés par des déblais informes accumulés sans ordre, non plus (|ue de trouver de si grandes contrées toutes recouvertes de matières rejetées par les volcans : ce désordre, causé par les tremblemens deteire, ne fait néanmoins que masquer la nature aux yeux de ceux qui ne la voient qu'en petit , et qui , d'un effet accidentel et particulier, font une cause générale et constante, (^'est l'eau seule qui, comme cause générale et subséquente à celle du feu primitif, a achevé de coustruire et de figurer la surface actuelle de la terre ; et ce qui manque à l'uniformité de cette construction universelle n'est que l'effet particulier de la cause accidentelle des ti*emblemens de terre et de laction des volcans.

Or, dans cette construction de la surface de la terre par le mouvement et le sédiment des eaux , it faut distinguer deux périodes

erselle, c està-dire après la dépuration parfaite de l'atmosphère par la chute des eaux et de toutes les matières volatiles que l'ardeur du globe y tenoii reléguées : cette période a duré autant qu'il étoit nécessaire pour multiplier les coquillages au point de remplir de leurs dépouilles toutes nos collines calcaires, autant qu'il étoit nécessaire pour multiplier les végétaux, et pour former de leurs débris toutes nos mines de charbon , enfin autant qu'il étoit nécessaire pour convertir les scories du verre primitif en argiles, et former les acides, les sels, les m rites, etc. Tous ces premiers et grands eflels ont été produits ensemble dans les temps qui se sont écoulés depuis l'établissement des eaux jusou'à leur abaissement. Ensuite a commence la seconde période. Cette retraite des eaux ne s'est pas faite tout à coup, mais par une longue succession de temps, dans laquelle il îairt encore saisir des points diflérens. Les montagnes composées de pierres calcaires ont certainement été construites dans cette mer ancienne, dont les diflérens courans les ont tout aussi certainement Ggurées par angles correspondans. Or Tinspection attentive des côtes de nos vallées nous démontre que h travail particulier des courans a été postérieur à i ouvrage général de la mer. Ce fait, qu'on n'a pas même soupçonné, est trop important pour ne le pas appuyer de tout ce qui peut le rendre seusible à tous les yeux.

Prenons pour exemple la plus haute monr tagne calcaire de la France, celle de Langres, qui s'élève au dessus de toutes les terres de la C<hampagne, s'étend en Bourgogne jusqu'à Montbard, et même jusqu'à Tonnerre, et qui, dans la direction opposée, domine de même sur les terres de la Lorraine et de la Franche-Comté <. Ce cordon continu de la montagne de l.angres , qui , depuis les sources de la Seine jusqu'à celles de la Saône, a plus de quarante lieues en longueur, est entièrement calcaire, c'est-à-dire entièrement composé des productions de la mer; et c'est par celte raison que je l'ai choisi pour nous servir d'exemple. Le point le plus élevé de cette chaîne de montagnes est très- voisin de la ville de Langres, et Ton voit que, d'un côté, cette même chaîne verse ses eaux dans l'Océan par la Meuse, la Marne , la Seine , etc. , et que , de l'autre côté, elle les verse dans la Méditerranée par les rivières qui aboutissent à la Saône. Le

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