‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémensChapitre 46 sur 161 · I. Voyez la carte d-jointe · texte numérisé non relu

I. Voyez la carte d-jointe

DES tfoffim m u 3ÎATTOE.

Wilfi «Si f^ «î^é Umi^ se trouve à peu pr^ ai) piHieii de cette lOB^ueur dç qit^- Ffipîfe U^H^f ^t I^ colline^ vont en saL^isr iènf ^ P^^ P'^^ égaleinent v^rs les spurces 4e )^ ^.W ^> Ws Ç^Ùes ii^ îa iSaoïie.' Enfin ces ppiiinp^, qwi forment |e$ e^t'éïWJlés de

im^^^ fiplÏBïftpftl i 4p? poo'rées de wM?res l^pr^çijïleçj «yoiri SH delè dp VMm^nsqn, ^ki de §emwf, 4 «UÇ p^rt ; l^t m àelk des j^ourçje$ 4? }^ ^«9nç <ît de U pe|ite rivière 4» Pqnçj , d^ V^utrçj p^rt.

Çfl P9jisi4er^tt^ \^ Yftllpps YP»«ip^ 4^ !WS 5WWl§gPps? ppus rpcppuDÎijTQ^ ç|H^ Iç poiijl p« ^i)ç^e^ e(f|f|t le dIus élev^ , il a ^|.e d^c^ çp^ïer^e ijrçif^er, ftl^n* Ip teipps que l^s i^ux ce §qff^ ^UU^ipe^ : auparav^^ ce somiïf^ çtqi^ fewiuyprt, çi^n^me fput Je |ne^tfï, j^f )g^ Ç9^x, puisqu'il ^î çftwpose de ipali^rejf. calç^ir^ j pafS au i^iooient qu'i) p ^té 4^Mvert , U ^ifif i^ç p^qy^Ql pll4$ )e $^rjiaQqt^j p\i$ §fi9 l^ojjv^^e^s ^e sqnt réduits 4 ^ttre pp ^pwet 4<^ 4<iyx côtés, pî par popséqfipi)t 9 cpeu«er, pfir (les courts cos^s;^ps, ie$ YfUons ^ \^ YaUéef que ^piveqt 9}ljo<ir4'k)4 ^ ruissfi^MJ^ ei les f ivièrps qifi Gpul|Q.nt 4és dpux cétes 4^ €ef iponta^Qpij* i^ pr«|iy$ éyi4enM <IW^ 1^» yaÇép» qi^ tpvites été €reM#Pf@ p9r 4^ çpi^r^i^s réguliers et ^AiJtHack», fi'e§l f{Uft Ieur$ ^pg,lef ^llajp ppr-

n^spQOd^Ht [m^m\ k 4(S3 ^oglps rei^tiaiis :

«euîempnt fin oits^rve q)ip ]^ eaùf aysipt

JîwiFi tes p^otps les pl^s r»pi4ps» ft ^*^y^t fifltamé à'afepKÎ 4|"« tes t.erraia§ |ps ffloiijs solides et les plus aisés à diviser, il se tr^jn^e vm¥e»t vm ^ilféfpftçi» r^n?Jirsm?^We Vptre tes $leui^ po(«»^jc ^n botieiit Is^ vallée. Q^ W>i| tu«lqs«e^ lin esp§|:p^)n#)it cqp^idpra- ^ «t d^ mp]»^!« 4 PÎP 4'ug cflté , tandis que, de Vm^e^ bi i^nps 4p pierpp spî^t fiouyecis à» i&nfés es p^nte dpupp ; ç^ c|^ fist «rriïé «é-oetsairpis^nt tpi^ies les i^js q^e la foneii 4u QfitwvAt l '9st ppr(é§ pl.i)$ 4Vp <^^té jfue dfi r^ulifi^ eX %W»i toyiles ks Dois fl^'M Moa «té IroMbiè pu fifipQSt4^ ^v ng ^j^ife eaqcaot.

&i l'on ai»it te pour» 4-»n6 riYÎi^^ ^ 4-lèP wisseau vi)iaio iies nipntj»gn$« 4'PÙ dç^cf^éent leuEs spuroes, ott reoooiiP^lFd ai^9t$9t la figui» £t Qiéipfi te nattu» de« t6rrQ$ q^ii foranept tes coteaux de te FaUée. ïk%nst tes endroits 4)q elte «al étcAÎte, te iMr^ùfi^ à^ ia rivière et l'aogte de $fm eoiirs iadiqjl^^t au premier Aoup (l'oeil te côté ll^ te^li^j se xloisent ppct^ ses eaux, et par cops^qj^^t ie QÀté oÀ k teoraitt dffiil «• ts^^v^ $ii plaiae , tandis qne, «te l'autne cotio, il çQSlinuera d'être en moBttagps. Lwii|itf( te TdÛée

est large» ce jugement e§t plus difficile : oeipepd'ant on petit, ep o!bseÎ7âiit la ^rôetîêti âe la rfviè^ , devfneir assez juste de quel c6té les terrains s'plargtront où se rétréciront.

Ce aue nqs rivipres font éq petk aujpurdMiuî, les cqurans de fa mer Tont autref6is hh en grand : ils onf: creusé tous nos vallons, ils les ont trancîiés des deux côtés ; mais ea trai^sportant cps déblais, ils ont souvent forme des escarpement 4'"ne part et des plaines, de rautré. On doit aussi remarquer que daiis le voisinage du sqramet de ces montagnes cfilcfiires, et particuliérempnt dans le sqtnmet de Langres , les vallons cotnmencent par une profondeur circulaire , et que de là fis vont toujours en s'élargissfint à mesure qpUls ^'éloignent (lu Ijeu de leur nnissaucp; les vallons paroissent aus^i p)us profonds à ce poinjt où ils comipencent . pf çemblent ^Uer toujoiirs en diminuant de profpndpur à mesuré qu'ils s'élargissen^ e\ qii'its s'éloi-

met a été la plus étroite et la moins profonde; le mouveinent de^ eaux a commencé par y fprpier une ravine qui s'est clarde et creusée peu à peu; les qeîilais ayant été trai^poriés et pptraîpé^ par le çoiirant des ç^aux dans 1^ portion inférieure de te yallceé ji}S pp auront cpinl)Ié le fond , fi c'est par cpttp raison que les yallpos nâroissent plus profonds à leur naissance qUe dans le reste qp leu^ cours, qiie les grandes vallées ^ml^lppt pirp'ppins prpfpiides à mesiu>e qu'elles s'plpjgpeqt davantage du çoipmpt auquel leurs ran^eaiix aboutissent : car l'on pp^k considère^ t^pe grande yaljée çojni^e \^n trqpc qui j,ettp des branches par d'autres v^IIéps, lesquelles jpltei^t des rampâux par ^'aufr^S petits yalJpns qui §'ptendeni et repiqntpnt jusqtf'a^ SQipniei pu j|s abpptisseat. En fpiv^p^ 9^ pbtiet 4ans l'exemple que j^QUS Ypi}Pfis (JP pré^;)ter, si Yqn prçnd en- ^e^lp fous hpi t^nraji^^ q^i yersenl lei|rs ^aux ^}^ la Spipe, ff v^sl^ e^pape tpr^'m uiie y^llée ia pjrpipier prjrç, ç'çst-^-difp qe ja plu^ granrfp étejjduej; ensuite , ^j nous jjie

mm è ^ ^iyiere 4'^9'm»?! ^^ ^^^^^^ ^^*

HPP ¥3l'ée ^u ^ûJJ4 pr^rp ; ft, ppntipuant à reift9Rief ypi;? |p sopppf fje ]^ chaiiKc ipa mmlê&my\p^ tprr^in^ m ypr^ept leurs

«»u* 4%«?r4rn?aï}sp«i te 5p'l9.\?* ^ ^f^^*

formeront des vallées du troisième orprp ;

«I «jsqite te imm^ m W^h^ ^^^ V^^-

a fiP&p vçm et ïQmmi 9^

it

QÇATÏUÈME ÉPpQIJB.

fa ^i|ne, et 4oi)|; le^ source» sçnt voisines 4e celles de la Seine, fonnent des vallées du cinquième ordire. De même, si nous pre- I nons les terrains qui portent leui^ eaux à l'a Marne, cet espace sera une vallée do se^ad ordre; et, cpi^tinuant à remonter vers le soinaiet dje la chaîne des montagne^ de Laâgres f $i nOMS ne prenons que' les tep|raiiis qoqt leji e^ux. ^^écoûlent ^^ns la rivière dte Rogqon , ce serai ui|e yaliée àî^ troisième orore : enifin le» terrains qui ver^eat leurs ^atux dan^ jes ruisseau^ de Bussi^re et d'Orguev^qx fofx»«^.t 4<PS yftUèés dji quatrième

prdre.

Cette disposition ç^ g^érale da^ tous les con^nçn^ terrestres. A o^eçtire que )'on reqaonte et qu^on ç'^pprQche au sQmmet d^ cj^^ne^ de ipQntagnês , pq voit évideqiipeRt que les vallées sont plus étrgit.eç; ipfii.9, quoiqu'elles paroissent 9i|ssi plus profpndl^f il est certain néanmoins qi^e Tancieti foad

iSgi

qup superficielleipenl la 8urfi|ce de nos ooonnens, qn tombe dans Ferreiir en la ^v}san^ ei^ bandes sablonneuses, marneuses, schisteuses, etc. : caf toutes ees bandes ae sont que àe& déblais superficiels qui pe proMvept rien^ et qui ne font, comme je Tai dfit , que masquer U nature, et nous tromper sur là vraie 'théorie 6fi la terre. Dans les valions supérieurs on ne à*ouve d'autres déliais que ceux qui sont descendus lonetepips ^près l|j retraite djçs iners par l*efm âes eaux pluviales; et ces déblais qnt formé les petite/ couche^ de terre qui recouvrent actueliem^qt le fond et les coteaux de ces yailons. Ce même ^ffet a eq (ieu dans les grandes vallées , in^is §yiéc cetje différence ^ue df^us les petits vallons ]es terres , les graviers, et l^s j^utfes détrimens amenés p^r les eaipL pluviales et par les ruisseaux .

sont déposés immédiatement §ur un fond i

4^ vallé/^ infpneureç étpit beaucoup plus b^ 9Utrefpis que |9ie Test ^cUielleii)eni ce)i}i dei^ yàllôqs supérieure* ^pu^ 9vqq$ dj| qpie j^'qsl^ vjGiiléedela i$eine. ^ ^m%% Y m ^ trouvé de» l)Qis ^y^inès a§ mai|^ ^Iw^oiif^ |i soixaqte^uinze pieds cj[e protoixdêur : |e pr^ fi^ier (01)4 de pette yalléfs étoit 4quc autfçfpis bien p}ufi \m gi^'i} nje Tes^ ^Lijpqr41*Hlî par *q 4esspu^ de ççs spiiante-qujfi?^ pjeçjs g^ iqït èofiofe trpuVfir U^ ^imi^ pi^rre^ et terr^tr^entf^ipés p^r l^s çour^ ^^f^W f^ «ipfninet génén4 d^ fi^ot^gi^\ taât m 1^ Y^ées 4^ h ^V^ Que j^f ç^Uê$ ^ç ^ JKarqe, (U TT^li^i^» ^ ^9 toutes )fis rificf^ gu'elles reçojyept. 4-11 jcpntvâire, jf^rsfjii^ l'on cireuse 4<io^ 1^ petjls vajlon^ vm\i}f 4^ somine^ général , pn m prouve dupuns #biais , m^is 4^9 ^aucs solides 4^ picrf p ci^lf^irç posép p^ Uts horizontaux , et 4es ^r giles au dessous 4 ^W profondeur |^qs 0)i inpins graphie. J% yn^ tkm ^V^ gprge ^sep voisine de l» ei^ 4$ c^ Ippg cpnip» 4^ 1^ montagne de Langres, un puits de 4fBM^ P^M pi«d§ 4^ pro^Qlid^qr pr^usé é^m h |Ûf rre calcair» avaot de trpiiyjBr l'argil» ;.

Le pEemier fpiKl dcis mndes vjBLllées fofiméfis pM? Il» leu primitif, ^ m^ig§ p«r h»

courajis d» la loer, 4 dooft été iiecfMiir«rt fit cLevp auGcessiveiamt de Ui»% 1^ f^tbuns 4as déblais entraînés par le MvrifA à newi^ qu'il déchiroit les l^irains mfkrmn : b fond 4e oeux-d m «Umeuié nrasqu» nU;, landis que eelui des valléas ûiâuriieunBi a été changé 4« acuité la onlièn que les autnei ont pendue; de soete qi^e quiod en ne voit

1, Aa chât^ati d« flochefort, yrèt d'AidèrfS, tn

, . .., . .. . , -..-^ nu

l^t palaye par les courans de la mer, au lieu que dai)s les grandes vallées ces mêmes détrimens, amenés par les eaux pluviales, n'ont p^ que se spperppser sqr les couphés beaucoup plus épaisses des dél)|ais entrain^ çt dppq^^ précédeinment par ces n^ên^ cour^Qs ; c*pst par çett^^ raisqn que ^ ds^fts tPHtes les pleines el I^s grandes yallées, nos pl^^rvgtçi^fs prpiejiit trouver la nature en 4ésor4rÇ} parce qu'ils y yoi|;nt les Ujatières ç^lpajffS Wéf^ngéiçi^ gLvep jps matières vi^pib|,e§ , çlp. IVI^I? p'est-pe pas ypiiloif juger jj'un ))i^tiipe|)t par ]^ mvoï$ , ou de loufe auifiB pQQstruft|9p p^ les ^quj>es 4es ç^- ^rf^ux?

^qsi^ ^p^ ppuç ^rf^is^ S^r ces peti|^ et f^iiss^ yqps, s^iY.pus DPtrp pbjej^ 4au$ ^'^W^' p)e qffç ppps avons donné.

;i4es trois grands cpur^os 4m $e sont formés an 4^o^s des sqmmets de la montagne (je ]['9pgrps Dous sont aujourd'hui représeniéji par les vallées de la Meuse, de ]sl ijisrQe, et de |a Yiqgeanoe 9. Si nous exaipiqops cps tefrajos ef) détail , i^ous obseryprpQs q^e }es sourc^ 4^ la lieuse sortent en fiarUe des marécage 4u B^ssigoy , et 4'auXr^ pe^i^es vallées ^ès-étroitps et très-

m^9m ; qwe la M^Ape et k v '\^ge9^n^ qui

tgutfi^ 4eu( se jettent 4ans |a Sapi^p, sortent ftUS§i 4l^ yaU^ tr^s-piroites 4e t^^lvfi cdté 4p spuwejt; qm( \^ val|pe 4p la Marnée, ^us iLap^l^} a ppviriip çen| (oisps de prpfopdeiif ;

qyp 4ans loHs fm preii»iiér9 y«Uqi»s Ips p^ t^w(. sP9r ypiftîps ^ escarpés ; que 4a^ Ifs

yallpes infénepres^ et à nvssure qne )ps cpy-

nes se ipot ^ngim 4u #om6(iet généra] ^ t eiwpmun, iHf «§ ^^m HfisAm m largeur» ft

Ift aarto ci

i4o DES ÉPOQUES

. ont par conséquent élargi les vallées , dont les côtes sont aussi moius escArjiées, parce que le mouvement des eaux y étoit plus libre et moins rapide que dans les vallous étroits des terrai us voisins du sommet.

L*on doit encore remarquer que la direction des courans a varié dans leur cours , et que la déclinaison des coteaux a changé par la même cause. Les courans dout la pente .étoit vers le midi, et qui nous sont représentés par les vallons de la Tille , de la Venelle, de la Yingeaiiue, du Saulon, et de la Mance, ont agi plus fortement contre les coteaux tournés vers le sommet de Langres et à Taspect du nord. Les courans, au contraire, dont la pente étoit vers le nord, et qui nous sont représentés par les vallous de l'Anjon, de la Suize, de la Marne , et du Kognon, ainsi que par ceux de la Meuse , ont plus fortement agi conti*e les coteaux qui sont tournés vers ce même sommet de Langres , et qui se trouvent à Taspect du midi.

Il y avoit donc , lorsque les eaux ont laissé le sommet de Langres à découvert , une mer dont les mouvemens et les courans étoient dirigés vers le nord, et, de l'autre côté de ce sommet, une autre mer dont les mouvemens étoient dirigés vers le midi : ces deux mers battoient les deux flancs opposés de cette chaîne de montagnes , comme Ion voit dans la mer actuelle les eaux battre les deux flancs opposés d*uiie longue île ou d'un promontoire avancé. Il n'est donc pas étonnant que tous les coteaux escarpés de c&s vallons se trouvent également des deux côtés de ce sommet général des montagnes ; ce n'est que l'effet nécessaire d'une cause très-évidente.

Si l'on considère le terrain qui environne l'tme des sources de la Marne près de Lan- |[res, on reconnoitra qu'elle sort d'un demicercle coupé presque à plomb ; et, en examinant les lits de pierre de cette espèce d'amphithéâtre, on se démontrera que ceux des deux côtés et ceux du fond Je l'arc de cercle qu il présente étoient autrefois continus , et ne faisoient qu'une seule masse que les eaux ont détruite dans la partie qui forme aujourd'hui ce demi-cercle. Ou verra la même chose à l'origine des deux autres sources de la Marne ; savoir, dans le vallon de Balesme et dans celui de Saint-Maurice :

tout ce terrain étoit continu avant l'abaissement de la mer ; et cette espèce de promontoire k l'extrémité duquel la ville de Langres est située étoit, dans ce même temps, continu non seulement avec ces premiers terrains , mais avec ceux de Breuvone , de

DE LA NATURE

Peigney , de Noidan-le-Rocheux , etc. II est aisé de se convaincre par ses yeux que la continuité de ces terrains n'a été détruite que par le mouvement et l'action des eaux.

Dans cette chaîne de la montagne de Langres, on trouve plusieurs collines isolées, les unes en forme de cône tronqué, comme celle de Montsaugeon, les autres en forme elliptique, comme celles de Montbard , de Montréal ; et d'autres tout aussi remarquables autour des sources de la Meuse , vers Glémont et Montigny-le-Roi, qui est situé sur un monticule adhérent au continent par une langue de terre très-étroite. On voit encore une de ces collines isolées à Andilly, une autre auprès d'Heuilly-Cuton , etc. Nous devons observer qu'en général ces collines calcaires isolées sont moins hautes que. celles qui les environnent, ei desquelles ces collines sont actuellement séjiarées, parce que le courant , remplissant toute la laideur du vallon , passoii par dessus ces collines isolées avec un mouvement direct, et les détrâisoit par le sommet, tandis qu'il ne faisoit que baigner le terrain des coteaux du vallon , et ne les attaquoit que par un mouvement oblique; en sorte que les montagnes qui bordent les vallons sont demeurées plus élevées que les collines isolées qui se trouvent entre deux.

A Montbard , par exemple , la hauteur de la colline isolée au dessus de laquelle sont situés les murs de lancien château n'est que de cent quarante pieds, tandis que les montagnes qui bordent le vallon des deux côtés, au nord et au midi , en ont plus de trois cent cinquante ; et il en est de même des autres collines calcaires que nous venons de citer : tontes celles qui sont isolées sont en même temps moins élevées que les autres , parce qu'étant au milieu du vallon et au fil do l'eau elles ont été minées sur leurs sommets par le courant, toujours plus violent et plus rapide dans le milieu que vers les bords de son cours.

Lorsqu'on regarde ces escarpemens, souvent élevés à pic à plusieurs toises de hauteur ; lors(|u'on les voit composés du haut en bas de bancs de pierres calcaires trèsmassives et fort dures , on est émerveillé du temps prodigieux qu'il faut supposer poui que les eaux aient ouvert et creusé ces énormes tranchées. Mais deux circonstances ont concouru à l'accélération de ce grand ouvrage : l'une de ces circonstances est que, dans toutes les collines et les montagnes calcaires, les lits supérieurs sont les moins compactes et les plus tendres , en sorte que les eaux ont aisément entamé la superficie \

QUATRIÈME ÉPOQUE

dit terrain , et formé la première ra^rine qui a dirifjé leur cours ; la seconde drconstance est que , quoique ces bancs de matière calcaire se soient formés et même séchés et pétrifiés sous les eaux de la mer, il est néanmoins très-certain qu'ils u'étoient d'abord que des sédimens superposés de matières molles, les(|uelles n'ont acquis de la dureté que successivement par Faction de la gravité sur la masse totale, et par l'exercice de la force d'affinité de leurs parties constituantes. Nous sommes donc assurés que ces matières n'avoieni pas acquis toute la solidité et la dureté que nous leur voyons aujourd'hui, et

3 lie , dans ce temps de raction des courans e la mer, elles dévoient lui céder . avec moins de r&^istance. Cette considération diminue Ténormité de la durée du temps de ce travail des eaux, et explique d'autaut mieux la correspondance des angles saillans et rentrans des collines , qui ressemblent parfaitement à la coiTespondance des bords de nos rivières dans tous les terrains aisés à diviser.

C'est pour la construction même de ces terrains calcaires, et non pour leur division, qu'il est nécessaire d'admettre une très-longue période de temps; en sorte que, dans, les vingt mille ans^ j'en prendrois au moins les trois premiers quarts pour la multiplication des coquillages, le transport de leurs dépouilles, et la composition des masses qui les renferment, et le dernier quart pour la di\ision et pour la configuration de ces mêmes terrains calcaires : il a fallu vingt mille ans pour la retraite des eaux , qui d'abord étoieni élevées de deux mille toises au dessus du niveau de nos mers actuelles ; et ce n'est que vers la fin de cette longue marche en retraite que nos vallons ont été creusés, nos plaines établies et nos collines découvertes : pendant tout ce temps le globe n'étoit peuplé que de poissons et d'animaux à coquilles ; les sommets des montagnes et quelques terres élevées, que les eaux n'avoient pas surmontés, ou qu'elles avoient abandonnés les premiers , étoient aussi couverts de végétaux; car leurs déirimens en volume immense ont formé les veines de charbon, dans le même temps que les dépouilles des coquillages ont formé les lits de nos pierres calcaires. Il est' donc démontré par ('inspec!tion attentive de ces monumeus authentiques de la nature , savoir, les coquilles dans les marbres , les poissons dans les ardoises, et les végétaux dans les mines de charbon , que tons ces êtres org.iin'sés ont existé long-temps avant les auiiuaux

x4i. terrestres ; d'autant au'on ne trouve aucun indice, aucun vestige de l'existence de ceux-ci dans toutes les couches anciennes qui se sont formées par le sédiment des eaux de la mer.

On n'a trouvé les os, les dents , les défenses des animaux terrestres que dans les couches superficielles, ou bien dans ces vallées et dans ces plaines dont nous avons parlé, qui ont été comblées de déblais entraînés des lieux supérieurs par les eaux courantes ; il y a seulement quelques exemples d'ossemens trouvés dans les cavités sous des rochers , près des bords de la mer, et dans des terrains bas : mais ces rochers sous lesquels gisoient ces ossemens d'animaux terrestres sont eux-mêmes de nouvelle formation, ainsi que toutes les carrières calcaires en pays bas, qui ne sont formées que des détrimens des anciennes couches de pierres, toutes situées au dessus de ces nouvelles carrières ; et c'est par cette raison que je les ai désignées par le nom de carrières ptirasites , parce qu'elles se forment en effet aux dépens des premières.

Notre globe , pendant trente-cinq mille ans, n'a donc été qu'une masse de chaleur et de feu, dont aucun être sensible ne pouvoii approcher; ensuite, pendant quinze ou vingt mille ans, sa surface n'étoit qu'une mer universelle: il a fallu cette longue succession de siècles pour le refroidissement de la teiTe et pour la retraite des eaux , et ce n'est qu'à la fin de cette seconde période que la surface de nos continens a éié figurée.

Mais ces derniers effets de l'action des courans de la mer ont été précédés de quelques autres effets encore plus généraux, lesquels ont influé sur quelques traits de la face entière de la terre. Nous avons dit que les eaux, venant en plus grande quantité du pôle austral, avoient aiguisé toutes les pointes des continens ; mais après la chute complète des eaux , lorsque la mer universelle eut pris son équilibre, le mouvement du midi au nord cessa , et la mer n'eut plus à obéir qu'à la puissance constante de la lune , qui , se combinant avec celle du soleil , produisit les marées et le mouvement constant d'orient en occident. Les eaux , dans leur premier avènement , avoient d'abord été dirigées des pôles vers l'équateur, parce que les parties polaires , plus refroidies que le reste du globe , les avoient reçues les premières.; ensuite elles ont gagné successivement les régions de l'équateur; et lorsque ces régions ont été couvertes comme toutes les autres par les eaux , le mouvement d'orient en occident s'est dès lors établi pour jamais ; car

iriiH MolëBÉëM Û ^éit dutintefra ^ébdttt oéitè loiigné foèHodë tfë là retrtôé des méh^ nlah H se maintient encërc; aùJdhHPKm. Or ce mottifemeni jàêxihuA de lé fnei- H'oritrMett octrideht il tirbouH siîf ïà ^liffbcé dé fa tna^ tèrfesirfe Ud effet tbut kus&\ ^ii€*al ; fe'é^ d*àv6ir escarpé toutes téé cétès b(?cf(ièntàië& des côntinënS léf^ëkii-es, tt d*avoif efi ihéWë temps laissé ioiis Jés tëfraini éri péutb tlôiicë du tôtê de rbriém.

A ihesute qae I^ itièti ^*à!mrskneiif et décbuvrôiehi les pôiritèS tfes plus êlëvèeé &ëk cbntinens, cèà §oiiiriiéls, ëtiuitiié ÀdiiUit dé soupiraux qù'ba iiehdr($ît de déb^ucfaëf, commencèrent a laisser èxhàlëf' lés Àotlvëàiix feux produits dans riiitêrieûr de ta teftè pàf refTervéscence des ihalièfes qui Séri^eut d'aHméat aux ybtcans. Lé domaine de ta ièrrè»

sur la tiu cté céUé secondé période de TJngt ipifle àné, ëtoît partage entre lé tku et VëàU ; également dcchii-ée et dévoféè par tfl ftireuf ae ces deiii eléiuéns , îl nH âvoît Hiûtk j^kA ni s Arête ni repos : mais néu^éuséIf]iéI1t ce? iinciennes scènes , les plus épouvanlablë^ de lanâiurë, n'ont point éù de spéctâièurs, et ce D*est qù'aprçs cette secondé péri ode entièrement revôtiiQ que Ton peut dater H oâissancé des àmàiàux {èrrésirès; \ëà eaUx étoiept alors retiréesi » puisque tes deux grands continèns çfoient unis yér^ le liord.

et égaleaient peuplés d'êlèphans ; le nombre

UHÂTCRE.

àm tulùni émit msii I m ufa m p dininoé, pÊîtt <|itt UsuH éraptioiis m pouvant s'opé- Rt* qiié ptff le bottflit de Teaa et du feu. dla litoiènt tissai dés qtie la mer, en s'abaissaal, s'ëti êtoit élôigiiéèi Ou'vii se représente ceeôi^ Ta^lièkt qiiofrrtiit lu terre kamédâite* ittënt tiptèi kreHé iëNHtdè pérMé« c'est à-dirs I dttqùAniecfiiq dit toixame mille ans dé a fbrtilatidn ! dëfH fft>btei U» fontict Insan, dfes iùàrH [Irdbrfdeft^ de« èlMlrams rapides « et ileè toufaôléméhs tfètfti ; deé trt ni b fcaigit de téH« }>rtâcpie ctfiltiiiy^, praïkMts pat raffllissèmettt des hivèrnèft et lè< fréqitentèi eitpltisldhs éfk tbie&n^, ttfiit miA mer qaè énr terre ; dés ohiges géilérittix et fMU-ttra- Hét^ ; dès f oin4)illbn< de fuittèè et 4ès temfièteâ ètcHêèi jMf les Ttèlentes &e^eus8es d« ta tërfç et dé là ^ér; Ûei ittcitidfltions , dM jébbfdènièfn^ j êés délilgeâ dècasioiléfl par (^â tti^mèâ GbthfnOttbhs; dés flèti^«s de t«TM fondo , dé bittime ; et de ioofl^ , hfVsigeaiit Iè§ thohtâgtiés et ^hatlt daiis là pleine empàlkôtiû^t les feânx; >è ièlèil tfiêftië presque toujours offusqué non seulement pàt det hUkgéé a^tiëdx; <nais par des mj^ssès éfiaisses de cèndi^â è^ de pierres pbo^sées nar tes f bFcans ; et nous tem^etblii lé C>êafeuf dé h^atbir pas retidti rtion^mé réntbiii de «es scènes éffràjantés et iérHbies , qijil btit {Précédé ei pbtu* ainsi dire àiintitité la âàÎBfllflcé ie la nàtUrê intelligente él seh^é.

ymSXi!iiliS!iiJ^itiiivAJ0SSiii^»/0é i 6*i k iiA> iMJ ^*MMî>t» m ^Mt^^

CliïQmÈME ÉPOQUE.

ieê Ûéphams et ks autres, ardmqux ék niic& ohi kàbîië les tèH'èi

du nord.

Tout ce qui existe aujoùr^uî dans là liatufe vivante a pu exister de même dâ f ue û température ae îa terre s'est trpiiyee la même. 6r les contrées septentrionales au globe oiit jpu^ pen^lant tonjg-temps du même degré de chiileur dont jouissent aujourcPhiu IcB terrcfi méridionales ; et daiis le temps bh ces contrées du nord jouissoient ae cette teidpératare, les t^r^ avancées vers le miai Citoielit encore brûdai|tes ei sont demeurées llbêsertes. pendant un long e^ce de temp^.

Il semble iifèflie que la mémoire s'en soit ^niervée par la trirdition ; car le^ anciens étoieiit persuadés que les terres de la zone

tôrricle etolént iiilidbiiéés i êB éihieht éh effet encore inhabitables lon^-téiàps après la population dès ietfès dii nord ; èar éti supposant trehte-cibd i/ilHe ans pbnf \k temps nécessaire au i*en*bidis^ei£rènt dé là fme sous lès (lélés sèule<«èài sH (ibîtit d^en pouvoir toucnèr ta siiil&cë kitiS ^ f)f{llér , et viiigt ou vinçt;Kîîn(^ niîfle aiiàt de tfltis, tahl

5our là retraite aes ihhré que JMtir f attîéissemciit nécessaire fi rêxfetéiice dè^ éfe^s aussi sensibles que te s&àt lèà ktàtiïéiiii. terrestres, on sentira b'îetf t[a'il fatit tofti|itfer quelques inîiliers. d^ànnééà de ^iai pdur le reifroidisseméni ^u gk)bé à réqdatëur , tant

CINQXJIÊME

• em^eçb Hiptofi gnmde épaîsleur ^e la kerrç 4ife dfe l]acct>9Âiba de \^ cluiteiir solaire i ^di c^t. èeB9idé^able soita l'équateor et pres<{ii« ilullig sons le pôle*

Et qu4nd même Ces ^etix causés féiiniès fie â6r6ieDt piui $ufG8aQtes pour pt*oduif« ntm si uraode différence de tém|is entré ces deHX postulations ^ .ron doit considérer. que J'éqitAtQtir ft reqù les, eaux de Ffltmosphèr? bien plus tard que les pôler, et que par fSQBsétfueBt bette cause secondaire du rcfroidis^emetit agissait plus prompteiAeiit et pltis puiss«tnme4t que les aeujt prenftières causes jja ehaleitt des terres du nord se s^ra ccffiàidérablement attiédie par .la chute des éHiix. i tdndis que la chaleur des terres méridibnàle& ie maintetioit tel ne pouvpii dihii: Biier que par ifit propre déperdition. Et quaîid métne 6n tai*(ll)fecteroit que la chute des eaux « soit sur Téquateur ^ Bôi{ sur les pôles» n'étant <)ne la juilê du refroidissement à uti çisftain djë^ré de chacune de ces deux parj tjes dQ globe , elle n'a ea lieu dans Tude et dans r&utre que quand la température dç la télTé et celle des eaux tddibantes ont été rcfspectiveibetlt les métnes, et que par coiir ^équënt .cette chute d*eau n'a paà autant coittribué que je le dis à accéléiiet* le refroidissement sous le pôle plus que sous l'équateur , on sera forcé de convenir que les var petlrs ^ et par otmséquent |és edux .topabani «ûr réqusteur, avoient. . plus de chaleur, à eause de l'action du, soleil , et que , par cette misbn , elles ont refroidi plus lentement 1^ terres de la zone torride, en sortQ que j'adibetirois au Bioîns:neuf ,à dix mille aps enti*e le temps .dé la iiaisaatitiQ des eiéphans dans les contrées septentrionales et le temps •tfù ils aie s0nt retirés! jusqu^aux contrées les plus nlérididiialcâ.: car le froid nfi venoit .et he vient «ucOreqde d'en haut; les pluies continuelles ^ui tomboiént sjiir les parties |M>laire5 du slohe en accéléroienC idcèssam* ment le reiroidiàsementi tandis qu'aucune .e&use eUérieure né éôntribnoit à celui des partieé dé.réquateiir» Of* cette caqse qui :nous patoit si sensible p&r ies neiges dç no^ Jii^ers A iel grêles de UQtXe. été^ ce froid ,qûi des hautes régioins. de l'air .nous arrive par intervbUes ; tombôit à*plomb et sans interruption sur les teri*es septentrionales ^ et les a refh>idiei. bien pijuis protnptçmeot que il'oiit pu se rèfrojdir Les terres de . rjéqu»teur sur le-squelles ces ministres du froid, l'eau, là fief^ë, et IH |l^le, fié pod^oient agir ni tdirtbei'. b'âilleurs iiàûï déTOtiâ fdirb édtrer ici u6e coiisidéralîon très-Imnortantë fur les limites qui boruent la durée de la

UÊ.

natut^ vivante : «bus.ett levons éMii le pré- Jlii^f terme possible à.ti:énte-(!iQq mille ai)S ^fe la formation du globe ft»Test)-e, et lé ^rtiier tjîrtoe à qc»ati^-vingt-treiz^iBille fins à dater de ce jour; ce qui.lbit cent itrentb deux, mille fliis pour h ddi^ée absolue .de celtfe belle nature '; Voilà Jés limftH les plot éloignées et la pli^s grande étendue de diirée nue Roiis aj^ons dopnées ^ d'après nos hypo^ toèses^ à. kl vie dé la nat«i« Sensible,: Cette vie aura pu,(!ommencer à tretite*rinq 0tt trente-six mille 4ns, parce i|u'alors le globe étoit assez tefroidi a ses partie^ polaires pbdf qu'on pÂt le tou' her, Sans se brûler , et elle pourra ne unir ^ué dans qhatre^vingt-trt^iïé mille ans , lorsque le globe sera p|us froid ^de la glace. jMais', entre ces deux limites ii éloignées, il iÎEiut en admettre d'autres plus rapprochées.. Les eaux et tuâtes les.mAtièrey qui son| tombées de Tatmo^ère n'ont cessé d'être dans un état d'ébiiltition qu'au moment où 01^ pouvoit les toucher sans se brûler : ce n'e^t donc ^t^p Idiig-temps après cette période de trente-six mille ans que \g!S êtres doQé$ d'une sensibilité pareille i eeHe que dotis leur coniidissons ont pu. naître et subsister ; car si la terre, l'air, et ^'eau, orenoient tout à coup ce. degré de chaleur qtii ne nous permettroit de ppuvoir les toîteher sans en être vivement offensés, jf attroit*il yn seul des êtres actuels capable, de. résbter à cette. chaleur mortelle, puisqu'une ejtcé* deroit dç beaucoup la chateur vitale d^ lemr corps P II a pu exister alors des végétaux^ des coquillaaes , et des poissons d'une nature moins, sensible à la chalegr i dont les e^pèces ont été anéanties par le refroidissement 4ftns les âges subséqueds^ et ce sont ceiiix •dont noiis trouvons les dépoujUes et les dé- ,|r.imen^ .dans les mines .de charbon, dans les ardoisçs , dans les schistes , et dans les .çouchei d'argile, aussi bien que dans. 1^ bf^ûGs dé marbré et des autres çiatières. caî- ^G^ires ; mais toutes les. espèces plus sensibles, ei particulièrement les aninuûix terrestres y .n'ont pu naître et se multiplier, que dans les temps postérieurs eï plus voisins du ,nôtre.

Et dans quelle contrée du nord les pre^ mièrs animaux terrestrifs auront-ils pris nai»- ^nçe ? n'estai pas nrobable que c'est dans les teri:es 1^ plus élevées , puisqu'elles oi^t été refroidies avant, les autres P et n*est-il pas également probable .que les élé))hans et AeÀ auti^ animaux actuellement habitant les terres du midi sont nés les premiers, de tous,

t. Vçtyex \é» tableàttx Usni là véltttÉte dt iSMto Histoire naturelle.

et qu*ils ont oeea|ié ces terres du nord pendant quelques milliers d'années, et lougtemns avant la naissance des rennt'S qui habitent aujourd'hui ces mêmes terres du noi-d?

Dans ce temps, qui n'est guère éloigné du nôtre que de quinze mille ans, les eléphans, les rhinocéros, les hippopotames, et pra^blement toutes les espèces qui ne peuvent se multiplier actuellement que sous la zone tonide, vi voient donc et se mnttiplioient dans les terres du nord, dont la chaleur éioit au môme de^ , et piir conséquent tout aussi convenable à leur nature; ils y étoient en grand nombre ; ils y otii séjourné long-temps; la quantité d'ivoire et de leurs autres dépouilles que Ton a découvertes et que l'on découvre tous les jours dans ces contrées sepientrionales nous démontre évidemment qu'elles ont été leur patrie , leur pays natal , et certainement la première terra qu'ils aient occupée : mais, de plus , ils ont existé en même temps dans les conii*ées septentrionales de TEurope, de l'Asie, et de l'Amérique; ce qui nous fait connoitre que lés deux continens éioient alors conligus, et qu'ils n'ont été séparés que dans des temps suliséquens. J'ai dil que nous avions au Cabinet du Ri>i des défenses d'éléphant trouvées en Russie et en Sibérie, et d'autres qui ont été trouvées au Canada, près de la rivière d'Ohio. Les grosses dents molaires de l'hippopotame et de l'énorme animal dont l'espèce est perdue nuus sont arrivées du Canada , et d'autres toutes semblables sont venues de Tartarie et de Sibérie. On ne peni donc pas douter que ces animaux , qui n habitent aujourd'hui que les terres du midi de notre continent , n'existassent ausi»i dans les terres i>eptentrionales de l'autre, et dans le même temps, car la terre étoit également chaude ou refroidie au même degré dans tous deux. Et ce n'est pas seulement dans les terres du nord qu'on a tnjuvé ces dépouilles d'animaux du midi, mais elles se trouvent encore dans tous les pays tempérés , en France , en Allemagne , en Italie, en AngleteiTC, etc. Nous avons sur Cela des monumens auihentiques; c'està-dire des défenses d'éléphans et d'dutres ossemens de «es animaux trouvés dans plusieurs provinces de TEurope.

Dans les temps prérédens, ces mêmes terres septentrionales étoient recouvertes par les eaux de la mer , lesquelles , par leur mouvement , y ont produit les mêmes effets (|ue {>artout ailleurs ; elles en ont figuré les rolines , elles les ont composées de couches Jiorizotttalesy elles ont déposé les argiles et

DÉS ÉPOQUES DE LA NATURE

les matières calcaires en forme de séduneot; car on trouve dans ces terres du nord, comme dans nos contrées , les cotpiillages et les débris des autres productions matines enfuuis a d'assez grandes profondeurs dans Fint^ rieur de ta terre , tandis que ce n*est pour ainsi dire qu'à sa superficie , c'est-à-dire à quelques pieds de profondeur, que l'on trouve les squelettes d'éléphans, de rhinocéros , et les autres dé|)ouilles des animaux terrestres.

Il paroit même que ces premiers animaux terrestiH» étoient , comme les premiers animaux marins , plus grands qu'ils ne le sont aujourd'hui. Nous avons parlé de ces énormes dents can'ées à pointes mousses qui ont appartenu à un animal plus grand que Télephant , et dont l'espèce ne subsiste plus : nous avons indiqué ces coquillages en velu, tes qui ont jusqu'à huit pieds de diamètre sur tm pied d'épaisseur; et nous avons vu de même des défenses , des dents , des omoplates , des fémurs d'éléplians d'une taille supérieure à celle des éléphans actuellement existans. Nous avons reconnu , par la com< paraison immédiate des dents màrhelières des hippopotames d'aujourd'hui avec les grosses uenls qui nous sont venues de la Sibérie et du Canada , que les anciens bippopotiimes auxquels ces grosses dents ont autrefois appartenu étoient au moins quatre fois plus volumineux que ne le sont les hip.

poputames actuellement existans. Ces grands ossemens et ces énormes dents sont des témoins subsistans de la grande force de la nature dans ces premiers âges. Mais, pour ne |)as perdre de vue notre objet principal, suivons nos éléphans dans leur marche progressive du nord au midi.

Nous ne pouvons douter qu'après avoir occupé les |>arties septentrionales de la Russie et de la Sibérie jusqu'au 60" degré ' , où l'on a trouvé leurs dépouilles en grande quantité, ib n'aient ensuite gagné les terres moins septentrionales , puisqu'on trouve encore de ces mêmes dépouilles en Moscovie, en Pologne, en Allemagne, en Angleterre, en France , en Italie ; en sorte qu'à mesure que les terres du nord se refroidissoient , ces animaux cherchoient des terres plus chaudes ; et il est clair que tous les climats, depuis le nord jusqu'à l'équateur , ont successivement joui du degré de chaleur convenable à leur nature. Ainsi, quoique de

I. On a troDvé cette année même (1776) des défenses et des «Sàeineiis d'élèpban& près de Saint- Pétersbourg , qui , comme l'on sait, est à très-pe« près sous cette latitade de 60 deçrés.

mémoire d'homoie Vmpèct de l'éléphant oe paroisse avoir occupé que les climats actuellemeDi les plus chauds dans notre continent, c'est-à-dire les terres qui s'étendent à peu près à ao degrés des deux côtés de Téqualeur, et qu'ils y paroissent confinés depuis plusieurs sièt'les, les monumi^ns de leurs dépouilles trouvées dans toutes les parties tempérées de ce même continent démontrent qu'ils ont aussi habité pendant autant de siècles les dilïérens climats de ce même continent; d'abord du 60* au 5o^ degré, puis du 5o* au 40**, ensuite du 40" au 3o*, et du 3o' au ^o^, euûn du ao*' à réquateur|^ et au delà à la même distance. On pourroit même présumer qu'en faisant des recherches en Lajionie , dans les terres de l'Europe et de l'Asie qui sont au delà du 60*^ degré , on pourroit y trouver de même des défenses et des ossemens d'éléphans, ainsi que des autres animaux du midi, à* moius qu'on ne veuille supjioser (ce qui n'est pas sans vraisemblance ) que f la surface de la terre étant encore plus élevée en Sibérie que dans toutes les provinces qui l'avoisineut du côté du nord , ces mêmes terres de la Sibérie ont été les premières abandonnées par les eaux, et par conséquent les premières où les animaux terrestres aient pu s'établir. Quoi qu'il en soit, il est certain que les élépLans ont vécu, produit, multiplié pendant plusieurs siècles dans cette même Sibérie et dans le nord de la Russie ; qu'ensuite ils ont gagné les terres du 5o*^ au 40* degré, et qu'ils y ont subsisté plus long-temps que dans leur terre natale , et encore plus long-temps dan» les contrées du 40*^ au 3o" degré, etc., parce que le refroidissement successif du globe a toujours été plus lent, à mesure que les climats se sont trouvés plus voisins de l'équateur, tant par hi plus forte épaisseur du globe que par la plus grande chaleur du soleil.

Nou9 avons 6xé , d'après nos hjrpothèses, le premier instant possible du commencement de la nature vivante, à trente-cinq ou trente-six mille ans , à dater de la formation do globe, parce que ce n'est qu'à cet instant qu'on au roi I pu commencer à le toucher sans se brûler : en donnant vingi-cinq mille ans de plus pour achever l'ouvrage immense de la construction de nos montagnes calcaires, pour leur figuration par angles saillans et rentrans, pour l'abaissement des mers, pour les ravages des volcans et pour le dessèchement de la surface de la terre , nous ne compterons qu'environ ipiiiize mille ans d^ puis le temps où la terre , après avoir essuyé,

Bnrroff. IL

uMQi;i.:Mi!; kpoque. ,^5

éprouvé tant de bouleversemens et de chaii»

gemeus , s'est enfin trouvée dans unétatplua calme et assez fixe pour que les causes de destruction ne fussent pas plus puissantes et plus générales que celles de la production.

Donnant donc quinze mille ans a ancienneté à la nature vivante , telle qu'elle nous est parvenue, c'est-à-dire quinze mille an»d'an* cienneté aux espèces d'animaux terrestres nées dans les terres du nord et actuellement exis« tantes dans celles du midi , noiis pourrons supposer (||u'il y a peut-être cinq mille ani que les élephans sont confinés dans la zone torride , et qu'ils ont séjourné tout autant de temps dans les climats qui forment aujourd'hui les zones tempérées , et peut-étro autant dans les climats du nord , où ils ont pris naissance.

Mais cette marche régulière qu'ont suivie les plus grands , les premiers animaux de notre coulinent, paroit avoir soulTerl des obstacles dans l'autre. Il est très-certain qu'on a trouvé, et il est très-probable qu'on trouvera encore , des défenses et des ossemens d'éléphans en Canada, dans le pays des Illinois, au Mexique, et dans quelques autres endroits de l'Amérique septentrionale; mais nous n'avons aucune observation , aucitik monument, qui nous indiquent le n^bne fait pour les terres de l'Amérique méridionatev D'ailleurs l'espèce même de l'éléphant qui s'est conservée dans l'ancien continent ne subsiste phis dans lautre : non seulement cette espèce ni aucune autre de toutes celles des animaux terrestres qui occupent actuellement les terres méridionales de notre continent ne se sont trouvées dans les terrée méridionales du Nouveau-Monde^ mais même il paroit qu'ib n'ont existé que dians les con?» trees septentrionales de ce nouveau continent; et cela daas le même temps qu'ils exisloient dans celles de notre contmenL Ce £ut ne démoutre-t-il pas que l'ancien et le nouveau continent u'étoient pas alors sépa* lés vers le nord , et que leur séparation ne s^esi faite que postérieurement au temps de Texisience des élephans dans l'Amérique septentrionale, mi leur espèce s'est probablement éteinte par le refroidissement , et à peu près dans le temps de cette séparation des coiitinens, parce que ces animaux n'auront pu gagner les régions de l'équateor dans ce nouveau continent comme Ûs l'ont fiiit dans l'ancien, tant eu Asie qu'en Afiv que ? En effet, si Ton considère la snrfiaee de ce nouveau continent, on voit que les parties méridionales voisines de l'isthme de Panama sont occupées par de très-luuit«e

xo

MMmifipricir « li^éM|tikim»«^oÂt pa franchir «ts bwriérÉ» itiviiie;bt«>ft peur aux , à caïKe Al Hvp graiMl AtOfd quif se fait Mittir sur ces liiittfur» ; il* n'auronf donc pas été au flèlà ^ lenet 4e Visi^iite, et »'aitixmt subsisté éàns rAmôriqoe sepleiiirioiiate q^'aulaiie én'aiini' àwé ^ims celte terre le de^ré de mmUeUr nérassaire à leur nmllipticalion. il en est de niéitie de tous l«» autres animaux des {tartics méridiôtmles de notre conlineuf ; inruii ne s est trouvé dans k« parties mériéioiiales de Pautre. J'ai démontré cette vérité fir un si grand nonMire dV\«ni|)le8 qu'on Ée peut la rc\'OC|uer eu doute '.

- Les animauA, au contraire, qui peuplent lelnellcmeut nos régions^ tempérées et froides Éi rreuvent également dans les |>«riies septentrionales des deux continens; ils y sont ■es posiérieuremeut aux premiers et s y sont «Miservcs, parce que leur nature n exige

Es une aussi grande chaleur; Les rennes eC ■> autres auiuiauiK qi«; ne peu^'ent subsii>ter qiie dans les climats les plus froids sont ve- ■us le» derniers; et cfui sa:t si, par succès^ lion dé temps, lorsi|uo la terre sera refroidie, il ne paroltr» fM.i de nouvelles e&jieot'S dont le tempérament diDérei^ de celui du WBiie autant que la nature du reiuie dillfere ■ cet égard de relie d» l^éiépliant? Quoi qu'ii en soii> il ^ ccviàin qti-aucun des ani- ■laux propres et pariieuliers aux teiivs nié« ndiomiiles de notue ooiitineni ne s'est Irauvé dans les leires méridionales de Paulve, et i|iie même, dans le nomljre des mh«uiux comuiuiis à notre continent et- àt eeUÀ de FAaMTÏctne septeniriouble, dont les espeof»

■e sont conservées dans tous les deux, à

rine en peut-on citer nue qui- sût arrivée TAmt'rique mériiiionale. Celte partie du uonde n*a donc pas éié peuplée comme tou^ las les a«itras ni dans le même temps ;. elle «I demeurée pour ainsr dire isolée etsépa- ■ée du reste de la terre par les mers et par< sas hautes montagnes; Les premiers animauxtarrastres nés dans les ten'es du nord- n'ont donc pu s'établir, par communication', dan»

ee continent méridional de rAniérique, ni> aiibsi.ster dans son continent septentrional' qu'autant qu'il a conservé le degré de chaleur néoessatK à leur propagation ; et celte terra de L'Aniénque «éridiunale , réduite À Mi propres fonces , n'a enfanté que des ans- Biaux plus ioibles et beaucoup plus peftiiè que ceux qui soutvemis du nord pour peu»< fier nos contiiées du jmiiJi^' ,

Je dis que les aïoniaklx qui< peuplent au-

I. Vnym U% trôift Di.sétAirs sur les animaux des OoniiiMris, iliiitt l«s .vuiumei suivaji*.

DE LÀ lfATtJR.fi.

jourd'hiif les terres est midi du ttiltre coulis nent y sont \eiwsdu nord, et je crois potier Ifai'finner svee tout foudêroeiM : car, d'une part , àes nionumens que aous venons d'exposer le dénionto-ent ; et, d'autre côté, nous ne roiwoissona aucune («pèce grande et principale, actuellement subsistante dans ces terres du midi , qui n'ait exiaté prét^ dtoimeitf dans les terres du nurd , puisctu'oft y trouve des défenses et des ossiiuieus d él^ phiins, des squelettes de rhinocéros, dei dents d*hippo|M»taiues , et des feètes mona* trueuses de bueufs, qui ont frappé par leur grandeur , et qu'il est plus que proliabla cpi ou y a trouvé de même des débris de plusieiirs autres espèces moins remurqua- Lies, en sorte c^n si Ton veut distinguer dans les terres méridionales de notre coniiœut les animaux qui y sont arrivés du nord, de ceux que cette même terre a pu produira par .-«es. propres forces, on reromHiitra que tout oe qnil y a de colossal et de grand diuis la nature a été formé d«ins les terres d«t nord; ei que si celles de l'é(|uateur ont pro>tuit quelques animaux, ce sont des espèces inférieures bien plus petites que les prumiéi<es.

Mais ce qui doit faire douter de cette pro»

ductiun , c'est que ces espèce, que iiuus suppoM>ns ici' produites par les pruprt^ forces d«}a terres wéridtouoles de notre continent , aiiroienl dû ifsseuibier aux animaux desU'rres méridionales de l'autre' continent, l«si|ut*ls n ont de menu: été produits que par la- propiw foi'çe de eeite terre isolée : c est néanmoms tout le contraire, car aucun des animaux de l'Aiiiérique méridion«rie ne ressemble assez aux aniiuaux des terres du uiidi de notre conlàneiil pour qu'on puisse les regaixler comme de la mémo espèce; ils sont, pour la |ilu|iart, d'une forme si dilTérente, que oe n'est qii'aprés un loi^exanujn qu'on peut les soupt^onner d'être les représentans qequelqttes-uiis de ceux de âptie oontiiienL Quelle différence de l''élépha«it au tapir, qui cependant est de to*is le seul qu'on puisse kii couipM-er , niai^ qni s&i éloigne déjà beaucmip par la ligure , et preiligieusemeut par la giaudeurl cir (m tajur, cet éMpfiaid du Nouveau- Monde , n!a ni trompe ni défenses, et n'eM- guère plus grand qu'un âne.

Aiucun animal de l'Amérique meridiouale ne Mssémble au rhinooéi'os, aucun à l'hippopotame, aucun à la girafe : et quelle dîiférew& encore entre le lama et le ciiaineau, quoitpi'elle soit nioius grande queutre le tapir et l'élèplianl!

L éul>li«>enuui de la nature vivante, sur

ClKQinèlfE tiPOQUB.

km de cette «ici nim^ùx UmeXre» , l'est 4onc ùM àwm rAméri€|tie «leiidioïKil^ btea B06l«rWtii«meiit % S9n séjour dtjk Axp dan»

lies ternies du Aord; el|M»iit ^Ireki dillën^ue^ eu lein|M esl-e|l« di^ |>ku d« ^iMlre <»m ciii^ mtiJe aiM. Nous atimâ exponé une ^nie des Caib et des rviiions qiti duivent foire |>ettr <er que lé Nouveau-Monde , «itiriout jàb«i$ êf» parties méridi^dies , eét it»ie terre pUisré- «émulent |>eupiée <|ue celie de uo4re contk»

sent; qMe la uaïufv, bien kin é'y cire déféiiérée par v«ta»ic, y esC ait co»traihï net lard , et n'y a jamais existé avec les niétne» forces , la Wnie ptmaaiteé active que dans les contrées sepientriumles ; rar ao ue . |ieut douter, après ce qui vient d*è(re dit, que les fondes' et premières foiinaliuns dfsélrei animés ne se soient faites dans li» terres éle\ées du nord , d où^ellt^s ont successive» mt>nt passé dans les «mirées du midi sous la niénîe lorme , et san» a^oir rien perdu <|<ie sur les dimensions de leur gràndein'^ Nos éléplians et neslrippo}}Olunus, ipii nons|>»» ruissent si gros, ont eir des anrèlres phé g)ra»ds dans les temps qu'ils JiaJjitoifni les lerre» sepleutrioiiaiefl où ils ont lai.iw leius dépouilles :. le» c«'taré& d diiionrd'liui. soirt tAtsbi moins gros «priis ne Tètoivut anrien- Bemenl : mais c'est (leui-étre par m>e outra raison.

Lus baleines, les^hbars, molari^, carb»* lots, narwals, et antres gnindii rétac'és,- apv partiel) nent a«ix nlersscpfwntriunaifSt tandis que loH' ne tferonve dans les mers lenipérées «t uiéi'idionaits que les laniamins, les dugons, lés marsoixins, qtii tous scriIt inliVieurs aiic premiers en- gmndtrar. Il sendtle dionc/ aa premier: eeup d'<rii, que la nature ait opérât d'une, naaiere coiitraiire er par une succès*» siou imecse ,• puisque Ions h-» plus grandie animaux terrestres se' trom-eui aciintltément dans les contrées du mitti , tondis* qne ton» lés plus grands animanx marins n'habitent que les régions de notre pdlé. Rt pomcjnoi ces grandes et pnnfpie men&fnietMes esfiece»

paroisBent-4^11e8«oniinééi dans ces mers* froiv des? PouRfUtii n'ont^^Mes pas gagné saccesp aivement^ commet tes é^épllans, les région»

ks plus cbaiMhast' £n on mot , pont>qiioi< ne se trauvent-eUftss ni dans les mers tempéréerf^ ni dans celles du n>idi ? esr.t Texceptiott de quelques caehalc ts qni' viennent- asMe souvent autour cfies A^res, et queltînelni»

éefaounrsnr no»cdfes, el^dont l'espèce pa<r roxt la plus vagab6fid« dé eetf granés <^ta^ toutes les autres sont demeurées et ont encore leur .séjour constant dans les mers boréales des deux coMlineits. Ou ;» bien retiiar-

qné , depuis qpi'on « conuncncé la péçbe o^ pbitot la citasse de ces grands animaux ^ q^f'iU se sont ret ires dc^ endroits oii 1 linmme Âiioit les iiiquiéier. On a de plus oliserv^ que ces premières baleines ^ c'est -à-dire relies cpie I on pécltoit il y a cetit eiiupiante et énux cents ^its, éloient beauconu pins grosses que celles d'auiourjd'bui; elles «soient

juscpi a cent pieds àe longneinr, tandis qu0 les plus grandes que Ton prend actuellement B en .ont que soixante. Ou poinruit même expliquer d'une ntanière assez satistlaisantè les raisons de cette différence de grandeur ; car les baleines , ainsi qiue tons les autres l^étacés, et méiue la pbqiai't des poissons ^ virent, sans comparaison, bien plus bing* tt^iups quVicun des animaux terrestres v et des lors leur eutier accroissement demande aussi U!i temps beaucotq) plu|» lon^ Oi* ipiaiid fMi a conuueiicé U péi-be des baleines , il j a cent ciii(piaul« un denx cents ans , on # trouvé les plus h^'vi «i celles qui avoieni pris leur entier aceroisst'ment; on les a poursuivies , cbasM^es de préférem'e; enlin on le# a détruites, et il ne reste aujuurdbui dsns 1rs mers Impientées par no» pèebeurs ipio C<'lles fpti noiit |>as e'tcitre atteint toute$ leurs dtmeiisi«Mis : vi»r, roiiune uoiis Tavonf dit ailleurs, une iMili'iae |M;ut bien vivre Bitll« atis , puis(|u'uiie carpe en- vit plus de deu\ cenl.<i.

liii peiinanence du sé)Our de ces grands animaux djBis les mers boréales senible tournir une noir\elle preuve de la continuité des contiifens vers les régio>*s de ,notre nord»

et, nous iihjiquer que cet état de continuité • subsisté loiig-teiniis ; car si ces animaux luai'ius, ipientius supixiserou^ pour un nioment nés en même teiiifis q^ie les élépltans» eussent ti-ouvé la roUte ouverte, ils auroieTit gagné les mers du midi, pour neii que Kè relrtudi.ssemeut des eaux leur eo( été contraire; et cela seroit arrivé s'ils cusKeifl prit naissance dans le tienips que lé mer étnit encore cbaiide. On doit donc présumer <ùié leur existence est postérieiu*e à celle d^ éiépbatvs et dés autres animaux qui ne pea^ vent subsister que dans les otlniati au ùndk Cc|)endani il se pourroil aussi que ta diffé^ reiioe de température fût, pour ainsi dire»

indifférente ou beaucoup moins sensible eue animaux aquatiques mraux animaux terrèal> très. Le froid et le cnand slur la surface dé la terre et de la mer suivent à la vérité Tordre des climats , et la chaleur de riniérieuf dtj globe t»\ la- même dans le sein de la méf et ilans c«'liii de la terrt* à la même profondeur; ni.iis les vai iatiuns de lem|H'ralura«

"^i sont s! grandes à la snrfoce de la lerre, sont beaucoup moindres « et presc|ue nulles, à quelques toises de profondeur sous les eaux. Les injures de l'air ne s'y font pas sentir, et ces grands cétacés ne les éprouvent pas , ou du moins peuvent s*en garantir : d'ailleurs , par la nature même de leur organisation , ils paraissent être plutôt munis contre le froid que contre la grande tthaleur; car, quoique leur sang soit à peu près aussi chaud que celui des animaux quadrupèdes, l'énorme quantité de lard et d'huile qui recouvre leur corps, en les pri- Taul du sentiment ^if qu'ont les autres animaux , les défend en même temps de toutes les impressions extérieures : et il est à présumer qu'ils restent où ils sont parce qu'ils n'ont pas même le sentiment qui jwurroit les conduire vers une température plus douce , ni l'idée de se trouver mieux ailleurs; car il faut de l'instinct pour se mettre à son aise, il en faut pour se détcruûner à changer de demeure, et il y a des animaux, et même des hommes , si bruts , qu'ils préfèrent de languir dans leur ingrate terre natale, à la i^eine qu'il faudrait prendre pour se gîter plus commodément ailleurs '. Il est donc très-probable que ces cachalots que nous voyons de temps en temps arriver des mers septentrionales siu* nos côtes ne se d^ cident pas à faire ce voyage jwur jouir d'une température plus douce, mais qu'ils y sont déterminés par les colonnes de harengs, de maquereaux , et d'auires petits poissons, qu'ils suivent et avalent par milliers >.

i. Je pui» en citer un exemple frappant i les Maillés, petite nation sauvage de la Guiaue, ft peu de distance de l'embouchure de la rivière Ouassa , n'ont pas d'autre domicile que les arbres, au dessus desquels ils se tiennent toute l'année ,^ parce que leur terrain est toujours plus ou moins couvert dTeau ; ils ne descendent de ces arbres que pour aller en canots chercher leur subsisianoe Voili un singulier exemple du stupide attachement à la pierre natMle { car il ne tiendroit qu'à ces sauvages djaller comme les autres habiter sur la terre , en s'éloirnant de quelques lieues des savanes noyées où ils ont pris naissance et où ils veulent mourir. Ce fait, «té par quelques voyageurs, m'a été confirmé par plusieurs témoins , qui onl vu récemment cette petite nation , composée de irois ou quatre cents sauvages ; ils se tiennent en elTet sur les arbres au dessus de l'eau, ils y demeurent toute l'année t lenr terrain est une urande nappe d'eau pendant les huit ou neuf mois de pluie ; et , pendant les quatre mois d'été , la terre n'est qu'une boue fangeuse, sur laquelle il se forme une petite croate de cinq ou six ponces d'épaisseur, composé* d'hoi^ bas plutôt que de terre, el sous lesquelles on troiivo «ne grande épaisseur d'eau croupissante et fort infecte. (//<&. Bu//.)

a. Nous n'ignorons pas qu'en générai les cétacés «M M tiennent poiut au delÀ du 98 ou 79*^ degré ,

DE LÀ NATURE

Toutes ces considérations nôiis foiît pté> sumer que les régions de notre nord , soit de la mer, soit de la terre, ont non seulement été les premières fécondées, mais que c'est encore dans ces mêmes régions que ht nature vivante s'est élevée à ses plus grandes dimensions. Et comment expliquer cette su* périorité de force et cette su|)ériorité de formation donnée à cette région du nord exclusivement à toutes les autres partit*s de la terre ? car nous voyons par l'exemple de l'Amérique méridionale, clans les terres de laquelle il ne se trouve que de petits animaux , et dans les mers le seul lamantin , qui est aussi petit en comparaison de la baleine que le tapir l'est en comparaison de l'éléphant ; nous voyons, dis-je, par cet exemple frappant, que la uature n'a jamais produit dans les terres du midi des animaux comparables en grandeur aux animaux du nord ; et nous voyons de même , par un second exemple tiré des monumens, que, dans les terres méridionales de noire oontiuent , les plus grands animaux sont ceux qui sont venus du nord , et que , s'il s'en est produit dans ces terres de notre midi , ce ne sont que des espèces très-inférieures aux premières en grandeur et en force. On doit même croine qu'il ne s'en est produit aucune dans les terres méridionales de l'ancien continent, quoiqu'il s'en soit formé dans celles du nouveau ; et voici les motifs decette jprésomption:

Toute production , toute génération , et même tout accroissement, tout développement , supposent le concours et la réimmn d'ime grande quantité de molécules organiques vivantes; ces molécules, qui animent tous les 'corps organisés , sont successivement employées à la nutrition ei à la génération de tous les êtres. Si tout à coup la pins grande partie de ces êtres étoit supprimée , on verroit paroilre des espèces nouvelles, parce que ces molécules organiques, qui sont indestnictibles et toujours actives, se réuninnent pour composa* d'autres corps organisés ; mais étant entièrement absorbées par les moules intérieurs des êtres existans, il ne peut se former d'espèces nouvelles, du moins dans les premières classes de la nature, telles que celles des grands animaux* Or ces grands animaux sont arrivés du nord sur 1rs terres du midi ; ils s'y sont nourris, reproduits, multipliés , et ont par con&é* quenl absorbé les molécules vivantes, ea sorte qu'ils n'en ont point lais&é de super^

et nous savons qu'ils descendent en hiver i quelques dej^rt's !iu d<>ssoiis; mois ils ne viennent jamais en nombre dans les mers lempérMft ou ohuuiUt.

flue» qui muaient pu former de» espèces nouvelles; tandis tpi au rontriiire dans les terres de rAmériffue méridionale , où les grands animaux du nord n*ont pu pénétrer, les molécules organiques vivantes ne se trouvant absorbées par aucun moule animal déià subsistant , elles se seront réunies pour former des espèces qui ne ressemblent point aux autres , et qui toutes sont inférieures , tant par la force que par la grandeur, à celles des animaux venus du nord.

Ces deux formations , quoique d*un temps différent, se sont faites delà même manière et par les mêmes moyens ; et si les premières sont supérieures a tous égards aux dernières, c'est que la fécondité de la terre, c'est-à-dire la quantité de la matière organlf|ue vivante, étoii moins abondante dan^ ces climats méridionaux que dans celui du uord.

Ou peut en donner la raison, sans la chercher ailleurs oue dans notre hypothèse; car toutes les parties aqueuses, huileuses, et ductiles , qui dévoient entrer dans la composition des êtres organisés, sont tom liées avec les eaux sur les parties septentrionales du globe bien plus tôt et en bien plus grande quantité que sur les parties méridionales.

Cest dans ces matières aqueuses et ductiles que les molécules organiques vivantes ont commencé à exercer leur pu ssance pour modeler et développer les corps organisés ; et comme les molécules organiques ne sont produites que par la chaleur sur les matières ductiles, elles étoient aussi plus abondantes dans les terres du nord qu'elles n'ont pu Tètre dans les terres du midi , où ces mêmes matières étoient en moindre quantité : il n'est pas étonnant que les premières, les plus fortes, et les plus grandes productions de la nature vivante se soient faites dans ces mêmes terres du nord , tandis que dans celles de réqualeur, et particulièrement dans celles de l'Amérique méridionale, où la quantité de ces mêmes matières ductiles étoii bien moindre, il ne s*esl forme que des espèces inférieures plus petites et plus foibles que celles des terres du nord.

Mab revenons à l'objet principal de no- Ire époque. Dans ce même temps où les éléphans habitoient nos terres septentrionales, les arbres et les plantes qyi couvrent actuellement nos contrées méridionales existoient aussi dans ces mêmes terres du nord.

Les moiiumens semblent le démontrer ; car toutes les impressions bien avéï-ées des plantes qu'on a trouvées dans nos ardoises et nos charbons présentent la figure de plantes qui n'existent actuellement que dans

CltNQintjVlE ÉPOQtJÈ. t^

les grande» Indes on dans les autres parties du midi. On poiura m'ubjecler, malgré la certitude du fait (lar le^idcmce de ces preuves , que les arbres et les plantes n'ont pu vovager comme les animaux , ni par ronsaqnent se transporter du nord au midi. A cela je réponds, i* que ce transport ne s'est

1>as fait tout à coup , mais successivement : es espèces de végétaux se sont semées de proche ,en proche dans les terres dont la temfiéniture leur devenoit convenable; et ensuite ces mêmes e8|»èces, après avoir ga»

gné jusqu'aux contrées de l'eiiuateur, auront péri dans celles du nord , dont elles ne pouvoient plus supporter le froid, a* Ce transport ou plutôt ces accrues successives de bois ne sont pas même nécessaires pour Tendre raison de l'existence de ces végétaux dans les pay» méridionaux ; car en général la même température , c'est-à-dire le même degré de chaleur, produit partout les mêmes plantes sans qu'elles y aient été transportées. La population des terres méridionales par les végétaux est donc encore plus simple que par tes animaux.

Il reste celle de Thomme : a-t-eHe été contemporaine i celle des animaux? Des motifs majeurs et des raisons très-solides se joignent ici pour prouver qu'elle s'est faite postérieurement à toutes nos épo(|ucs, et que l'homme est en effet le grand et dei^ nier œuvre de la création. On ne manquera pas de nous dire que l'analogie semble dè> montrer que Tespèce humaine a suivi la même marche et qu'elle date du même temps que les autres espèces ; qu'elle s'est même plus universellement répandue, et que, si l'époque de sa création est postérieure à celle des animaux , rien ne prouve que rhomme n'ait |mis au moins subi les mêmes lois de la nature , les mêmes altérations, les mêmes changemens. Nous conviendrons que l'espèce humaine ne diffère pas essentiellement des autres espèces par ses tacultés corporelles, et qu'à cet égard son sort eût été le même à peu près que (xlui des autres espèces : mais pouvoni»-nous douter que nous ne différions prodigieusement des animaux par le rayon divin qu'il a plu au souverain Être de nous départir.' Ne voyons -nous pas que dans l'homme Ja matière est conduite par l'esprit? Il a donc

1>u modifier les effets de la nature ; il a trouvé e moyen de résister aux intempéries des climats ; il a créé de la chaleur , lorsque le froid l'a détruite : la découverte et les usages de réiément du feu , dus à sa seule intelli* gence, l'ont rendu plus fort et plus robuste

DES jtaOQ.UES

3ii*«ir«B en «dimiifix, ^el 4*/QaI ««U «^u eut e Untivr M» irûte» efikU du refroi^isie- <neqt. U|*Mitrc» «nls, cV^t-à^^H'e «iVuires .fttûli de jo» iiMeltigWioe, Jmî oui fourni d«i fétemeni, des arniM, tA bieni^ ^i >'es( trouvé ie niaitre du dumaiile <jkla A«rre : œ» niéu^s avU id ont domié Jes .i^ioyens d «n jMirrourv* jUnte !• ftirfaoe jet de s'lMl>ilM<)r p^out , inrae <|u*aviic p\m fom m,9i9s de précautiOQs loos Jfls ditaeUi lui «ont demHMi» i^our «iuti Jire é||Bi». il n «1 do«c fw^ éi^uMui 5|ue, •quoiqu'il a!eiiatte M^un .def aoiuiauK 4|i aidi de dolre «viiCîneQl diaitt Tpulre, Tbomme «etd, e'esl^hdin son espèce, se trouve cgalement^ans celle lerredsoUae de t'AJucrique «léridionale j^ii paroit n'avoir /eu aucune fan mx MTeiaiènes fonnalioos des anioiaujL, «t «i^i daiu loulcs les .parties Croides ou .chaudes de la surfaœ de Id terre : car queir flue part et quelque loin que l'on ail péuétrp «epHis la perfection de lart de la navigation .» i'hoBuiie a trouvé partout des lioinaes ; les terres les plus disgraciées , les iles 4cs plus isolées., les plus éloignées des cootineus, se sont presqiuî toutes trouvées |>euplées; et Ton ne petit i)as dire que ces iiQUimes, Ids que creux «les Aies JMwianes»

j>ii ceux d'Olabiti , .et dkss autres |>etit«s Iles ttisiét«4iaas le fiilieu des mers à de si granités distances de toutes tcrn» lialiilées , ue «ûienl néaaaioins des lii»oiiiiiPs de uoire esr |K3ce, puisqu'ils peuvisif (noduire avec nousi «t que ies petites diflënenon qu'on nnuaiv jqiie dajis Itmr nature ne sont que de ic*.^èneil 9anéu>s rausén fiar riuUueuca du cliautf et de la nourriture.

l^éaiinu^ns, si Ijou orastdèjv que rhonme, 4(ui ffeut «e auuiiir aisémeni quaux le froid,

DC 14 NAIURE.

fifi peut ^n cor. traire se défendre par aucun 011/31'cu contre U c^ialeur trop ^ande , qi«B mèn^ il soulTre Ijeaucoup dans les cJimais

Îiue l|îs aniniaux du midi cbei chent de preérence « pn aura une raison de plus pour croire ;^uie la création de Tlioi^nie a été poi- ^érieiire $ celle de ces jp*ands aniniaux. tfi Jiouverain Êtne na pas répandu Ip aouffl^ 4e vie ^aos jit niéiue instant sur toute U aurface de Ifi terre; il a cowineucé par féconder les mers, et ensuite les terres If^ plu* élevées; ejt il a voulu donner tout le leoips nécessaire ^ I9 terre {loiir se consoIÂider, se refroidir, se découvrir, se sécher^ et arriver enfin ^.l'étiU de repos et de traaquUlité où rhoouue pouvoit cire le témoin ialeliigeut, l'aclmijaieur j)aisible dn grand spectacle de la nature et des nien.eilliés dp là création. Aiusi nous souiuies persuadés, iadépeDdaJument de l'autorité 4es livrc^ ^crcs, que riioiume a été créé le dernier « et qu'il n'est venu prendre le scq>tre de 1^ lerre que quand elle s'iest Ifouvéè dignje d^ «on eaipire. U paroil' néanmoins qufS sq|i premier séjour a d'alx>rd été, cojnme celi^ des aniniaux teri*estres, daus les hautes terr jceti de TAiiie; que c'est daii)» ces mèines terres où sont nés les arts de preiuicrfe ixéceafiilé , et Im-n^l après U'S sciences « égadér awJit Héce.saaM'es à l'exen'jt'p de la puissance de l'Uoninie, et sans leMpielies il ^'auroj^ pu former de. société , m .cO)Wi>ter sa vie, ni coaiakander aia animaux , m ifs stTvijr autremeal des végétauiL; que poiir les brout«r. Mais nous nous ré^ervoitf d'exj>o$eir dans notre dei-jaière épo<|Me les princij|)auf laits 4|ui ont rappofi à l'IiialMW ^^ j^l^fiden liouuues.

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